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Invoquant des évolutions politiques, Fitch relève la note du Gabon à « B- » avec « perspectives stables »

  • Date de création: 01 février 2024 11:54

(Agence Ecofin) - Fitch avait placé la note de défaut du Gabon, à long terme, à « B- » sur surveillance négative au lendemain du putsch. L’agence avait indexé la persistance de l’instabilité politique comme facteur pouvant faire dégrader cette note. 

L’Agence américaine de notation Fitch Ratings a estimé dans une récente analyse que les incertitudes politiques s’apaisaient au Gabon, lui permettant ainsi de sortir le pays de sa surveillance négative. « Notre position reflète l'atténuation des incertitudes politiques après la formation d'un gouvernement de transition, comprenant des personnes de la société civile, des membres de l'opposition et de l'ancienne administration de Bongo », peut-on lire dans le document.

Cette nouvelle opinion constitue un démarquage avec celle d’autres agences de notation internationales comme Moody’s, qui restent sur des perspectives négatives depuis le 6 décembre 2023 et jugent la dette du Gabon très spéculative. Le Gabon qui reste sanctionné par l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cemac) a, malgré le coup de force militaire, donné des signaux positifs à ses créanciers internationaux.

Alors que le pays n’a reçu qu’une partie des appuis budgétaires qui étaient attendus des institutions de financement du développement comme la Banque africaine de développement, la Banque mondiale ou encore l’Agence française de Développement, il a régularisé jusqu’à 381,4 milliards FCFA (628,4 millions $) d’arriérés de dette. Avant le coup d’État militaire, il était parvenu à refinancer son eurobond arrivant à maturité en 2025, grâce à une garantie de l’International Development Finance Corporation (DFC), l’équivalent américain de l’AFD.

Après sa prise de pouvoir, le gouvernement a rassuré les arrangeurs de cette opération et même payé une première tranche de remboursement de 1,1 million $. Ainsi, bien que les Etats-Unis aient suspendu leur aide publique au Gabon, la garantie du DFC est restée. Ses responsables ont estimé que l’initiative a profité au peuple gabonais et à l’environnement, pas à un gouvernement.

La mise à jour de son opinion par Fitch est une chose positive pour le Gabon. Le pays devrait connaître un creusement de son solde budgétaire global, en raison de dépenses prévues plus importantes que les recettes. Or, le pays a prévu de rembourser jusqu’à 431 milliards FCFA de dettes dues aux banques et marchés internationaux. Il doit aussi trouver le moyen de rembourser 403 milliards FCFA à ses créanciers bilatéraux et multilatéraux.

Honorer cet engagement ne sera pas une chose facile pour le pays. Le Gabon dans sa Loi de finances de 2024 a prévu de revenir sur le marché international des capitaux, pour mobiliser une somme équivalente à 470 milliards FCFA. Même si la Côte d’Ivoire a donné un ton positif avec son récent eurobond qui a reçu 6,61% de taux d’intérêt, il n’est pas certain que le Gabon puisse bénéficier des mêmes avantages. Des élections sont prévues en 2025 et le consensus qui a semblé se dessiner pour le départ de l’ancien président Ali Bongo et son équipe, pourrait prendre fin.

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COMM

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