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		<title>HebdoP1</title>
		<description><![CDATA[L’agence Ecofin est une agence d’information économique africaine, créée en décembre 2010, basée à Yaoundé et à Genève. Elle rassemble une équipe de journalistes et d’experts, spécialisés dans les principaux secteurs africains de l’économie.]]></description>
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		<item>
			<title>BAD : 55 ans après, un bilan et des perspectives</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/1506-77502-bad-55-ans-apres-un-bilan-et-des-perspectives</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>En 1964, les pères fondateurs de la Banque africaine de développement s’étaient donné pour mission d’accélérer le développement, l’intégration et le progrès social des pays du continent. Grâce à de nombreux financements accordés et à une politique d’expansion soutenue, la Banque à réussi, en 55 ans, à se hisser au rang d’institution financière multilatérale de référence. Mais le chemin est encore long et la tâche immense… Bilan et perspectives d’une institution clé pour l’avenir du continent.</strong></em></p>
<p class="texte">L’idée de création de la Banque africaine de développement (BAD) est née en 1958, dans le village de Saniquelle, petite ville au nord-est du Libéria, à l’occasion d’une rencontre entre les présidents William Tubman (Liberia), Kwame Nkrumah (Ghana) et Sékou Touré (Guinée).</p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/1William_Tubman_Kwame_Nkrumah.jpg" alt="1William Tubman Kwame Nkrumah" width="330" height="395" /></p>
<p class="legende">William Tubman et Kwame Nkrumah sont, avec Sékou Touré, à l’origine de la BAD.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Durant quatre jours, les trois chefs d’Etats discutent de la situation du continent et s’engagent à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour accélérer l’indépendance de l’Afrique et développer des institutions fondées sur le principe de la solidarité continentale.<span style="font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 12pt;"></span></p>
<p class="exergue">Durant quatre jours, les trois chefs d’Etats discutent de la situation du continent et s’engagent à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour accélérer l’indépendance de l’Afrique et développer des institutions fondées sur le principe de la solidarité continentale.</p>
<p class="texte">À la suite de trois autres conférences – à Accra en décembre 1958, à Tunis en janvier 1960 et au Caire en mars 1961, le gouvernement du Libéria propose la création d’une Banque africaine de développement. Il mandate Romeo Horton, un Libérien, pour engranger des appuis en ce sens. Son périple le mène auprès de 16 chefs d’État africains. Tous soutiennent, sans hésitation, la création de la Banque.</p>
<p class="texte">Le 4 août 1963, soit deux mois après la création de l’organisation de l’unité africaine (OUA), 23 pays africains nouvellement indépendants signent à Khartoum (Soudan) l’Accord portant création de la Banque africaine de développement (BAD). La session inaugurale du Conseil des gouverneurs de la Banque se tient en novembre 1964 à Lagos, au Nigeria. A la suite de quoi, la Banque installe son siège à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en mars 1965.</p>
<p class="texte">Le nombre d’Etats membres est alors à 26 pour une population africaine qui compte 300 millions de personnes et un PIB continental estimé à 39,2 milliards de dollars.</p>
<p class="texte">A sa création, la Banque ne compte que 10 collaborateurs, alors que ses effectifs se chiffrent aujourd’hui à plus de 2000.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Expansion</strong></p>
<p class="texte">A la création de la BAD, seuls les pays africains indépendants pouvaient devenir actionnaires. Ainsi, pendant près de 20 ans, l’institution a toujours dépendu des pays africains pour ses ressources en capital. Mais à partir des années 1970, ce système commence à être mis à rude épreuve. Deux chocs pétroliers, en 1973 et en 1979, fragilisent les économies africaines dont la plupart dépendent des exportations de matières premières. &nbsp;Les pays africains qui empruntent à la Banque rencontrent des difficultés économiques et se voient contraints de trouver des ressources hors du continent.</p>
<p class="exergue">A la création de la BAD, seuls les pays africains indépendants pouvaient devenir actionnaires. Ainsi, pendant près de 20 ans, l’institution a toujours dépendu des pays africains pour ses ressources en capital.</p>
<p class="texte">En vue de satisfaire les besoins financiers des pays africains, la Banque décide alors d’ouvrir son capital à des membres non africains. En 1982, le capital est ainsi porté à 1,6 milliard de dollars. L’ouverture du capital aux pays non régionaux améliore l’assise financière de la Banque, et, partant, sa notation sur les marchés financiers internationaux.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/2actionnariat.png" alt="2actionnariat" width="600" height="379" /></span></p>
<p class="legende">Les pays africains contrôlent toujours 60% du capital de la BAD.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Entre temps, l’institution s’adjoint de nouveaux mécanismes pour élargir son champ d’action. En 1972, le Fonds africain de développement (FAD), premier guichet concessionnel de la banque, est créé. Il démarre ses opérations deux ans plus tard, en 1974. Le Fonds spécial du Nigeria (FSN), le deuxième guichet concessionnel de la Banque, est lancé en 1976. A ces deux organismes s’ajoutent d’autres structures telles que le fonds pétrolier arabe ; le fonds spécial d’urgence pour la sécheresse et la famine en Afrique ; et le fonds spécial de secours.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Premier organisme de financement du développement en Afrique</strong></p>
<p class="texte">C’est en 1967, que le Conseil d’administration approuve ses deux premiers projets, à travers notamment une prise de participation au capital de la National Development Bank of Sierra Leone et un prêt de 2,3 millions de dollars au Kenya pour financer un chantier routier. 50 ans plus tard, soit en 2017, l’institution annonce avoir octroyé un total cumulé de 5528 prêts, pour un montant global de 102,20 milliards d’UC.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/3babacar_Ndiaye.jpg" alt="3babacar Ndiaye" width="500" height="399" /></p>
<p class="legende">En 1984, sous la présidence de Babacar Ndiaye, la Banque décroche le Triple A.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Au fil des années, la BAD s’attèle à financer le développement en Afrique, conformément aux objectifs fixés par ses créateurs. De nombreux prêts accordés, alimentent ainsi des projets infrastructurels, agricoles, financiers, énergétiques et sociaux entre autres.</p>
<p class="texte">Si ces financements occupent une large part du programme d’investissement du groupe de la BAD dès le début de ses activités, c’est dans les années 2000 que cette situation s’intensifie particulièrement. Sous l’impulsion du rwandais Donald Kaberuka qui préside l’institution au cours de deux mandats successifs entre 2005 et 2015, la BAD augmente considérablement ses investissements.<span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="exergue">Sous l’impulsion du rwandais Donald Kaberuka qui préside l’institution au cours de deux mandats successifs entre 2005 et 2015, la BAD augmente considérablement ses investissements.</p>
<p class="texte">La stratégie de l’ancien ministre des finances de Paul Kagame est alors de renforcer le secteur privé et d’investir dans les infrastructures, notamment de transport et d’énergie, pour accroître l’intégration régionale. En 2005, par exemple, l’institution approuve 102 opérations d’un montant total de 2,29 milliards UC, parmi lesquelles 39,4% sont consacrés uniquement au secteur infrastructurel.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/4dr.donald_kaberuka.jpg" alt="4dr.donald kaberuka" width="600" height="421" /></span></p>
<p class="legende">Avec Donald Kaberuka, la BAD s’impose en leader africain du financement du développement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En 2009 alors que le monde entier est secoué par une crise financière, la BAD réussi à accorder un montant record de prêts et de dons estimés à près de 10 milliards&nbsp;$. La Banque s’impose alors en leader africain de financement du développement.</p>
<p class="texte">Cette impulsion sera poursuivie et amplifiée par son successeur Akinwumi Adesina. A la tête de la Banque depuis 2015, le Nigérian lance un ambitieux chantier pour la transformation structurelle de l’Afrique en s’appuyant sur une stratégie décennale pour la période 2013-2022.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/5portefeuille.png" alt="5portefeuille" width="800" height="202" /></p>
<p class="legende">Un portefeuille diversifié qui rassure les investisseurs internationaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Sous la présidence d’Akinwumi Adesina, la Banque décide de relever le défi visant à soutenir la croissance inclusive et la transition vers une croissance verte, en intensifiant l’investissement et en mettant l’accent sur cinq grandes priorités, appelées <em>«&nbsp;High-5&nbsp;»</em> à savoir&nbsp;: éclairer l’Afrique ; nourrir l’Afrique ; industrialiser l’Afrique ; intégrer l’Afrique ; et améliorer la qualité de vie des populations en Afrique.</p>
<p class="texte">Plusieurs mégaprojets financés par l’institution illustrent cette stratégie. On peut citer entre autres l’initiative <em>«&nbsp;Desert to power&nbsp;»</em>, lancé en 2017 par la BAD et visant à éclairer et alimenter le Sahel en construisant une capacité de production d'électricité de 10 GW grâce à des systèmes solaires photovoltaïques (PV) et la multiplication de projets publics, privés, en réseau et hors réseau, d'ici 2025. Grâce à ce projet, la BAD espère fournir de l’énergie à plus de 250 millions de personnes, tout en faisant du Sahel la plus grande zone de production solaire au monde.</p>
<p class="texte">Plus récemment, c’est la construction d’un pont entre Brazzaville (Congo) et Kinshasa (RDC), projet phare d’intégration en Afrique centrale, devenu un serpent de mer pendant plusieurs décennies, qui a été relancée par la BAD. Le projet, prévu pour démarrer en août 2020 est financé à hauteur de 210 millions&nbsp;$ par la Banque pour un coût total de 550 millions&nbsp;$.</p>
<p class="texte">De plus, grâce au lancement de l’Africa Investment Forum qui réunit chaque année depuis 2018, des centaines d’investisseurs, la BAD facilite le financement privé de projets structurants en Afrique.&nbsp;</p>
<p class="exergue">De plus, grâce au lancement de l’Africa Investment Forum qui réunit chaque année depuis 2018, des centaines d’investisseurs, la BAD facilite le financement privé de projets structurants en Afrique.&nbsp;</p>
<p class="texte">Par ailleurs, dans sa mission de participer à l’intégration du continent, la Banque a également joué un rôle essentiel dans la mise en place et la promotion d’autres institutions africaines de développement parmi lesquelles on compte la Société africaine de réassurance (AFRICA RE), la Société pour l’habitat et le logement territorial en Afrique (Shelter Afrique), le Fonds d’aide à l’élaboration de projet en Afrique (FDPA), la Banque africaine d’import-export (AFREXIMBANK), etc. La BAD constitue en outre un acteur majeur de la mise en place de Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>&nbsp;Des ressources solides</strong></p>
<p class="texte">Face aux besoins croissants exprimés par les Etats africains, et conformément à sa mission, la BAD va considérablement augmenter ses ressources au fil des ans. L’ouverture de son capital à des pays comme les Etats-Unis (deuxième actionnaire derrière le Nigeria), le Japon (troisième actionnaire) ou l’Inde, élargissent les perspectives de financement de l’institution.</p>
<p class="texte">En 1974, la Banque réalise sa première augmentation de capital, le portant à 206 millions&nbsp;$. Après l’introduction de pays membres non régionaux, ce capital est porté à 1,6 milliards&nbsp;$ en 1982. Mais c’est en 1987, sous l’impulsion de son président de l’époque Babacar Ndiaye, dont la gestion avait déjà valu à la Banque son premier triple A en 1984, que la BAD réussit à faire bondir de près de 300% son capital, le faisant passer de 6 milliards à 22 milliards UC (unité de comptes équivalent à 1,38 USD).</p>
<p class="exergue">Mais c’est en 1987, sous l’impulsion de son président de l’époque Babacar Ndiaye dont la gestion avait déjà valu à la Banque son premier triple A en 1984, que la BAD réussit à faire bondir de près de 300% son capital.</p>
<p class="texte">C’est le début d’une stratégie d’accroissement de capital qui contribue également à augmenter la crédibilité de l’institution malgré les crises qui secouent épisodiquement les économies mondiales.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/6augmentation_du_capital.png" alt="6augmentation du capital" width="700" height="362" /></span></p>
<p class="legende">En octobre 2019, le capital augmente de 125% pour passer à 208 milliards&nbsp;$.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Ainsi, en octobre 2019, les actionnaires de la banque approuvent sa septième augmentation générale de capital (AGC-VII) le faisant bondir de 125%. La base de capital de la banque s’accroît donc de 115 milliards de dollars, passant à un total de 208 milliards de dollars.</p>
<p class="texte">Cette stratégie d’amélioration de ses ressources, couplée à une diversification du portefeuille d’investissement, a permis à la BAD d’être très favorablement perçue par les investisseurs. Auréolée de son triple A attribué par les plus grandes agences de notation financière, la BAD est aujourd’hui considérée comme l’un des émetteurs de référence sur le marché financier international.</p>
<p class="exergue">Auréolée de son triple A attribué par les plus grandes agences de notation financière, la BAD est aujourd’hui considérée comme l’un des émetteurs de référence sur le marché financier international.</p>
<p><span class="texte">Récemment, l’institution a d’ailleurs réalisé une levée de 3 milliards&nbsp;$ sur le marché international des capitaux, dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la pandémie de COVID-19.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/7Adesina.jpg" alt="7Adesina" width="600" height="343" /></span></p>
<p class="legende">Sous la présidence d’Akinwumi Adesina, la Banque joue désormais dans la cour des grandes institutions financières internationales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Nous considérons la gestion de la BAD comme robuste, compte tenu de ses antécédents de mise en œuvre stratégique, d'une solide politique de gestion des risques et de sa capacité à résister à la perte de personnel clé sans perturber les opérations&nbsp;»</em>, indique l’agence de notation S&P Global Ratings dans un rapport sur l’institution.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des perspectives stables pour l’avenir</strong></p>
<p class="texte">Malgré les crises économiques et financières qui auraient pu la fragiliser, la BAD s’est montrée résiliente. Elle a même amélioré sa performante. La Banque connaît une croissance régulière au fil des ans, l'encours total des prêts ayant augmenté en moyenne de 8&nbsp;% pour atteindre 19,3 milliards UC à la fin de l'année 2018.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Nous considérons la gestion de la BAD comme robuste, compte tenu de ses antécédents de mise en œuvre stratégique, d'une solide politique de gestion des risques et de sa capacité à résister à la perte de personnel clé sans perturber les opérations.&nbsp;»</p>
