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		<title>La Une de l'Hebdo</title>
		<description><![CDATA[L’agence Ecofin est une agence d’information économique africaine, créée en décembre 2010, basée à Yaoundé et à Genève. Elle rassemble une équipe de journalistes et d’experts, spécialisés dans les principaux secteurs africains de l’économie.]]></description>
		<link>https://www.agenceecofin.com</link>
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		<item>
			<title>Infrastructures : quatre grands projets de la BAD qui font avancer le continent</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1906-77667-infrastructures-quatre-grands-projets-de-la-bad-qui-font-avancer-le-continent</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></strong><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Pour atteindre ses objectifs de développement durable, l’Afrique doit se doter d’infrastructures performantes. Cependant, elle manque encore de ressources suffisantes pour financer ses projets dans le secteur, dont certains datent même de l’époque des indépendances. Selon la Banque africaine de développement, il faut entre 130 et 170 milliards&nbsp;de dollars d’investissements annuels pour permettre à l’Afrique de combler son déficit en infrastructures. C’est pourquoi, ces dernières années, l’institution a fait du secteur des infrastructures la principale destination de ses investissements. Transport, énergie, industrie… Voici quatre grands projets emblématiques portés ou soutenus par la Banque</span></em></strong><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></em></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 16pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Le corridor Mombasa-Nairobi-Addis Abeba</span></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Dans le cadre de ses cinq priorités stratégiques, «&nbsp;High 5&nbsp;», la Banque africaine de développement a financé la construction d’un corridor routier reliant les villes de Nairobi et Mombasa, au Kenya, à la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Ce corridor est composé d’un tronçon de 504 kilomètres reliant les villes kényanes de Merille et Turbi, en passant par Marsabit, et d’un autre tronçon de 391 kilomètres traversant l'Éthiopie et reliant Ageremariam, Yabelo et Mega. Au total, 670 millions de dollars de financement ont été accordés par la Banque, soit 64&nbsp;% du coût total du projet.</span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"><img class="illustration-avec-legende" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/1-Nairobi-Mombasa-Addis_Abeba.jpg" alt="1 Nairobi Mombasa Addis Abeba" width="400" height="300" /><span class="legende">«&nbsp;Une avancée majeure pour l'intégration économique en Afrique&nbsp;»</span></span></em></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Selon les projections </span><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">de la BAD, <span style="color: black;">l’ouvrage devrait avoir un important impact commercial et social en Afrique de l’Est. Ainsi, la Banque prévoit une réduction des coûts de transport et d'expédition des marchandises et l'extension des marchés au-delà des frontières nationales des deux pays. </span></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Le corridor routier devrait doper le volume du commerce entre le Kenya et l’Éthiopie ainsi que l’attraction des investissements directs étrangers. D’après la Banque, le commerce entre les deux pays devrait quintupler grâce à cette infrastructure, passant de 35 à 175 millions de dollars. </span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="exergue">Le commerce entre le Kenya et l'Éthiopie devrait être multiplié par cinq grâce à l’infrastructure, passant de 35 à 175 millions de dollars.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">En outre, la nouvelle route internationale devrait générer un volume supplémentaire de 900&nbsp;000 tonnes de marchandises transportées vers ou depuis le port de Mombasa, soit 20&nbsp;% du fret maritime total de l'Éthiopie.</span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">«&nbsp;<em>Le couloir routier de 895 kilomètres qui relie le Kenya et l'Éthiopie a non seulement facilité le trafic transfrontalier entre les deux pays, mais il constitue également une avancée majeure pour l'intégration économique en Afrique, ce qui a permis de créer des emplois et d'améliorer les moyens de subsistance dans toute la région&nbsp;</em>», indique la Banque africaine de développement.