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Sécheresse au Ghana : le gouvernement interdit l’exportation de grains

  • Date de création: 27 août 2024 13:21

(Agence Ecofin) - Au Ghana comme dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, les céréales constituent la base de l’alimentation de la population. Le pays qui est confronté à des conditions climatiques extrêmes anticipe une diminution des récoltes et de son approvisionnement local. 

Au Ghana, les expéditions de grains stratégiques tels que le riz, le maïs et le soja sont suspendues jusqu’à nouvel ordre avec effet immédiat. C’est ce qu’a annoncé Bryan Acheampong (photo), ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, le 26 août. 

Selon le responsable, cette interdiction vise à garantir la disponibilité de ces cultures sur le marché intérieur dans un contexte où la sécheresse affecte la récolte dans les principales zones de production situées dans le nord du pays. 

D’après les données du ministère de l’Agriculture, 8 régions qui fournissent annuellement 62 % de l’approvisionnement national en céréales sont touchées par ce phénomène climatique. Il s’agit des régions du Nord, du Nord Est, de Bono, de Bono Est, d’Oti, Savannah, le Haut Ghana oriental et le Haut Ghana occidental. Parmi les autres cultures affectées figurent l’arachide, le sorgho, le millet et l’igname.

« 435 872 agriculteurs cultivant une superficie estimée à 871 745 hectares ont été directement touchés par la sécheresse. Les pertes d’investissement qui y sont associées sont évaluées à 3,5 milliards de cedis [224 millions $], ce qui représente une perte de revenus potentielle de 10,4 milliards de cedis (666 millions $) », indique M. Acheampong. 

500 millions $ pour atténuer l’impact de la sécheresse  

Face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a également annoncé la mise en œuvre d’un programme d’aide d’urgence pour soutenir les agriculteurs et remédier à la pénurie de céréales qui se profile. Pour financer ce programme, le gouvernement prévoit notamment de lever 500 millions $ auprès de ses partenaires financiers, dont la Banque mondiale. 

D’après Mohammed Amin Adam, ministre des Finances, l’enveloppe servira pour l’essentiel à fournir des transferts d’argent en espèce d’un montant de 1 000 cedis (64 $) par hectare aux agriculteurs les plus vulnérables. « Nous prévoyons de puiser dans la réserve céréalière de la CEDEAO et de collaborer avec le secteur privé pour importer jusqu’à 300 000 tonnes de maïs et 150 000 tonnes de riz en vue de stabiliser l’approvisionnement alimentaire », ajoute le responsable.

Au Ghana, la production de céréales s’est élevée à 5,8 millions de tonnes en 2023, d’après les données de la FAO, le maïs comptant généralement pour plus de la moitié du stock.

Stéphanas Assocle

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