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Le britannique Blencowe veut transformer localement le graphite ougandais

  • Date de création: 06 septembre 2024 14:37

(Agence Ecofin) - En 2023, la demande de graphite liée aux batteries a progressé de 40 % pour atteindre 1,5 million de tonnes, selon l’AIE. C’est sur ce segment en pleine croissance que l’Ouganda peut se positionner dans les années à venir, grâce au projet Orom-Cross piloté par le britannique Blencowe.

En Ouganda, Blencowe Resources veut développer la première usine de production de graphite pour batteries électriques. Pour y arriver, la compagnie britannique a annoncé le 5 septembre un protocole d’accord avec Triessence Limited, spécialiste singapourien de la vente et du marketing de graphite.

Dans le cadre d’une coentreprise 50/50, les deux sociétés ont prévu de construire et exploiter une usine capable de livrer du graphite purifié (SPG) à 99,95 % pour les batteries lithium-ion. La matière première proviendra du projet Orom-Cross, que développe la compagnie minière britannique en Ouganda.

« Blencowe a depuis longtemps reconnu les avantages substantiels que peut offrir la valorisation en aval du graphite dans le pays et il était essentiel de trouver des partenaires expérimentés qui disposent de l’expertise nécessaire pour nous aider à mener à bien la production de SPG », a commenté Cameron Pearce, président exécutif de Blencowe.

Positionnement stratégique et économique

Triessence achètera tous les produits finis de l’usine pour les proposer ensuite à des producteurs de batteries ou de matériaux pour batteries en dehors de la Chine. Un tel positionnement ferait d’Orom-Cross et de l’Ouganda l’une des alternatives précieuses à la domination chinoise sur le graphite, le pays contrôlant 80 % de la production mondiale de graphite naturel en 2023.       

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Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de graphite a augmenté de 40 % en glissement annuel pour atteindre 1,5 million de tonnes en 2023. Cela représente par ailleurs le tiers de la consommation totale l’année dernière, une part qui devrait continuer à progresser avec l’augmentation des ventes de véhicules électriques. Des opportunités sont donc à saisir pour les pays qui hébergent des réserves de graphite, comme l’Ouganda, surtout en investissant aussi dans la transformation locale.

Si elle se cantonne à l’exportation de ces minéraux critiques, l’Afrique ne capterait ainsi que 55 milliards de dollars dans la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques estimée à 8800 milliards d’ici 2025, d’après une étude de la Banque africaine de développement (BAD).

Au-delà de l’aspect stratégique, la transformation locale du graphite ougandais peut générer davantage de revenus pour le gouvernement, notamment à travers les différents impôts. Comme pour d’autres minéraux critiques, le graphite de qualité batterie a en effet une meilleure valeur commerciale que le concentré. Ce dernier se vend en moyenne à 500 dollars la tonne, alors que le graphite purifié pour batteries s’échange à environ 2 000 dollars la tonne, précise Blencowe.

Pour rappel, Orom-Cross peut livrer en moyenne 101 000 tonnes de concentré de graphite par an sur une durée de vie de 14 ans. Le projet est actuellement contrôlé à 100 % par Blencowe, mais le gouvernement ougandais a annoncé son intention de prendre une participation gratuite de 15 % dans tous les projets miniers du pays, conformément au code minier adopté en 2022.

Emiliano Tossou

Lire aussi:

01/11/2023 - Ouganda : la qualité du graphite d’Orom-Cross pour les véhicules électriques confirmée en Chine et aux États-Unis

21/02/2023 - L’Ouganda va créer une compagnie minière nationale et entrer au capital de tous les projets miniers


 
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