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></em></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 16pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">La renaissance du pont Kinshasa-Brazzaville</span></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">A partir d’août 2020, les travaux de construction d’un pont entre Brazzaville, au Congo, et Kinshasa, en République démocratique du Congo, devraient débuter. L’infrastructure, dont l’initiative de mise en œuvre remonte à plusieurs décennies, est l’un des projets d’intégration les plus importants en Afrique centrale. Ces dernières années, elle était devenue un véritable serpent de mer.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"><img class="illustration-avec-legende" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/2-pont_congo.jpg" alt="2 pont congo" width="519" height="326" /><span class="legende">La Banque s’est engagée à fournir 210 millions de dollars pour financer le projet.</span></span></em></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">C’est sous l’impulsion de la Banque africaine de développement que le projet renaît de ses cendres, il y a près de deux ans. En effet, le 7 novembre 2018, au cours de la première édition de l’Africa Investment Forum (AIF 2018) organisé par l’institution à Johannesburg, en Afrique du Sud, le ministre de l’Aménagement de la République du Congo, Jean-Jacques Bouya, annonce la conclusion d’un accord de 550 millions&nbsp;de dollars entre son pays et la RDC pour réaliser le pont Kinshasa-Brazzaville. La Banque, à elle seule, s’engage à fournir 210 millions de dollars pour financer le projet.</span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Prévue pour enjamber le fleuve Congo séparant les deux capitales les plus proches du monde sur environ 1&nbsp;575 mètres, la nouvelle infrastructure comportera une voie de chemin de fer unique, une route à deux voies, des trottoirs et un poste-frontière à chaque extrémité, et sera connectée aux infrastructures routières existantes sur chacune des rives du fleuve Congo. </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Une fois achevée, elle facilitera le développement de zones économiques spéciales de part et d’autre du nouveau pont, et stimulera les échanges humains et économiques. Elle devrait également permettre de réduire les risques et coûts liés aux seuls moyens de transport disponibles actuellement pour passer d'une capitale à l'autre, à savoir le bateau et l’avion. </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">D’après la Banque africaine de développement, grâce au projet, le trafic actuel entre les deux capitales congolaises, estimé à 750&nbsp;000 personnes et à 340&nbsp;000 tonnes de fret par an, devrait passer à plus de trois millions de personnes et à deux millions de tonnes de fret d’ici à 2025.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="exergue">Grâce au projet, le trafic actuel entre les deux capitales, estimé à 750&nbsp;000 personnes et à 340&nbsp;000 tonnes de fret par an, devrait passer à plus de 3 millions de personnes et à 2 millions de tonnes de fret d’ici à 2025.&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">«&nbsp;<em>Les travaux vont démarrer en août 2020. Voilà, on est très précis&nbsp;! C’est très important. Je salue les efforts et le leadership des présidents Denis Sassou Nguesso pour le Congo-Brazzaville et Félix Tshisekedi pour la RD Congo</em>&nbsp;», a déclaré le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, lors d’une visite en mai 2019 au Congo, soulignant que le fonds d’investissement Africa50 devait également participer au financement.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 16pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Le projet de gaz naturel liquéfié au Mozambique</span></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Avec un investissement estimé à 23 milliards de dollars, le projet de liquéfaction de gaz naturel (LNG) au Mozambique sera la plus importante réalisation de l’industrie pétrogazière en Afrique subsaharienne, tant dans le pétrole que dans le gaz.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p><span class="exergue">Avec un investissement estimé à 23 milliards de dollars, le projet de liquéfaction de gaz naturel (LNG) au Mozambique sera la plus importante réalisation de l’industrie pétrogazière en Afrique subsaharienne.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Débuté en 2020, il s’agit du deuxième projet gazier le plus important au monde, après Arctic LNG-2 en Russie. Il est également le plus grand investissement direct étranger en Afrique à ce jour. </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">En novembre 2019, la Banque africaine de développement a annoncé qu’elle débloquerait 400 millions de dollars pour soutenir le projet. Les fonds serviront à financer la construction de l’usine d’une capacité de production de 12,9 millions de tonnes de GNL par an. Le projet prévoit également des installations d’extraction en mer, de gazoduc, de traitement et de liquéfaction du gaz, un terminal d’exportation de GNL, une infrastructure primaire de fourniture de gaz domestique et d’autres installations connexes.