(Agence Ecofin) - L’Afrique du Sud est le deuxième exportateur mondial d’agrumes frais après l’Espagne. Dans la filière, la sécurité sanitaire et phytosanitaire des fruits est un sujet très sensible sur le marché de l’Union européenne, son premier débouché commercial.
En Afrique du Sud, le Département de l’agriculture, de la réforme agraire et du développement rural (DALRRD) prévoit de lancer un programme national de surveillance de la souche africaine de la « maladie du greening des agrumes », dans la province du Cap-Oriental. Il s’agit d’une maladie bactérienne transmise par un insecte, le psylle africain des agrumes (Trioza erytreae) et qui provoque des marbrures et un jaunissement des nervures des feuilles des plantes.
Dans un communiqué publié sur son site le vendredi 4 octobre, le DALRRD a révélé que cette maladie a été détectée à Gqeberha notamment dans les districts d’Alfred Nzo, OR Tambo et les municipalités de Buffalo City, Great Kei, et Nelson Mandela Bay.
« Dans le cas présent, une enquête de délimitation sera menée pour déterminer la distribution géographique de cette maladie dans la région, afin de déterminer si l’organisme nuisible est largement répandu ou non, pour permettre la mise en œuvre de mesures phytosanitaires efficaces et efficientes. Pour cette enquête, le DALRRD collaborera avec le Citrus Research International (CRI), afin d’examiner les arbres à la recherche de symptômes suspects, et des échantillons pourraient être prélevés pour être analysés en laboratoire », souligne le communiqué.
En attendant, le DALRRD indique aussi que les mouvements intraprovinciaux de matériel de multiplication d’agrumes des zones infestées vers les zones non infestées de la province du Cap-Oriental sont interdits. Il faut noter que la souche africaine de la maladie du greening des agrumes affecte la qualité des agrumes produits, les rendant impropres à la vente en tant que fruits frais ou à la transformation.
S’il est encore trop tôt pour parler des répercussions sur la filière sud-africaine, cette situation a de quoi préoccuper l’industrie agrumicole. D’après les données du Département américain de l’agriculture, la province du Cap oriental est la 2ème zone de production d’agrumes du pays après la province de Limpopo concentrant 26 % des plantations qui couvrent près de 96 000 hectares.
Sur le marché de l’Union européenne (UE), cette nouvelle pathologie pourrait renforcer les mesures de prévention de la part des autorités de contrôle alors que les deux partenaires commerciaux se disputent déjà à propos de prescriptions phytosanitaires sur le faux carpocapse (un lépidoptère qui attaque les agrumes) et la réglementation de l’UE sur la maladie des taches noires des agrumes causée par le champignon « Phyllosticta citricarpa ».
En 2024, les expéditions sud-africaines d’agrumes devraient stagner à 150,4 millions de cartons, soit 2,25 millions de tonnes (1 carton= 15 kg) selon les dernières projections formulées par l’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA).
Stéphanas Assocle
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