(Agence Ecofin) - L'ONU estime que les perturbations de classes en période de Covid-19, qui ont privé des millions d'enfants d’école l’an dernier, pourraient coûter 1600 milliards $ en termes de perte de revenus tout au long de leur vie. « La fermeture des écoles maternelles en 2020 pourrait coûter aux jeunes enfants d'aujourd'hui un manque à gagner estimé à 1600 milliards de dollars au cours de leur vie. », indique le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) dans un rapport.
Après18 mois de pandémie de #COVID19 les écoles demeurent complètement fermées ou presque pour près de 77 millions d’élèves dans six pays, selon une analyse de @UNICEF_FR @UNESCO_fr https://t.co/aP6sdm1Z8s
— ONU Info (@ONUinfo) September 17, 2021
« Cette estimation des coûts s'appuie sur les travaux de Lopez Boo, Behrman et Vasquez (2020), en ajoutant des données sur les durées des fermetures d'écoles pré-primaires en 2020. Elle s'appuie sur les données de 135 pays, couvrant environ 75 % de la population mondiale d'enfants en âge pré-primaire.», explique le rapport, selon lequel ces fermetures ont un impact différent suivant le niveau de revenu des pays.
« En moyenne, l'impact des fermetures d'écoles pré-primaires en 2020 équivaut à plus de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) des pays à revenu intermédiaire, soit près des deux tiers des dépenses publiques moyennes consacrées à l'éducation dans ce groupe. », selon ses estimations. En comparaison, l'impact sur les pays à revenu élevé et à revenu faible est estimé à environ 1 % du PIB.
Cette estimation de l’Unicef peut cependant être mitigée dans la région africaine, dans un contexte où plusieurs millions de jeunes apprenants ne finissent pas leurs cycles scolaires, et avec des défis d’adéquation formations-emplois déjà présents, même avant la pandémie.
Selon Mediaterre, spécialisé en information sur le développement durable en Afrique, avant la Covid-19, environ 41 millions d'enfants et d'adolescents en Afrique de l'Ouest et du Centre n'étaient déjà pas scolarisés, soit près d'un tiers des enfants non scolarisés dans le monde.
Pour plusieurs spécialistes africains de l’éducation, la situation, aggravée par la Covid-19, appelle des réformes dans les secteurs éducatifs africains, avec notamment de meilleures infrastructures, des enseignants mieux outillés et un accent sur le renforcement du numérique comme outil d’éducation. « La Covid-19 a mis en évidence les insuffisances de nos programmes de préparation des enseignants et de développement professionnel continu. La plupart des enseignants de la région n'ont pas de connaissances technologiques, ce qui rend difficile la mise en œuvre harmonieuse des programmes et politiques d'apprentissage en ligne et de technologies éducatives. », souligne Peter Anti Partey, économiste de l'éducation et analyste des politiques de l'éducation au Ghana.
Ayi Renaud Dossavi

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