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Le Botswana accélère la diversification de son secteur minier avec le manganèse

  • Date de création: 19 septembre 2024 17:34

(Agence Ecofin) - Les diamants représentent 25 % du PIB et 80 % des exportations du Botswana. Face à l’impact des turbulences du marché des diamants sur son économie, le gouvernement botswanais s’efforce de mettre en valeur les autres ressources minières du pays, afin de réduire sa dépendance aux pierres.

Le Botswana poursuit la diversification de son secteur minier avec l’octroi du premier permis d’exploitation de manganèse de son histoire. Annoncée le 18 septembre par la compagnie minière canadienne Giyani Metals, la licence positionne le pays d’Afrique australe comme un futur producteur de manganèse de qualité batterie pour l’industrie des véhicules électriques.

En effet, l’industrie minière du Botswana est dominée par les diamants, qui représentent environ un quart du PIB, 30 % des revenus publics et 80 % des exportations. Le pays est premier producteur mondial de diamants en matière de valeur. La baisse historique des prix et de la demande en 2020, en pleine pandémie de Covid-19, a eu un impact sur l’économie et rappelé la dépendance du pays à ses pierres précieuses. Les autorités ont depuis accompagné plusieurs compagnies dans l’exploration et l’exploitation des autres ressources minières dont dispose le pays.

L’octroi d’un permis à Giyani s’inscrit dans le cadre de cette politique gouvernementale. La licence est valable initialement 15 ans, avec la possibilité de la renouveler pour des périodes de 25 ans, et porte sur le gisement K.Hill. Selon une évaluation économique préliminaire publiée en 2023, le projet peut livrer 3,6 millions de tonnes de sulfate de manganèse monohydraté de haute pureté (HPMSM) sur 57 ans. Il s’agit d’un produit pouvant être utilisé comme précurseur de matériau de cathode dans les batteries électriques.

Il faut noter que le développement de K. Hill peut être accéléré avec l’octroi de cette licence minière. Giyani travaille actuellement à achever une étude de faisabilité définitive pour le projet en 2025 et prépare dans le même temps la mise en place d’une usine de démonstration.

En dehors du manganèse de K.Hill, rappelons qu’une industrie cuprifère émerge aussi au Botswana. Le pays a mis en service deux mines de cuivre ces dernières années, en l’occurrence Khoemacau et Motheo. Le groupe chinois MMG a d’ailleurs racheté la mine Khoemacau et son propriétaire pour 1,9 milliard de dollars en 2023, illustrant le potentiel de ce gisement capable de livrer annuellement 65 000 tonnes de cuivre.

Le Botswana possède aussi des réserves de charbon, de nickel et de minerai de fer, dont l’exploitation peut participer à la diversification des revenus miniers.

Emiliano Tossou

Lire aussi:

09/01/2024 - Botswana : vers l’octroi d’un permis minier pour le projet de manganèse de K.Hill en 2024


 
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