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Riposte contre la rougeole, inquiétudes à Kampala : le point de santé hebdomadaire en Afrique

  • Date de création: 29 octobre 2022 10:12

(Agence Ecofin) - En Afrique cette semaine : l’épidémie d’Ebola continue en Ouganda, plusieurs pays renforcent leur réponse vaccinale contre la rougeole et contre la variole du singe… 

Riposte vaccinale contre les flambées de rougeole

Cette année, plusieurs pays africains ont organisé la riposte vaccinale contre la rougeole, dans un contexte de résurgence de la maladie, après la pandémie de Covid-19, qui a notamment eu des répercussions sur la capacité des pays à assurer une surveillance et à signaler les cas de rougeole. Ainsi, entre janvier et octobre 2022, des campagnes de suivi ont été lancées au Burundi, en Guinée, à Madagascar et en Gambie notamment, comme l’indique l’Alliance globale pour les vaccins (Gavi), dans une récente communication.

Au Zimbabwe, par exemple, une campagne prévue a été accélérée en réponse à une épidémie survenue en septembre. « Au total, les efforts urgents déployés dans plusieurs pays viseront à atteindre des millions d'enfants au cours du premier semestre de 2023 », indique la Gavi. 

De plus, « jusqu'à 100 millions de dollars US ont été réservés au programme de vaccination zéro dose (ZIP), une collaboration entre Gavi et des organisations non-gouvernementales ayant une expertise humanitaire », annonce-t-on. Il s’agira, avec ces ressources, de toucher notamment les couches vulnérables, parmi les réfugiés et les populations déplacées dans les pays fragiles et touchés par des conflits, au Sahel et dans la Corne de l'Afrique.

Ebola : l'Ouganda passe la barre des 100 cas confirmés

En Ouganda, l'épidémie d’Ebola continue de sévir. On a passé la barre des cas 100 cas confirmés. En fin de semaine, la ministre ougandaise de la Santé, le Dr Jane Ruth Aceng Ocero, a fait l'annonce que « 35 jours depuis la déclaration de l'épidémie, 109 personnes ont été confirmées atteintes d'Ebola, dont 30 ont succombé, 34 ont été traitées et 45 sont sous traitement ».

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Dans la capitale, Kampala, 14 cas ont été confirmés. Plusieurs organisations, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), s’inquiète de l’évolution possible de l'épidémie, dans un contexte de forte densité démographique (la capitale est également proche d'un aéroport international et peu éloignée du lac Victoria, qui fait partie de la frontière avec le Kenya et la Tanzanie). L’OMS relève que « Kampala est la capitale de l'Ouganda avec une population estimée à 4 millions d'habitants, avec une densité atteignant 21 032 hab./km2. Par conséquent, si elle n'est pas maîtrisée, la situation deviendrait hautement désastreuse. »

Tous les cas identifiés sur place ont été des contacts de cas connus de la maladie, et mis en quarantaine depuis leur identification. 

3 millions d'euros d’appui de l’UE

Dans le sillage de cette épidémie, l'UE notamment a mobilisé un financement d'urgence supplémentaire de 3 millions d'euros pour soutenir la réponse à l'épidémie. Une partie de ce financement (1,5 million d'euros) soutiendra l'Organisation mondiale de la santé dans ses activités de coordination et de surveillance, les enterrements sûrs et dignes ainsi que la logistique et le suivi et les soins des survivants, apprend-on.  Un million d'euros sera alloué à l'UNICEF pour la prévention et le contrôle des infections, ainsi que pour la communication des risques et l'engagement communautaire, tandis que 500 000 euros seront alloués à l'International Rescue Committee pour la préparation et la prévention et le contrôle des infections dans les camps de réfugiés les plus exposés. « Nous explorons toutes les options disponibles pour fournir un soutien supplémentaire dans la réponse à l'épidémie d'Ebola », a souligné le commissaire à la gestion des crises, Janez Lenarčič.

Niger : 4 cas confirmés de fièvre jaune depuis septembre

Au Niger, 4 cas suspects de fièvre jaune, détectés en septembre et octobre 2022, ont été confirmés, suite à des tests de confirmation, dans les districts de Dosso, Zinder, Tahoua et Adadez.

Pour rappel, la fièvre jaune est une maladie virale transmise par les piqûres de moustiques infectés. Environ 12 % des personnes infectées par le virus de la fièvre jaune développent une maladie grave qui peut entraîner une maladie du foie, des hémorragies, un choc, une défaillance des organes, un jaunissement de la peau (jaunisse) et parfois la mort. Parmi les personnes qui développent une maladie grave, le taux de mortalité varie entre 30 à 60 %.