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"><img class="illustration-avec-legende" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/3-LNG_Mozambique.jpg" alt="3 LNG Mozambique" width="600" height="338" /></span></em></strong><span class="legende">«&nbsp;Des opportunités de croissance et une industrialisation généralisée, tout en accélérant l'intégration régionale dans toute l'Afrique australe&nbsp;»</span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 12pt;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">«&nbsp;<em>En travaillant étroitement avec le gouvernement du Mozambique, nous pouvons faire en sorte que la population locale tire profit de sa chaîne de valeur naissante en matière de gaz naturel, créant ainsi des opportunités de croissance et une industrialisation généralisée, tout en accélérant l'intégration régionale dans toute l'Afrique australe</em>&nbsp;», a déclaré le président Adesina.</span><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 12pt;"></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 16pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">La construction du Jorf Lasfar Phosphate Hub au Maroc</span></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Au Maroc, la Banque africaine de développement a financé les travaux de construction de la plateforme Jorf Lasfar Phosphate Hub (JPH) de l’Office chérifien des phosphates (OCP). </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Au début des années 2010, l’objectif était de créer une structure capable d’accueillir à terme plusieurs complexes chimiques afin d’accroître la capacité de transformation locale du phosphate en produits dérivés. Deux prêts ont été accordés par la Banque dans ce sens.&nbsp; Le premier, datant de 2012 pour un montant de 250 millions de dollars, est destiné à financer la construction de la plateforme sur près de 1&nbsp;800 hectares pour accueillir dix usines intégrées d’engrais. Fin 2016, le programme a généré environ 20&nbsp;980 emplois directs alors que les dividendes nets d'impôts perçus par le gouvernement marocain ont atteint 1,7 milliard de dirhams </span><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">(175,6 millions&nbsp;$).</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="exergue">Fin 2016, le programme a généré environ 20&nbsp;980 emplois directs alors que les dividendes nets d'impôts perçus par le gouvernement marocain ont atteint 1,7 milliard de dirhams (175,6 millions&nbsp;$)</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Le second prêt de 200 millions de dollars, accordé fin 2018, a pour objectif d'étendre la plateforme industrielle. Concrètement, il permettra l’augmentation de la capacité de stockage des engrais de 200&nbsp;000 tonnes additionnelles, la construction d’une nouvelle plateforme de chargement des engrais, l’augmentation des capacités de pompage et de récupération de l’eau de mer et la rénovation d’un certain nombre d’infrastructures annexes, notamment celles d’électricité, d’eau et de sécurité, à divers points de la plateforme. </span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">L’objectif est de transformer sur place les ressources naturelles locales (roche phosphatée) du pays en produits à forte valeur ajoutée (engrais), utilisés pour accroître la productivité dans le secteur agricole, et de les exporter vers le continent africain et dans le monde entier.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"><img class="illustration-avec-legende" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/5-Jorf_Lasfar_Phosphate_Hub_.jpg" alt="5 Jorf Lasfar Phosphate Hub " width="600" height="300" /><span class="legende">Jorf Lasfar est le plus grand complexe d’engrais au monde.</span></span></em></strong></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">D’après la Banque africaine de développement, «&nbsp;<em>le projet d’extension devrait générer 910 emplois supplémentaires dans le complexe Jorf Lasfar tandis que dans l’ensemble, 18&nbsp;000 nouveaux emplois devraient être créés par l’OCP, au cours des dix années que durera le prêt.</em>&nbsp;»</span></p>
<p class="texte" style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Au total, 450 millions de dollars ont donc été investis par la Banque dans ce projet d’amélioration de la production de phosphate, dont le Maroc est aujourd’hui le premier exportateur africain et le deuxième producteur mondial.</span></p>
<p><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;"></span></p>
