(Agence Ecofin) - Depuis la fin des années 70, la filière cacao nigériane peine à se relever. Malgré la volonté affichée par les gouvernements successifs et la libéralisation, l’industrie ne parvient pas encore à retrouver le chemin de la croissance.
Au Nigeria, la production de cacao devrait continuer sur sa pente descendante en 2023/2024. Selon le dernier rapport spécial publié en novembre dernier par AFEX Commodities Exchange (AFEX), première bourse privée des matières premières agricoles dans le pays, la récolte d’or brun est prévue pour s’établir à 296 000 tonnes au terme de ladite saison.
Un tel volume en recul de 4,4 % d’une année sur l’autre marquerait également la 4ème saison consécutive de baisse depuis 2019/2020 où la récolte avait frôlé les 350 000 tonnes. D’après le rapport, cette situation est notamment liée à la réduction de la productivité des arbres. Dans le pays d’Afrique de l’Ouest, le verger cacaoyer reste vieillissant et donc plus sensible aux attaques récurrentes de nuisibles.
En outre, le retard dans le démarrage de la saison pluvieuse couplé à la baisse de l’application des pesticides pour le traitement des arbres en raison des difficultés financières des cultivateurs dans un contexte de forte d’inflation et d’absence de soutien publique devrait aussi affecter les rendements.
Avec ces nouvelles prévisions pessimistes de AFEX, beaucoup d’observateurs s’interrogent désormais sur la faisabilité de l’objectif de production de 500 000 tonnes de cacao fixé par les autorités nigérianes pour la campagne 2024/2025.
Pour rappel, le Nigeria était le second producteur mondial de cacao dans les années 60 derrière le Ghana. Aujourd’hui, il est tombé à la 5ème place, dépassé non seulement par la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, le Cameroun, mais aussi par l’Équateur, plus grand fournisseur de fèves en Amérique latine.
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