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Comment ajouter 24 milliards $ par an au PIB de l’Afrique (rapport)

  • Date de création: 20 septembre 2024 08:10

(Agence Ecofin) - Un rapport souligne qu’un renforcement des capacités locales tout au long des chaînes de valeur des minerais verts pourrait aider à augmenter le taux d’électrification du continent, en favorisant la production de technologies d’énergies renouvelables à des prix abordables.

Le continent africain pourrait augmenter son produit intérieur brut (PIB) de 24 milliards de dollars par an et créer 2,3 millions d’emplois supplémentaires en se positionnant sur les segments en aval des chaînes de valeur des minerais de transition, comme la conception, la fabrication et la commercialisation des technologies d’énergies renouvelables, selon un rapport publié le 4 septembre 2024 par le réseau mondial d’organisations de la société civile Publish What You Pay (PWYP).

1 africa make

Intitulé « How can Africa make the most of its transition minerals ? », le rapport rappelle que le continent abrite plus de 40 % des minerais nécessaires à la transition énergétique mondiale tels que le cuivre, le lithium et le nickel. La République démocratique du Congo (RDC) détient à elle seule 60 % des réserves mondiales de cobalt, un minerai utilisé pour fabriquer des batteries lithium-ion. La demande de ces ressources minérales devrait augmenter de manière exponentielle à mesure que les différents pays du monde passeront à des économies à faible émission de carbone.

La République démocratique du Congo (RDC) détient à elle seule 60 % des réserves mondiales de cobalt, un minerai utilisé pour fabriquer des batteries lithium-ion. Et la demande de ces ressources minérales devrait augmenter de manière exponentielle.

Mais cette augmentation de la demande risque de se produire au détriment des populations locales et de l’environnement, comme c’est le cas depuis des décennies. Et pour cause : les pays africains n’engrangent actuellement qu’une petite partie de la valeur potentielle du secteur. La plupart des minerais de transition extraits en Afrique sont exportés sous forme brute, dont 57 % vers la Chine, 8 % vers l’Union européenne, 8 % vers le Japon et seulement 2 % vers d’autres pays africains.

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Les exportations des minerais verts représentent moins de 2 % du PIB de l’Afrique, avec de grandes disparités entre les pays producteurs. C’est que le continent est actuellement bloqué au bas des chaînes de valeur de la transition énergétique, alors que la plupart des bénéfices sont réalisés dans d’autres régions du monde.

Des politiques industrielles collaboratives

Le rapport précise cependant que les gouvernements africains ont la possibilité de changer la donne. Tout d’abord, le traitement des minerais (la fusion et le raffinage pour les transformer en une forme plus pure pouvant être utilisée dans la fabrication) permet d’augmenter la production économique et de créer des emplois. Ainsi, en 2022, le cuivre raffiné que l’Afrique a exporté a rapporté le double du prix au kilogramme (de teneur en cuivre) de certains cuivres non raffinés (mattes de cuivre et cuivre de ciment). Cependant, les premières étapes du traitement (raffinage et fusion) contribuent peu à la valeur ajoutée ; la plus grande partie de la valeur étant ajoutée pendant la phase de fabrication, lorsque les minerais sont transformés en produits finis.  

Pour capter plus de valeur, les pays du continent devraient par conséquent se positionner sur des segments en aval et souvent plus lucratifs des chaînes de valeur de ces minerais, tels que la conception, la fabrication, le marketing et les ventes de technologies d’énergie propre comme les batteries des voitures électriques, les pales d’éoliennes ou encore des panneaux solaires. Ces produits peuvent ensuite être exportés à de meilleurs prix ou utilisés pour répondre aux besoins de développement de l’Afrique, notamment en créant des systèmes énergétiques propres et abordables à l’heure où près de la moitié des habitants du continent n’ont pas encore accès à l’électricité.

Dans cette optique, les gouvernements devraient collaborer pour mettre en place des politiques industrielles flexibles qui encouragent la transformation et la fabrication sur le continent en engageant un dialogue avec le secteur privé, en adaptant les réglementations et les taxes pour encourager le développement de ces nouvelles activités, en garantissant des infrastructures adéquates et en renforçant les compétences des entreprises et des travailleurs.

32 milliards de dollars d’exportations annuelles

Les pays africains sont aussi appelés à se spécialiser dans les maillons de la chaîne de valeur où ils sont les plus compétitifs, même si cela implique d’importer des minerais d’autres pays, et à opérationnaliser la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en veillant à ce que cet accord commercial permette l’accès aux minerais de transition et aux composants et technologies d’énergie propre des autres pays à des prix plus bas, afin de soutenir l’émergence d’industries nationales.

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Des modélisations réalisées par le réseau Publish What You Pay, qui œuvre pour une transition énergétique équitable et prenant en compte les besoins des populations des pays riches en ressources minérales, montrent que le continent pourrait tirer des avantages sociaux et économiques considérables d’une montée dans les chaînes de valeur des minerais de transition.

Le continent pourrait tirer des avantages sociaux et économiques considérables d’une montée dans les chaînes de valeur des minerais de transition.

Ces opportunités totalisent 32 milliards de dollars d’exportations annuelles pour l’ensemble du continent. Si l’intégralité de ces opportunités pouvait être saisie, le PIB du continent augmenterait d’environ 24 milliards de dollars et 2,3 millions d’emplois seraient créés, d’après les mêmes modélisations.

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La République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, le Soudan, la Zambie et la République du Congo accaparent 90 % des opportunités du continent en matière d’accroissement des exportations de minerais de transition traités et transformés.

Madagascar, l’Egypte, la Namibie, le Maroc et le Mozambique peuvent également saisir des opportunités d’exportations supplémentaires, représentant des centaines de millions de dollars par an.

Le rapport indique par ailleurs que les partenaires au développement et les importateurs actuels de minerais bruts africains ne devraient pas faire pression sur les pays du continent pour qu’ils abandonnent les politiques industrielles qui soutiennent le traitement et la transformation des minerais nationaux. À l’inverse, ils sont plus que jamais appelés à respecter leurs engagements en matière de transfert de technologies ainsi que leurs engagements financiers pour favoriser un plus grand développement des industries destinées à soutenir le programme mondial de décarbonation.  

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