<div class="pitch">
<p class="texte" style="border: none; padding: 0cm;"><strong><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Et aussi… </span></strong></p>
<p class="texte" style="border: none; padding: 0cm;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">De nombreux autres projets majeurs d’infrastructures ont été financés par la Banque africaine de développement depuis sa création en 1964. Ils vont du projet de transport urbain d’Abidjan à l’élargissement du port de Walvis Bay en Namibie, en passant par le projet d’adduction d’eau potable et de construction d’infrastructures sanitaires dans les villes du Kenya. </span></p>
<p class="texte" style="border: none; padding: 0cm;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">Au fil des années, la Banque a fait du secteur des infrastructures sa priorité. Depuis 1967, l’institution s’est engagée dans 4707 projets, dont plus de 3473 ont déjà été achevés. C’est l’Afrique de l’Ouest qui concentre le plus grand nombre de projets (1246), devant l’Afrique de l’Est (893), l’Afrique australe (818), l’Afrique du Nord (562) et l’Afrique centrale (404). En 2018, les infrastructures comptaient pour 49,7% des prêts approuvés par la Banque.</span></p>
<p class="texte" style="border: none; padding: 0cm;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">En valeur nominale, les projets dits «&nbsp;<em>multisectoriels</em>&nbsp;» concentrent le plus d’investissements avec plus de 26,2 milliards&nbsp;$, suivis par les transports (24,9 milliards&nbsp;$) et l’énergie (19,7 milliards&nbsp;$).</span></p>
<p class="texte" style="border: none; padding: 0cm;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;">En mai 2018, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a annoncé que la Banque</span> <span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;">prévoyait <span style="color: black;">de mobiliser 170 milliards de dollars au cours des prochaines années pour combler le déficit en infrastructures du continent.</span></span></p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Moutiou Adjibi Nourou</span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" />&nbsp;</span></em></strong></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 19 Jun 2020 12:18:08 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Sans sa rente pétrolière, le Nigeria aura bien du mal a éviter l’explosion sociale</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2905-77058-sans-sa-rente-petroliere-le-nigeria-aura-bien-du-mal-a-eviter-l-explosion-sociale</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2905-77058-sans-sa-rente-petroliere-le-nigeria-aura-bien-du-mal-a-eviter-l-explosion-sociale</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Au Nigeria, la dépendance au pétrole représente une bombe à retardement. La relative paix sociale, acquise grâce à la rente pétrolière, risque bien d’être mise à mal par la chute des cours du brut. Le pays pourrait ainsi devenir le troisième membre de l’OPEP, après la Libye et le Venezuela, à sombrer dans une crise politique profonde.</strong></em></p>
<p class="texte">Fin avril, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un financement de 3,4 milliards&nbsp;de dollars en faveur du Nigeria afin de l’aider à faire face aux conséquences de la pandémie du Covid-19 sur l’économie. Une enveloppe qui s’échelonnera sur cinq ans et qui entre dans le cadre d’une aide globale destinée à 40 pays du continent pour appuyer leurs plans de riposte. Avec le ralentissement de l’économie mondiale, la demande globale de pétrole s’est contractée à des niveaux record. Mais la production n’a cessé d’affluer sur les marchés. Par conséquent, les prix du pétrole sont tombés bien plus bas que les 57 dollars en moyenne prévus par le budget. Les perspectives économiques pour 2020 se sont donc effondrées et les derniers développements indiquent que la croissance devrait tourner autour de 2%.</p>
<p class="texte"></p>
<p class="texte"><strong>Bouleversements à l’horizon</strong></p>
<p class="texte">Le système pétrolier nigérian est aujourd’hui dans l’impasse. Les perspectives pour les cours ne sont pas bonnes, les réserves s’épuisent et aucun effort de diversification n’est en cours.</p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200518/1JOB.jpg" alt="1JOB" width="500" height="332" /></span></p>
