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L’année 2014 verra-t-elle la fin de la spirale baissière pour la Bourse de Tunis?

  • Date de création: 13 janvier 2014 10:39

(Agence Ecofin) - La bourse de Tunisie devrait être fermée les 13 et 14 janvier, observant ainsi sa première pause de l'année pour fêter successivement le Mouled (lundi 13 janvier) et l'anniversaire de la révolution (mardi 14 janvier). Deux jours de repos pour un marché financier qui affiche un bilan très mitigé. D’un côté, le Tunindex, son principal indice, ne cesse de descendre, même en ce début d’année 2014 avec une contreperformance bien que légère, de 0,49% depuis le 1er janvier 2014.

Une nouvelle année qui débute, comme les trois précédentes, sur un recul affiché au sein de la Bourse de Tunis. « Jamais le Tunindex, n’a cumulé depuis son lancement en 1997, trois années de baisses consécutives. En trois ans, l’indice a fondu de 14,3%, passant de 5112,52 points fin 2010 à 4381,32 points au 31/12/2013 », fait remarquer Moez Hadidane, analyste chez Mena Capital Partners. Cet expert, comme beaucoup d’autres, ne trouve qu’une seule justification à la situation morose que connait le marché financier tunisien, à l’image d’ailleurs de l’économie du pays, à la situation politique, économique, sociale et sécuritaire du pays : « La bourse de Tunis a payé cash en 2011, 2012 et 2013 le prix de la montée du terrorisme et des assassinats politiques, l’instabilité politique, le flou qui entoure toujours le processus de sa transition vers la démocratie, l’échec de l’ANC à élaborer la loi fondamentale et à définir une feuille de route claire et consensuelle sur les prochaines échéances politiques », a-t-il commenté.

Les évènements de ce début d’année 2014 auraient tendance à faire penser que, pour 2014, on prendra les mêmes facteurs et on obtiendra à terme les mêmes résultats. Sur fond de crise, le Premier ministre a récemment annoncé sa démission et des protestations sociales surgissent à nouveau. Pourtant, malgré les difficultés qu’elle traverse, la Bourse de Tunis continue d’attirer des investisseurs. Lilas, dont les cotations ont commencé mercredi 8 janvier, a réalisé la meilleure performance de la semaine écoulée, avec une progression de 26,42% à 11,82DT, monopolisant 80% du volume hebdomadaire global du marché (75,765 MDT). Ce qui permet à certains observateurs de conclure que les investisseurs semblent avoir retrouvé leur appétit pour les introduction en bourse.

Il faut aussi dire que, malgré les difficultés liées à la liquidité et à la rentabilité des titres, l’année 2013 aura été une année faste, en terme d'introduction pour la Bourse de Tunis, avec 12 sociétés au total, dont 7 sur le marché principal et 5 sur le marché alternatif.

Ce volume d’introductions a d’ailleurs eu un effet positif sur la capitalisation boursière qui, malgré un contexte de baisse quasi-générale, a progressé de 2,3%, grâce à un effet volume, avec une progression de la part des investissements étrangers. «Nous ambitionnons d’atteindre, fin 2014, 85 sociétés cotées et de porter ce nombre à 100, en 2015», a d’ailleurs déclaré Mohamed Bichiou, le directeur général de la Bourse de Tunis, dans une récente interview accordé à la Tunisie Agence Presse (TAP)

Ces indicateurs, perçus comme très positifs par certains analystes, suscitent une appréhension chez d’autres qui se demandent si finalement cette forte présence d’entreprises sur la cote de la bourse tunisienne n’est pas à l’origine de l’effet pervers de baisse. Ces commentateurs suggèrent que le trop grand volume d’introductions, surtout au sein d’un marché qui offre des produits financiers limités, pourrait avoir absorbé une grande partie de la liquidité en circulation, ce qui aurait déclenché des ventes pour pouvoir souscrire à une introduction, accélérant encore plus le trend baissier. 

A la BVMT la question n’est pas éludée, mais on semble avoir fait le choix d’accroitre d’abord le volume des entreprises cotées. « Une fois le chiffre de 100 entreprises cotées atteint, nous pouvons nous orienter vers d’autres objectifs comme le développement du marché, à travers l’amélioration de sa liquidité et le lancement de nouveaux produits pour les investisseurs, dont les produits dérivés, instruments financiers crées pour permettre aux entreprises de se couvrir contre différents types de risques », a expliqué M. Bichiou, son directeur.

Idriss Linge



 
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