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Fret routier : harmoniser les règles et procédures, l'autre chantier important des corridors ouest-africains

Fret routier : harmoniser les règles et procédures, l'autre chantier important des corridors ouest-africains
  • Date de création: 20 septembre 2026 14:03

(Agence Ecofin) - En Afrique, les corridors reliant les ports aux pays enclavés ne reposent pas seulement sur les infrastructures. Les règles de fret, les procédures douanières et les systèmes utilisés aux frontières déterminent également les conditions dans lesquelles les marchandises peuvent circuler. 

À Cotonou, une réunion de travail s’est tenue le mardi 15 septembre autour du projet d’accord quadrilatéral sur le transport routier entre le Bénin, le Burkina Faso, le Niger et le Togo. Organisée par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), elle visait à rapprocher les réglementations nationales et à faciliter la circulation des marchandises sur les principaux corridors de la sous-région.

Elle s’inscrit dans le prolongement de la déclaration adoptée à Niamey en mai 2023, qui fixait une feuille de route pour aligner les cadres juridiques applicables au transit, à l’intermédiation et au commerce transfrontalier.

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Le premier obstacle reste la fragmentation des règles 

Entre 2022 et 2023, la CNUCED a enquêté sur les goulots d’étranglement du corridor, dans une étude publiée en février 2025. Les travaux portaient sur l’état des routes, le fonctionnement des postes de contrôle juxtaposés et la gestion des infrastructures portuaires.

L’Observatoire des pratiques anormales (OPA) ne recensait en 2019 que 2,7 postes de contrôle sur cet axe, avec des perceptions illicites inférieures à 10 000 FCFA, soit environ 18 $, par voyage. Les transporteurs interrogés par l’agence des Nations unies pour le commerce ont, eux, signalé entre 10 et 15 postes de contrôle sur le seul territoire nigérien, entre Gaya et Niamey. 

L’organisation onusienne accompagne le chantier d’harmonisation depuis 2023 et a publié en janvier 2024 une stratégie d’application sous-régionale. Au Bénin, le projet COTONI complète ce travail sur la gouvernance, la sécurité et la facilitation des échanges. Financé par l’Union européenne à hauteur de 18 millions d’euros, soit environ 20,6 millions USD, il est mis en œuvre depuis 2026 par Enabel, TradeMark Africa et la CNUCED. Il couvre la Route nationale inter-États n° 2, longue de 729 km, entre Cotonou et la frontière nigérienne.

Des règles communes ne suffiront pas sans systèmes interconnectés

L’harmonisation réglementaire ne produira ses effets que si les administrations peuvent appliquer les mêmes procédures et échanger les informations nécessaires au transit. Dans le cadre de COTONI, deux ateliers organisés à Cotonou en juillet et septembre 2026 ont porté sur la numérisation des procédures et la mise en place d’une garantie unique de transit douanier.

Le Système interconnecté de gestion des marchandises en transit (SIGMAT) constitue une première réponse technique. Déployé avec le Nigeria à Sèmè-Kraké en mai 2025, il a été étendu au Niger. Les Douanes béninoises indiquent que les systèmes des deux pays sont désormais interconnectés. Ce déploiement dépasse le périmètre strict de l’accord quadrilatéral.

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L’enjeu économique apparaît déjà dans les données du port de Cotonou. Au premier trimestre 2024, les importations y ont chuté de 34 % et le nombre de navires ayant accosté de 24 %, selon le ministère béninois de l’Économie et des Finances. La fermeture de la frontière nigérienne a pesé sur ces chiffres, mais leur ampleur illustre ce que représente, pour un port et pour les économies enclavées qu’il dessert, la rupture d’un corridor

Pour le corridor, le prochain gain de fluidité ne se jouera donc pas seulement sur les kilomètres de route à parcourir. Il dépendra aussi de la capacité des pays à harmoniser les règles, les garanties et les données au même rythme que les marchandises franchissent les frontières.

Félicien Houindo Lokossou

Lire aussi: 10/09/2026 — Bénin - Niger : 291 millions $ pour moderniser un corridor qui bute encore sur une frontière bloquée

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