<p class="legende">Le Nigeria pourrait connaître le sort du Venezuela.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Sans l’argent du pétrole, l’équilibre politique, déjà fragile, va changer, car l’huile est au cœur de la politique, de l'économie et de la sécurité de la fédération. <em>«&nbsp;Le risque de perturbation politique dans le plus grand exportateur de pétrole d'Afrique augmente.&nbsp; Mais la situation du Nigeria a aussi quelque chose en commun avec d'autres pétro-États. Il s'agit d'un système intrinsèquement fragile, assailli par la corruption, des accès de violence réguliers, une mauvaise gestion économique et des institutions faibles, qui a été maintenu par les rentes pétrolières&nbsp;»</em>, explique Bloomberg.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Il s'agit d'un système intrinsèquement fragile, assailli par la corruption, des accès de violence réguliers, une mauvaise gestion économique et des institutions faibles, qui a été maintenu par les rentes pétrolières&nbsp;»</p>
<p class="texte">Avec la situation délicate du baril, le gouvernement est constamment sous pression, car une grande partie du pays dépend fortement des allocations publiques découlant de la commercialisation de l’or noir. Qu’adviendrait-il de la fédération en cas de forte volatilité du pétrole sur une période de 12 mois par exemple&nbsp;?</p>
<p class="texte">Ne serait-ce qu’avec moins de 3 mois de crise, Fitch a révélé que les réserves de change du pays passeront de 38,6 milliards de dollars en décembre 2019 à 23,3 milliards de dollars, d’ici la fin&nbsp;2020. Toutefois, le recours accru aux prêts multilatéraux concessionnels atténuerait les pressions sur les liquidités à court terme, même si le risque d’un ajustement macroéconomique perturbateur persistera. Dans des conditions où les prix ne décollent pas suffisamment, le pays pourrait se retrouver dans l’incapacité d’honorer ses engagements envers les militants du Delta du Niger. Ce qui impliquerait mécontentement populaire, soulèvements et reprise des actes de sabotage.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200518/2niger_delta.jpg" alt="2niger delta" width="660" height="400" /></p>
<p class="legende">Le pays pourrait se retrouver dans l’incapacité d’honorer ses engagements envers les militants du Delta du Niger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Il faut rappeler, qu’en 2016, les militants ont réussi à faire passer la production nigériane de 2,4 millions de barils par jour à moins de 700&nbsp;000 barils par jour. Ceci, dans un contexte de faiblesse des prix. Cela a d’ailleurs entrainé le pays dans une forte récession économique. Par ailleurs, l’argent du pétrole contribue fortement au financement de la lutte contre Boko Haram, dans le nord-est du pays.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Là où cela devient problématique, en termes de dynamique sociopolitique, c'est que l'argent du pétrole est une façon pour le Nigeria de lisser sa mauvaise gouvernance. Le Nigeria a toujours été très efficace pour gérer une ou deux crises à la fois. Mais aujourd’hui, nous en avons plusieurs&nbsp;: le krach pétrolier, la Covid-19, Boko Haram, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs dans la région centrale du pays, une flambée de troubles dans le nord-ouest,&nbsp;etc.&nbsp;»</em>, a relevé Judd Devermont, qui dirige le programme Afrique du Centre d'études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion basé à Washington.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Le Nigeria a toujours été très efficace pour gérer une ou deux crises à la fois. Mais aujourd’hui, nous en avons plusieurs&nbsp;: le krach pétrolier, la Covid-19, Boko Haram, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs dans la région centrale du pays, une flambée de troubles dans le nord-ouest,&nbsp;etc.&nbsp;»</p>
<p class="texte">Récemment, le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du&nbsp;Quai d'Orsay&nbsp;sur la gestion de la Covid-19 a déclaré que si elle est mal gérée, la crise pourrait faire tomber plusieurs régimes africains. Une analyse confirmée par le président Paul Biya, le 19 mai, à la veille de la célébration marquant la 48e&nbsp;Fête nationale du Cameroun. <em>« Il nous faudra beaucoup d’efforts pour mener la lutte contre la Covid-19 qui peut devenir une menace à la stabilité de nos États »</em>. Il convient de noter que malgré ses failles et ses faiblesses, le Nigeria a connu de multiples crises dans le passé. Ce qui est différent cette fois-ci, c'est la multiplicité des problèmes dans un contexte de faiblesse des prix du pétrole et à un moment où la reprise, à moyen et long termes, du marché pétrolier est remise en question.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un maillon faible</strong></p>
