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Le Botswana assimile les diamants synthétiques à une menace économique

  • Date de création: 30 mai 2024 19:59

(Agence Ecofin) - Les diamants représentent environ 25 % du PIB du Botswana et 75 % de ses recettes en devises. Premier producteur mondial en matière de valeur, le pays subit déjà l’impact de l’essor des diamants de laboratoire sur son économie, avec une baisse des revenus de son principal partenaire, De Beers.

Premier producteur mondial de diamants naturels en valeur, le Botswana considère les diamants de laboratoire comme une menace pour son économie. C’est du moins ce qu’a déclaré mercredi le président Mokgweetsi Masisi, en prélude à sa participation au salon JCK à Las Vegas, considéré comme le plus grand évènement au monde dans le domaine de la joaillerie.

Les diamants sont en effet un moteur de l’économie du Botswana, avec une contribution d’environ 40 % aux recettes publiques, environ un quart du PIB et 75 % des recettes en devises. Or, le marché des diamants naturels est actuellement en crise, avec une baisse de la demande et des prix au profit d’un intérêt croissant des consommateurs pour les pierres synthétiques.

Partenaire historique du Botswana et premier producteur mondial en tenant compte de la valeur des diamants produits, De Beers a ainsi vu ses ventes de diamants bruts diminuer à 3,6 milliards de dollars l’année dernière, contre 6 milliards de dollars en 2022.

Les conditions macroéconomiques depuis deux ans ont en effet encouragé les acheteurs de diamants naturels à se tourner vers des alternatives moins onéreuses. En avril, près de la moitié (45 %) des bagues de fiançailles en diamant vendues par les détaillants spécialisés américains étaient serties de diamants de laboratoire, selon l’analyste Edahn Golan. Ce dernier explique néanmoins que les prix de ces diamants synthétiques suivent une tendance à la baisse, qui pourrait les conduire à être de moins en moins attractifs à l’avenir.

Cette situation sur le marché des diamants peut avoir un impact sur les projets à long terme du Botswana qui prévoit notamment un investissement de 6 milliards de dollars en partenariat avec De Beers, pour prolonger la durée de vie de Jwaneng, la plus grande mine de diamants d’Afrique. La première phase de ce projet, prévue pour être lancée fin juin, nécessitera 1 milliard de dollars.

Autre défi pour le Botswana, la séparation annoncée entre De Beers et Anglo American. Si l’échec de la tentative de prise de contrôle d’Anglo American a repoussé momentanément le spectre d’une séparation en catastrophe, le processus de retrait du producteur de diamants de son portefeuille fait partie d’une restructuration indispensable pour Anglo American. Les scénarios actuellement envisagés par les observateurs incluent notamment la possibilité pour le Botswana, actionnaire à 15 % dans De Beers, d’augmenter sa participation dans l’entreprise.

Lire aussi:

23/05/2024 - De Beers reste optimiste sur une amélioration de la demande de diamants


 
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