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Cacao et café : quand la météo fait flamber les cours en 2024

  • Date de création: 07 janvier 2025 15:12

(Agence Ecofin) - Le marché des matières premières agricoles a été mouvementé en 2024. Entre baisse de production, recul des stocks et demande en hausse, plusieurs matières premières ont pu tirer leurs épingles du jeu.  

Les cours du café et du cacao ont été les grands gagnants de l’année écoulée. Boostés par une météorologie défavorable dans les principaux pays producteurs, les prix des deux produits de base ont atteint des sommets historiques effaçant de précédentes performances datant d’un demi-siècle.

Le cacao est la denrée qui a enregistré la plus importante progression d’une année sur l’autre avec des hausses de 172 % à New York et 161 % à Londres, soit plus que le double des gains affichés en 2023.

Les prix ont débuté à environ 3 855 $ la tonne en janvier pour franchir un niveau record de 12 931 $ le 18 décembre dernier à New York.  Ces différentes progressions ont fait du cacao, la matière première la plus performante de 2024 toutes catégories confondues devançant le gaz naturel et l’or.

En Côte d’Ivoire et au Ghana qui fournissent près de la moitié de la récolte mondiale, l’offre a drastiquement chuté durant la campagne 2023/2024 achevée en septembre dernier aboutissant au plus important déficit en fèves sur le marché mondial en 60 ans, soit 462 000 tonnes.

Pour la campagne 2024/2025, les prévisions de production restent mitigées : bien que supérieures à celles de l’année dernière, elles demeurent en deçà des attentes.

Au Ghana, la récolte est désormais prévue à 617 500 tonnes contre un volume escompté à 650 000 tonnes en raison de la maladie virale du cacaoyer (Swollen Shoot), du vieillissement des plantations et de l’exploitation illégale de l’or (Galamsey). 

En Côte d’Ivoire, les autorités espèrent faire rentrer 1,9 million de tonnes de cacao contre un stock de 2,1-2,2 millions de tonnes anticipé au début de la saison en octobre. Cette mauvaise conjoncture laisse présager une 4e année consécutive de déficit sur le marché qui devrait encore raviver la volatilité des cours de l’or brun.

Le café quant à lui affiche la seconde meilleure performance sur le marché des matières premières. Le café arabica utilisé principalement dans les mélanges torréfiés et moulus a affiché un gain de 69 % clôturant à 3,14 $ pour la livre avec un pic à 3,48 $ le 10 décembre. Pour sa part, les prix de la variété robusta entrant dans la fabrication du café instantané ont grimpé de 72 % au cours de l’année, la clôturant à 4 875 $ la tonne, après un sommet de 5 528 $ enregistré le 28 novembre.

Dans les deux cas, ce sont les mauvaises conditions météorologiques qui ont fait exploser les cours. Le Brésil, leader de la production mondiale d’arabica, a connu une sécheresse historique et sa production devrait chuter de 10,5 % à 40 millions de sacs en 2024/2025, selon les données de la société de conseil StoneX.

De son côté, le Vietnam qui fournit 40 % de l’offre globale de robusta devrait aussi voir sa production baisser de 10 %, d’ici septembre prochain, en raison de la grave sécheresse subie en début d’année 2024 et de fortes pluies durant le mois d’octobre. Avec globalement, une production mondiale de café inférieure à la demande depuis trois ans et des stocks de café épuisés à l’Intercontinental Exchange (ICE) à New York, une baisse des prix pourrait encore se faire attendre.     

Espoir Olodo

Lire aussi :

23/12/2024 - Cacao : le Ghana revoit ses prévisions de récolte à la baisse pour 2024/2025

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