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« La hausse des taux d’intérêt de la dette a limité les investissements dans le développement humain » Adama Coulibaly

  • Date de création: 17 juillet 2023 15:18

(Agence Ecofin) - Les difficiles conditions d’accès au financement constituent un obstacle pour les investissements dans le développement humain dans les pays du Sud. C’est ce qu’a souligné le ministre ivoirien de l’Economie et des finances, Adama Coulibaly en ouverture de la réunion technique du G24 dont il assure la présidence.

« Le resserrement des conditions de financement, caractérisé par des inversions de flux de capitaux, une hausse des taux d'intérêt et une augmentation du fardeau de la dette, a limité la capacité des pays à mettre en œuvre des politiques essentielles au développement humain » a indiqué le responsable dans son discours d’ouverture. « Le conflit en Ukraine, les phénomènes climatiques extrêmes, et l'inflation généralisée, avec la hausse des prix de l'énergie et des denrées alimentaires, font partie des nombreux problèmes urgents auxquels les pays sont confrontés » a-t-il ajouté.

Cette déclaration illustre les arbitrages difficiles auxquels les pays du sud et plus précisément ceux d’Afrique, doivent faire face depuis plusieurs années, et plus encore récemment du fait des crises successives qui secouent les marchés internationaux depuis la crise du Covid-19. Alors que le continent traverse une grande pénurie de financement, le besoin de protéger les pouvoirs d’achats des populations a obligé les Etats à mobiliser leurs maigres ressources pour financer des subventions sur les produits essentiels.

Dans le même temps, le remboursement des dettes continue de peser sur les finances publiques, ce qui a pour effet de retarder les investissements publics à moyen et long terme dans des secteurs comme l’éducation, la santé et la lutte contre la pauvreté. Dans un rapport publié en début d’année, la Banque mondiale indiquait d’ailleurs que les taux de pauvreté dans les pays d’Afrique subsaharienne devraient augmenter au cours des deux prochaines années.  

Pour faire face à ces défis, les pays sont appelés à accélérer la mobilisation des ressources intérieures. Nombre d’entre eux comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Nigeria ont annoncé la fin des subventions généralisées à la consommation afin de rediriger les sommes économisées vers des secteurs stratégiques. Dans d’autres pays comme le Kenya, l’Etat a accompagné ces mesures d’une hausse des impôts afin d’augmenter l’effort national vers une meilleure mobilisation des ressources intérieures.

Pour le G-24, il sera important de trouver un juste équilibre afin de réaliser « un ajustement macroéconomique à court terme et un développement durable ».  


 
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