<p class="texte">Malgré ses 200 millions d’habitants et son statut de première puissance économique du continent, le Nigeria est considéré comme l’un des maillons les plus faibles de l’OPEP. Le pays est le membre du cartel qui a eu le plus faible revenu d'exportation de pétrole par habitant, pratiquement chaque année au cours de ce siècle, en raison de sa forte population. En fait, au même moment que la population se développait, la production pétrolière stagnait et diminuait.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Après le 11 septembre 2001, le Nigeria, ayant récemment quitté le régime militaire, était considéré comme un pivot potentiel de la politique énergétique américaine. A l'époque, il produisait plus de deux millions de barils par jour, dont environ 40&nbsp;% étaient expédiés aux États-Unis. Les projections de l'époque indiquaient que la production allait doubler, ce qui ferait du bien à l’économie. Malheureusement, les choses n'ont pas fonctionné de cette façon&nbsp;»</em>, a déclaré Helima Croft, ancienne analyste de la CIA, qui dirige aujourd'hui la stratégie mondiale des matières premières à RBC Capital Markets.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Après le 11 septembre 2001, le Nigeria était considéré comme un pivot potentiel de la politique énergétique américaine. A l'époque, il produisait plus de deux millions de barils par jour, dont environ 40&nbsp;% étaient expédiés aux États-Unis.»</p>
<p class="texte">Il faut dire que depuis plus de 10 ans, le pays n'attire plus d’investissements importants pour développer de nouveaux projets. Il y a eu du laxisme de la part des dirigeants qui n’ont pas fourni les efforts nécessaires pour monétiser les immenses réserves de pétrole et de gaz.</p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200518/3poverty.jpg" alt="3poverty" width="500" height="288" /></span></p>
<p class="legende">Le Nigeria compte un habitant sur sept parmi les plus pauvres du monde.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Et surtout, le pays a été en butte à une intensification des troubles dans le Delta du Niger depuis 2003. Les groupes de militants, actifs depuis les années 1990, réclament une meilleure redistribution des recettes pétrolières. Principalement tournées vers les installations et le personnel des multinationales via notamment les kidnappings, leurs attaques ont réduit l’appétit des investisseurs. D’ailleurs, après plusieurs années de bras de fer entre le gouvernement et les différents groupes de militants du Delta du Niger, un accord quasiment secret a été noué entre les deux parties. Il consiste en des versements périodiques de fonds aux militants pour obtenir un environnement de production apaisé.&nbsp;&nbsp;</p>
<p class="texte">Par ailleurs, le secteur est mal gouverné et la corruption persistante ainsi que les nombreux scandales de détournement ont fait déchanter les lendemains prometteurs du secteur au Nigeria. Le pays est classé 146e sur 180, selon l'Indice de perception de la corruption de Transparency International pour l’année 2019.</p>
<p class="texte">La cerise sur le gâteau est l’épineuse question de la diversification économique. Les gouvernements successifs depuis plus de cinq décennies ont tous échoué à ce niveau. On estime que le Nigeria compte un habitant sur sept parmi les plus pauvres du monde.</p>
<p class="texte"><em><strong>Olivier de Souza </strong></em></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/olivierdesouza.png" alt="olivierdesouza" width="120" height="120" />&nbsp;</span></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; background: white;"></span></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 29 May 2020 12:20:33 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Tidjane Thiam, l’homme qui s’exprimera le moment venu</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/0105-76232-tidjane-thiam-l-homme-qui-s-exprimera-le-moment-venu</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte">Débarqué du Crédit Suisse après un scandale impliquant l’un de ses collaborateurs, Tidjane Thiam était censé prendre quelques mois pour lui, pour penser à son futur que beaucoup, notamment en Côte d’Ivoire, scénarisent déjà, à quelques mois des élections présidentielles. Mais, la pandémie de Covid-19 va faire sortir l’ex loup de Paradeplatz de sa courte retraite. Avec 3 autres personnalités, il est chargé par l’Union Africaine de discuter avec les institutions financières internationales pour mobiliser les fonds nécessaires à l’Afrique pour vaincre la pandémie et limiter son impact sur les économies du continent.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200428/1PDG-de-Credit-Suisse.jpg" alt="1PDG de Credit Suisse" width="600" height="400" /></p>
<p class="legende">Tidjane Thiam était censé prendre quelques mois pour lui.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Discuter finances et sortir de situations compliquées, voilà deux choses que l’ex patron du Crédit Suisse réussit à merveille depuis des années. Loin des querelles zurichoises ayant animé son actualité récente et des questions pressantes sur sa candidature aux prochaines élections ivoiriennes, Tidjane Thiam pourra, durant les prochaines semaines, montrer ce dans quoi il excelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Pas candidat pour le moment</strong></p>
