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Dorado négocie avec la SFI un prêt pour sa nouvelle usine de cajou à Yamoussoukro

Dorado négocie avec la SFI un prêt pour sa nouvelle usine de cajou à Yamoussoukro
  • Date de création: 21 septembre 2026 09:53

(Agence Ecofin) - Le transformateur de noix de cajou contrôlé par la famille Rajkumar prépare une nouvelle unité à Yamoussoukro. Derrière le prêt de 15 millions $ sollicité auprès de la SFI, Dorado organise surtout une montée en puissance de son outil industriel et de
son réseau d'approvisionnement en Côte d'Ivoire.

Dorado FZCO poursuit son expansion dans le cajou ivoirien. La holding basée à Dubaï négocie avec la Société financière internationale (SFI) un prêt de 15 millions de dollars destiné à financer une nouvelle usine de transformation à Yamoussoukro. Le projet représente un investissement total de 18 millions de dollars, dont 3 millions apportés par le groupe sur fonds propres. Au jeudi 17 septembre, l'opération restait officiellement en attente d'approbation par la SFI.

Le financement doit profiter à Bluejay Nuts, filiale ivoirienne entièrement contrôlée par la société. Créée en mars 2024 avec un capital de 100 millions FCFA et dirigée lors de sa
constitution par Jai Rajkumar, cette société porte la deuxième implantation industrielle du groupe “émirati” dans le pays.

Les travaux ont déjà commencé sur 5,43 hectares dans la zone industrielle de Yamoussoukro. La mise en service était annoncée pour le premier trimestre 2027. L'usine disposera d'une capacité annuelle de traitement de 50 000 tonnes de noix brutes, ainsi que d'un entrepôt de 30 000 tonnes et d'une installation solaire en toiture de 2,5 MW.

170 000 tonnes de capacités

Bluejay vient compléter un dispositif déjà conséquent à Toumodi. Inaugurée en 2022 avec une capacité initiale de 60 000 tonnes par an et un investissement annoncé à plus de 15 milliards FCFA, l'usine Dorado Ivory a depuis été fortement agrandie. La SFI évalue aujourd'hui sa capacité à 120 000 tonnes par an.

Avec Yamoussoukro, la holding disposerait donc d'au moins 170 000 tonnes de capacités annuelles de transformation en Côte d'Ivoire. Cette expansion déplace désormais l'enjeu vers l'amont de la filière : l'approvisionnement en noix. Le groupe a acheté environ 92 000 tonnes de noix brutes en 2025. Il prévoit de porter ce volume à 150 000 tonnes en 2027, soit une hausse de plus de 60 % en deux ans.

À titre de comparaison, la Côte d'Ivoire a produit plus de 1,5 million de tonnes de cajou en 2025. L'objectif d'approvisionnement équivaudrait ainsi à près de 10 % de la dernière récolte nationale, même si production et achats ne portent pas nécessairement sur des campagnes strictement comparables.

Un réseau d'achat à l'échelle du pays

La société indique s'être déjà organisée pour capter ces volumes. Elle revendique travailler avec une centaine de fournisseurs, dont environ 80 % de coopératives et 20 % d'agrégateurs, et loue des capacités de stockage à Bondoukou, Bouaké et Toumodi. Ces entrepôts représentent ensemble 104 000 tonnes, auxquelles viendront s'ajouter les 30 000 tonnes prévues à Yamoussoukro.

Contrôlée à 90 % par son fondateur Venkatesan Rajkumar et à 10 % par Vigneshwar Rajkumar, la firme contractualise par ailleurs avec certaines coopératives avant même l'ouverture officielle de la campagne afin de sécuriser ses objectifs de stocks. Ce modèle doit également être appliqué à Bluejay.

Cette course à la matière première intervient alors qu'Abidjan continue d'accroître les capacités nationales de transformation. En 2025, quelque 659 579 tonnes de noix ont été orientées vers les usines locales, soit environ 43 % de la production. Trois zones agro-industrielles développées à Korhogo, Bondoukou et Séguéla doivent ajouter au moins 150 000 tonnes de capacités supplémentaires à partir de la campagne 2026.

La compétition entre transformateurs devrait donc progressivement se jouer moins sur l'installation des machines que sur leur capacité à sécuriser des volumes suffisants de noix
pour les faire tourner.

Valoriser jusqu'aux coques

Dorado cherche parallèlement à augmenter la valeur retirée de chaque tonne transformée. À
Toumodi, le groupe dispose déjà d'une unité produisant du Cashew Nut Shell Liquid (CNSL), une huile industrielle extraite des coques et utilisée notamment dans les résines, revêtements et matériaux de friction. Cette installation peut traiter 250 tonnes par jour et produire environ 60 tonnes d'huile. Elle doit également absorber les coques provenant de la future usine de Yamoussoukro. La société prévoit en outre une unité biomasse à Toumodi d'ici 2028.

L'intervention de la SFI ne se limitera enfin pas au financement. L'institution doit accompagner le groupe dans la structuration de sa chaîne d'approvisionnement, notamment en matière de traçabilité. Celle-ci s'arrête encore largement au niveau des coopératives et desagrégateurs, sans remonter systématiquement jusqu'aux exploitations agricoles. Dorado devra notamment déployer une nouvelle stratégie d'approvisionnement durable pour la période 2027-2032.

Fiacre E. Kakpo

Edité par M.F. Vahid Codjia

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