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Minéraux critiques : un consortium doté de 1,8 milliard $ va soutenir la demande américaine 

  • Date de création: 24 octobre 2025 14:05

(Agence Ecofin) - Avec la transition énergétique, l’approvisionnement en minéraux critiques devient un enjeu majeur pour les pays développés. Les USA notamment, essaient de tirer leur épingle du jeu via plusieurs mécanismes et partenariats, ciblant entre autres des pôles de production en Afrique. 

Le jeudi 23 octobre, Orion Resource Partners, une société d’investissement spécialisée dans les métaux, a annoncé la création d’un nouveau consortium baptisé Orion Critical Minerals (Orion CMC). Cette entité lancée avec un capital initial de 1,8 milliard USD, en collaboration avec la Development Finance Corporation américaine (DFC) et le fonds souverain émirati ADQ, a pour mission d’aider les USA et leurs alliés à sécuriser leur approvisionnement en minéraux critiques. 

Orion CMC veut réunir certains des principaux investisseurs et opérateurs du secteur minier mondial dans l’objectif de créer une « plateforme de plusieurs milliards de dollars pour les investissements dans les minéraux critiques », l’objectif des parties prenantes étant d’injecter jusqu’à 5 milliards USD dans le capital du consortium. Les fonds serviront à développer l'exploitation de minéraux critiques, notamment dans des pays émergents comme en Afrique, où l'intérêt de Washington est croissant.

Les investissements cibleront principalement des actifs productifs existants ou des projets à court terme, plutôt que des « projets d’exploration ». Avec cette stratégie, le consortium entend assurer une réponse rapide à la demande américaine en minéraux critiques. Des investissements sur le long terme ne sont toutefois pas écartés.

L’offensive américaine sur les minéraux critiques se précise 

La création d’Orion CMC survient quelques jours après la signature d’un accord-cadre entre les États-Unis et l’Australie pour sécuriser l’approvisionnement en terres rares et autres minéraux critiques. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte où Washington cherche à renforcer son influence dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, face à une domination croissante de la Chine. 

Ces matières premières stratégiques, essentielles pour les technologies modernes, incluent en effet plusieurs métaux peu ou pas produits dans le pays de l’Oncle Sam.

Le graphite naturel, notamment utilisé dans les batteries, n’a par exemple plus été produit aux USA depuis les années 50, selon l’United States Geological Survey (USGS). Et si les terres rares y sont extraites, les États-Unis en constituent aussi un important importateur, notamment sous la forme de produits finis. « Des quantités importantes de terres rares sont importées sous forme d’aimants permanents intégrés dans des produits finis », remarquait aussi l’USGS dans un rapport de 2023. 

Bonne nouvelle pour l’Afrique ?

Orion CMC apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers choisis par Washington pour rattraper son retard. Un développement probablement suivi de près en Afrique, une région pour laquelle l’intérêt américain n’est plus un secret de polichinelle. Selon plusieurs sources concordantes, le continent héberge en effet environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques.

Si le continent n’est pas ouvertement ciblé par le nouveau consortium, l’accent mis sur les pays émergents attire l’attention, surtout si on considère que le secteur minier africain réussit déjà à attirer des capitaux américains depuis quelques années, une dynamique d’ailleurs portée par la DFC. En octobre 2024 par exemple, elle a notamment conclu un accord de prêt de 150 millions USD en faveur de Syrah Resources, opérateur de la mine de graphite Balama au Mozambique, la plus grande d’Afrique.

Une série de subventions de la DFC soutient aussi l’avancement d’autres projets de minéraux critiques tels que Orom-Cross (Blencowe Resources), Longonjo (Pensana) ou encore Phalaborwa (TechMet). Parallèlement, Orion a déjà ciblé l’Afrique parmi les zones prioritaires d’investissement d’Orion Abu Dhabi, un nouveau fonds créé plus tôt cette année avec ADQ.

Reste à voir si les opérations d’Orion CMC suivront cette trajectoire déjà portée par ses principales parties prenantes. En attendant, d’autres acteurs comme le Qatar ou l’Arabie saoudite cherchent aussi à renforcer leur présence dans les ressources minières africaines. La Chine aussi continue aussi d’y consolider son influence, à l’image de la récente acquisition par Shengue Resources de Peak Rare Earths, propriétaire du projet de terres rares Ngualla en Tanzanie.

Aurel Sèdjro Houenou

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 29/09/2025 - Terres rares : après l’Europe, Washington mise sur le projet Songwe Hill au Malawi

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