<p class="texte">Pour les agences de notation, cette situation devrait perdurer au cours des prochaines années. Dans sa plus récente note sur la BAD, l’agence S&P Global Ratings explique&nbsp;: <em>«&nbsp;Ces perspectives stables reflètent notre attente selon laquelle, au cours des deux prochaines années, la Banque africaine de développement (BAD) gérera prudemment son capital tout en maintenant des niveaux solides d'actifs de liquidité de haute qualité et de financement solide. Nous nous attendons à ce que les actionnaires continuent de soutenir la Banque en versant le capital en temps voulu ; que la banque continue à bénéficier du traitement de créancier privilégié (PCT) ; et également à ce que la banque gère avec prudence la croissance des prêts au secteur privé d'une manière conforme à son mandat.&nbsp;»</em> Et d’ajouter&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous supposons également que le soutien extraordinaire des actionnaires à la banque restera inchangé&nbsp;»</em>.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Nous supposons également que le soutien extraordinaire des actionnaires à la banque restera inchangé&nbsp;».</p>
<p class="texte">A quelques mois de la prochaine désignation de son nouveau président, et malgré le lancement d’une enquête sur des faits présumés de mauvaise gouvernance, les perspectives d’avenir de l’institution sont prometteuses.</p>
<p class="texte">Cependant, si son bilan est élogieux, avec des avancées remarquables, la BAD est encore loin d’avoir rempli toutes les missions qui lui ont été assignées par ses pères fondateurs. Sa contribution à la réalisation des Objectifs de développement durable, le financement du gap infrastructurel de l’Afrique et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine, ou encore sa contribution à la mise en œuvre effective de la ZLECAf, sont les chantiers majeurs sur lesquels l’institution panafricaine sera attendue au cours des prochaines années.</p>
<p class="texte"><em><strong>Moutiou Adjibi Nourou &nbsp;</strong></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" /></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Mon, 15 Jun 2020 11:24:31 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Hélas, le mur entre les médecines traditionnelle et moderne résiste encore au covid-19 !</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/0404-75421-helas-le-mur-entre-les-medecines-traditionnelle-et-moderne-resiste-encore-au-covid-19</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte" style="line-height: normal;"><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">«&nbsp;C’est la guerre.&nbsp;»</span></em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"> <em>«&nbsp;Pire qu’une guerre&nbsp;!&nbsp;»</em>&nbsp;<em>«&nbsp;La vraie troisième guerre mondiale&nbsp;» </em>… Le Sars-Cov-2 a remis au goût du jour la </span><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">rhétorique guerrière</span><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">. Une exhibition de muscles sans résultat devant cet adversaire d’une centaine de nanomètres devenu soudain ennemi mondial n°1. Mais dans le fond de la classe, des voix habituellement raillées essaient d’attirer l’attention du professeur impuissant devant cette nouvelle équation. «&nbsp;<em>Et si on essayait …</em>&nbsp;» chut&nbsp;! </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">«&nbsp;<em>Approche méthodologique approximative</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>Problèmes de dosage</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>Peu de preuves cliniques&nbsp;</em>» … les griefs qui rendent la médecine traditionnelle suspecte à la science moderne sont nombreux. Mais passé les premières réactions allergiques, parfois fondées, ne convient-il pas de mettre de côté les certitudes pour explorer cette science et les possibilités qu’elle offre&nbsp;? L’impasse thérapeutique (à ce stade) face au Covid-19 a ramené sur le devant de la scène des remèdes parfois centenaires issus des savoirs thérapeutiques traditionnels. Mais longévité n’est pas science, dira-t-on. A raison. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Dans ce concert discordant de remèdes ubuesques qui fleurissent sur internet, des voix crédibles essaient de se rendre audibles. Au premier rang de celles-ci, la voix de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) domine. L’empire du Milieu affirme avoir eu des résultats probants avec sa médecine traditionnelle et propose déjà son expertise aux autres pays touchés par la pandémie. Une idée tournée en ridicule par certaines chancelleries, surtout après la rétractation de Pékin à propos du «&nbsp;shuanghuanglian&nbsp;», un remède inspiré de la pharmacopée chinoise. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Dans cette course contre la mort, deux chercheurs africains essaient, eux aussi, de rassurer le monde. La médecine traditionnelle aurait des solutions thérapeutiques et préventives efficaces contre le covid-19. Le plus médiatisé actuellement est sans doute le Béninois Valentin Agon (photo), un ancien pensionnaire du Collège des médecines douces de Québec, célèbre pour la découverte d’un autre antipaludique (Api-palu). Les autorités burkinabè ont reconnu l’efficacité de son «&nbsp;Apivirine&nbsp;» contre le covid-19 et poursuivent actuellement les tests. Une lueur d’espoir qui semble laisser indifférents la quasi-totalité des pays africains et occidentaux. Le gouvernement béninois a, quant à lui, reconnu du bout des lèvres accompagner le docteur Agon dans ses recherches. Pourquoi&nbsp;? &nbsp;</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Cette incompréhension vire à l’inquiétude quand on se remémore la longue bataille du Dr Jérôme Fagla Medegan pour faire accepter son médicament contre la drépanocytose. </span><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/22/drepanocytose-un-medicament-burkinabe-suscite-l-espoir-des-patients-et-l-inquietude-des-scientifiques_5149592_3212.html"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">«&nbsp;<em>Le VK 500, toujours en vente, n’a jamais prouvé son efficacité. Il est même aujourd’hui remis en cause scientifiquement</em>&nbsp;».</span></a><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"> Une insulte parmi tant d’autres à l’endroit de ce médecin et chimiste béninois (encore&nbsp;!), versé en pharmacopée. Inquiétude, parce qu’il est légitime de se demander s’il ne sera pas autant combattu et vilipendé maintenant qu'il affirme détenir le remède contre le covid-19.</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Api-palu et VK 500 ne sont toujours pas acceptés par l’establishment. Des preuves scientifiques trop fragiles, selon les ténors de la médecine conventionnelle. Chimistes ou herboristes illettrés sont classés dans la même catégorie&nbsp;: celle des analphabètes de la science.</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Cette arrogance de la médecine moderne fera-t-elle amende honorable avec cette nouvelle crise&nbsp;? Rien n’est moins sûr. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">La pratique médicale moderne s’appuie sur une industrie pharmaceutique très puissante. Riche en scandales aussi. Des affaires coûteuses en vies humaines, sans que rien ne vienne remettre en cause cette alliance ou encore son efficacité. <em>«&nbsp;Fluctuat nec mergitur&nbsp;»</em>. Comme Paris. Comme les Laboratoires Gerda qui ont leur siège dans la Ville lumière et à qui l’on doit le Distilbène qui s’est révélé cancérigène et responsable d’anomalies génétiques. Comme Servier juste à côté. Fabricant du Médiator, l’un des plus célèbres scandales de l’histoire des médicaments. Comme Merck avec son Vioxx qui a tué des dizaines de milliers de personnes, rien qu’aux Etats-Unis, et génère annuellement un chiffre d’affaires de 2,5 milliards&nbsp;$. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Les médicaments qui tuent ou rendent malade, ce n’est pas une nouvelle de Stephen King. C’est une réalité qui se vit sur les deux rives du savoir médical. Où est passée la preuve clinique tant reprochée à la médecine traditionnelle dans ce cas&nbsp;? Elle a disparu avec la compréhension physiopathologique des maladies. Désormais les médicaments sont mis sur le marché sur la foi de preuves théoriques et statistiques. Bonjour les falsifications.</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">L’argent, le fil conducteur de cette querelle des anciens et des modernes alors&nbsp;? Puisqu’on parle d’argent que coûterait un pont entre les deux formes de médecine&nbsp;? Moins de vies humaines en tout cas. Et si l’Organisation mondiale de la santé reconnaît la médecine traditionnelle et ses prestations, ce changement de cap n’a guère amélioré l’opinion de la médecine conventionnelle sur cette sœur inconnue.</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Les exemples d’une collaboration réussie ne manquent pourtant pas. En 2015, le comité Nobel a poussé dans cette voie (involontairement peut-être) en attribuant le prix Nobel de médecine à Tu Youyou, pour sa découverte de l’artémisinine, un antipaludique à l’efficacité révolutionnaire. Un résultat que la médecin chinoise doit tant à sa formation en médecine conventionnelle qu’à sa connaissance des techniques de la médecine traditionnelle chinoise. &nbsp;</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Le covid-19 n’inaugurera pas l’ère de la fraternisation. C’est un fait. Qui s’observe à l’œil nu. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Les propositions thérapeutiques des chercheurs Valentin Agon et Jérôme Medégan Fagla ont suscité très peu d’écho chez les scientifiques et dirigeants africains qui, pour la plupart, ont le regard tourné vers l’Occident. </span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Le Burkina Faso, le Bénin et le Togo semblent bien seuls sur la liste des pays décidés à mobiliser la médecine traditionnelle pour enrayer le fléau.</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">En attendant la fin des essais cliniques de la chloroquine, il devient important d’organiser et de réglementer un savoir africain autonome. Allons-nous sortir mieux avisés de ce traumatisme&nbsp;?</span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="texte" style="line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Stéphane Alidjinou</span></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Sat, 04 Apr 2020 13:20:53 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Mouna Kadiri : « La ZLECA est porteuse de choses extraordinaires pour le continent africain et ses habitants »</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2111-71353-mouna-kadiri-la-zleca-est-porteuses-de-choses-extraordinaires-pour-le-continent-africain-et-ses-habitants</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><strong><em>Mouna Kadiri, est Directrice du Club Afrique Développement, émanation du groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank. A Douala, elle a co-présidé, avec le ministre en charge du commerce, la troisième rencontre du Club au Cameroun et a accepté de partager avec l’Agence Ecofin, les dynamiques de son organisation, notamment dans la perspective d’un marché unique continental.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Vous êtes au Cameroun dans le cadre du Club Afrique Développement et vous avez placé le commerce au cœur des échanges. Pourquoi avoir choisi de focaliser sur le commerce, ici, justement, à Douala&nbsp;?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Mouna Kadiri</strong>: Cette mission multisectorielle sur le thème du commerce comme levier de croissance de l’entreprise a été élaborée de concert avec SCB Cameroun et le Club Afrique Développement Cameroun qui sont les plus à même d’identifier les sujets les plus importants pour les entreprises, qu’elles soient camerounaises où internationales, susceptibles d’intéresser l’acte d’investissement et de création de valeur. Vu les évolutions, notamment sur la réglementation des changes et un certain nombre de réformes structurantes menées par le Cameroun, et la volonté, qu’elle soit politique ou privée, de donner de la visibilité sur ces évolutions, le comité, qui a travaillé sur mission multisectorielle, estimait bon de se focaliser sur le Trade et donc sur les possibilités énormes de créer de la valeur par des deals, des joint-ventures ou des investissements.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/1-Mouna-Kadiri-directrice-du-Club-Afrique-Développement.jpg" alt="1 Mouna Kadiri directrice du Club Afrique Développement" width="500" height="333" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Ce partage d’expérience doit contribuer à créer cette conscience collective intra africaine.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Le cœur de cette mission multisectorielle, ce sont les rendez-vous d’affaires, après avoir donné une information fiabilisée, directement émanant des sources les plus sures, des autorités les plus importantes du pays, notamment le ministre du Commerce qui a parrainé cette mission, l’adjoint au directeur national de la BEAC ou le témoignage élégant de la présidente de Telcar Cacoa, Mme Fotso.&nbsp;&nbsp;</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Le cœur de cette mission multisectorielle, ce sont les rendez-vous d’affaires après avoir donné une information fiabilisée, directement émanant des sources les plus sures, des autorités les plus importantes du pays.»</em>&nbsp;</p>
<p class="texte">Ainsi, les participants, après avoir eu accès à ces informations de première main ont eu la possibilité de participer à des rendez-vous d’affaires en fonction de l’intérêt direct et concret de leur secteur pour la mise en œuvre des projets d’investissement, de deals et de joint-ventures.</p>
<p class="texte">C’était aussi l’opportunité de découvrir sur le terrain de quoi on parle, notamment à travers la visite emblématique du port autonome de Kribi qui est un projet immense, localisé dans un pays stratégique. Les participants ont eu l’occasion de voir l’immensité des surfaces, la modernité du projet. En allant sur le terrain rencontrer les gens cela suscite de l’appétit pour les entreprises à travers des mises en confiance. Voilà pourquoi on a choisi ce thème.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Le Club se veut un outil qui contribue à bâtir l’Afrique commerciale de demain. Et quand on parle de demain, on voit la ZLECA qui devrait entrer en activité d’ici juin 2020. Pour être concret, comment envisagez-vous de soutenir les entreprises qui font partie de votre Club afin de tirer avantage de cette ZLECA&nbsp;?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Mouna Kadir</strong>i: Bien avant cette ZLECA, il faut relever que nous avons à notre actif un bilan de 10 ans sans zone de libre-échange, avec tous les obstacles que vous connaissez déjà liés aux infrastructures, aux procédures administratives, au transport, à la logistique. On avait constaté sur le terrain un appétit immense des entreprises africaines de pouvoir se développer à l’échelle du continent. On a pu faire se rencontrer plus de 10&nbsp;000 entreprises en 6 éditions du Forum international Afrique Développement avec des rendez-vous d’affaires structurés. Ces rendez-vous d’affaires ont généré des deals concrets, des investissements, des usines, des deals dans la distribution et j’en passe... Ça c’est juste le bilan directement déclaré qui se chiffre en millions et en millions de dollars.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;On avait constaté sur le terrain un appétit immense des entreprises africaines de pouvoir se développer à l’échelle du continent.»</em></p>
<p class="texte">Le premier constat, c’est de dire qu’il suffit d’apporter un cadre fiabilisé à l’entreprise pour quelle construise une relation de confiance avec son partenaire, pour qu’il ait un axe de création de valeur. Ça c’est en l’état, sans zone de libre-échange.</p>
