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FIFDA 2026 : quand l’Afrique dialogue avec le monde par le cinéma

FIFDA 2026 : quand l’Afrique dialogue avec le monde par le cinéma
  • Date de création: 01 septembre 2026 15:20

(Agence Ecofin) - La diaspora africaine constitue un espace où se croisent les influences du continent et celles des sociétés d’accueil, engendrant des expressions artistiques singulières. Le cinéma en est l’un des principaux vecteurs, créant des passerelles entre l’Afrique et ses communautés à travers le monde.

Par le truchement des thématiques comme la lutte pour la résistance et la justice sociale, le réveil de la mémoire, l’héritage culturel ou le passage du relais aux générations futures, la 16e édition du Festival international des films de la diaspora africaine (FIFDA) fait son retour dans la capitale française. L’événement se tiendra du vendredi 4 au dimanche 6 septembre comme un espace d’échanges entre une Afrique en pleine mutation et sa diaspora.

Le CGR Paris Lilas et le cinéma Saint-André des Arts serviront de cadre aux projections d’une quinzaine de films. Au programme, une diversité de formats : courts métrages, fictions, longs métrages et documentaires. Des séances de débats et de partage entre professionnels du cinéma sont prévues. Parmi les films qui seront projetés figurent trois premières parisiennes, quatre premières européennes et six premières françaises.

Pardonner ou oublier le passé pour dialoguer autrement ?

Oublier ? Non ! La mémoire doit rester vive pour que le pardon puisse trouver son chemin. C’est du moins le message que véhicule la présentation en soirée d’ouverture du festival, le documentaire The Foolishness of God : À Forgiveness Journey with Desmond, sur les traces du prélat sud-africain, Nobel de la paix 1984 et icône de la lutte anti-apartheid. Le film suit une militante afro-américaine qui, pendant quinze ans, tente de comprendre comment « un homme de Dieu » peut demander pardon pour les atrocités commises sous le régime de l’apartheid.

Également au programme, The Dutchman, réalisé par André Gaines, est une adaptation contemporaine de 1h 20 de la pièce éponyme d’Amiri Baraka, écrite en 1964 sous le nom de LeRoi Jones. L’œuvre, qui narre la rencontre d’un homme noir et d’une femme blanche dans le métro new-yorkais, aborde les tensions raciales et les rivalités historiques sur fond de division entre classes sociales.

Le FIFDA met également en avant une sélection de films déjà primés dans de grands rendez‑vous cinématographiques. Nail’s Man, primé au FESPACO 2025, aborde avec humour la masculinité et la dignité dans le Kinshasa actuel. Goundafa, le chant maudit, récompensé au Caire, illustre la résistance culturelle amazighe face à l’intégrisme religieux, tandis que The Wall Street Boy, Kipkemboi, lauréat à Roxbury, suit un jeune génie kenyan dont les découvertes mathématiques attirent des convoitises internationales.

À travers ces récits de mémoire, de justice et d’identité, le FIFDA résonne aussi avec les tensions qui traversent aujourd’hui plusieurs sociétés africaines, notamment dans le contexte des violences xénophobes qui ont actuellement lieu en Afrique du Sud. Le cinéma apparaît ainsi comme un espace où la diaspora et le continent peuvent confronter leurs expériences et leurs regards.

Ubrick F. Quenum

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