(Agence Ecofin) - Le Gabon classé « B » pour le risque-pays et « C » pour l’environnement des affaires obtient la meilleure note globale Coface pour la zone Cemac.
Le 4ème producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne, 2ème producteur africain de bois est encore handicapé par des coûts élevés des facteurs de production, lié à des infrastructures de transport et d’énergie défaillantes, par une économie très dépendante du secteur pétrolier, par un environnement des affaires encore difficile et par capacités institutionnelles insuffisantes.
La croissance du PIB cette année se situerait à 5% contre 7,2% en 2012 et 6,8% en 2011.
Une probable décélération de la croissance en 2013 sous l’effet de la stabilisation de la production pétrolière
La croissance est restée soutenue en 2012, grâce au dynamisme des industries extractives et de l’exploitation forestière. Cependant, le pays est confronté au déclin de la production pétrolière et celle-ci pourrait avoir atteint un pic en 2012 sauf en cas de nouvelles découvertes. Dans ce contexte et même si les cours restent relativement bien orientés, la croissance pourrait décélérer en 2013. Le gouvernement table sur les avancées de la technologie qui ouvrent de nouvelles perspectives dans le domaine offshore. En attendant, des incitations financières et le niveau élevé du cours du baril ont encouragé les grandes compagnies étrangères à investir dans la modernisation des puits existants ce qui devrait permettre de stabiliser un temps la production. Les opérateurs sont prêts à prendre des participations dans des blocs d’exploration dans le golfe de Guinée dès que les appels d’offre seront lancés, ceux-ci ayant été reportés dans l’attente de la révision du code pétrolier.
Concernant l’industrie minière, dont le cadre légal fait également l’objet d’une révision, les attentes se concentrent sur le gisement de fer de Bélinga, l’un des derniers grands sites inexploités de la planète. Son développement devrait permettre de rompre avec la dépendance au pétrole (49% du PIB, 57% des recettes publiques et 85% des exportations en 2011). Son exploitation a toutefois été retardée du fait des litiges intervenus entre le gouvernement et l’opérateur chinois. Le contrat de ce dernier a été résilié début 2012 et l’exploitation confiée à un groupe minier australien. Par ailleurs, la production de manganèse est appelée à doubler à moyen terme avec la mise en production de deux nouveaux gisements à compter de 2011 et l’exploitation d’une mine d’or a démarré en juillet de la même année.
La production du secteur forestier, après s’être stabilisée en 2010-2011 en raison d’une interdiction d’exportation des grumes, connait une reprise du fait du développement des activités de transformation du bois. Dans le cadre de la stratégie de diversification du tissu productif qui vise à hisser le pays au rang des émergents à l’horizon 2025, le gouvernement a également créé deux zones économiques spéciales, qui doivent accueillir de nombreux investissement étrangers. Enfin, le secteur tertiaire n’est pas en reste, les télécommunications, en particulier, voyant leur développement s’accélérer.
Une situation financière devenue plus solide mais une dépendance au pétrole toujours forte
Le déficit budgétaire non pétrolier reste trop élevé et la croissance du secteur privé hors-pétrole insuffisamment stimulée et diversifiée. Le climat des affaires et l’accès au financement des PME demeurent difficiles. Le pays manque encore d’infrastructures de base. Les finances publiques ont malgré tout bénéficié d’une conjoncture porteuse en 2012 du fait de la bonne tenue de la production pétrolière et d’un cours du brut en légère hausse. L’augmentation du prix de vente du manganèse a également eu une incidence positive. De même, la progression de la production de bois et de pétrole et la bonne tenue des cours des matières premières exportées ont entraîné une augmentation de l’excédent courant. Le risque de défaut s’est sensiblement réduit depuis 2008 du fait de la réduction du poids de la dette publique et de son service, liée à un remboursement anticipé aux créanciers du Club de Paris. Le ratio d’endettement continue à diminuer mais reste toujours sensible à la volatilité des cours du pétrole.
Un pays relativement stable politiquement mais inégalitaire
La situation politique s’est stabilisée, en dépit des contestations soulevées par l’opposition, depuis la validation par la Cour constitutionnelle, en octobre 2009, de l’élection d’Ali Bongo à la tête de l’Etat, pour un mandat de sept ans. Les élections législatives de décembre 2011, marquées toutefois par une faible participation, ont consacré l’ample victoire du parti présidentiel (Parti démocratique gabonais). Le Chef de l’Etat a renforcé son emprise sur le parti à l’occasion du remaniement ministériel de février 2012. Le gouvernement peut être amené à faire face à des manifestations ou à des grèves qui, cependant, ne sont pas de nature à remettre en cause la stabilité politique.
Au plan social, les inégalités de revenu et la pauvreté restent importantes. L’indice de développement humain demeure en décalage par rapport au revenu par habitant et le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population active (30%).
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