(Agence Ecofin) - Les inégalités fondées sur le genre existent dans tous les aspects de la vie sociale. Cette problématique est d’autant plus préoccupante dans les secteurs d’activités qui, comme l’agriculture, offrent de nombreuses opportunités pour les femmes.
La réduction de l’écart de productivité agricole et des disparités salariales dans l’emploi agricole entre les hommes et les femmes pourrait augmenter le PIB mondial de près de 1 000 milliards $. C’est ce qu’indique la FAO dans son dernier rapport publié le 13 avril dernier.
Dénommé « The status of women in agrifood systems », le document qui est le premier de l’organisme onusien sur la dernière décennie concernant cette thématique, brosse sur 264 pages, la situation des femmes exerçant dans les systèmes agroalimentaires.
Selon la FAO, la productivité masculine dans le secteur affiche actuellement une supériorité de 24 % par rapport à celle des femmes, notamment en raison de nombreuses inégalités qui empêchent celles-ci de maximiser leur contribution.
Par ailleurs, les auteurs du rapport soulignent qu’à l’échelle mondiale, 36 % des femmes actives sont employés dans les systèmes agroalimentaires, contre 38 % des hommes alors même que ces systèmes constituent une source de revenus plus importante pour les femmes que pour les hommes dans de nombreux pays.
À titre indicatif, 66 % des femmes travaillent dans le secteur agroalimentaire en Afrique subsaharienne, contre 60 % des hommes, alors qu’en Asie du Sud, la représentation des femmes est beaucoup plus importante (71 % contre 47 %).
En outre, les femmes salariées dans l’agriculture perçoivent des revenus inférieurs de 18 % à ceux des hommes. À cela s’ajoute entre autres inégalités, un accès limité à l’éducation, au financement, aux actifs de production (notamment la terre, les engrais et les systèmes d’irrigation), aux technologies ainsi que la discrimination dont elles font souvent l’objet.
Face à cette situation, la FAO préconise davantage l’autonomisation des femmes dans les systèmes agroalimentaires. L’organisme onusien estime d’ailleurs que si la moitié des petits producteurs bénéficiaient d’interventions de développement axées sur l’autonomisation des femmes, les revenus de 58 millions de personnes supplémentaires augmenteraient de manière significative.
« Les systèmes agroalimentaires efficaces, inclusifs, résilients et durables dépendent de l’autonomisation de toutes les femmes et de l’égalité des sexes. Les femmes ont toujours travaillé dans les systèmes agroalimentaires. Il est temps de faire en sorte que les systèmes agroalimentaires fonctionnent pour elles », a déclaré M. Qu Dongyu, directeur général de la FAO.
Stéphanas Assocle
Lire aussi :

Palais de la Culture d’Abidjan - "La transformation de l’anacarde : au-delà de l’amande".