(Agence Ecofin) - Au cours d'une interview exclusive publiée par l'hebdomadaire sénégalais La Gazette, Hissène Habré, ex-président tchadien, a déclaré être « totalement consentant » pour se présenter devant « une justice internationale indépendante, selon les normes du droit ».
Accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture, Hissène Habré reconnaît qu'il y a eu « des bavures » sous son « ancien régime » mais affirme que « dans le volumineux dossier constitué » contre lui par la Belgique qui souhaite le juger, « vous ne trouverez nulle part quelqu'un dire que Hissène Habré l'a torturé ».
L'ex-président implique la France et la Libye dans des crimes commis dans les années 80, lors de leur intervention au Tchad. Il affirme que « des Libyens ont massacré des milliers de Tchadiens, ont déporté de jeunes Tchadiens chez eux, les on réduits en esclaves (...). Les Français eux-mêmes on tué, violé, massacré, empoisonné des puits, bombardé notre bétail et tué des Tchadiens par centaines ». Habré ajoute: « Pourquoi ne doivent-ils pas répondre de leurs crimes devant la justice ? «
L'accusé va plus loin, au sujet de son extradition envisagée au Tchad, il dénonce « un complot visant [son] élimination physique » de la France et de la Libye. Pour lui, Kadhafi chercherait à se venger après sa défaite « dans sa politique d'annexion et d'hégémonie » sur le Tchad dans les années 80. La France, elle, agirait, toujours selon lui, d'un point de vue colonialiste. « Les colonialistes et les néo-colonialistes ont la haine tenace » précise-t-il.