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Venise 2026 : May el-Toukhy, première cinéaste d’ascendance africaine à décrocher le Lion d’or

Venise 2026 : May el-Toukhy, première cinéaste d’ascendance africaine à décrocher le Lion d’or
  • Date de création: 15 septembre 2026 19:58

(Agence Ecofin) - La faible présence de cinéastes, actrices et acteurs africains dans les compétitions officielles des grands rendez-vous du cinéma — qu’il s’agisse du Festival de Cannes, des Oscars de Los Angeles, de la Berlinale ou encore de la Mostra de Venise — alimente régulièrement les chroniques de la presse culturelle sur le continent.

« Woman Unknown » est le grand vainqueur de la 83e édition de la Mostra de Venise. Le film remporte la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine, mais surtout la récompense suprême, le Lion d’or, attribué à la réalisatrice dano-égyptienne May el-Toukhy (photo).

Le samedi 12 septembre, sur le Lido, elle entre dans l’histoire comme la première cinéaste d’ascendance africaine à décrocher le Lion d’or du meilleur film au plus ancien festival de cinéma du monde [NDLR : les Oscars constituent une cérémonie de remise de récompenses cinématographiques, tandis que la Mostra de Venise est un festival de cinéma].

La récompense est d’autant plus prestigieuse qu’elle est la seule réalisatrice, sur la vingtaine de cinéastes en compétition officielle, à avoir présenté son film en solo. Par ailleurs, elle est la huitième réalisatrice de l’histoire à soulever le fameux félin doré, rapporte l’agence Associated Press, citée par Afrik.com.

Le destin de May el-Toukhy, entre héritage africain et identité scandinave

Elle est la fille d’un informaticien égyptien, immigré de la première génération, et d’une travailleuse sociale danoise. Née en 1977 à Copenhague, la capitale danoise, May el-Toukhy a grandi à une époque où le racisme, dans cette région froide du nord de l’Europe, faisait rage. Pourtant, elle porte en elle un héritage culturel pluriel et assume pleinement cette dualité lorsqu’elle se définit comme « moitié égyptienne, moitié danoise ».

Sortir de l’anonymat toutes les femmes brisées par la guerre

Avec « Woman Unknown », la réalisatrice plonge dans les affres de la Seconde Guerre mondiale et raconte les humiliations subies par Marie, hantée par son passé. Mise au ban de la société et considérée comme un paria pour avoir eu des relations avec l’occupant nazi, son corps meurtri et lacéré est désigné comme une souillure. Son mariage est compromis.

La trame du film n’est pas sans rappeler le sort des « femmes de réconfort ». Cette expression désigne les femmes et jeunes filles contraintes à l’esclavage sexuel par l’armée impériale japonaise entre 1931 et 1945, principalement en Corée, en Chine, aux Philippines et en Indonésie. Les estimations du nombre de victimes varient selon les sources, certaines évoquant plusieurs centaines de milliers de femmes.

Le regard porté sur Marie invite ainsi à une prise de conscience de la fragilité et de la vulnérabilité des femmes en temps de guerre.

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Des précédents à la Mostra, mais jamais l’or

Si la conquête du Lion d’or par « Woman Unknown » marque un jalon important pour la diaspora africaine à Venise, d’autres personnalités africaines ou afrodescendantes se sont également illustrées ces dernières années dans le cadre de la Mostra, sans toutefois décrocher le prestigieux trophée.

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania s’est particulièrement illustrée en obtenant le Lion d’argent – Grand Prix du jury en 2025 pour The Voice of Hind Rajab. Une distinction prestigieuse qui l’a placée parmi les principales figures du cinéma africain contemporain.

Quelques années plus tôt, en 2022, la Franco-Sénégalaise Alice Diop avait, elle aussi, marqué l’histoire du festival grâce à Saint Omer, récompensé par le Lion d’argent – Grand Prix du jury, confirmant la place croissante des cinéastes afrodescendants dans les grandes compétitions internationales.

Enfin, il convient de distinguer le cas de l’artiste ghanéen El Anatsui, qui a reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière en 2015. Cette récompense relevait toutefois de la Biennale de Venise, dédiée aux arts visuels, et non du Festival international du film.

Ubrick F. Quenum

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