(Agence Ecofin) - Des observateurs pensent que l’instauration par le gouvernement camerounais d’un droit de 10% sur les fèves exportées a pu causer l’intensification des fraudes. L’objectif était d’encourager la transformation locale avec l’installation de broyeurs industriels, mais cela a pu pousser des exportateurs véreux à contourner les règles.
Le Cameroun envisage d’implanter un cadre réglementaire plus rigoureux pour son industrie du cacao, afin de mieux lutter contre les maux qui minent la filière. Un projet d’arrêté « établissant avec précision les modalités de conditionnement et de commercialisation des fèves de cacao » a été adopté il y a une semaine, au cours d’une réunion regroupant producteurs, exportateurs et acteurs sectoriels.
Le nouveau système de commercialisation, selon les infos parvenues à Investir au Cameroun, implique un « contrôle rigoureux » des exportations de cacao par voie terrestre, maritime et aérienne. « Cette mesure vise à endiguer les exportations frauduleuses qui causent d’énormes pertes à l’économie nationale, notamment celles en direction du voisin nigérian depuis la région du Sud-Ouest » explique le ministère du Commerce.
Au titre de la campagne cacaoyère 2022-2023, le Cameroun estime à environ 70 milliards FCFA les pertes enregistrées du fait d’exportations frauduleuses de sa production, principalement à destination du Nigeria. Pour tenter d’arrêter la saignée, le ministre Luc Atangana a, à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre, interdit les exportations de fèves camerounaises vers le Nigeria.
Il faut souligner que les exportations illégales vers le géant ouest-africain remontent à plusieurs années. Le phénomène s’est néanmoins intensifié selon les opérateurs de la filière, depuis le déclenchement de la crise dans les régions anglophones camerounaises, notamment dans le Sud-Ouest, important bassin de production.

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