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Parcours des Mondes 2026 : de Bouaflé à Kasadi, les maîtres retrouvés de la sculpture africaine

Parcours des Mondes 2026 : de Bouaflé à Kasadi, les maîtres retrouvés de la sculpture africaine
  • Date de création: 08 septembre 2026 17:52

(Agence Ecofin) - Rendez-vous incontournable dans l’agenda des Salons d’exposition internationaux, Parcours des Mondes s’illustre comme une vitrine des civilisations anciennes et tribales où œuvres, galeristes et visiteurs dialoguent au moyen d’un langage artistique.

Pour la commémoration de sa 25e édition, Parcours des Mondes, consacré aux arts anciens d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, des Amériques et à l’archéologie, fait un clin d’œil à la sculpture classique de l’Afrique à travers deux expositions thématiques : « Signatures sculptées » et « Continuum ».

Elles proposent des lectures complémentaires : la première met en lumière l’individualité des sculpteurs africains classiques, la seconde crée un dialogue entre les œuvres anciennes et une création contemporaine inspirée des phénomènes célestes.

Le Salon dure du 8 au 13 septembre dans l’historique et emblématique quartier parisien de Saint-Germain-des-Prés et réunit une cinquantaine de galeries françaises et internationales. Collectionneurs, amateurs, professionnels, conservateurs et institutions spécialisées se donnent rendez-vous pour des échanges interculturels.

Véritable musée à ciel ouvert, le salon occupe 25 000 mètres carrés et accueille plus de 10 000 visiteurs chaque année d’après la plateforme Marie du 6e.

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Réhabilitation de la dimension créative personnelle de la sculpture africaine

« Cette présentation pose une question essentielle : comment identifier, dans les traditions longtemps abordées de manière collective, la part de l’invention, du geste et du regard propre à chaque sculpteur ? », s’interroge le commissaire de l’exposition « Signatures sculptées – Redonner un nom aux mains anonymes », Bernard de Grunne.

La démarche cognitive consiste à rétablir une injustice séculaire à laquelle seulement une poignée de sculpteurs africains plus contemporains à l’instar du Sénégalais Ousmane Sow, ont pu échapper.

Cette exposition vise à réhabiliter les créateurs et à mettre en lumière la diversité des styles qui jalonnent l’histoire des arts africains. Mettre un nom, une signature sur chaque « bout de bois modelé ».

Si traditionnellement, la sculpture africaine a été étudiée par régions ou ethnies, en insistant sur l’aspect collectif, désormais on veut changer de perspective en individualisant les styles.

Parler de masques dogon ou de statuettes baoulé sans pouvoir dire précisément les noms de ceux ou celles qui les ont conçus semble une malhonnêteté intellectuelle, une expropriation.

De Bouaflé à Kasadi

« Signatures sculptées » étale une collection d’œuvres qui offrent vibration et puissance. Ainsi donc, les sculptures de Djenné du Mali ou les masques gouro de la Côte d’Ivoire sont identifiés comme appartenant au Maître de Bouaflé. Il est un sculpteur anonyme du peuple gouro en Côte d’Ivoire, actif entre 1910 et 1930. Ses statues féminines debout, aux traits puissants et aux coiffures élaborées, servaient de figures tutélaires spirituelles. Identifié par un style raffiné et cohérent, il incarne la reconnaissance des créateurs africains comme artistes singuliers.

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Les statues féminines dites pfemba ou phemba liées aux maternités kongo-yombe de la République démocratique du Congo sont attribuées au Maître de Kasadi et dateraient des XIXe –XXe siècles. Identifié par son style cohérent et raffiné, il illustre la reconnaissance des « mains de maîtres » de sculpteurs africains.

Plusieurs autres « maîtres » anonymes de la sculpture africaine ont été identifiés par leur style : Maître du dos cambré, Maître de Kamer ou Maître des jolis seins.

Pour rappel, l’expression « maître anonyme » de la sculpture africaine désigne un sculpteur dont le nom n’a pas été transmis, mais dont le style cohérent permet aux historiens de l’art d’attribuer un corpus d’œuvres à une même main ou atelier.

Par ailleurs, l’expo « Continuum » propose une conversation entre les sculptures africaines anciennes et les créations contemporaines de Barbara De Pauw pour établir un pont entre l’ancien monde et le monde actuel dans une tentative de continuité des formes. 

Ubrick F. Quenum

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