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Lofdal, Kameelburg, Eureka… : une filière terres rares prend forme en Namibie

  • Date de création: 29 septembre 2025 09:17

(Agence Ecofin) - Selon une prévision faite en 2024 par Benchmark Mineral Intelligence, l’Afrique devrait couvrir 9% de l’approvisionnement mondial en terres rares d’ici 2029. Alors que de nouvelles mines s’annoncent en Angola et au Malawi, la Namibie est aussi bien partie pour soutenir cette dynamique.

En Namibie, le gisement de terres rares Kameelburg opéré par l’australien Aldoro Resources affiche désormais environ 520 millions de tonnes de ressources minérales à une teneur de 2,49% d’équivalent TREO, en hausse de 85% par rapport à l’estimation précédente. Cette mise à jour publiée le vendredi 26 septembre marque une nouvelle avancée pour cette filière dans le pays d’Afrique australe.

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Cette dernière y prend de plus en plus forme sous l’impulsion d’autres projets sur des gisements déjà découverts comme Kameelburg et Lofdal (piloté par la société canadienne Namibia Critical Metals). Selon une évaluation économique préliminaire (PEA) publiée en 2022, ce dernier peut à terme porter une mine d’une capacité de production annuelle d’environ 2000 tonnes d’oxydes de terres rares, moyennant un investissement initial de 207 millions USD.

Parallèlement, le namibien Broadmind Mining développe le projet Eisenberg, lequel héberge actuellement 570 millions de tonnes de ressources minérales à 0,9 TREO. E-Tech Resources, un autre canadien, est de son côté actif sur le projet d’exploration Eureka, où une première estimation datant de 2021 décrit un potentiel de 310 000 tonnes de ressources à 4,8% TREO.

En dehors de ces différents gisements, la dynamique observée autour des terres rares namibiennes se matérialise aussi par le lancement de nouveaux projets d’exploration, comme celui d’Abenab North par l’australien Cazaly Resources Ltd. Autant d’initiatives qui positionnent le pays parmi les potentiels acteurs clés du segment des terres rares en Afrique.

Bien qu’elle ne dispose pas encore de mines opérationnelles, la Namibie possède un sous-sol riche en terres rares lourdes, en particulier le dysprosium et le terbium, deux métaux stratégiques utilisés dans les aimants des turbines éoliennes. Un potentiel qui attire de nombreux investisseurs, dans un contexte où la demande est appelée à croître sous l’effet de la transition énergétique. Cette tendance s’inscrit aussi dans une démarche de diversification de la chaîne d’approvisionnement mondiale dominée par la Chine, qui contrôle 60% de la production de ces métaux et 90% des capacités de raffinage.

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Cela a déjà poussé plusieurs puissances économiques jusqu’ici dépendantes de l’offre chinoise à se tourner vers des pôles alternatifs. Le Japon notamment a signé en 2023 un accord axé sur l’exploration de terres rares en Namibie. Avant cette initiative, la Japan Oil, Gas and Metals National Corporation (JOGMEC) y était déjà active depuis 2020 dans le cadre d’un accord de coentreprise avec Namibia Critical Metals pour le développement de Lofdal.

Par ailleurs, un protocole d’accord a été annoncé avec l’Union Européenne en 2022, en vue de la vente de minéraux essentiels provenant de Namibie, notamment les terres rares. Une initiative stratégique pour le bloc dont la demande en terres rares devrait quintupler d’ici 2030. Cet intérêt croissant pour la filière naissante des terres rares dans le pays d’Afrique australe peut offrir de nouvelles opportunités à son économie, à condition toutefois que les projets en développement se concrétisent.

Plusieurs étapes restent à franchir pour que tous ces gisements deviennent des exploitations minières commercialement viables. La définition des ressources actuelles en réserves exploitables après études supplémentaires, la mobilisation des financements nécessaires et la sécurisation des permis miniers sont quelques tâches qu’il reste à effectuer. Pour l’heure, Namibia Critical Metals entend optimiser les paramètres économiques de Lofdal à travers une étude de préfaisabilité, tout en poursuivant l’exploration sur le site.

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Des travaux d’exploration sont également en cours à Kameelburg, où Aldoro Resources veut lancer la phase 2 de son programme de forage en octobre. Plus largement, d’autres pays africains abritent déjà des projets de terres rares en phase de construction. Le Malawi attend notamment la mise en service de la mine Kangankunde d’ici 2026, alors que celle de Longonjo est annoncée en Angola pour 2027.

Aurel Sèdjro Houenou

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 19/03/2025 - Terres rares : où en sont les futurs producteurs africains

11/07/2024 - Terres rares : l’Afrique produira 9 % de l’offre mondiale d’ici 2029

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