(Agence Ecofin) - Au Ghana, les nuages s’accumulent au-dessus du secteur agricole. Entre la hausse des prix des intrants et la baisse du soutien de l’Etat, la performance de plusieurs filières pourrait être menacée durant la saison 2022/2023.
Au Ghana, le gouvernement a annoncé le mardi 30 août qu’il ne subventionnerait que 150 000 tonnes d’engrais durant la campagne agricole 2022/2023 dans le cadre de son initiative « Planting for Food and Jobs-PFJ » (Planter pour se nourrir et créer des emplois).
Le volume indiqué est en recul de près de 67 % par rapport au stock de 450 000 tonnes fourni par les autorités pendant les deux premières années de mise en œuvre dudit programme entre 2017 et 2019.
Selon Owusu Afriyie Akoto, ministre de l’Agriculture, cette baisse du soutien de l’Etat est imputable à la flambée globale des prix suite aux perturbations dans la chaîne d’approvisionnement résultant des effets successifs de la pandémie du coronavirus en 2020 et plus récemment de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Cette situation a entraîné des surcoûts pour l’exécutif dans un contexte économique morose marqué par une inflation galopante et une baisse de la monnaie locale (cedi).
Pour le secteur agricole, il s’agit d’un nouveau coup dur d’autant plus que l’exécutif a déjà fait savoir qu’il ne supporterait que 15 % du coût total des engrais subventionnés contre 35 % un an plus tôt. Sur le marché local, le sac de 25 kg d’engrais se négocie actuellement à 350 cedis (35 $), soit plus que le double du tarif de 150 cedis (15 $) qui était en vigueur un an plus tôt.
Pour rappel, le Ghana consomme plus de 600 000 tonnes d’engrais dont la quasi-totalité est importée en vrac sous forme de composés et ensuite mélangée à diverses formulations avant d’être distribuée aux agriculteurs.
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