<p class="texte">Notre rôle, c’est de raconter cette histoire, d’être un peu le porte-voix du secteur privé africain qui dit&nbsp;: «&nbsp;<em>Oui&nbsp;!! c’est possible, c’est nous qui créons de l’emploi, et cette zone de libre-échange n’est pas qu’un acte politique fort, mais aussi un acte de création de valeur économique très fort parce que sans elle, nous arrivons à travailler ensemble, mais avec elle, c’est le début de quelque chose. Et on peut pousser vers d’autres records historiques&nbsp;».</em></p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Cette zone de libre-échange n’est pas qu’un acte politique fort, mais aussi un acte de création de valeur économique très fort parce que sans elle, nous arrivons à travailler ensemble, mais avec elle, c’est le début de quelque chose. Et on peut pousser vers d’autres records historiques&nbsp;».</em></p>
<p class="texte">Notre rôle, donc, depuis la dernière édition du Forum Afrique Développement dont le thème était&nbsp;: «&nbsp;<em>Quand l’Est rencontre l’Ouest</em>&nbsp;», &nbsp;c’est de vulgariser d’abord, faire savoir et faire connecter, dans la réalité et la vie quotidienne de l’entreprise, cette actualité que tout le monde voit à travers les journaux, à travers les grands titres. Et de lui faire prendre conscience que dans ce plan stratégique sur 2020-2025, la ZLECA est une donnée fondamentale pour l’augmentation des opportunités de business.</p>
<p class="texte">Nous avons aussi voulu commencer à transgresser le schéma historique dans lequel les pays africains sont habitués à travailler depuis les indépendances. On est habitués à travailler nord-sud, sud-sud et autres franco-centrés ou anglo-centrés. Et bien nous avons voulu casser cette affaire-là et faire connecter des grandes régions, des grandes cultures, des grands ensembles culturels pour acter ces premiers pas sur le terrain, pour qu’on puisse travailler ensemble.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Nous avons aussi voulu commencer à transgresser le schéma historique dans lequel les pays africains sont habitués à travailler depuis les indépendances. On est habitués à travailler nord-sud, sud-sud et autres franco-centrés ou anglo-centrés. Et bien nous avons voulu casser cette affaire-là.&nbsp;»</em></p>
<p class="texte">C’est pour cela que nous avons invité des représentants, notamment du Kenya, du Rwanda, et la Sierra Léone, comme invité d’honneur. On a aussi eu quelques représentants du Nigéria et de la Chine, tout cela pour un peu secouer les schémas dans lesquels nous sommes habitués à travailler et commencer à acter sur le terrain ce brassage, même dans la manière de travailler.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Il faut être très jaloux de cette dynamique. Il faut la protéger par ce que c’est un cheminement qui va prendre du temps mais qui est porteur de choses extraordinaires pour ce continent et ses habitants.»</em></p>
<p class="texte">Ce partage d’expérience doit contribuer à créer cette conscience collective intra africaine qui finalement n’est que récente. Il faut être très jaloux de cette dynamique. Il faut la protéger par ce que c’est un cheminement qui va prendre du temps, mais qui est porteur de choses extraordinaires pour ce continent et ses habitants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: On ne parle presque plus de trade sans parler de finance, et quand on voit le Club Afrique Développement, on voit l’institution qui est Attijariwafa Bank et ses grands partenaires, comme Banco Santander, basé en Espagne. Et puis, on a aussi, à côté du fonds panafricain Al Mada, de gros fonds d’investissement qui sont actifs en Afrique.&nbsp; Dites-nous comment tout cet ensemble va se déployer pour financer le commerce intra-africain.</strong></p>
<p class="texte"><strong>Mouna Kadiri</strong>: C’est l’opportunité pour moi d’exposer le fonctionnement et le schéma adopté par notre Club. Le club a décidé, dans son organisation, de mettre en réseau et de fédérer les forces des banques du groupe Attijariwafa Bank et des communautés avec lesquelles elles travaillent, que ce soit les forces publiques ou les forces privées.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/2-Mouna-Kadiri-directeur-du-Club-Afrique-Développement-1.jpg" alt="2 Mouna Kadiri directeur du Club Afrique Développement 1" width="600" height="401" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Nous sommes des gens pragmatiques et le terrain, c’est d’abord l’entreprise africaine».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Ensuite, nous avons l’impulsion majeure d’un des acteurs en fonds d’investissement panafricain qui est le fonds Al Mada, actionnaire de référence du groupe Attijariwafa Bank. Et également nous avons été membre fondateur d’une alliance qui s’appelle le Trade Club Alliance qui fédère 14 banques à l’échelle mondiale. Il faut d’ailleurs savoir que le groupe Attijariwafa Bank est seule, avec une banque sud-africaine, à faire partie de cette alliance qui couvre 65% des corridors du Trade international aujourd’hui.</p>
<p class="texte">La création de cette alliance date de début octobre et elle est l’interface des plateformes telles que celles du Club Afrique Développement en terme d’accompagnement et de mise en relation, d’accès à l’information fiabilisée, de soutien de financement, éventuellement de ces 14 banques, tout cela avec l’implication de Banco Santander.</p>
<p class="texte">Cette alliance fédère aujourd’hui plus de 16&nbsp;000 entreprises. Il faut savoir, et nous en sommes fiers, que le Club Afrique Développement a été référencé par des banque d’envergure mondiale, comme une expérience inédite à l’échelle du continent. C’est pour vous dire le crédit qui est accordé à l’activité de l’entreprise africaine dont nous sommes l’un des porte-voix.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Il existe aussi beaucoup d’initiatives internationales, comme celles mises en place par la Chine, le Japon, l’Inde, ou encore la Russie qui s’est récemment illustrée. Au niveau du Club Afrique Développement, ces synergies qui se développent hors de l’Afrique pour venir conquérir le continent, vous les voyez comme des opportunités de partenariat, des concurrents qu’il faut combattre durement ou un peu des deux selon les cas&nbsp;?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Mouna Kadiri</strong>: Notre vision des choses est d’être au service du développement de l’Afrique mais elle n’est pas afro-centrée. C’est-à-dire qu’une entreprise, peu importe son origine, peu importe son identité, une fois qu’elle vous démontre qu’elle est capable de contribuer au développement d’une communauté, de créer des jobs et de payer les taxes pour améliorer la vie d’une société ou d’une ville ou d’un pays, elle est la bienvenue dans le Club Afrique Développement.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;C’est-à-dire qu’une entreprise, peu importe son origine, peu importe son identité, une fois qu’elle vous démontre qu’elle est capable de contribuer au développement d’une communauté, de créer des jobs et de payer les taxes, elle est la bienvenue dans le Club Afrique Développement.»</em></p>
<p class="texte">Nous sommes des gens pragmatiques et le terrain, c’est d’abord l’entreprise africaine. Nous voulons décloisonner toutes ces barrières psychologiques, mentales et immatérielles qui existent aujourd’hui entre nous, les Africains de divers horizons, de diverses cultures et de divers pays. Ce chemin est tout nouveau. Depuis les indépendances, nous ne nous connaissons pas assez, nous avons dans le meilleur des cas des clichés et dans le pire des cas, on l’a vu malheureusement dans les dernières actualités dans certains pays, des choses assez atroces à l’échelle humaine.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Depuis les indépendances, nous ne nous connaissons pas assez, nous avons dans le meilleur des cas des clichés et dans le pire des cas, on l’a vu malheureusement dans les dernières actualités dans certains pays, des choses assez atroces à l’échelle humaine.»</em></p>
<p class="texte">Partant de ce diagnostic nous nous sommes concentrés sur le décloisonnement. Nous donnons de l’information fiabilisée, nous connectons, nous accompagnons, nous encourageons, nous répondons à l’appétit qui est exprimé par l’entreprise africaine.</p>
<p class="texte">Il faut aussi savoir que l’Afrique n’est pas uniquement consommatrice de choses que décident les partenaires étrangers. Je pense à de récentes prises de parole assez éloquentes, en l’occurrence. Il est grand temps que nous soyons acteurs et que nous prenions nos responsabilités.</p>
<p class="texte">Nous avons vu, entre 2010 et 2016, naître des stratégies de développements nationaux fiabilisés, segmentés, avec des banques, des projet d’investissement qui font appel à l’investissement international. Et qui dit international dit forcement étranger ou des groupes qui sont des multinationales.</p>
<p class="texte">Aujourd’hui qu’est-ce qu’une nationalité quand vous faites des remontées d’actionnariat, on ne sait plus qui est qui. Donc nous sommes concentrés sur la création des valeurs sur le continent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Propos recueillis par Idriss Linge</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Idriss_Linge.jpg" alt="Idriss Linge" width="120" height="120" />&nbsp;</p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Thu, 21 Nov 2019 13:00:57 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Togo : la marche résolue vers l’accès universel à l’énergie en 2030</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2910-70592-togo-la-marche-resolue-vers-l-acces-universel-a-l-energie-en-2030</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2910-70592-togo-la-marche-resolue-vers-l-acces-universel-a-l-energie-en-2030</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Le secteur électrique du Togo fait l’objet, depuis 2017, de réformes dont les résultats améliorent significativement son environnement des affaires. Pour la deuxième année consécutive, les experts de la Banque mondiale ont d’ailleurs classé le pays parmi les plus réformateurs au monde, en se basant entre autres sur l’amélioration de l’accès à l’électricité.</strong></em>&nbsp;</p>
<p class="texte">Au Togo, le taux d’électrification est passé de 23&nbsp;% en 2010 à 38&nbsp;% en 2017, avant de connaître une accélération importante. Il est en effet passé à 45&nbsp;% en 2018, selon Marc Ably-Bidamon, le ministre en charge des énergies, et même à 48&nbsp;% selon les données de la Banque mondiale. Une croissance accélérée qui devrait se prolonger en 2019 et rapprocher le pays de son objectif d’atteindre l’accès universel en 2030, en passant par le cap intermédiaire des 75&nbsp;% d’électrification en 2025.</p>
<p class="exergue">Une croissance accélérée qui devrait se prolonger en 2019 et rapprocher le pays de son objectif d’atteindre l’accès universel en 2030, en passant par le cap intermédiaire des 75&nbsp;% d’électrification en 2025.</p>
<p class="texte">Pour y arriver, il compte mettre en place une combinaison des différentes technologies à sa disposition, en misant aussi bien sur la densification et l’extension de son réseau électrique, que sur le recours à des solutions énergétiques hors réseau.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/1Ably-Bidamon_L.jpg" alt="1Ably Bidamon L" width="500" height="341" /></p>
<p class="legende">Marc Ably-Bidamon vise un taux d’électrification de 75% en 2015.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Dans cette optique, le pays a mis sur pied deux projets principaux, le PRISET (Projet de réforme et d’investissement dans le secteur de l’énergie) et le CIZO, son projet d’électrification grâce au solaire off-grid.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un secteur plus performant et une plus grande couverture électrique grâce au PRISET</strong></p>
<p class="texte">Mis en œuvre, depuis début 2018, avec l’appui de la Banque mondiale qui lui a alloué un financement de 35 millions&nbsp;$, le PRISET a pour objectifs d’améliorer le fonctionnement du secteur électrique et d’accroître la couverture électrique dans la capitale, Lomé. Il prévoit, entre autres, d’accroître la puissance électrique parvenant à 80&nbsp;000 ménages et entreprises dans la zone urbaine et périurbaine de la capitale et d’étendre le réseau, avec la connexion de 20&nbsp;000 nouveaux abonnés. Pour y parvenir, l’initiative intègre un volet de réhabilitation et de renforcement des lignes haute et moyenne tensions de la région, d’extension de son réseau et de réalisation de nouvelles connexions.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/2Pierre_Laporte.jpg" alt="2Pierre Laporte" width="500" height="329" /></p>
<p class="legende">Pierre Laporte&nbsp;: «&nbsp;Ce projet encouragera les investissements privés.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Le PRISET aidera le Togo à accroître l’accès à une électricité fiable et relativement bon marché, la réalisation de ces deux objectifs étant essentielle pour le développement des entreprises, la création des emplois, la génération de revenus et la compétitivité internationale. Ce projet permettra en outre à ce secteur d’améliorer sa gestion financière, ce qui encouragera les investissements privés&nbsp;</em>», a affirmé Pierre Laporte, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Togo.</p>
<p class="texte">Le second volet du projet consiste en effet à appuyer la réforme du secteur en réduisant les pertes techniques et commerciales de la Compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET). La gestion et l’organisation des flux de trésorerie de la compagnie seront également améliorées. Cela sera possible grâce à de meilleurs résultats financiers induits par une plus grande efficacité dans le recouvrement des factures.</p>
<p class="texte">La CEET a d’ailleurs entamé, dans ce cadre, l’acquisition de 20&nbsp;000 compteurs prépayés. Un contrat de 6,7 millions&nbsp;€ a également été conclu avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz pour la réhabilitation des réseaux moyenne et basse tensions.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des installations solaires domestiques et des mini-réseaux pour électrifier 345&nbsp;000 ménages</strong></p>
<p class="texte">L’un des choix en matière de technologie hors réseau pour alimenter les populations rurales, qui constituent plus de 55&nbsp;% des 8 millions de Togolais, a été les installations solaires domestiques. Dans le cadre de son projet CIZO, le pays s’est donné pour objectif d’équiper 2 millions de personnes (300&nbsp;000 ménages), avec ces installations, d’ici à 2022. Il ambitionne également de doter 800 centres de santé et 3000 exploitations agricoles de petite taille de ces kits solaires individuels.</p>
<p class="exergue">Dans le cadre de son projet CIZO, le pays s’est donné pour objectif d’équiper 2 millions de personnes, avec ces installations, d’ici à 2022. Il ambitionne également de doter 800 centres de santé et 3000 exploitations agricoles de petite taille de ces kits solaires individuels.&nbsp;</p>
<p class="texte">Pour atteindre cet objectif, il est prévu la mise en place de subventions afin de venir en aide aux ménages les plus défavorisés.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/3cizo_faure.jpg" alt="3cizo faure" width="500" height="313" /></p>
<p class="legende">Déjà 23&nbsp;000 foyers électrifiés avec le britannique BBOXX.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Mis en place depuis décembre 2017 par le fournisseur britannique de solutions solaires BBOXX, le projet a enregistré 23&nbsp;000 foyers ruraux équipés en juillet 2019. Un mois plus tôt, un deuxième acteur, SOLEVA, avait officiellement démarré ses activités. Une nouvelle entrée qui présage une accélération des opérations, tandis que d’autres acteurs tels que le japonais Mitsubishi ont fait part de leur volonté de participer à la mise en œuvre de CIZO.</p>
