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Le Kenya interdit l’importation de lait en poudre

  • Date de création: 03 novembre 2025 11:46

(Agence Ecofin) - Le Kenya est le premier producteur de lait en Afrique subsaharienne. Dans une logique protectionniste, le gouvernement choisit de suspendre les importations de lait en poudre afin de stimuler la compétitivité de la filière locale.

Au Kenya, les importations de lait en poudre sont à présent interdites. Selon les informations relayées par l’Agence kenyane de presse Kenya News Agency, cette mesure, entrée en vigueur avec effet immédiat, a été annoncée le vendredi 31 octobre par Mutahi Kagwe (photo), ministre de l’Agriculture.

D’après le responsable, l’objectif de cette interdiction vise à protéger les producteurs locaux contre la concurrence déloyale des produits étrangers issus surtout de la sous-région, tout en veillant à ce que la demande locale soit satisfaite face à la pression démographique.

Dans un rapport publié en 2024 sur l’industrie kenyane du lait, le Département américain de l’agriculture (Usda) indiquait, par exemple, que la première économie d’Afrique de l’Est a importé pour près de 85,3 millions $ de produits laitiers, dont 42 %, soit 36,05 millions $, concernaient le lait entier en poudre et le lait écrémé en poudre.

D’après l’organisme américain, l’Ouganda est le principal fournisseur de produits laitiers sur le marché kenyan, loin devant les Pays-Bas, la Belgique, l’Irlande et l’Allemagne. En dehors de la volonté protectionniste affichée par les autorités, l’enjeu de restreindre les importations de lait en poudre sera également de créer des conditions favorables pour renforcer la production locale en vue de soutenir la montée en puissance observée ces dernières années.

Les données compilées par le Bureau national de la statistique (Knbs) montrent que la production locale de lait au Kenya a augmenté de 30 %, passant de 4 millions de tonnes en 2020 à 5,28 millions de tonnes en 2023. Les estimations provisoires sur les performances de l’industrie en 2024 situent l’offre autour de 5,33 millions de tonnes.

Il faut aussi noter que, dans le cadre de sa « Dairy Industry Sustainability Roadmap » lancée en 2023, le gouvernement ambitionne de porter la production de lait du pays à 10 millions de tonnes d’ici 2032. Dans ce contexte, le défi pour les autorités sera d’accélérer le renforcement des infrastructures de stockage et de la chaîne de froid pour réduire les pertes post-récolte et accompagner la croissance de la production. En 2023, par exemple, l’industrie locale déplorait la perte de 290 000 tonnes de lait frais, un niveau en hausse de 50 % par rapport à 2022 et le plus élevé enregistré en quatre ans.

Stéphanas Assocle

Edité par Wilfried ASSOGBA

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