Nigeria : plus de 10 000 cas suspects de choléra depuis le début de l'année

Au Nigeria, les autorités sanitaires nigérianes ont signalé 1006 cas suspects supplémentaires de choléra au cours de la dernière semaine de septembre (se terminant le 02 octobre). Ceci portant, dans la foulée, le total cumulé à 10754 cas suspects détectés depuis le début de l'année, comme le rapporte Outbreak News Today.

Dans le détail, 11 États concentrent 86 % de tous les cas cumulés de la maladie d'origine hydrique : Borno (3663), Yobe (1632), Katsina (767), Taraba (675), Cross River (649), Gombe (470), Jigawa (417) et Bauchi (304). Au total, 256 décès ont été signalés en 2022, soit un taux de létalité de 2,4 %.

Monkeypox en Afrique

Dans son dernier Bulletin des épidémies et des urgences sanitaires en Afrique, l’OMS a fait le point notamment sur la situation de la variole du singe (Monkeypox) sur le continent. Entre le 17 et le 22 octobre 2022, 32 nouveaux cas confirmés ont été signalés dans 4 pays de la région africaine, dont le Nigeria (22), la République démocratique du Congo (RDC) (6), le Cameroun (2) et la République Centrafricaine (1). Un décès a été signalé pendant la même période au Mozambique.

Depuis le début de l’année, 13 pays africains en tout ont signalé 921 cas de variole du singe, dont le Nigeria (530), la RDC (200), le Ghana (104), le Soudan (17), la République Centrafricaine (RCA) (11), le Cameroun (10), le Congo (5), l'Afrique du Sud (5), la République du Bénin (3), le Liberia (3), le Maroc (3), l'Égypte (1) et le Mozambique (1).

Cinq pays ont signalé 15 décès, dont le Nigeria (7), le Ghana (4), le Cameroun (2), le Mozambique (1) et le Soudan (1). En général, le nombre de cas et de décès dus au Monkeypox en Afrique représente respectivement 1,0 % et 48,4 % des cas et des décès dans le monde.

Monkeypox au Mozambique

Le seul cas signalé au Mozambique le 6 octobre par le ministre de la Santé a été déclaré mort le 14 octobre 2022. C’était une commerçante de 38 ans de la province de Maputo qui avait récemment voyagé en Inde le 5 mai 2022 et était revenue à Maputo le 26 septembre avec un transit en Ethiopie. Au total, 12 contacts ont été identifiés dans le pays d’Afrique australe, tous ne présentant aucun symptôme. 

Monkeypox au Cameroun

Dix cas confirmés ont été signalés parmi 48 cas suspects au Cameroun, avec deux décès entre le 2 janvier et le 23 octobre 2022 dans quatre régions et sept districts. La majorité des cas au Cameroun sont des hommes, avec un ratio hommes/femmes de 7 pour 5. Les résultats du séquençage ont révélé que la moitié des cas signalés au Cameroun appartiennent au clade I, et l'autre moitié au clade II. 

Monkeypox en République centrafricaine

La RCA a rapporté 11 cas de Monkeypox confirmés en laboratoire, sans aucun décès en 2022. La distribution géospatiale des cas confirmés en 2022 montre que six (6) districts sanitaires de la RCA sont touchés (Sangha-Mbaéré, Bangui I, Alindao, Bimbo, Ouango Gambo et Bangassou). Les hommes sont les plus touchés (73%), et l'âge moyen est de 19 ans, allant de 4 à 40 ans. Il y a une formation continue des agents au niveau central et opérationnel sur la surveillance du Monkeypox et la gestion des cas.

Quelques mesures au niveau national

Les actions sont multiples et variées, comme le relève l’agence onusienne. Ainsi, par exemple, le Ghana a renforcé la surveillance du Monkeypox dans les régions et les districts ; là où le Liberia annonce une formation de remise à niveau pour les agents de surveillance et les techniciens de laboratoire sur la détection des cas et la collecte des spécimens.

De son côté, le Nigeria, un des pays qui recense le plus de cas, fournit un soutien hors ligne sur l'identification, la notification et la réponse aux cas de variole du singe. La République Centrafricaine mobilise des ressources pour la mise en œuvre du plan de réponse élaboré par le ministère de la Santé. La RDC (République démocratique du Congo) élabore un plan de préparation et de réponse à la variole du singe pour classer les zones de santé en fonction du profil épidémiologique. Le pays d’Afrique centrale, renforce également les capacités des prestataires de soins de santé pour la prévention de la variole.

Ayi Renaud Dossavi

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