<p class="texte">Avec la mise en œuvre de ce projet s’appuyant sur les kits individuels, le Togo prévoit de faire passer son taux d’électrification rurale des 8&nbsp;% actuels à 40&nbsp;%. Une autre partie des populations rurales sera électrifiée grâce à des mini-réseaux électriques locaux. Le pays prévoit en effet de doter 317 localités de ces mini-réseaux, sous la direction de l’Agence togolaise d’électrification rurale et des énergies renouvelables. 11 MW de mini-centrales et 480 km de lignes de distribution électriques sont prévus pour être mis en place dans ce cadre afin de desservir 45&nbsp;000 abonnés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Une plus grande ambition et une stratégie bien définie</strong></p>
<p class="texte">L’ensemble de ces projets évoqués entre dans le cadre d’une stratégie énergétique bien définie par les autorités nationales. L’ambition finale du Togo est d’atteindre, outre l’accès universel à l’électricité, l’autonomie énergétique tout en fournissant à ses citoyens une énergie fiable et abordable.</p>
<p class="texte">En effet, sur les 390 MW consommés dans le pays, seulement 130 MW sont fournis par des centrales nationales. L’essentiel de la consommation électrique du pays est importé depuis le Ghana ou le Nigeria. Les autorités prévoient donc d’augmenter significativement leur capacité électrique installée en la faisant passer à 300 MW, d’ici à 2022. Dans ce cadre, le pays compte mettre en place une centrale thermique de 65 MW à Lomé.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/4solaire-togo2.jpg" alt="4solaire togo2" width="500" height="309" /></p>
<p class="legende">Le pays est engagé dans un processus de décarbonisation.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En ce qui concerne la composition de son mix énergétique, le pays s’est engagé à y inclure les énergies renouvelables. «&nbsp;Les engagements auxquels notre pays a souscrit sur le plan régional et international dans le secteur de l’énergie, exigent que la part des énergies renouvelables soit portée à 50&nbsp;% dans le mix énergétique national, à l’horizon 2030&nbsp;», a affirmé, à ce propos, le ministre de l’Energie.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Les engagements auxquels notre pays a souscrit sur le plan régional et international dans le secteur de l’énergie, exigent que la part des énergies renouvelables soit portée à 50&nbsp;% dans le mix énergétique national, à l’horizon 2030&nbsp;»,</em></p>
<p class="texte">Le pays s’est doté, dans ce cadre, d’une loi régissant la mise en place du sous-secteur des énergies renouvelables. Il est engagé dans un processus de décarbonisation, en remplaçant l’utilisation du fioul dans ses centrales thermiques par le gaz naturel, beaucoup moins polluant.</p>
<p class="texte">Une annonce a aussi été faite à propos de la construction de 240 km de lignes électriques haute tension au cours des prochaines années, afin d’atteindre l’objectif global&nbsp;: 100&nbsp;% de taux d’électrification, d’ici à 2030.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong><em>Gwladys Johnson Akinocho</em></strong></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Gwladys_Johnson.jpg" alt="Gwladys Johnson" width="120" height="120" />&nbsp;</p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Tue, 29 Oct 2019 16:51:32 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Le développement d’Internet en Afrique a accentué la pression sur la liberté d’expression et d’information</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2410-70447-le-developpement-d-internet-en-afrique-a-accentue-la-pression-sur-la-liberte-d-expression-et-d-information</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2410-70447-le-developpement-d-internet-en-afrique-a-accentue-la-pression-sur-la-liberte-d-expression-et-d-information</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><strong><em>L’amélioration du taux de pénétration de la data sur le continent a fortement contribué à la diversification, et parfois à la dégradation, de l’offre d’information. Elle a également libéré la parole de la société civile. Dans un monde de plus en plus de connecté, les gouvernements africains soufflent le chaud et le froid, partagés entre les perspectives économiques de la digitalisation et les risques politiques d’une information de moins en moins contrôlable.</em></strong></p>
<p class="texte">Dans son dernier rapport sur les «<em> Tendances mondiales en matière de liberté&nbsp; d’expression&nbsp; et de développement&nbsp; des médias&nbsp;</em>», l’Unesco déplore le fait que la majorité des États de la planète recourent&nbsp; de&nbsp; plus&nbsp; en&nbsp; plus&nbsp; à&nbsp; des&nbsp; mesures&nbsp; visant&nbsp; à&nbsp; perturber&nbsp; l’accès&nbsp; aux&nbsp; contenus&nbsp; médiatiques&nbsp; en&nbsp; ligne, malgré les dispositions légales prises par les plus hautes instances pour garantir la liberté d’expression et celle des médias - notamment la résolution adoptée en 2016 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies qui «<em> condamne sans équivoque les mesures qui visent à empêcher ou à perturber délibérément l’accès à l’information&nbsp; ou&nbsp; la&nbsp; diffusion&nbsp; d’informations&nbsp; en&nbsp; ligne,&nbsp; en&nbsp; violation&nbsp; du&nbsp; droit&nbsp; international&nbsp; des&nbsp; droits&nbsp; de l’homme</em>&nbsp;». L’organisation considère d’ailleurs l’Afrique comme l’une des régions du monde où ces mesures de filtrage sont en nette augmentation. Elles se traduisent de diverses manières, en fonction des gouvernements.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Blocage d’Internet et des réseaux sociaux</strong></p>
<p class="texte">Dans son rapport intitulé «<em>Dictateurs et restrictions&nbsp;: cinq dimensions des coupures d’Internet en Afrique&nbsp;</em>», la Collaboration sur la politique internationale des TIC en Afrique orientale et australe (CIPESA), l’un des deux centres créés dans le cadre de l’initiative «<em>Catalyser l’accès aux TIC en Afrique</em>» (CATIA) et financée par le Département britannique du développement international (DfID), révèle que pas moins 22 gouvernements africains ont ordonné des coupures du réseau Internet au cours des quatre dernières années.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/1mobiles4.jpg" alt="1mobiles4" width="500" height="281" /></p>
<p class="legende">22 gouvernements africains ont ordonné des coupures du réseau Internet au cours des quatre dernières années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En 2018, il y a eu 21 cas de pannes partielles ou totales d'Internet, contre 13 en 2017 et 4 en 2016, selon Access Now, un groupe de surveillance indépendant.</p>
<p class="texte">Depuis le début de l’année 2019, six pays africains dont l’Algérie, la République Démocratique du Congo (RDC), le Tchad, le Gabon, le Soudan et le Zimbabwe ont déjà connu des coupures d’Internet.</p>
<p class="exergue">Depuis le début de l’année 2019, six pays africains dont l’Algérie, la République Démocratique du Congo (RDC), le Tchad, le Gabon, le Soudan et le Zimbabwe ont déjà connu des coupures d’Internet.</p>
<p class="texte">Bien que les gouvernements justifient généralement ces mesures restrictives comme indispensables pour des raisons de sécurité nationale, nécessaires contre la désinformation ou les discours haineux, Access Now, dans son rapport 2018 sur «&nbsp;l’état des interruptions d’Internet à travers le monde&nbsp;», estime qu’il n’en demeure pas moins des entraves à la liberté d’expression et d’information au regard du contexte particulier dans lequel elles surviennent généralement&nbsp;: élections, protestation sociales.&nbsp;</p>
<p class="exergue">A défaut de bloquer Internet, le blocage de l’accès aux réseaux sociaux est l’autre mesure restrictive qui s’est développée sur le continent.</p>
<p class="texte">A défaut de bloquer Internet, le blocage de l’accès aux réseaux sociaux est l’autre mesure restrictive qui s’est développée sur le continent. Le Tchad est à ce jour le pays africain qui détient le record du nombre de jours de blocage de l’accès aux réseaux sociaux. La restriction, levée le 13 juillet 2019, a duré plus d’un an.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Egypte, Ethiopie&nbsp;: censure de sites internet</strong></p>
<p class="texte">Plusieurs gouvernements se sont aussi dotés d’instruments numériques qui leur donnent un contrôle sur les plateformes d’informations et même les contenus. En 2017, Amnesty International avait dénoncé le blocage d’au moins 63&nbsp;sites Internet en Egypte. Najia Bounaim, directrice des campagnes Afrique du Nord de l’organisation de défense des droits de l'homme, affirmait que «<em>&nbsp;cette répression visant les médias numériques illustre une nouvelle fois la mise en œuvre des anciennes méthodes de la police d'État. Même lors des jours les plus sombres de l'ère répressive de Moubarak, les autorités n'avaient pas coupé l'accès à tous les sites d'information indépendants. Avec ces mesures, les autorités égyptiennes semblent cibler les rares espaces de libre expression qui subsistent dans le pays. Cela montre à quel point elles sont déterminées à empêcher les Égyptiens de prendre connaissance de reportages, d'analyses et d'opinions indépendants sur leur pays&nbsp;</em>».&nbsp;</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Même lors des jours les plus sombres de l'ère répressive de Moubarak, les autorités n'avaient pas coupé l'accès à tous les sites d'information indépendants.»</em></p>
<p class="texte">Selon Paradigm Initiative, depuis mai 2017, le gouvernement égyptien a autorisé le blocage d'au moins 496 sites Web de médias, de blogs, d'organisations de défense des droits de l'homme.</p>
<p class="texte">En 2016, l’Ethiopie avait également appliqué le blocage de certains sites d’informations. Amnesty International et l'Open Observatory of Network Interference (OONI) révèlent dans leur rapport commun intitulé «&nbsp;<em>Ethiopia Offline&nbsp;</em>» que le gouvernement a utilisé la technologie DPI (inspection approfondie des paquets) pour filtrer l'accès aux sites Internet, lors des manifestations lancées par les membres de l’ethnie Oromo qui redoutaient que le plan directeur du gouvernement ne se traduise par la confiscation de terres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Uganda, Tanzanie&nbsp;: les pressions financières</strong></p>
<p class="texte">Selon CIPESA, l’une des «&nbsp;<em>mesures insidieuses&nbsp;</em>», adoptée par bon nombre de gouvernements africains pour freiner l’usage d’Internet par les citoyens à des fins d’information et d’expression est le recourt aux pressions financières. Au-delà de l’augmentation des droits d’accises sur les recharges, il y a eu la taxe sur les réseaux sociaux.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/2internet_censorship.jpg" alt="2internet censorship" width="500" height="311" /></p>
<p class="legende">Un mouvement difficile à contenir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">L’Ouganda l’a instituée depuis le 1er juillet 2018 à minuit. Les consommateurs qui veulent accéder aux applications Over-The-Top (OTT) comme Facebook, WhatsApp et autres doivent payer 200 shillings ougandais (0,05 dollar US) par jour, 1400 shillings (0,36 dollar US) par semaine et 6000 shillings (1,56&nbsp;$) par mois. Dans les trois mois qui ont suivi l’introduction de la taxe que le président de la République, Yoweri Museveni, considérait comme «<em>&nbsp;la contribution des mauvaises langues au développement du pays&nbsp;</em>», la Commission des communications d’Ouganda (UCC) révélait un recul du nombre d’abonnés Internet de 2,5 millions.</p>
<p class="exergue">C’est le cas en Tanzanie où la nouvelle réglementation sur les communications électroniques, adoptée en mars 2018, a imposé aux blogueurs le paiement 100&nbsp;000 shillings (44,21 dollars US) pour demander une licence de service de contenus en ligne, valable trois ans.&nbsp;</p>
<p class="texte">D’autre pays sont allées plus loin en instituant des licences pour les fournisseurs de contenus. C’est le cas en Tanzanie où la nouvelle réglementation sur les communications électroniques, adoptée en mars 2018, a imposé aux blogueurs le paiement 100&nbsp;000 shillings (44 dollars US) pour demander une licence de service de contenus en ligne, valable trois ans. A cela s’ajoutent 1&nbsp;000&nbsp;000 shillings (442 dollars US) pour les frais initiaux de licence, 1&nbsp;000&nbsp;000 shillings pour les frais de licence annuelle. Soit près de 900 dollars US. Après trois ans, le blogueur qui voudra renouveler sa licence, devra débourser 1&nbsp;000&nbsp;000 shillings.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/3mobiles.jpg" alt="3mobiles" width="500" height="213" /></p>
<p class="legende">Pour Yoweri Museveni, la taxe sur les réseaux sociaux est «&nbsp;la contribution des mauvaises langues au développement du pays&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Pour les promoteurs de web télé, ils doivent payer 50&nbsp;000 shillings (22,10 dollars US) pour demander une licence valable trois ans. A cela s’ajoutent 200&nbsp;000 shillings (88,43 dollars US) pour les frais initiaux de licence, 200&nbsp;000 shillings pour les frais de licence annuelle. Soit près de 200 dollars US. Après trois ans, le promoteur qui voudra renouveler sa licence devra débourser 200&nbsp;000 shillings. Ce sont les mêmes montants pour les promoteurs de web radio. En plus de ces frais financiers, la nouvelle réglementation sur les communications électroniques accorde à l’Autorité de régulation des communications (TCRA) le pouvoir de suppression en ligne de «&nbsp;contenus interdits&nbsp;» sans aucun contrôle d'un organe judiciaire indépendant et impartial.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Lois restrictives</strong></p>
<p class="texte">De plus en plus subtils dans leur approche répressive, les gouvernements africains délaissent peu à peu les tactiques brutales comme le blocage d’Internet et des médias sociaux jugées trop voyantes, pour des approches plus fines, plus «<em>légales</em>». Dans son rapport 2018 sur les droits numériques en Afrique, Paradigm Initiative révèle que «&nbsp;la répression des droits numériques et les violations à travers le continent ont revêtu une nouvelle dimension juridique et sophistiquée. Sur tout le continent, une tendance est apparue, où les dictateurs et les régimes répressifs adoptent rapidement la tactique dite de «<em>&nbsp;l'Etat de droit</em>&nbsp;» pour faire taire la dissidence, la mobilisation des citoyens et le discours civil en ligne. La tactique de «&nbsp;l'Etat de droit&nbsp;» est, selon l’organisation, «<em>&nbsp;une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l'espace pour la liberté d'expression, la vie privée, la liberté de réunion et d'association et d'autres droits numériques en ligne</em>&nbsp;».</p>
<p class="exergue">La tactique de «<em>&nbsp;l'Etat de droit&nbsp;» est, selon l’organisation, «&nbsp;une utilisation cynique de lois et de la politique pour légitimer des actions qui restreignent l'espace pour la liberté d'expression, la vie privée, la liberté de réunion et d'association et d'autres droits numériques en ligne&nbsp;»</em>.</p>
<p class="texte">La Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie en Afrique orientale et australe; l’Egypte et le Maroc en Afrique du Nord; le Bénin et le Togo en Afrique de l'Ouest, sont quelques-uns des pays qui ont déjà adopté ces lois et politiques. Le Cameroun, lui, n'a pas encore de loi spécifique sur les médias sociaux et Internet mais les autorités s’inspirent parfois de plusieurs lois pour justifier la restriction des libertés sur Internet. C’est parfois le cas avec la loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité ou encore la loi n° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme qui comprennent la publication de fausses informations.</p>
<p class="texte">Pour l’Unesco, toutes ces&nbsp; perturbations affectent&nbsp; l’accessibilité&nbsp; de&nbsp; l’information&nbsp; ou&nbsp; sa&nbsp; diffusion, entravent les processus politiques, limitent les manifestations politiques et empêchent les&nbsp; défenseurs&nbsp; des&nbsp; droits&nbsp; de&nbsp; l’homme&nbsp; de&nbsp; rendre&nbsp; compte&nbsp; des&nbsp; abus&nbsp; commis&nbsp; par&nbsp; les&nbsp; forces&nbsp; de&nbsp; sécurité.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Muriel Edjo</strong></em></p>
