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En Afrique, la valeur des fusions-acquisitions a crû de 19 % sur les sept premiers mois de 2026, à 11,6 milliards $

En Afrique, la valeur des fusions-acquisitions a crû de 19 % sur les sept premiers mois de 2026, à 11,6 milliards $
  • Date de création: 25 septembre 2026 06:56

(Agence Ecofin) - Les grandes transactions portant sur des montants supérieurs à 500 millions de dollars continuent de dominer le marché depuis plus d’une décennie. Entre janvier et juillet de l’année en cours, trois mégadeals ont représenté environ 75 % de la valeur totale des transactions.

La valeur globale des fusions-acquisitions (M&A) impliquant des entreprises opérant en Afrique a atteint 11,6 milliards de dollars durant les sept premiers mois de 2026, enregistrant ainsi une hausse de 19 % par rapport à la même période de 2025, selon un rapport publié le 21 septembre par le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG).

Intitulé « 2026 M&A Report », le rapport précise que le volume des transactions a cependant chuté de 32 % sur la période de référence, pour s’établir à 200 transactions.

La trajectoire observée en Afrique est identique à celle qui a prévalu à l’échelle mondiale : la hausse de la valeur découle essentiellement d’un nombre très limité de transactions. Sur le continent africain, trois opérations de fusions-acquisitions d’un montant cumulé de 8,7 milliards de dollars ont représenté environ 75 % de la valeur totale des transactions. Les 197 autres transactions n’ont totalisé qu’environ 2,9 milliards de dollars. Cette concentration n’est pas un phénomène nouveau. Depuis bien plus d’une décennie, le marché africain des fusions-acquisitions se caractérise par une poignée de « mégadeals » représentant une part disproportionnée de la valeur globale. Cette tendance de fond reflète un marché africain qui n’a pas encore atteint la profondeur et la masse critique perceptibles sur d’autres marchés plus établis.

Le rapport indique d’autre part que la taille moyenne des grandes transactions ayant une valeur supérieure à 500 millions de dollars a plus que doublé en Afrique, passant de 1,1 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de 2025 à 2,9 milliards de dollars durant la même période de l’année en cours.

La taille moyenne des transactions plus petites est, en revanche, restée inchangée d’une année à l’autre, à environ 14 millions de dollars.

La reprise des fusions-acquisitions constatée sur le continent se distingue également par un écart important entre l’activité entrante (inbound) et celle sortante (outbound). La valeur des transactions ciblant des entreprises africaines a augmenté de 63 % entre janvier et juillet, pour atteindre 7,8 milliards de dollars, contre 4,8 milliards de dollars durant la même période de 2025. Dans le même temps, la valeur des transactions impliquant des acquéreurs africains a chuté de 44 %, passant de 8,3 milliards de dollars à 4,7 milliards de dollars. Les flux entrants et sortants ne s’additionnent pas, car les transactions intra-africaines sont comptabilisées à la fois comme entrantes et sortantes.

Des perspectives favorables à moyen terme

Le secteur des minerais et métaux a dominé l’activité entrante durant la période sous revue, représentant environ les trois quarts de la valeur des transactions ciblant des entreprises africaines. La plus grande transaction a été l’acquisition par l’américain Alcoa Corporation de cinq actifs de la chaîne de valeur de l’aluminium de South32, dont la plus grande fonderie d’aluminium africaine, Hillside Aluminium, pour un montant estimé à 5,5 milliards de dollars.

Le secteur de l’énergie est également resté une pierre angulaire de l’activité entrante, porté par l’appétit croissant des acquéreurs originaires des États du Golfe pour les actifs africains. En juillet 2026, l’émiratie ADNOC Distribution s’est, par exemple, offert l’activité de vente au détail de carburant aval de Shell en Afrique du Sud pour 1 milliard de dollars. Dans une transaction de plus petite taille, la société norvégienne Panoro Energy a déboursé 167 millions de dollars auprès de la société américaine Kosmos Energy pour porter sa participation dans le champ offshore Ceiba et le complexe de production pétrolière Okume, en Guinée équatoriale, de 14,25 % à 54,6 %.

De son côté, le secteur des services financiers a affiché un certain dynamisme, grâce notamment à la finalisation de la fusion-absorption d’Allianz Maroc par Sanlam Maroc et à l’acquisition de la société de conseil en investissement basée au Luxembourg Osead Fund par le groupe marocain Ayrad Group.

La valeur des transactions liées à l’industrie du private equity est, quant à elle, passée de 1 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de 2025 à 2,9 milliards de dollars durant la même période de l’année en cours, malgré une légère baisse du nombre de deals recensés.

Le rapport souligne par ailleurs que les perspectives du marché africain des fusions-acquisitions restent globalement positives à moyen terme. La forte croissance démographique, l’urbanisation galopante et l’adoption accélérée du numérique en Afrique continuent de soutenir l’intérêt à long terme des investisseurs, tandis que le rôle du continent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais de transition devrait attirer de nouveaux investisseurs stratégiques vers des actifs phares. Toutefois, le conflit au Moyen-Orient pourrait rendre le déploiement de capitaux des fonds souverains et des entreprises d’État originaires des pays du Golfe beaucoup plus sélectif.

Walid Kéfi

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