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Burkina Faso : « Les élections, ce n’est pas une priorité pour le moment, c’est la sécurité » (Cap. Ibrahim Traoré)

  • Date de création: 02 octobre 2023 13:25

(Agence Ecofin) - Au pouvoir depuis le 30 septembre 2022, le capitaine Traoré a justifié le putsch par la dégradation de la situation sécuritaire. Depuis 2015, le Burkina Faso subit fréquemment des attaques terroristes qui se sont étendues jusqu’à la capitale économique. Des zones sont encore sous le contrôle des terroristes.

Le Burkina Faso n’organisera pas d’élections tant que tout le territoire ne sera pas sécurisé. C’est ce qu’a déclaré le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, au cours d’un entretien exclusif diffusé à la télévision nationale, la RTB, vendredi 29 septembre.

« Les élections, ce n’est pas une priorité pour le moment, c’est la sécurité qui est la priorité », a-t-il fait savoir en réponse aux journalistes.

Selon le chef de l'État burkinabè, tous les Burkinabè devraient participer aux futures élections et chaque candidat devrait pouvoir faire campagne partout sur le territoire.

« Il n’y aura pas d’élection qui va se concentrer uniquement à Ouagadougou ou à Bobo Dioulasso. Donc il faut qu’on assure la sécurité d’abord. On est venu pour la sécurité », a-t-il soutenu, accusant par ailleurs des États de retarder le processus en refusant de livrer des équipements. 

« [...] Les pays encore sous le diktat des impérialistes ont par exemple décidé de bloquer nos équipements [...] vous dites qu’il faut qu’on fasse vite pour faire les élections, et c’est vous encore qui bloquez les équipements, qui ne voulez pas qu’on fasse la guerre ». 

La déclaration du capitaine Traoré survient en pleine crise au Burkina Faso. La semaine écoulée, les autorités ont indiqué avoir déjoué une tentative de putsch impliquant des officiers burkinabè. Dans le pays, les tentatives de déstabilisation du régime se sont multipliées ces derniers mois, à en croire le pouvoir militaire. Les attaques terroristes également.

Au pouvoir depuis le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a justifié son putsch par la volonté de mettre fin à l’insécurité grandissante. Depuis octobre 2022, les activités des partis politiques et des organisations de la société civile ont été suspendues dans l’optique, selon les autorités militaires, de mieux engager les ressources militaires dans la sécurisation de tout le territoire, contrôlé à près de 40% par les terroristes.

Faut-il le rappeler, la prochaine présidentielle est prévue se tenir en juillet 2024. Avant cette échéance, il est prévu dans les prochains jours une réforme constitutionnelle afin notamment d'intégrer « les leaders religieux et communautaires ».

Victoria Sedji

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