(Agence Ecofin) - Début mars, les travailleurs des mines d’or de Sibanye-Stillwater ont déclenché une grève en pleines négociations salariales sur le plan de rémunération jusqu’en 2024. Les deux parties ont dû faire des concessions au risque de voir s’éterniser l’arrêt de la production d’or.
Le géant minier Sibanye-Stillwater, actif dans l’or et les métaux du groupe de platine, a conclu le samedi 11 juin un accord avec les derniers syndicats en grève sur ses opérations aurifères. Les employés appartenant à l’Association of Mineworkers and Construction Union (AMCU) et au National Union of Mine Workers (NUM) devraient désormais reprendre le travail, au prix d’une augmentation moyenne de 6,3 % des rémunérations, sur une période de trois ans à compter du 1er juillet 2021.
« Nous sommes impatients de redémarrer nos opérations aurifères en Afrique du Sud pour le bénéfice de toutes les parties prenantes. Nous sommes heureux d’avoir obtenu un accord qui correspond à l’inflation et qui contribuera de manière significative à la durabilité de nos opérations aurifères », se félicite Neal Froneman, PDG de la compagnie.
The three-month strike at Sibanye-Stillwater is finally over. Workers have officially accepted a three-year wage increase for 2021 to 2023. #DStv403 #eNCA pic.twitter.com/7pORvL3Ta8
— eNCA (@eNCA) June 11, 2022
Cet accord représente également la fin d’un bras de fer de trois mois, marqué par plusieurs passes d’armes entre la direction de Sibanye et la principale organisation syndicale du secteur minier sud-africain, la NUM.
Après avoir demandé la démission du PDG, les responsables syndicaux ont encouragé il y a quelques semaines le gouvernement à retirer les titres miniers détenus par Sibanye-Stillwater dans le secteur minier, car Neal Froneman se disait prêt à maintenir l’arrêt de la production d’or sur une longue période.
Notons que les bénéfices de cet accord seront étendus aux deux autres syndicats de Sibanye-Stillwater, l’UASA et Solidarity qui avaient conclu plus tôt cette année un accord moins avantageux. Si NUM et AMCU n’ont pas vu toutes leurs revendications salariales satisfaites, la fin du mouvement de débrayage devenait une nécessité, à en croire René Hochreiter, analyste chez Noah Capital Markets cité par Miningmx.
« Les seuls perdants sont les travailleurs s’ils poursuivent la grève. Les dirigeants syndicaux et la direction de l’entreprise reçoivent leurs salaires de toute façon, mais pas les travailleurs », explique-t-il.
Emiliano Tossou
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