<p>&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/muriel-edjo.png" alt="muriel edjo" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Thu, 24 Oct 2019 17:14:54 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Les contrôles phytosanitaires, une menace permanente pour les exportations agricoles africaines</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/1510-70116-les-controles-phytosanitaires-une-menace-permanente-pour-les-exportations-agricoles-africaines</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Alors que ces dernières décennies ont vu l’explosion du commerce international des produits agricoles grâce au relâchement des tarifs douaniers, certains goulots d’étranglement freinent toujours la progression des échanges du continent avec le reste du monde. Parmi ceux-ci, figurent les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS). Ces mesures sont devenues au fil des années, le nouveau chemin de croix de nombreux exportateurs sur le continent africain.</strong></em></p>
<p class="texte">D’après l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les mesures phytosanitaires et sanitaires (SPS) sont des dispositions qui touchent notamment à la qualité, à l’hygiène et au processus de production des denrées agricoles. Elles peuvent aussi concerner l’évaluation de la conformité des produits agricoles, notamment les tests, l’inspection, la certification et la traçabilité.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191015/1-controle.png" alt="1 controle" width="600" height="341" /></p>
<p class="legende">Les contrôles phytosanitaires, de plus en plus fréquents et exigeants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Elles sont généralement imposées par les pays importateurs de denrées agricoles pour assurer la protection contre les risques touchant la santé des personnes et des animaux ou la préservation des végétaux.&nbsp;</p>
<p class="exergue">Elles sont généralement imposées par les pays importateurs de denrées agricoles pour assurer la protection contre les risques touchant la santé des personnes et des animaux ou la préservation des végétaux.&nbsp;</p>
<p class="texte">Un pays peut, par exemple, interdire l’importation de volailles en provenance d’une nation ou d’une région frappée par la grippe aviaire, ou exiger des mesures de quarantaine pour les produits, une semaine avant l’entrée sur son territoire pour limiter une éventuelle propagation des parasites.</p>
<p class="texte">Ayant longtemps été dans l’ombre des mesures plus classiques comme les droits de douane et les taxes, l’importance des mesures SPS s’est considérablement accrue ces dernières années. Face aux besoins des consommateurs en matière de salubrité et d’information par rapport à l’origine des aliments, les règlements encadrant les importations de denrées agroalimentaires sous forme brute ou transformée se sont renforcés. &nbsp;Ceux-ci portent entre autres sur les questions relatives à l’utilisation des pesticides et de produits chimiques, dans la production et la transformation, les contaminants microbiologiques ou les parasites agricoles (agents pathogènes et insectes).&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des mesures lourdes et complexes</strong></p>
<p class="texte">Afin d’élaborer ces normes, de nombreux pays s’alignent généralement sur les normes internationales, notamment celles fournies par le Codex Alimentarius, recueil qui garantit la sécurité des aliments en vue de leur commercialisation internationale. Toutefois, dans la pratique, les stratégies et les exigences spécifiques peuvent varier d’une région à une autre voire d’un pays à l’autre. &nbsp;«<em>&nbsp;L’approche de l’Union européenne est basée sur le principe de précaution, c’est-à-dire que la charge de la preuve pour la sécurité des denrées alimentaires incombe à celui qui propose les produits sur le marché. Cela contraste avec l’approche américaine, qui autorise tous les produits sur le marché à moins que l’on ne démontre leur dangerosité&nbsp;</em>», indique le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA).</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Cela contraste avec l’approche américaine, qui autorise tous les produits sur le marché à moins que l’on ne démontre leur dangerosité&nbsp;»</em></p>
<p class="texte">Pour de nombreux acteurs, se conformer aux normes SPS reste un véritable parcours du combattant. Et pour cause, cela implique souvent un nombre élevé de documents à produire ainsi que des frais supplémentaires pour répondre aux exigences. «&nbsp;<em>Nos partenaires nous imposent différentes normes d’hygiène. Nous devons utiliser de l’eau potable pour arroser les plants et l’eau doit être testée par un laboratoire pour des analyses bactériennes et chimiques. Les normes sont très strictes&nbsp;</em>», confie au Centre du commerce international (ITC), un exportateur sénégalais de fruits et légumes vers l’UE.&nbsp;&nbsp;</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Nos partenaires nous imposent différentes normes d’hygiène. Nous devons utiliser de l’eau potable pour arroser les plants et l’eau doit être testée par un laboratoire.»</em></p>
<p class="texte">D’après une étude de l’institution sur les mesures non tarifaires dans divers pays d’Afrique, les entreprises l’agroalimentaire pâtissent des exigences en matière de certification imposées par les pays partenaires commerciaux. &nbsp;Cette certification, preuve de la conformité des produits à des normes et conditions, reste un véritable obstacle pour de nombreux entreprises en raison du manque d’infrastructures dans des nombreux pays.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191015/2rejet_phytosanitaire.jpg" alt="2rejet phytosanitaire" width="600" height="401" /></p>
<p class="legende">Un cargaison en provenance de République Dominicaine, bloquée et promise à l’incinération.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Dans le cas où les infrastructures existent, les procédures restent chronophages. En effet, l’obtention d’un certificat phytosanitaire implique souvent la participation de plusieurs institutions pour rassembler toute la documentation. Même quand les produits disposent d’un certificat phytosanitaire national, les partenaires commerciaux ne reconnaissent pas parfois les documents délivrés. &nbsp;«&nbsp;<em>Nous sommes très souvent confrontés à des problèmes phytosanitaires car les mangues ne sont pas souvent ou très peu traités au Mali. Une fois la marchandise en France, le certificat établit au Mali n’est pas reconnu. On paye 32 euros par palette pour la vérification et l’établissement d’un nouveau certificat&nbsp;</em>», estime pour sa part, un expéditeur de mangue vers l’UE.&nbsp;&nbsp;</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;Une fois la marchandise en France, le certificat établit au Mali n’est pas reconnu. On paye 32 euros par palette pour la vérification et l’établissement d’un nouveau certificat&nbsp;»</em></p>
<p class="texte">Dans le chapitre de la conformité des produits, les limites maximales résiduelles (LMR) et les niveaux de tolérance d’organismes nuisibles (ON) font partie des normes les plus redoutées. &nbsp;Et pour cause, elles sont parfois nettement plus rigoureuses que celles prises en compte par le Codex Alimentarius. En outre, elles contraignent les exportateurs à revoir de fond en comble tout le processus de production, voire de remonter en amont au niveau de l’acquisition des produits chimiques comme les pesticides.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191015/3-pesticides-naturels.jpg" alt="3 pesticides naturels" width="600" height="433" /></p>
<p class="legende">Les pesticides naturels, bien connus en Afrique, peuvent être utilisés en agriculture biologique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Au niveau du Royaume-Uni par exemple, les échantillonnages aux points d’entrées se sont accrues ces 5 dernières années, «&nbsp;<em>entraînant des coûts de laboratoire tellement élevés par unité de volume que les exportations en deviennent non viables d’un point de vue commercial&nbsp;</em>», souligne le CTA.</p>
<p class="exergue">La règle des «&nbsp;<em>cinq avertissements</em>&nbsp;» de l’UE stipule qu’après cinq interceptions de produits infectés par les services d’inspection, une interdiction d’importation spécifique à un pays peut être introduite.&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>
<p class="texte">Pour les acteurs qui ne se conforment pas à ces normes, la menace pour les exportations est réelle. Au mieux, les entreprises s’en sortent avec des interceptions aux points d’entrée. Au pire, elles peuvent essuyer des refus à l’exportation en vertu de la règle des «<em> cinq avertissements</em>&nbsp;» de l’UE. &nbsp;Celle-ci stipule qu’après cinq interceptions de produits infectés par les services d’inspection, une interdiction d’importation spécifique à un pays peut être introduite.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>D’importantes pertes d’opportunités commerciales</strong></p>
<p class="texte">De nombreux pays africains ont souffert ces dernières années des mesures SPS, soit en terme de pertes de recettes, soit en matière de coût d’adaptation. Le Ghana a été notamment interdit d’accès au marché européen pour ses fruits et légumes ente 2015 et 2017 après la détection d’organismes nuisibles dans des cargaisons. Cette restriction des exportations a freiné l’industrie horticole qui enregistrait alors une croissance de 10&nbsp;% par an. D’après les estimations du gouvernement ghanéen, cet épisode a coûté 36 millions&nbsp;$ à l’industrie horticole.</p>
<p class="texte">Du côté de l’Afrique du Sud, le Département américain de l’agriculture (USDA) estime que la filière agrumes doit supporter un coût supplémentaire de&nbsp;1,8 milliard de rands (129 millions&nbsp;$) pour que ses exportations répondent aux exigences de l’UE sur la maladie des taches noires (CBS). Ce montant représente près d’un quart des recettes tirées annuellement par la Nation arc-en-ciel de ses exportations d’agrumes vers le vieux continent (7 milliards de rands).&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>
<p class="texte">&nbsp;Les mesures SPS si elles ne sont pas respectées empêchent parfois de tirer pleinement profit des privilèges accordées par les préférences comme l’AGOA et l’initiative «&nbsp;<em>Tout sauf les armes&nbsp;</em>» (TSA).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>La nécessité de s’adapter pour rester compétitif</strong></p>
<p class="texte">La conformité aux normes SPS pose de nombreux défis, aussi bien techniques que financiers pour de nombreux pays africains. Même si la diversification peut sembler une alternative aux contrôles de sécurité des denrées alimentaires de plus en plus stricts de certains marchés comme l’UE, elle reste compliquée pour de nombreux pays.</p>
<p class="texte">Ceci notamment en raison de l’intensification de la concurrence sur ces marchés mais aussi en raison des défis logistiques. En réalité, il reste difficile d’échapper aux normes SPS car elles sont sine qua non afin que les exportations puissent avoir lieu. Si de nombreux acteurs taxent ces mesures protectionnisme commercial sous un autre nom, des reformes restent inévitables pour tirer son épingle du jeu.</p>
<p class="exergue">Si de nombreux acteurs taxent ces mesures protectionnisme commercial sous un autre nom, des reformes restent inévitables pour tirer son épingle du jeu.</p>
<p class="texte">Plusieurs leviers existent pour permettre aux pays africains de répondre aux normes SPS. Certains experts préconisent notamment un renforcement de la collaboration entre le secteur privé et public. Cette collaboration peut prendre la forme de campagnes de sensibilisation sur l’importance des questions SPS et d’appui aux entreprises dans leur prise en compte, le long du processus de production.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191015/4-jus_mangue.jpg" alt="4 jus mangue" width="600" height="366" /></p>
<p class="legende">Transformer localement et s’inscrire dans la dynamique mondiale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Des pays peuvent également intégrer, dans le cadre de programmes de promotion des exportations, un regroupement de l’offre auprès des petits exportateurs afin de minimiser les coûts imposés pour les inspections. D’après l’ITC, les gouvernements peuvent également initier un cadre de concertation et de mise en cohérence des activités des diverses agences de certification.</p>
<p class="texte">Il importe en outre de dépasser une conception de l’agriculture qui envisage la production, la transformation ou le conditionnement des denrées comme des activités isolées et de s’inscrire dans la nouvelle dynamique mondiale. Celle-ci imposent notamment la nécessité aux exploitants de s’intégrer à des chaînes de valeur au sein de laquelle la traçabilité est cruciale. Cette vision peut aboutir à l’émergence d’entreprises verticalement intégrées ayant des relations d’approvisionnement direct aux détaillants et diffusant des exigences à l’ensemble de leurs fournisseurs.</p>
<p class="exergue">Cette vision peut aboutir à l’émergence d’entreprises verticalement intégrées ayant des relations d’approvisionnement direct aux détaillants et diffusant des exigences à l’ensemble de leurs fournisseurs.</p>
<p class="texte">Une autre piste est la collaboration régionale, dans le cas où des contraintes rencontrées sont régionales. Un exemple de ce type de collaboration est illustré dans le cas de la mouche des fruits qui affecte la filière mangue en Afrique de l’Ouest. Les pays affectés de la région ont notamment lancé, avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD) et de l’UE, un projet régional de lutte et de contrôle de l’insecte.&nbsp; Appliquée depuis 2014, cette initiative d’un coût de 23,5 millions d’euros a notamment permis au Burkina Faso, d’améliorer ses exportations du fruit.&nbsp; Le pays, second exportateur de la région a vu ses expéditions de fruits plus que doublé en 2018, à 200&nbsp;000 tonnes avec une réduction sensible des interceptions de ces cargaisons.&nbsp;&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Espoir Olodo</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png" alt="Espoir Olodo" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Tue, 15 Oct 2019 12:41:15 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>La désescalade de l’économie zambienne, depuis que le pays est dirigé par Edgar Lungu</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1010-69985-la-desescalade-de-l-economie-zambienne-depuis-que-le-pays-est-dirige-par-edgar-lungu</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1010-69985-la-desescalade-de-l-economie-zambienne-depuis-que-le-pays-est-dirige-par-edgar-lungu</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>En l’espace de quatre années, quatre personnalités se sont succédées à la tête du ministère des Finances de la république zambienne. Cette situation inhabituelle, dans ce pays dirigé depuis 2015 par Edgar Lungu, fait écho aux difficultés que traverse l’économie d’Afrique australe depuis quelques années. Entre dette cachée, sécheresse et tensions dans l’industrie minière, de gros nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la Zambie…</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un secteur agricole en danger</strong></p>
<p class="texte">En Zambie, l’agriculture, qui compte pour environ 20% du produit intérieur brut (PIB), d’après les chiffres du Fonds international pour le développement agricole, occupe une place centrale dans l’économie. Elle emploie plus de 50% de la main-d’œuvre du pays et est largement dominée par la culture du maïs qui, en plus de permettre au pays d’être autosuffisant, représente un de ses principaux produits d’exportation. Malheureusement, ce secteur sensible de l’économie zambienne est touché depuis quelques années par une crise de sécheresse qui a affecté les rendements agricoles du pays. D’après les experts, il s’agit de la pire sécheresse enregistrée par le pays depuis 1981.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191007/1maize_farming_zambia.jpg" alt="1maize farming zambia" width="500" height="323" />&nbsp;</p>
