(Agence Ecofin) - En Afrique du Sud, l’industrie avicole fait face depuis 2022, à des délestages à répétition et depuis le début d’année, à la pire épidémie de grippe aviaire de son histoire. Ce contexte inédit met à rude à épreuve les acteurs du secteur y compris les leaders du marché.
En Afrique du Sud, Astral Foods, le principal producteur de viande de poulet du pays a clôturé le 30 septembre dernier son exercice fiscal de 2023 dans le rouge. Le groupe indique notamment une perte nette de 512,2 millions de rands (28 millions $) contre un bénéfice net de plus de 1 milliard de rands (54,3 millions $) réalisé l’année dernière.
Pour l’entreprise basée dans le Gauteng, il s’agit d’une première déclaration de perte financière en 23 ans d’activités. Alors que le chiffre d’affaires global du groupe a stagné à 19,3 milliards de rands (1 milliard $), les coûts de production ont augmenté notamment dans le segment de la volaille qui fournit plus de 80 % des recettes.
Les dépenses ont ainsi augmenté en glissement annuel pour s’établir à 1,05 milliard de rands (57 millions $), impactées par le coût direct du délestage lié à la grave crise énergétique que traverse la compagnie publique d’électricité (Eskom), les interruptions d’approvisionnement en eau ainsi que l’épidémie de grippe aviaire qui a conduit à l’abattage de plus de 1 million d’oiseaux.
Les coûts liés à l’alimentation des animaux ont aussi augmenté de plus de 1 milliard de rands (54,4 millions $) supplémentaires en raison d’une hausse des prix des matières premières, mais aussi à cause des délestages qui ont retardé les calendriers d’abattage et la transformation des poulets.
« Le délestage a réduit à néant tous nos projets. Nous avons enduré des mois de délestage prolongé au cours desquels notre capacité d’abattage et de transformation des poulets a été complètement érodée. Cette situation n’a pu être évitée qu’à grands frais notamment en installant des centrales électriques de secours pour faire fonctionner nos abattoirs, ce qui a coûté cher en diesel », explique Chris Schutte, PDG d’Astral Foods.
D’après Dries Ferreira, directeur financier de l’entreprise, Astral Foods est passé en position d’endettement net, avec un ratio d’endettement de 25,6 % et un découvert de 1 milliard de rands (54,3 millions $).
Avec ses résultats financiers « désastreux », la compagnie n’a déclaré aucun dividende pour l’exercice financier. Pour rappel, Astral Foods compte pour 25 % de la production de poulet de chair en Afrique du Sud.
Stéphanas Assocle
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