(Agence Ecofin) - Fin 2022, le Ghana avait obtenu un accord au niveau des services du FMI pour un programme FEC, mais celui-ci était resté suspendu à un accord avec les créanciers bilatéraux officiels du pays. Ces derniers viennent d’annoncer le début de négociations avec Accra, ouvrant la voie à l’accord final du Fonds.
Le financement de 3 milliards $ demandé par le Ghana au Fonds monétaire international (FMI) devrait bientôt être soumis au conseil d’administration pour être approuvé définitivement. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié ce vendredi 12 mai 2023 par le FMI.
Cette nouvelle avancée majeure intervient après que le comité des créanciers du Ghana, ait annoncé ce même jour son engagement à entamer des négociations avec Accra, sur une restructuration de sa dette.
« Le comité des créanciers du Ghana, formé par les pays ayant des créances éligibles sur le Ghana (…), a été formellement établi le 12 mai 2023, sous la coprésidence de la Chine et de la France. Le comité des créanciers a examiné la situation macroéconomique et financière du Ghana, notamment la viabilité de sa dette à long terme, et sa demande officielle de traitement de la dette au titre du "cadre commun pour les traitements de la dette au-delà de l'ISSD" approuvé sous la présidence saoudienne du G20 en novembre 2020, qui a également été approuvé par le Club de Paris » précise le comité dans un communiqué consulté par l’Agence Ecofin. « (…) Les membres du comité des créanciers se sont engagés à négocier avec la République du Ghana les conditions d'une restructuration de leurs créances, à finaliser dans un protocole d'accord, conformément au « Cadre commun pour les traitements de la dette au-delà de l’ISSD » a-t-il ajouté.
Cette déclaration conjointe a été immédiatement suivie d’un communiqué du Fonds monétaire international (FMI), qui avait fait d’un accord entre Accra et ses créanciers, une condition essentielle pour valider le programme de financement demandé par les autorités ghanéennes. « Je salue la déclaration du Comité officiel des créanciers du Ghana sur l'importance d'un programme économique soutenu par le FMI, ainsi que son engagement à négocier les conditions de restructuration de la dette en conséquence. Cette déclaration fournit les garanties de financement nécessaires pour que le conseil d'administration du FMI examine le programme proposé soutenu par le Fonds et débloque le financement indispensable des partenaires de développement du Ghana » a indiqué la directrice du FMI Kristalina Georgieva.
Même si le gouvernement ghanéen avait annoncé, depuis 2018, son intention de ne plus avoir recours au FMI pour ses problèmes économiques, un taux d’inflation élevé et une dette dépassant les 80% du PIB ont contraint les autorités à revoir leur position. En juillet 2022, le pays ouest-africain avait commencé des négociations qui ont abouti à la fin de l’année à un accord préliminaire avec les services du FMI pour une facilité de crédit élargie (FEC) de 3 milliards $ sur trois ans. Mais depuis, l’accord final était resté suspendu à des conditions fixées par l’institution de Bretton Woods, qui avait estimé que la dette du Ghana n'était pas viable et a invité les autorités à procéder à une restructuration de cette dette pour bénéficier du plan de sauvetage.
Le Ghana a officiellement demandé, dans ce cadre, à ses créanciers bilatéraux officiels une restructuration de sa dette au titre du Cadre commun du G20. « Le comité des créanciers soutient le programme de tranche supérieure de crédit du FMI envisagé par le Ghana et son adoption rapide par le conseil d'administration du FMI pour répondre aux besoins de financement urgents du Ghana. Le comité des créanciers encourage les banques multilatérales de développement (BMD) à maximiser leur soutien au Ghana pour répondre à ses besoins financiers à long terme » ont également indiqué les créanciers de l’ancienne Gold Coast. Un appel, auquel la directrice Georgieva a indiqué apporter tout son soutien.
Rappelons qu’Accra avait déjà annoncé la clôture d’un programme d'échange de la dette intérieure, avec une participation de plus de 80% des détenteurs des obligations domestiques éligibles.
Moutiou Adjibi Nourou
Lire aussi:

La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie le raccordement au réseau pour augmenter l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. De nouveaux investissements publics...Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
Huiles végétales : le colza et le tournesol porteront le commerce mondial en 2026/2027 (USDA)
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses,...Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de...CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe...Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires...