(Agence Ecofin) - Avec le lancement du e-Naira, sa monnaie numérique de Banque centrale, le Nigeria offre une alternative intéressante aux inconditionnels des cryptomonnaies. Mais, les crimes impliquant ces cryptoactifs ne vont pas disparaitre du jour au lendemain.
Selon Abdulrasheed Bawa (photo), président de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) du Nigeria, l’insuffisance de la réglementation dans le secteur des cryptomonnaies est un frein majeur aux enquêtes criminelles. C’est ce que le responsable a indiqué la semaine dernière lors d’un séminaire en ligne organisé à Lagos sur le thème « Monnaies numériques et cryptodérivés : banque, réglementation et cybersécurité ».
Plus précisément, il s’agit du manque de savoir-faire en matière d’enquête sur les cryptomonnaies, les mixeurs de cryptomonnaies (service qui consiste à masquer la source d’origine des tokens) et du coût élevé des outils d’enquête sur les cryptomonnaies. Il faut dire que la multiplicité des schémas d’escroquerie sur les actifs numériques comme le « pump and dump » (qui consiste à acheter et faire acheter par d'autres investisseurs de grandes quantités d'une valeur cotée, afin d'en gonfler artificiellement le cours) ou encore « ingénierie sociale », une manipulation psychologique dont le but est de voler des clés privées afin d’accéder aux portefeuilles des victimes.
« Plus de 1 500 ressources mondiales frauduleuses destinées aux investisseurs potentiels en crypto ont été détectées en Afrique depuis le début de 2021. Au Kenya, la part de tous les utilisateurs ciblés était de 0,85 %. Au Nigeria, elle était de 0,71 % », indique M. Bawa.
S’il a interdit les transactions sur le Bitcoin et ses pairs, le Nigeria, comme plusieurs pays dans le monde, ne dispose pas encore d’un cadre légal suffisant pour gérer efficacement les problèmes liés aux cryptomonnaies et aux cryptodérivés. La relative impunité consécutive aux récentes fraudes sur les cryptomonnaies sur le continent ou ailleurs l’illustre d’ailleurs assez bien.
Par exemple, les clients d’iCE3, plateforme sud-africaine d’échange de cryptomonnaies, n’ont plus accès à leurs portefeuilles depuis plusieurs mois à cause d’un imbroglio impliquant son fournisseur autrichien de technologies. Avant eux, ce sont les frères Cajee, fondateurs de la plateforme Africrypt, qui ont disparu en 2020 avec 69 000 bitcoins, soit plus de 4 milliards de dollars d’actifs.
Adoni Conrad Quenum (stagiaire)
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