(Agence Ecofin) - Selon la Banque centrale, l'industrie laitière namibienne est en difficulté en raison de l’afflux d'importations de produits laitiers à moindre coût, qui échappent à l'application de la taxe de vente.
La Banque de Namibie plaide pour la mise en place de subventions ou d’exonérations fiscales sur l’ensemble des produits laitiers afin de permettre à la production locale de rivaliser avec les importations. Cette recommandation émane du rapport annuel de l'institution, qui pointe un désavantage structurel pour les producteurs nationaux.
« La Namibie est désavantagée dans sa concurrence avec les produits laitiers des pays voisins, car les produits de ces derniers sont détaxés dans tous les pays, alors que seul le lait frais est détaxé en Namibie. Cela signifie que l'industrie laitière namibienne ne peut pas rivaliser avec des produits similaires provenant de l'étranger », souligne le document.
Malgré son rôle dans l’économie agricole du pays, le secteur laitier namibien a connu des difficultés ces dernières années, notamment en raison du coût élevé des aliments pour animaux et de la concurrence des produits sud-africains, souvent moins chers.
Cependant, la filière montre des signes de reprise. D’après l’Union agricole de Namibie (NAU), l’augmentation du cheptel a permis à la production de lait cru d’atteindre une moyenne de 15,4 millions de litres par an entre 2021 et 2024. Sa valeur marchande est passée de 104,4 millions de dollars namibiens (5,3 millions $) en 2023 à 122,5 millions de dollars namibiens en 2024, soit une hausse de 17,34 %.
Cette dynamique s’est répercutée sur les prix. Selon la Banque centrale, la décélération de l'inflation des produits alimentaires, notamment des produits laitiers, a contribué à une baisse globale de l’inflation, établie à 4,2 % en 2024 contre 5,9 % en 2023.
Classée parmi les pays à revenu intermédiaire supérieur, la Namibie présente un taux de pauvreté de 17,2 % en 2024, selon la Banque mondiale. Le chômage élevé et la vulnérabilité aux aléas climatiques, en raison d’une agriculture dépendante des précipitations, freinent son développement.
Dans ce contexte, le gouvernement a alloué 2,6 milliards de dollars namibiens au secteur de l’agriculture dans le budget 2025/2026. Cette enveloppe comprend des financements pour améliorer les systèmes alimentaires et soutenir des initiatives telles que le programme « Green Scheme », et la deuxième phase du projet d’irrigation du barrage de Neckartal.
Charlène N’dimon
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