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EAC : l’intégration des marchés de capitaux relancée pour préparer l’union monétaire

EAC : l’intégration des marchés de capitaux relancée pour préparer l’union monétaire
  • Date de création: 23 septembre 2026 08:12

(Agence Ecofin) - En Afrique de l’Est, les marchés nationaux sont de plus en plus sollicités et la demande des investisseurs pour les titres publics reste soutenue. Dans ce contexte, l’EAC veut accélérer l’intégration des marchés de capitaux afin de faciliter les opérations transfrontalières et de renforcer les bases financières de la future union monétaire régionale.

La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) relance son chantier d’intégration des marchés de capitaux, dans un contexte où les États membres recourent davantage aux marchés financiers pour financer leurs besoins budgétaires. Après plusieurs années d’interruption, le sous-comité chargé de cette question a repris ses travaux du mardi 15 au jeudi 17 septembre.

La reprise des travaux, annoncée dans un communiqué publié le lundi 21 septembre, intervient après une dernière réunion formelle du sous-comité en 2019. Elle a permis d’adopter de nouveaux termes de référence pour le sous-comité, qui doit notamment travailler sur « l'harmonisation réglementaire, le développement des marchés, la diversification des produits et l'interconnexion des infrastructures des marchés financiers régionaux ».

Les États membres prévoient également d’élaborer un cadre régional de connectivité des marchés de capitaux. Celui-ci doit faciliter les opérations financières transfrontalières et renforcer l’accès des investisseurs aux différents marchés de la région.

L’objectif est ainsi de mieux coordonner les marchés nationaux, tout en facilitant la mobilisation de capitaux à long terme et les investissements au sein de l’EAC.

« Une coordination étroite entre les institutions régionales est essentielle à la mise en place de marchés de capitaux intégrés, efficaces et résilients, capables de mobiliser les investissements et de soutenir un développement économique durable dans toute la région », a déclaré Aime Uwase, directeur de la planification de l’EAC.

Des marchés de capitaux de plus en plus sollicités

Cette réunion intervient alors que plusieurs marchés de la région enregistrent une demande soutenue pour les titres publics, offrant aux États des sources de financement domestique pour leurs déficits et leurs investissements.

Au Kenya, une adjudication de titres d’État à long terme organisée le 16 septembre a recueilli des offres de 81,4 milliards KSh (628 millions $), pour un objectif de 60 milliards KSh. Le taux de couverture de l’opération s’est ainsi établi à 135,68 %.

Au Rwanda, l’adjudication de bons du Trésor du 25 juin 2026, portant sur des maturités de 28, 91, 182 et 364 jours, a également suscité une demande supérieure à l’offre. Les investisseurs ont soumis des offres totalisant 50,45 milliards FRW (34,2 millions $), contre 24 milliards de FRW mis en adjudication par le Trésor, soit un taux de couverture de 210,2 %.

La République démocratique du Congo (RDC), qui a intégré l’EAC en 2022, contribue également à cette dynamique. En mai 2026, Kinshasa a réalisé sa première émission d’un emprunt d’État libellé en dollars sur son marché intérieur. Le titre, d’une maturité de deux ans et assorti d’un taux annuel de 8 %, visait à mobiliser 70 millions de dollars. Les offres reçues ont atteint 86,6 millions de dollars, soit un taux de couverture de 123,7 %.

Dans ce contexte, l’organisation régionale entend renforcer la coordination entre les différents marchés de capitaux de ses États membres.

Cette intégration fait également partie des préparatifs de l’Union monétaire est-africaine. Pour l’EAC, la mise en place de marchés de capitaux plus intégrés, efficaces et résilients doit contribuer à renforcer les bases financières nécessaires à « une intégration monétaire régionale plus poussée ».

Charlène N’dimon

Edité par M.F. Vahid Codjia

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