<p><span class="texte">Les médias ont essayé de mille et une manières de savoir si Tidjane Thiam serait candidat aux prochaines élections présidentielles. Jusque-là, l’intéressé a servi à chaque fois la même réponse. «&nbsp;Je m’exprimerai le moment venu&nbsp;». Au micro de TV5, le banquier a essayé de se montrer plus explicite. «&nbsp;Je suis citoyen ivoirien, je suis né en Côte d'Ivoire, j'y ai vécu, j'y ai passé mon baccalauréat, j'y ai travaillé, je suis très attaché à la Côte d'Ivoire, cela va sans dire.</span></p>
<p class="exergue">«&nbsp;Je suis citoyen ivoirien, je suis né en Côte d'Ivoire, j'y ai vécu, j'y ai passé mon baccalauréat, j'y ai travaillé, je suis très attaché à la Côte d'Ivoire, cela va sans dire.&nbsp;»</p>
<p class="texte">«&nbsp;Je crois qu'actuellement il y a de tels problèmes, dont le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, que ce n'est peut-être pas le moment idéal pour ces questions. J'ai dit que je m'exprimerai le moment venu. Je tiendrai cet engagement&nbsp;», assure-t-il. <em>«&nbsp;Ce n'est pas juste une boutade, j'ai beaucoup de respect pour mes compatriotes. Là sur un plateau de télé, c'est agréable, on fait des échanges, mais derrière il y a des vies à respecter derrière tout ça. J’ai beaucoup d’humilité et de respect. Je prends ça très au sérieux. C’est pour ça que je ne vais pas faire de déclarations irresponsables&nbsp;»</em>, va-t-il ajouter. Pour beaucoup, le fait qu’il ne rejette plus la perspective d’une carrière politique, comme il y a quelques années, est révélateur. D’ailleurs, comme le rappellent certains sur le ton de la boutade, le petit-neveu de Félix Houphouët-Boigny, le premier président de la Côte d’Ivoire, ne peut rester indéfiniment à l’écart de l’arène politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Parcours d’un apôtre de l’excellence</strong></p>
<p class="texte">Tidjane Thiam est né le 29 juillet 1962 à Abidjan. Son père Amadou Thiam est un journaliste, devenu politique ivoirien,&nbsp; né au Sénégal où son frère, Habib, a été premier ministre pendant plus d’une dizaine d’années. Sa mère, Marietou, était la nièce de Félix Houphouët-Boigny.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200428/2TT2.jpg" alt="2TT2" width="600" height="375" /></span></p>
<p class="legende">«&nbsp;Il ne sait pas ce que c’est qu’être deuxième&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Très tôt, les deux parents inculquent à leur enfant un sens de l’excellence frôlant l’obsession. Par exemple, alors que les résultats du baccalauréat sont annoncés au lycée classique d’Abidjan où Tidjane Thiam a fait ses études secondaires, ce sont avec des larmes de frustration que ce dernier accueille sa mention <em>«&nbsp;bien&nbsp;»</em>. Il n’aurait pas obtenu la mention <em>«&nbsp;très bien&nbsp;»</em> qu’il souhaitait à cause d’un 9/20 en histoire-géo. <em>«&nbsp;Le professeur avait jugé la copie trop bonne pour être honnête&nbsp;»</em>, explique Daouda Thiam, l’un de ses frères. Leur père, qui venait d’être nommé pour la seconde fois ministre de l’information du président francophile Félix Houphouët-Boigny, n’a pas voulu intervenir pour corriger l’injustice, <em>«&nbsp;de peur que l’on ne parle de pressions politiques&nbsp;»</em>, explique Le Monde. Il faut dire que Tidjane Thiam s’est toujours distingué comme un élève extraordinairement assidu. Il voulait être meilleur que tout le monde. Alors qu’il avait 12 ans, Tidjane Thiam aurait même récupéré les notes de son ainé Aziz, qui avait étudié au sein de la prestigieuse Ecole centrale à Paris, pour en faire des graphiques comparatifs avec les siens. <em>«&nbsp;Nous avons découvert que Tidjane avait récupéré les notes d’Aziz et qu’il en avait fait des graphiques afin de placer ses propres notes dessus. Il voulait s’assurer qu’il était plus performant que son grand frère&nbsp;»</em>, confie Daouda, l’un des 6 frères et sœurs de Tidjane Thiam.&nbsp;</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Nous avons découvert que Tidjane avait récupéré les notes d’Aziz et qu’il en avait fait des graphiques afin de placer ses propres notes dessus. Il voulait s’assurer qu’il était plus performant que son grand frère.»</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Il ne sait pas ce que c’est qu’être deuxième&nbsp;»</em>, déclare son frère Augustin. En 1981, il est admis haut la main à la prestigieuse Ecole Polytechnique de Paris, en France. Il est alors le premier ivoirien à y entrer. Il en sort diplômé en 1984. Dans la foulée, il entre à la non moins prestigieuse Ecole des Mines, dont il sort major de sa promotion en 1986. Néanmoins, malgré un excellent stage chez Air Liquide, une entreprise française spécialisée dans le gaz industriel, il ne reçoit pas d’entretien d’embauche. Des années plus tard, il évoquera cet épisode comme celui où il prend conscience du plafond de verre limitant les Africains étudiants en France. Le directeur des études de l’Ecole des mines, Gilbert Frade, lui conseille alors de se tourner vers les Anglo-Saxons.</p>