<p class="legende">15% de la population menacée d’insécurité alimentaire.</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<p class="texte">Depuis 2016, cette sécheresse amplifiée par le phénomène climatique El Niño a alimenté les inquiétudes quant à la survenue d’une crise alimentaire dans le pays d’Afrique australe. Selon un rapport publié en juillet dernier par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), 2,3 millions de Zambiens feront face à l’insécurité alimentaire, d’ici mars 2020, si la situation ne s’améliore pas. Ce chiffre représente un peu moins de 15% de la population totale du pays.</p>
<p class="exergue">En mai 2018, le gouvernement annonçait que la production nationale de maïs pour la saison 2017-2018 connaîtrait une chute de 34% à 2,9 millions de tonnes, contre 3,61 millions de tonnes, lors de la précédente saison.</p>
<p class="texte">Si le gouvernement continue d'affirmer que la situation est sous contrôle, les impacts de cette sécheresse commencent à se faire sentir. En mai 2018, le gouvernement annonçait que la production nationale de maïs pour la saison 2017-2018 connaîtrait une chute de 34% à 2,9 millions de tonnes, contre 3,61 millions de tonnes, lors de la précédente saison. D’après le rapport de la SADC, le pays a actuellement un déficit céréalier de 880&nbsp;000 tonnes.</p>
<p class="texte">Cette situation a poussé le gouvernement à suspendre ses exportations agricoles, privant ainsi le pays de plusieurs millions de dollars de devises étrangères. Dans le même temps, le prix du maïs, principal aliment de base en Zambie, a atteint son plus haut niveau depuis 2003, selon l’Agence nationale zambienne des statistiques. En juillet dernier, les prix étaient supérieurs de 41&nbsp;% aux niveaux enregistrés à la même période en 2018, portés par un taux d’inflation de 8,8&nbsp;%. Une situation contraignante pour une population dont le taux de pauvreté oscille autour des 60%, alors même que la monnaie nationale, le kwacha, ne cesse de se déprécier face au dollar.</p>
<p>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Une dette à haut risque</strong></p>
<p class="texte">Dans cet environnement économique tendu, marqué par la menace de plus en plus pesante d’une crise alimentaire, le pays doit également faire face à de nouvelles contraintes, relatives cette fois-ci à ses finances publiques. Avec un produit intérieur brut (PIB) estimé à 25,8 milliards&nbsp;$ en 2017, la Zambie a enregistré ces dernières années une hausse de sa dette.</p>
<p class="texte">Sur les dernières années, le pays a en effet massivement emprunté des capitaux sur les marchés pour financer ses projets d’infrastructures. Cette dynamique a quintuplé sa dette extérieure qui est passée de 2 milliards&nbsp;$ en 2011 (d’après des chiffres relayés par le Chr Michelsen Institute) à plus de 10 milliards&nbsp;$, à la fin de l’année 2018.</p>
<p class="exergue">Cette dynamique a quintuplé sa dette extérieure qui est passée de 2 milliards&nbsp;$ en 2011 à plus de 10 milliards&nbsp;$, à la fin de l’année 2018.</p>
<p class="texte">Toutefois, cette dette alimentée par les prêts du gouvernement chinois, et l’émission d’eurobonds (3 milliards&nbsp;$ émis entre 2012 et 2015) a fait l’objet, ces derniers mois, de nombreuses controverses. Plusieurs analystes accusent en effet Lusaka de cacher le vrai montant de sa dette qui serait en réalité, beaucoup plus élevée. «&nbsp;<em>Le problème des prêts cachés, à notre avis, est probablement celui de la dette extérieure à court terme, qui est au moins aussi importante que les prêts et les obligations extérieures connus combinés&nbsp;</em>», soulignait à cet effet Peter Attard Montalto, responsable de la division Europe, Moyen-Orient et Afrique à Nomura International.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191007/2Lungu-edgar.jpg" alt="2Lungu edgar" width="600" height="350" /></p>
<p class="legende">Un risque élevé de surendettement qui s’accompagne de mesures drastiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">D’après le FMI, «<em>&nbsp;la somme de la dette publique et de la dette garantie par l'Etat, y compris les arriérés sur les emprunts intérieurs, à la fin de 2018, était de 73,1&nbsp;% du PIB</em>&nbsp;», ce qui met le pays en situation de risque élevé de surendettement.</p>
<p class="texte">Cette situation a poussé Lusaka à annoncer des mesures drastiques pour se sortir du problème. Des mesures d’austérité, telles que la réduction des dépenses de l’Etat ou encore la suspension des emprunts et de nombreux projets, ont été accompagnés de mesures d’annulation de dettes de la part de la Chine, l’un des principaux créanciers du pays.</p>
<p class="texte">Si ces premières décisions ont été assez bien accueillies, celles concernant le secteur minier, principale source de devises, ont&nbsp; soulevé de vives tensions dans la nation d’Afrique australe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un bras de fer avec l’industrie minière</strong></p>
<p class="texte">Le secteur minier, dont les productions fournissent au pays près de 80% de ses recettes d’exportations, est probablement celui qui subit le plus les affres de l’insoutenable dette zambienne. Le pays, second producteur africain de cuivre, derrière la République démocratique du Congo (RDC) accueille sur son sol de grandes compagnies minières comme Glencore, First Quantum ou encore Vedanta Resources.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191007/3zambia-mining-truckjpg.jpg" alt="3zambia mining truckjpg" width="600" height="334" /></p>
<p class="legende">Une économie très dépendante des grandes compagnies minières.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En effet, dès les premiers signes de fragilisation affichés par les finances publiques zambiennes, l’Etat a décidé de mettre ces multinationales à contribution pour renflouer ses caisses. Dès septembre 2018, l’ex-ministre des Finances, Margaret Mwanakatwe, avait annoncé que son gouvernement introduirait de nouveaux droits miniers et augmenterait les redevances. L’ancienne responsable avait également indiqué que le gouvernement prévoyait d’augmenter de 1,5 point de pourcentage l’échelle variable des redevances de 4&nbsp;% à 9&nbsp;%, et d’introduire une nouvelle taxe de 10% quand le prix du cuivre dépasserait les 7500&nbsp;$ la tonne. Cette échelle est ajustée de manière que les redevances versées à l’Etat soient plus élevées à mesure que les prix des produits de base grimpent, et réduites, si ceux-ci baissent. Une mesure qui devait être suivie d’un nouveau droit à l'exportation de 15&nbsp;% sur les métaux précieux, y compris l'or et les pierres précieuses et d’une taxe sur la vente, en remplacement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).</p>
<p class="texte">Pour le gouvernement, l’objectif est tout simple. Taxer les grandes entreprises qui exploitent les gigantesques ressources du sous-sol du pays permettra d’augmenter ses recettes qui permettront, à leur tour, de rembourser la dette et de réduire le déficit budgétaire à 6,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2019 contre 7,4% en 2018.</p>
<p class="texte">«<em>&nbsp;Nous devons enregistrer un flux amélioré et régulier de revenus miniers, proportionnel à l’envergure des extractions&nbsp;</em>», s’était alors justifiée Margaret Mwanakatwe devant le parlement.</p>
<p class="texte">Hélas, la pilule n'est pas passée et les grandes multinationales n’ont pas manqué de signifier leur mécontentement à l’exécutif.</p>
<p class="texte">Pour la chambre zambienne des mines, les plans du gouvernement pourraient ruiner l’économie, car plusieurs mines deviendraient non rentables, ce qui entrainerait la baisse de la production globale de cuivre. Autre impact de cette mesure, l’association qui représente l’industrie minière indique que les augmentations de taxes minières pourraient entrainer la perte de plus de 21&nbsp;000 emplois et la réduction de 500 millions de dollars des dépenses d'investissement au cours des trois prochaines années.&nbsp;</p>
<p class="exergue">L’association qui représente l’industrie minière indique que les augmentations de taxes minières pourraient entrainer la perte de plus de 21&nbsp;000 emplois et la réduction de 500 millions de dollars des dépenses d'investissement au cours des trois prochaines années.&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Nos membres continuent d'examiner leurs opérations et envisagent de restreindre considérablement leurs activités tout en réduisant également les dépenses en capitaux de plus d'un demi-milliard de dollars, au cours des trois prochaines années. Il en résulterait 7000 suppressions d’emplois directs et plus du double pour les emplois indirects&nbsp;</em>», avait déclaré l’institution.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191007/4STEPHEN-KAMPYONGO-Pretoria-2017.jpg" alt="4STEPHEN KAMPYONGO Pretoria 2017" width="500" height="313" />&nbsp;</p>
<p class="legende">«&nbsp;Ils réduisent les effectifs des travailleurs locaux, nous renvoyons aussi une partie des travailleurs étrangers.&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Pour le gouvernement zambien, cet argument n’est rien d’autre qu’une menace à peine voilée de l’industrie minière pour&nbsp;«&nbsp;<em>tordre le bras</em>&nbsp;» aux réformes fiscales proposées pour le secteur. Si les autorités craignent en effet de voir grimper le taux de chômage du pays qui s’est progressivement réduit au fil des ans pour atteindre environ 7,21% de la population active, il n’est pas question de se laisser mener par le bout du nez. Ainsi, fin 2018, le ministre de l’Intérieur Stephen Kampyongo annonce l’intention du gouvernement d'annuler les permis de travail de certains travailleurs étrangers dans les mines.</p>
<p class="texte">«&nbsp;<em>Ils réduisent les effectifs des travailleurs locaux, nous renvoyons aussi une partie des travailleurs étrangers. Et nous décidons qui renvoyer</em>&nbsp;», s’était-il justifié devant les journalistes. Avant d’ajouter&nbsp;: «&nbsp;<em>Ce qui nous déplaît, c'est ce genre d'approche contraignante, où on pense que dès qu'on menace de réduire les effectifs des travailleurs, on sait ce qui se passera&nbsp;: que les gens commenceront à s'élever contre le gouvernement. Nous n’allons pas accepter cela&nbsp;</em>».</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;On pense que dès qu'on menace de réduire les effectifs des travailleurs, on sait ce qui se passera&nbsp;: que les gens commenceront à s'élever contre le gouvernement. Nous n’allons pas accepter cela&nbsp;».</em></p>
<p class="texte">Ainsi, pendant plusieurs mois, le secteur minier a fait l’objet d’un intense bras de fer entre un gouvernement acculé par la dette, les déficits budgétaires, les pressions des bailleurs de fonds internationaux et des entreprises, prêtes à suspendre leurs opérations pour sauvegarder leurs revenus. Fin septembre, le gouvernement finit par annoncer l’abandon de son projet de taxe sur la vente, quelques mois après le limogeage de la ministre Mwanakatwe. Un retour en arrière perçu comme une première victoire pour l’industrie minière dans son bras de fer avec l’exécutif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des perspectives de plus en plus sombres</strong></p>
<p class="texte">Pendant ce temps, le gouvernement semble être à court de solutions pour régler sa crise. Le déficit budgétaire se creuse, et aux problèmes de dette et de sécheresse, s’ajoute une nouvelle crise énergétique. La Zambie a actuellement un déficit d'électricité d'environ 750 mégawatts (MW) et rationne l'approvisionnement en électricité, en raison de la diminution de la production nationale, après la baisse des niveaux d'eau dans les barrages hydroélectriques du pays.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191007/5-Kariba-Dam-wall.jpg" alt="5 Kariba Dam wall" width="550" height="400" /></p>
<p class="legende">Le faible niveau d’eau des barrages induit un grave déficit d’énergie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Si le gouvernement a annoncé être en pourparlers avec l’Afrique du Sud pour pouvoir importer 300 MW d’électricité, on s’attend à une hausse de son coût pour les populations et les entreprises, dans un pays qui a longtemps pratiqué un tarif électrique en dessous du coût de production, grâce à un mécanisme de subvention.</p>
<p class="texte">Le pays qui, pendant la décennie 2004-2014, enregistrait une croissance annuelle de 7,4% a été obligé de réduire de moitié ses perspectives de croissance, passant de 4% à 2% pour l’année 2019.</p>
<p class="exergue">Le pays qui, pendant la décennie 2004-2014, enregistrait une croissance annuelle de 7,4% a été obligé de réduire de moitié ses perspectives de croissance, passant de 4% à 2% pour l’année 2019.</p>
<p class="texte">Pour éviter d’alourdir le fardeau de sa dette, Lusaka a d’ailleurs dû retarder une aide de 2,6 milliards&nbsp;$ qu’il avait obtenue du Fonds monétaire international (FMI), l’année dernière. Au premier semestre 2019, la production de cuivre zambienne a baissé de 4&nbsp;% en glissement annuel à 393&nbsp;419 tonnes, et pour la Chambre des mines, la production annuelle pourrait être inférieure de 100&nbsp;000 tonnes à celle de l’année passée, en raison des changements apportés en début d’année aux taxes minières.</p>
<p class="texte">Avec des réserves de change qui fondent (1,57 milliard&nbsp;$ à fin septembre 2018, soit le plus bas niveau en 10 ans), contribuant à une érosion du kwacha, et à moins de trouver une solution durable aux tensions avec l’industrie minière, le pays pourrait être confronté à un dilemme cornélien au cours des prochaines années en cas de persistance de la crise&nbsp;: importer des denrées alimentaires ou rembourser sa dette.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Moutiou&nbsp; Adjibi Nourou</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 12:22:59 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Seuls une dizaine de pays africains ont pris la mesure du potentiel du numérique dans le développement agricole</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/0310-69779-seuls-une-dizaine-de-pays-africains-ont-pris-la-mesure-du-potentiel-du-numerique-dans-le-developpement-agricole</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><strong><em>Depuis 2012, l’adoption des solutions numériques dans le secteur de l’agriculture s’est accélérée. Grâce aux TIC, petits et grands exploitants agricoles ont amélioré leur productivité, rentabilité et résilience au changement climatique. Cependant, l’adoption de l’agriculture numérique en Afrique n’a pas encore atteint le seuil qui lui permettrait de révéler son véritable potentiel. Celui de nourrir une population croissante et de générer des richesses conséquentes pour le développement du continent.</em></strong></p>
<p class="texte">Dans son rapport sur la numérisation de l’agriculture africaine 2018–2019, le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA), institution conjointe du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), née des accords de Cotonou du 23 juin 2000 et financée par l’Union Européenne, révèle que l’adoption de l’agriculture numérique progresse en Afrique. Alors qu’il n’existait que 41 solutions numériques agricoles en 2012, le nombre est passé à 390 en 2019. 60% de ces solutions ont été mises en service au cours des trois dernières années alors que près de 20&nbsp;% d’entre elles l’ont été depuis 2018.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191002/1ConseilAgricole-Riz-BurkinaFaso.jpg" alt="1ConseilAgricole Riz BurkinaFaso" width="500" height="375" /></p>
