Mehan Houra, la start-up algérienne qui met en relation les artisans et les demandeurs de services de réparation

  • Date de création: 10 novembre 2021 12:32

(Agence Ecofin) - L’Afrique est en retard en ce qui concerne la quatrième révolution industrielle. Les raisons vont du déficit de compétences à une prise de conscience tardive de l’opportunité qu’offrent ces technologies du futur qui comprennent l’IA, la robotique, l’Internet des objets, la blockchain, ou encore l’impression 3D. Toutefois, la donne pourrait changer assez vite, car plusieurs jeunes entreprises du continent montrent le chemin en essayant d’innover pour résoudre des problèmes pratiques. L’Agence Ecofin vous propose, dans cette série, un tour d’horizon de ces « pionniers ».

Mehan Houra est une start-up algérienne qui utilise une application mobile pour mettre en relation les artisans et les demandeurs de services de réparation. Le but est d’aider les ménages à avoir accès à des professionnels pour leurs divers problèmes domestiques, et à ceux-ci de gagner en visibilité pour mieux vendre leur savoir-faire. La start-up a été fondée par Amira Irmal (photo), Zehor Mahi et Abdellah Sellam en 2018.

Pourquoi avoir mis en place cette start-up ?

Il n’est pas rare d’avoir des problèmes domestiques comme des fuites dans le toit, dans les toilettes ou encore des canaux bouchés. Dans ces cas, si vous êtes bricoleur, vous pouvez vous en occuper sinon faire appel à un professionnel du secteur. Cette dernière option n’est pas une sinécure en Algérie puisque, d’après les chiffres de la start-up, il existe 1 technicien pour 400 ménages. Il y a donc un manque d’artisans qualifiés pour régler efficacement les divers accrocs domestiques. C’est là que Mehan Houra intervient puisque la start-up dispose d’un réseau d’artisans qualifiés sur son application.

Le système de Mehan Houra

Ces artisans ont des fiches renseignées où vous retrouverez des commentaires, des avis positifs ou non, des devis, des expériences professionnelles, des comparatifs et un accès direct à leurs  messageries. L’artisan dispose ainsi d’une présence en ligne et surtout d’une image de marque qui lui donne de la crédibilité.

Pour avoir accès aux clients sur l’application, les artisans s’inscrivent gratuitement sur la plateforme. Ils peuvent ainsi discuter avec les clients via la messagerie directe et bénéficier des avis favorables ou non et des commentaires après l’exécution d’un contrat.

Mais pour avoir accès à tout ce que propose Mehan Houra, un abonnement au plan professionnel s’impose. Il coûte 150 dollars par an, et ces artisans sont particulièrement mis en avant avec un accès aux programmes de certification et aux projets Business-to-Business (B2B). En ce qui concerne les entreprises, la start-up propose un deal particulier. Elle reçoit 20 % de commissions sur toutes les opérations.

Depuis le lancement de l’application en octobre 2020, Mehan Houra compte plus de 1200 artisans inscrits, 300 utilisateurs actifs et plus de 1500 opérations ont été effectuées.

Des perspectives pour le futur

Mehan Houra part de l’Algérie pour conquérir tous les pays de la région sud-méditerranéenne (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Egypte). Le marché continental est estimé à 19 milliards de dollars, selon la start-up, et celui du Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie) à 700 millions de dollars, selon la même source. Amira Irmal et son équipe visent 1 % du marché maghrébin, d’ici les deux prochaines années, soit 7 millions de dollars.

Avec ces perspectives d’expansion, la start-up aura besoin de financement. Ce qui pourrait arriver dans les prochains mois si elle maintient sa cadence.

Adoni Conrad Quenum (stagiaire)

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