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Le limogeage de Pravin Gordhan pourrait entraîner un doublement du déficit courant sud-africain selon UBS

  • Date de création: 02 avril 2017 04:58

(Agence Ecofin) - UBS, le No1 mondiale de la gestion de fortune, estime que le limogeage par Jacob Zuma de son très respecté ministre des finances Pravin Gordhan, pourrait entraîner un doublement du déficit de la balance courante de l'Afrique du sud, en raison du désengagement des investisseurs sur les obligations émises en devises locales.

« Le départ de Gordhan menace de détériorer davantage la note de crédit en devises étrangères de l'Afrique du sud, actuellement à quelques points au-dessus du statut de peu d'intérêt pour investissement », a expliqué UBS dans sa note d'analyse.

UBS explique que le plus gros danger de la situation provoquée par la décision du président sud-africain se retrouve dans le risque de dégradation des obligations émises en devises locales (le rand). Ces produits financiers figurent parmi les rares à être inscrits dans le portefeuille du World Government Bond Index du groupe bancaire Citi, un indice qui traque 3000 milliards $ d'obligations nationales.

Les investissements sur les obligations sud-africaines dans cet indice international, représentent l'équivalent de 10 milliards $, soit presque autant que le déficit de la balance courante (exportations et transferts nets) du pays au terme de l'année 2016, et 22% du total des investissements étrangers sur les obligations de l'Afrique du sud.

C'est avec une bonne dose de scepticisme que les milieux financiers ont accueilli la nomination de Malusi Gigaba, l'ancien ministre de l'intérieur, remplaçant de Pravin Gordhan. Certains lui reprochent « un manque d'expérience avérée » dans le système financier. D'autres estiment que son rapprochement vis-à-vis de Zuma qui est englué dans des scandales de corruption, pose un risque sur la discipline budgétaire et dans la lutte contre la corruption, nécessaires à l’Afrique du sud.

La semaine à venir sera décisive avec en ligne de mire, la publication par les agences de notations de leurs notes sur la situation actuelle. Fitch a déjà fait savoir que ce remaniement gouvernemental en Afrique du sud posait un risque politique, et donc d'instabilité pour les affaires.

Dans ce tableau sombre, une bonne nouvelle est venue de l'administration sud-africaine en charge des revenus. Selon les statistiques publiés le 31 mars dernier, les échanges entre l'Afrique du sud et le reste du monde, se sont soldés par un excédent de 5,21 milliards de rands (366,58 millions $) au cours du mois de février 2017.

Cette performance a été rendue possible, grâce à une hausse de 9,4% de ses exportations, conjuguée à une baisse de 9,7% de ses importations. Dans le détail, la baisse des revenus générés par les mines et les pierres précieuses a été compensée par des exportations de véhicules et équipements de transferts.

Idriss Linge


 
COMM

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