<p class="legende">D’ici 2030, 200 millions d’agriculteurs africains devraient utiliser des solutions numériques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Ces solutions réparties en cinq grandes catégories: services de conseil, informations de marché, accès aux services financiers, gestion de la chaîne d’approvisionnement et macro intelligence agricole, ont déjà séduits 33 millions de petits agriculteurs et pasteurs et contribué à une augmentation de leur productivité et de leurs revenus.</p>
<p class="exergue">Ces solutions réparties en cinq grandes catégories: services de conseil, informations de marché, accès aux services financiers, gestion de la chaîne d’approvisionnement et macro intelligence agricole, ont déjà séduits 33 millions de petits agriculteurs et pasteurs.</p>
<p class="texte">D’ici 2030, le rapport estime que le nombre d’agriculteurs séduits par les solutions numériques agricoles pourrait même atteindre les 200 millions pour un rendement agricole et financier encore plus important à l’échelle continentale. Mais pour Michael Hailu, le directeur du CTA, bien que ces données positives démontrent l’intérêt grandissant de l’Afrique pour l’agriculture numérique, elles sont cependant loin de refléter le vrai potentiel de l’agriculture numérique en Afrique du fait d’absence d’investissements appropriés, aussi bien des gouvernements que du secteur privé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Numériser davantage</strong></p>
<p class="texte">Le rapport indique que le secteur privé se montre encore prudent pour ce qui est de l’investissement dans le développement de l’agriculture 2.0 en Afrique. Encore subjugué par le segment des services financiers, du e-commerce, de la formation, il n’y a investi que 47 millions d’euros en 2018. Soit entre 3&nbsp;% et 6&nbsp;% de l’investissement total du secteur privé dans les start-ups africaines de nouvelles technologies. Les&nbsp; bailleurs de fonds internationaux, eux, ont investi 173 millions de dollars US alors que les gouvernements tâtonnent.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191002/2farmcrowdy-app-in-use-.jpg" alt="2farmcrowdy app in use " width="500" height="325" /></p>
<p class="legende">Les investissements dans l’agriculture 2.0 sont encore marginaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Malgré ces sommes jugées «&nbsp;<em>modiques</em>&nbsp;», certains pays semblent bien décidés à faire des TIC un pilier de leur transformation économique. C’est le cas du Kenya, du Nigeria, du Ghana, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud, du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Rwanda ou encore de la Tanzanie qui représentent le top 10 des pays les plus impliqués dans l’agriculture numérique.</p>
<p class="exergue">Certains pays semblent bien décidés à faire des TIC un pilier de leur transformation économique. C’est le cas du Kenya, du Nigeria, du Ghana, de l’Ouganda, de l’Afrique du Sud, du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Rwanda ou encore de la Tanzanie</p>
<p class="texte">Tous, comme chacune des 54 nations que compte le continent, ont fait du développement de l’agriculture une priorité pour relever les défis de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, du changement climatique et de la croissance socioéconomique. Cependant, la majorité s’est focalisée sur la mécanisation alors que la numérisation reste encore une option. Une erreur stratégique selon le rapport qui estime que l’Afrique devrait s’empresser d’implémenter toutes les solutions à sa portée si elle ne veut pas continuer à subir les crises alimentaires dans les prochaines années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>La faim guette</strong></p>
<p class="texte">D’après les Nations Unies, la population du continent&nbsp;africain&nbsp;s'accroît rapidement. Estimée à 140 millions en 1900, elle atteignait déjà un milliard d'habitants en 2010 et devrait atteindre les 2,5 milliards en 2050. Alors que cette masse d’individus continue de grimper de manière vertigineuse, les ressources alimentaires indispensables à sa survie ne suivent pas le même rythme.</p>
<p class="exergue">La proportion des personnes sous-alimentées sur le continent, qui était de 175,7 millions entre 1990 et 1992, a grimpé à 256,1 millions entre 2016 et 2018.</p>
<p class="texte">L’Afrique devra en effet doubler, voire même tripler, ses niveaux actuels de productivité agricole pour répondre à la demande alimentaire.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191002/3drone.jpg" alt="3drone" width="500" height="207" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Tout le monde sera gagnant&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Selon la FAO, dans son rapport 2019 sur «<em>&nbsp;L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde&nbsp;</em>», la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou grave en Afrique n’a pas cessé de croître. De 47,6% en 2014, elle est passée à 52,5% en 2018. La proportion des personnes sous-alimentées sur le continent, qui était de 175,7 millions entre 1990 et 1992, a grimpé à 256,1 millions entre 2016 et 2018. Pour Michael Hailu affirme, «&nbsp;<em>si nous tirons les enseignements, travaillons bien, gérons les risques et veillons au contrôle des données, à l’inclusivité, à la durabilité, tout le monde sera gagnant&nbsp;».</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Muriel Edjo</strong></em></p>
<p>&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/muriel-edjo.png" alt="muriel edjo" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Thu, 03 Oct 2019 18:40:20 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>La contrebande agricole : un commerce de l’ombre qui coûte cher à l’Afrique de l’Ouest</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2709-69596-la-contrebande-agricole-un-commerce-de-l-ombre-qui-coute-cher-a-l-afrique-de-l-ouest</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/hebdop1/2709-69596-la-contrebande-agricole-un-commerce-de-l-ombre-qui-coute-cher-a-l-afrique-de-l-ouest</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><strong><em>Chaque année, des milliers de tonnes de produits agricoles passent illégalement les frontières, à l’insu des autorités douanières des pays ouest-africains. Profitant de la porosité des limites territoriales et parfois des failles dans les politiques étatiques, le phénomène reste un véritable casse-tête.</em></strong></p>
<p class="texte">La contrebande agricole peut être considérée comme toute activité illégale d’échange de produits culturaux, dans le dessein d’échapper aux taxes ou impôts aux postes-frontières ou douanes. Alors que la contrebande agricole est assimilée au commerce transfrontalier informel dans certaines études, il convient de faire une nuance selon le Centre international pour le commerce et le développement durable&nbsp;(ICTSD).</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190923/1cacao_CI_Ghana.jpg" alt="1cacao CI Ghana" width="515" height="336" /></p>
<p class="legende">En général, la contrebande agricole prend la forme d’un commerce de réexportation de produits agricoles.</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<p class="texte">En effet, contrairement aux contrebandiers, les acteurs du commerce transfrontalier informel échangent des biens de valeur modeste souvent faible, en raison de contraintes comme le manque d’efficacité des circuits de commercialisation et de distribution.</p>
<p class="exergue">Contrairement aux contrebandiers, les acteurs du commerce transfrontalier informel échangent des biens de valeur modeste souvent faible, en raison de contraintes comme le manque d’efficacité des circuits de commercialisation et de distribution.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Ils ne sont pas forcément enregistrés officiellement en tant que chefs d’entreprise, mais dans la plupart des cas ne cherchent pas pour autant à contourner la législation, la fiscalité ou les procédures applicables&nbsp;</em>», indique l’organisation. &nbsp;</p>
<p class="texte">En général, la contrebande agricole prend la forme d’un commerce de réexportation de produits agricoles. <em>«&nbsp;Elle permet d’importer formellement des biens dans un pays à faibles droits de douane ou à un faible coût, dans l’intention de les transborder clandestinement dans un autre pays voisin appliquant des taxes élevées, des taxes d’importation restrictives ou des services de facilitation des échanges coûteux&nbsp;»</em>, indique la Banque mondiale dans une étude publiée en 2014. &nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un manque à gagner réel</strong></p>
<p class="texte">S’il reste difficile d’intégrer les flux de contrebande aux systèmes d’information statistique officielle, il n’en reste pas moins une activité lucrative pour les opérateurs.</p>
<p class="texte">Dans la région ouest-africaine, l’un des pays les plus touchés reste la Côte d’Ivoire. Son statut de premier producteur de cultures de rente comme le cacao et l’anacarde en fait un marché de choix pour de nombreux contrebandiers.</p>
<p class="exergue">Dans la région ouest-africaine, l’un des pays les plus touchés reste la Côte d’Ivoire. Son statut de premier producteur de cultures de rente comme le cacao et l’anacarde en fait un marché de choix pour de nombreux contrebandiers.</p>
<p class="texte">Dans le cas du cacao, un flux important non déclaré traverse, chaque année, les frontières du pays vers ses voisins comme le Ghana, alors même que les deux pays n’autorisent l’exportation de fèves que par voie maritime. D’après les estimations des autorités ivoiriennes, sur une récolte de cacao de 1,47 million de tonnes en 2011/2012, un volume de 153&nbsp;000 tonnes a été écoulé en contrebande. Ce stock représentait alors un manque à gagner d’environ 400 millions&nbsp;$ pour le segment d’exportation et 76 millions&nbsp;$ de recettes fiscales pour le gouvernement.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190923/2Cacao_saisi22.jpg" alt="2Cacao saisi22" width="600" height="400" /></p>
<p class="legende">Plus de 10% des récoltes écoulées en contrebande.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Loin d’être l’apanage d’acteurs disparates, ce commerce est structuré au sein de réseaux pouvant s’étendre et mener des opérations à grande échelle. Selon le rapport d’un Groupe d’experts de l’ONU datant de 2013, la contrebande se fait ainsi, non seulement à travers des villes de l’est, comme Niablé et Agbengourou, mais étend aussi son périmètre d’action jusqu’à l’ouest, dans des villes comme Daloa, Séguéla ou Duékoué.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;La plus grande partie du cacao est convoyée dans des camions de capacité moyenne de 5 tonnes qui transitent dès la nuit tombante. Habituellement, les trafiquants envoient par avance des groupes de motocyclistes pour scruter l’horizon&nbsp;</em>», souligne le document.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;La plus grande partie du cacao est convoyée dans des camions de capacité moyenne de 5 tonnes qui transitent dès la nuit tombante. Habituellement, les trafiquants envoient par avance des groupes de motocyclistes pour scruter l’horizon&nbsp;»</em></p>
<p class="texte">Du côté de la filière anacarde, les autorités ont estimé, en 2011, les pertes fiscales à 3 millions&nbsp;$ et les recettes d’exportation de 130 millions&nbsp;$, pour un volume de 150&nbsp;000 tonnes ayant franchi illégalement les frontières.</p>
<p class="texte">Au-delà de l’aspect financier, la contrebande agricole biaise la mesure réelle des efforts déployés par les filières concernées et fausse la perception des investisseurs ou des autorités, de la performance effective de produits agricoles.</p>
<p class="exergue">Cette année, le pays annonçait des recettes de 244,5 millions&nbsp;$ grâce à l’exportation de 163&nbsp;000 tonnes de noix de cajou, alors même que le pays n’en produit que 70&nbsp;000 tonnes par an…</p>
<p class="texte">Les statistiques officielles de la filière de l’anacarde ghanéenne en 2016 en sont une parfaite illustration. Cette année, le pays annonçait des recettes de 244,5 millions&nbsp;$ grâce à l’exportation de 163&nbsp;000 tonnes de noix de cajou, alors même que le pays n’en produit que 70&nbsp;000 tonnes par an…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des causes multiples</strong></p>
<p class="texte">Si comme tout activité illicite, la contrebande agricole se joue des règles établies, son essor est aussi lié à des insuffisances au niveau des politiques intérieures ou régionales. Sur le plan intérieur, le principal moteur reste le différentiel de prix qui règne souvent entre pays pour un même produit agricole.&nbsp;&nbsp;</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190923/3trafic-cajou.jpg" alt="3trafic cajou" width="500" height="399" /></p>
<p class="legende">La contrebande agricole biaise la mesure réelle des efforts déployés par les filières.</p>
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<p class="texte">Dans le cas de la noix de cajou, alors que la Côte d’Ivoire appliquait un prix au kg de 500 FCFA, on estime qu’en 2018, la même quantité valait 900 FCFA au Burkina Faso et 1000 FCFA en Guinée-Bissau.</p>
<p class="exergue">Dans le cas de la noix de cajou, alors que la Côte d’Ivoire appliquait un prix au kg de 500 FCFA, on estime qu’en 2018, la même quantité valait 900 FCFA au Burkina Faso et 1000 FCFA en Guinée-Bissau.</p>
<p class="texte">En outre, pour le cacao, en 2017, alors que le Conseil du Café-Cacao (CCC) a opté pour une baisse du prix au niveau de l'exploitation, à environ 1300&nbsp;$ la tonne, le Ghana le maintenait à 1700&nbsp;$ la tonne.&nbsp; &nbsp;</p>
<p class="texte">A l’échelle régionale, la contrebande agricole est surtout liée à l’application de différents droits de douane entre pays membres d’une même zone économique.</p>
<p class="texte">S’agissant de l’Afrique de l’Ouest, de nombreux analystes pointent du doigt la difficulté de la mise en œuvre effective du Tarif extérieur commun (TEC) dans l’émergence d’un segment d’importation-réexportation de produits agricoles, dont le riz. &nbsp;</p>
<p class="texte">En effet, si sur le papier, la céréale importée n’est taxée qu’à 10&nbsp;% par les 15 pays de la région depuis 2015, le Nigeria, soucieux de réduire ses achats, a appliqué ces dernières années des droits de douane allant jusqu’à 60% pour protéger son marché.</p>
<p class="exergue">En effet, si sur le papier, la céréale importée n’est taxée qu’à 10&nbsp;% par les 15 pays de la région depuis 2015, le Nigeria, soucieux de réduire ses achats, a appliqué ces dernières années des droits de douane allant jusqu’à 60% pour protéger son marché.</p>
<p class="texte">Ce cadre réglementaire à géométrie variable a conduit nombre d’opérateurs à importer la céréale sur des marchés voisins plus attractifs du point de vue fiscal, avant de la réexporter vers le Nigeria. La contrebande de riz se déroulant entre ce dernier pays et le Bénin reste symptomatique de l’intensité du phénomène. Ce dernier qui abrite moins de 5&nbsp;% de la population de son voisin est devenu, en 2018, le premier importateur de riz thaïlandais.</p>
<p class="texte">Et pour cause, l’essentiel de la marchandise destinée au Nigeria débarque d’abord au Port de Cotonou avant de transiter par la frontière de Sèmè, l’une des plus importantes. Pendant ce temps, les importations officielles du Nigeria ont diminué de 95% sur les quatre dernières années, selon les données rapportées par Bloomberg. «&nbsp;<em>Le Bénin, dont les besoins nationaux sont estimés à 400&nbsp;000 tonnes de riz par an, en importe chaque année en moyenne 900&nbsp;000 tonnes et réexporte en contrebande plus de 500&nbsp;000 tonnes sur le Nigeria&nbsp;</em>», estime l’ICTSD.</p>
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<p class="texte"><strong>Pas de solution miracle</strong></p>
<p class="texte">Afin d’éradiquer le phénomène ou, à défaut, tenter d'en minimiser l'impact, certains pays de la région ont pris des mesures fortes. En mai 2018, la Côte d’Ivoire prenait une ordonnance interdisant l’achat, la vente, le stockage, l’écoulement ou la distribution sans agrément de produits comme le café, le cacao, l’hévéa, la noix de cajou et le coton.</p>
