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Titres publics : en 2023, le Cameroun envisage de lever 710 millions $ sur les marchés de la Beac et Bvmac

  • Date de création: 29 novembre 2022 10:34

(Agence Ecofin) - Dans le sillage de sa stratégie hybride de 2022, le Cameroun planifie de recourir aussi bien à la Bvmac qu’à la Beac, malgré les conditions plus favorables sur ce dernier marché, pour lever les fonds nécessaires au bouclage de son budget 2023.

Selon le projet de Loi de Finances 2023 soumis à l’examen des parlementaires par le gouvernement, le Trésor public camerounais ambitionne de mobiliser 450 milliards FCFA (710,7 millions $) par émissions des titres publics, au cours de l’année 2023. Cette enveloppe, apprend-on, permettra au gouvernement de satisfaire ses besoins de trésorerie au cours de l’année. Les financements ainsi projetés sont de 100 milliards FCFA inférieurs aux 550 milliards FCFA d’endettement autorisés par émissions des titres publics en 2022, suite au collectif budgétaire du 2 juin.

Pour lever ces fonds, contrairement à la période 2019-2021, au cours de laquelle le Trésor public s’était complètement recentré sur le marché des titres publics de la Beac, pour la recherche des financements devant compléter son enveloppe budgétaire, le Cameroun devrait poursuivre avec sa stratégie hybride de l’année 2022. C’est-à-dire celle qui consiste à effectuer des opérations de levées de fonds aussi bien sur le marché des titres publics de la Beac, que sur le marché financier sous-régional unifié (Bvmac), basé à Douala, la capitale économique du pays.

Le 7e emprunt obligataire du Cameroun sur la Bvmac en 2023 est d’autant plus envisageable, qu’en dépit des conditions du marché moins favorables que sur le marché des titres publics de la Beac, sur lequel le demandeur de capitaux peut économiser environ 2% du montant souscrit, le Cameroun s’inscrit d’abord, depuis 2022, dans une logique de dynamisation du marché financier unifié, qui est en quête de souffle. Ensuite, comme l’ont fait savoir les responsables du ministère des Finances lors du retour sur le marché financier en 2022, les opérations sur la Bvmac offrent l’opportunité à un large éventail de souscripteurs de participer au financement de l’État.

Un marché des titres de plus en plus obèse

Enfin, les réalités actuelles du marché des titres publics de la Beac imposent elles-mêmes une diversification des sources de financements aux États de la Cemac, qui s’y sont recentrés depuis quelques années pour leurs emprunts de long terme, analyse Investir au Cameroun. En effet, apprend-on de sources autorisées, en l’absence d’un dynamisme certain sur le marché secondaire des titres, les banques, qui opèrent comme intermédiaires (spécialistes en valeurs du Trésor ou SVT) sur le marché primaire, ont du mal à placer les titres détenus en propre.

À titre d’exemple, à fin août 2022, selon les données officielles, les SVT détenaient encore 78,8% (3 973 milliards de FCFA) des titres acquis sur le compartiment primaire de ce marché. Contre respectivement 13,8% et 1,6% pour les investisseurs institutionnels et les personnes physiques, dont le déploiement sur le compartiment secondaire du marché reste attendu.

Du coup, avec un portefeuille de titres obèse, couplé à l’épée de Damoclès du respect des ratios prudentiels suspendue au-dessus de leurs têtes, les SVT opérant sur le marché de la Beac, qui sont du reste très courtisés par d’autres États de la communauté ces dernières années, devraient difficilement pourvoir le Trésor camerounais de la totalité des 450 milliards FCFA de financements à mobiliser par émissions de titres publics au cours de l’année 2023. De ce point de vue, le marché financier sous-régional offre une opportunité idoine pour compléter l’enveloppe sollicitée.

Brice R. Mbodiam  


 
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