<p class="exergue">En mai 2018, la Côte d’Ivoire prenait une ordonnance interdisant l’achat, la vente, le stockage, l’écoulement ou la distribution sans agrément de produits comme le café, le cacao, l’hévéa, la noix de cajou et le coton.</p>
<p class="texte">Cette disposition prévoit une amende allant jusqu'à 50 millions FCFA, une peine d’emprisonnement de 10 ans ainsi qu’une confiscation des produits et moyens employés dans la fraude. De son côté, le Nigeria a fermé provisoirement depuis le 20 août, plusieurs points de passage frontalier avec le Bénin, avec l’objectif affiché de lutter contre la contrebande de riz. Malgré ces dispositions, de nombreux observateurs soulignent que l’éradication risque d’être une longue marche tant les intérêts particuliers sont importants.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190923/4FERKESSEDOUGOU-CAJOU-BRUTE.jpg" alt="4FERKESSEDOUGOU CAJOU BRUTE" width="500" height="310" /></p>
<p class="legende">Une amende allant jusqu'à 50 millions FCFA et une peine d’emprisonnement de 10 ans.</p>
<p class="legende">&nbsp;</p>
<p class="texte">Au-delà des mesures individuelles, dont l’efficacité pourrait être insuffisante, au regard de la gravité du phénomène, certains soulignent la nécessité d’une coordination au plan régional. Cela pourrait passer par une meilleure harmonisation des prix et des mesures tarifaires entre pays, ainsi qu’un renforcement de la coopération et de l’efficacité dans le contrôle et la gestion des frontières.</p>
<p class="texte">Pour les experts, la lutte contre la contrebande agricole dans la région reste essentielle pour récolter les fruits de l’intégration régionale et continentale, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).</p>
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<p class="texte"><em><strong>Espoir Olodo</strong></em></p>
<p>&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png" alt="Espoir Olodo" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Fri, 27 Sep 2019 13:11:18 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>En toute discrétion, la Turquie tisse son réseau diplomatique, commercial et industriel en Afrique</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/hebdop1/1809-69303-en-toute-discretion-la-turquie-tisse-son-reseau-diplomatique-commercial-et-industriel-en-afrique</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Début septembre, la compagnie turque Tosyali, un des plus grands producteurs d’acier au monde, a annoncé un nouveau grand projet industriel au Sénégal. Elle a conclu un accord avec Dakar pour créer une zone économique spéciale afin de stimuler l’activité des PME dans le pays.&nbsp; Si ce projet n’a pas fait grand bruit hors du Sénégal, il reflète bien la stratégie assez discrète, mais efficace, de la Turquie pour accroître sa présence sur le continent africain. Dans la course à la conquête de l’Afrique que mènent toutes les puissances mondiales, l’offensive turque n’a rien à envier à ses compétiteurs…</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Des chiffres qui ne trompent pas</strong></p>
<p class="texte">Depuis un peu moins de deux décennies, les relations turco-africaines se sont véritablement consolidées et cela s’observe sur plusieurs plans. Comme Tosyali avec l’Etat sénégalais, plusieurs entreprises turques ont conclu ces dernières années des contrats de plusieurs centaines de millions de dollars avec les pays africains. Un exemple marquant&nbsp;: en 2016, lorsqu’il a retiré le mandat de construction de l’aéroport Blaise Diagne à Saudi Binladin Group, le président sénégalais Macky Sall l’a confié à un consortium turc constitué des entreprises Summa et Limak.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190916/1Tosyali_mine-fer.jpg" alt="1Tosyali mine fer" width="500" height="281" />&nbsp;</p>
<p class="legende">Tosyali, un des plus grands producteurs d’acier au monde, compte tirer profit de la mine de fer sénégalaise de Falémé.</p>
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<p class="texte">En dehors du Sénégal, citons le contrat de 1,7 milliard&nbsp;$ conclu il y a quelques années par Yapi Merzkei, compagnie turque de construction, pour la ligne ferroviaire Awash-Weldiya. Selon Ruhsar Pekcan, la ministre turque du Commerce, nommée en 2018, les sociétés turques ont réalisé en Afrique plus de 1150 projets, représentant une valeur de 65 milliards&nbsp;$, sur les 15 dernières années. Sur la même période, le commerce de la Turquie avec l’Afrique a plus que sextuplé, pour atteindre 20,6 milliards de dollars.</p>
<p class="exergue">Selon Ruhsar Pekcan, la ministre turque du Commerce, les sociétés turques ont réalisé plus de 1150 projets, représentant une valeur de 65 milliards&nbsp;$, sur les 15 dernières années.</p>
<p class="texte">En dehors des investissements privés et du commerce, les relations entre Ankara et le continent africain se sont également consolidées sur le plan diplomatique. On compte aujourd’hui plus de 41 ambassades turques sur le continent (contre 12 en 2009), et Turkish Airlines propose des vols à destination de 52 villes africaines (contre 4 en 2008), plus que tout autre transporteur international.</p>
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<p class="texte"><strong>Une stratégie sobre, mais efficace</strong></p>
<p class="texte">Si elle entretient des relations plus anciennes avec l’Afrique du Nord, l’intérêt accru de la Turquie pour l’Afrique subsaharienne n’a commencé que vers la fin des années 90 et le début des années 2000. Auparavant, la politique étrangère turque n’accordait qu’une faible priorité au continent noir, les différents régimes depuis 1923 (année de la proclamation de la République turque par Atatürk) se focalisant sur le monde occidental et les voisins de la région.&nbsp;</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190916/2Akwaba.jpg" alt="2Akwaba" width="592" height="296" />&nbsp;</p>
<p class="legende">La Turquie n’a pas de passé «colonial» sur le continent, ni les avantages, ni les handicaps qui vont avec.</p>
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<p class="texte">Les initiatives turques en Afrique diffèrent de celles des BRICS, ce groupe de puissances regroupant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, mais également celle des autres puissances européennes. Contrairement à ces dernières, la Turquie n’a pas de passé «<em>colonial</em>» sur le continent, ni les avantages, ni les handicaps qui vont avec.</p>
<p class="texte">«<em>Le fait que la Turquie ait gagné son indépendance à l'égard de certaines de ces mêmes puissances inspire de la sympathie chez les pays africains</em>&nbsp;», expliquent Alexis Habiyareme et Tarik Oguzlu, dans une publication parue en 2014.</p>
<p class="texte">Depuis la mise en œuvre de sa politique d’ouverture sur l’Afrique après l’élection de M. Erdogan, la Turquie allie coopération économique, politique et humanitaire. Cette approche est vue depuis Ankara comme «<em> originale</em>&nbsp;», car différente de celles des autres puissances qui avancent leurs pions sur l’échiquier africain. Aider les pays africains à développer leurs économies tout en renforçant son propre poids à l’échelle mondiale semble être le leitmotiv de la Turquie, elle qui ne cache pas ses ambitions de devenir la 7e puissance mondiale (en parité de pouvoir d’achat), d’ici 2020.</p>
<p class="texte">«<em> L’engagement économique, politique et humanitaire turc est moins conditionné que celui de l’Union européenne. Et la Turquie est bien moins agressive que la Chine du point de vue économique</em>&nbsp;», explique, à Libération, Sinan Ülgen, directeur du centre d’études économiques et des relations internationales d’Istanbul.</p>
<p class="exergue"><em>«&nbsp;L’engagement économique, politique et humanitaire turc est moins conditionné que celui de l’Union européenne. Et la Turquie est bien moins agressive que la Chine du point de vue économique</em>&nbsp;».</p>
<p class="texte">Si on parle peu de la Turquie, sa puissance économique n’est plus à prouver. Depuis le début des années 2000, le pays a affiché un taux de croissance annuel moyen du PIB de plus de 6% sur 13 années. Son produit intérieur était de 851,1 milliards&nbsp;$ en 2017, soit plus du double du PIB du Nigeria ou de celui de l’Afrique du Sud. Membre du G20, Ankara est la première puissance du Moyen-Orient, devant l’Arabie saoudite et l’Iran.</p>
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<p class="texte"><strong>Les relations turco-africaines à la loupe…</strong></p>
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<p class="texte"><strong><em>L’assistance humanitaire</em></strong></p>
<p class="texte">L'aspiration de la Turquie à devenir un acteur plus influent dans la politique mondiale a conduit le pays à adopter une diplomatie humanitaire. Pour cela, elle a accru son engagement dans différentes régions, y compris l'Afrique, tant par l'intermédiaire des organismes gouvernementaux que des organisations de la société civile.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190916/3erdogan_tambour.jpg" alt="3erdogan tambour" width="600" height="408" /></p>
<p class="legende">La Turquie ne cache pas ses ambitions de devenir la 7e puissance mondiale (en parité de pouvoir d’achat), d’ici 2020.</p>
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<p class="texte">Selon le «<em>&nbsp;Global Humanitarian Assistance Report&nbsp;</em>» paru en 2014, la Turquie a fourni, cette année-là, 383 millions&nbsp;$ d’aides au développement aux pays d’Afrique subsaharienne, soit le tiers du budget total alloué à l’aide humanitaire. Ce chiffre est d’autant plus considérable quand on sait qu’en 2013, le pays était le troisième plus grand donateur au monde après les Etats-Unis et le Royaume-Uni.</p>
<p class="texte">Le principal organisme d’aide de la Turquie est le Tika qui accroît progressivement ses activités sur le continent. Parmi les pays africains qui bénéficient de l’aide turque, on retrouve, entre autres, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Sénégal, le Niger, le Soudan, ou encore l’Ethiopie, la Somalie, le Kenya, le Cameroun, la Namibie. Dans ces pays, le Tika développe des programmes principalement dans l’éducation, la santé et même l’agriculture.</p>
<p class="exergue">Parmi les pays africains qui bénéficient de l’aide turque, on retrouve, entre autres, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Sénégal, le Niger, le Soudan, ou encore l’Ethiopie, la Somalie, le Kenya, le Cameroun, la Namibie.</p>
<p class="texte">En Somalie, par exemple, la Turquie a massivement investi dans la lutte contre la famine, la reconstruction de &nbsp;l’aéroport de Mogadiscio, des écoles, des hôpitaux. Elle est aussi présente aux côtés de l’armée du pays qu’elle entraîne. En décembre&nbsp;2017, Ankara a obtenu du Soudan un bail de 99&nbsp;ans à Suakin, sur la mer Rouge. Selon les termes de l’accord de 4 milliards de dollars, la Turquie doit restaurer l’île et développer le port attenant.</p>
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<p class="texte"><em><strong>Les relations économiques</strong></em></p>
<p class="texte">Au-delà de l’aide humanitaire, les relations entre Ankara et l’Afrique s’étendent également à l’économie et au commerce. Les investissements turcs sur le continent ont crû ces dernières années, même s’ils demeurent moins importants que ceux des pays du BRICS.&nbsp; Selon un rapport de recherche publié en juillet 2017 par la docteure Elem Eyrice Tepeciklioğlu, de l’université de Yasar, les investissements directs de la Turquie en Afrique étaient de 6,2 milliards&nbsp;$ en 2016, contre 400 millions&nbsp;$ en 2007. De la construction aux infrastructures, en passant par l’agroalimentaire, la santé et les transports, la Turquie place ses pions dans la plupart des secteurs essentiels aux économies africaines.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190916/4Ruhsar_Pekcan.jpg" alt="4Ruhsar Pekcan" width="523" height="320" /></p>
<p class="legende">Ruhsar Pekcan&nbsp;: «&nbsp;Si suffisamment d’emplois sont créés, l’Afrique deviendra un centre de croissance mondiale»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Par exemple, au Ghana, les entreprises turques produisent 35% de l’électricité, mais investissent également des fonds dans le traitement des eaux usées et la production d’eau potable. En outre, la Turquie coopère aussi avec le Nigeria chez qui elle achète du gaz naturel et du pétrole, deux produits essentiels pour la première économie d’Afrique. Dans le secteur énergétique, des accords de coopération existent entre Ankara et d’autres pays africains, comme Djibouti, le Cameroun, le Niger, le Soudan, le Kenya, la Gambie, ou encore le Rwanda.</p>
<p class="exergue"><em>«Nous savons que le&nbsp;XXIe&nbsp;siècle sera forgé par le peuple africain. Il ne s’agit pas là d’un avenir lointain. En 2050, la population mondiale aura augmenté de 2,2 milliards de personnes. Plus de la moitié de cette augmentation se fera en Afrique.»</em></p>
<p class="texte"><em>«Nous savons que le&nbsp;XXIe&nbsp;siècle sera forgé par le peuple africain. Il ne s’agit pas là d’un avenir lointain. En 2050, la population mondiale aura augmenté de 2,2 milliards de personnes. Plus de la moitié de cette augmentation se fera en Afrique. Ces nouveaux citoyens auront besoin d’emplois. Si suffisamment d’emplois sont créés, l’Afrique deviendra un centre de croissance mondiale</em>», déclarait en 2018 la ministre turque du Commerce, à propos de la vision à long terme de son pays.</p>
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<p class="texte"><em><strong>Les échanges commerciaux</strong></em></p>
<p class="texte">Si dans les années 2000, les échanges commerciaux entre la Turquie et l’Afrique dépassaient à peine la centaine de millions de dollars, ce chiffre atteint aujourd’hui les 20 milliards&nbsp;$. Cette importante hausse est due, d’un côté, à la demande en biens de consommation des nouvelles classes moyennes africaines, et de l’autre à l’appétit grandissant d’Ankara en matières premières, notamment le pétrole, le gaz ou encore les minerais.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20190916/5turquie_cedeao.png" alt="5turquie cedeao" width="600" height="338" /></p>
<p class="legende">Février 2018&nbsp;: le Sommet Turquie Cédéao.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Sur le plan de l’exportation, les principaux partenaires de la Turquie sur le continent sont les nations du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte), ainsi que certains pays d’Afrique subsaharienne comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Éthiopie, le Soudan. Dans le même temps, les importations turques en provenance d’Afrique viennent de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Maroc, de l’Algérie, ou encore de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la RDC.</p>
<p class="texte">Une chose semble évidente aujourd’hui, la Turquie est l’une des principales forces actives en Afrique, et elle n’a pas grand-chose à envier à ses rivaux sur le continent. Si les relations entre les deux parties se sont considérablement consolidées ces dernières années, Ankara compte poursuivre son offensive discrète. Erdogan multiplie les rencontres diplomatiques avec les gouvernements africains, ainsi que les sommets de discussion avec les principaux groupes économiques du continent où il est question de «<em>partenariat gagnant-gagnant».</em></p>
<p class="texte">L’objectif que vise le pays à court terme, d’ici 2022, est d’augmenter à 100 milliards&nbsp;$ ses échanges commerciaux avec le continent.</p>
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<p class="texte"><em><strong>Louis-Nino Kansoun</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/kansoum.jpg" alt="kansoum" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>nkhady@agenceecofin.com (Ndeye Khady Gueye)</author>
			<category>HebdoP1</category>
			<pubDate>Wed, 18 Sep 2019 11:23:45 +0200</pubDate>
		</item>
	</channel>
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