<p class="exergue">Des années plus tard, il évoquera cet épisode comme celui où il prend conscience du plafond de verre limitant les Africains étudiants en France. Le directeur des études de l’Ecole des mines, Gilbert Frade, lui conseille alors de se tourner vers les Anglo-Saxons.</p>
<p class="texte">Après seulement un entretien avec le cabinet de conseil McKinsey, Tidjane Thiam reçoit une offre d’emploi. Tout en travaillant comme consultant chez McKinsey, il décroche son MBA à l’Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) qui lui avait offert une bourse. En 1994, le nouveau président ivoirien entend parler d’un Ivoirien brillant. Il invite alors Tidjane Thiam à déjeuner et le nomme, à 31 ans, directeur du Bureau national d’études et de développement technique, chargé des grands travaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200428/3TT4.jpg" alt="3TT4" width="600" height="400" /></span></p>
<p class="legende">Tidjane Thiam pourra, durant les prochaines semaines, montrer ce dans quoi il excelle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Tidjane Thiam occupera ce poste pendant 6 ans. Il doit durant cette période faire face à la dévaluation du franc CFA. A cette époque, les salaires, les tarifs de l’eau, de l’électricité,… presque tout doit être renégocié. Il décide de remplacer les expatriés français travaillant à divers niveau par de jeunes Ivoiriens, lance des privatisations ou des partenariats public-privé sur l’eau, l’électricité, les télécommunications, l’aéroport, les bus, des ponts à péage, si bien que la crise est gérée sans séquelles.</p>
<p class="exergue">Il décide de remplacer les expatriés français travaillant à divers niveau par de jeunes Ivoiriens, lance des privatisations ou des partenariats public-privé sur l’eau, l’électricité, les télécommunications, l’aéroport, les bus, des ponts à péage, si bien que la crise est gérée sans séquelles.</p>
<p class="texte">Pour le récompenser, il est nommé ministre de la planification, un poste qu’il accepte à contrecœur, souhaitant éviter la politique à tout prix. En 1999, il est au Etats-Unis lorsque le président est renversé par un coup d’Etat. Il retourne en France en l’an 2000. Après 5 mois sans emploi, il retourne finalement à McKinsey en tant qu’associé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Passage au service privé</strong></p>
<p><span class="texte">En novembre 2002, Tidjane Thiam est engagé par l’assureur Aviva comme directeur de la stratégie et du développement. Son travail est si excellent qu’en 2006, il dirige le département de l’Europe avant de prendre la direction du groupe l’année suivante. En quelques mois, il se distingue par une gestion efficace qui finit par taper dans l’œil des britanniques de Prudential, le principal concurrent d’Aviva. Prudential souhaite faire de Tidjane Thiam son directeur financier. Ce dernier quitte alors Aviva, mais doit attendre 2 ans, le temps d’une clause de non-concurrence, avant de rejoindre son nouvel employeur. En 2009, plutôt que le poste de directeur financier, Tidjane Thiam prend la tête du groupe d’assurance privé Prudential. Il fait partie des rares financiers à avoir anticipé la crise de 2008 et convainc ses employeurs de le laisser diriger les 28&nbsp;000 employés du groupe. Il devient le premier patron noir d’une des cent entreprises britanniques les mieux capitalisées.</span></p>
<p class="exergue">Il fait partie des rares financiers à avoir anticipé la crise de 2008 et convainc ses employeurs de le laisser diriger les 28&nbsp;000 employés du groupe.</p>
<p class="texte">Devenu une des sommités du monde de la finance, il conseille des personnalités comme Barack Obama ou Kofi Annan. Sur un nuage, Tidjane Thiam va tenter d’acquérir AIA, la branche asiatique de l’assureur américain AIG, très durement touché par la crise. Une bataille boursière est déclenchée par l’offre. Certains investisseurs jugent excessif le prix de 35.5 milliards de dollars offert par Prudential. L’opération échoue après le rejet par le conseil d'administration d’AIG d’une offre revue à la baisse. L’AIA est ensuite introduit à la Bourse de Hong Kong, et sa valorisation monte rapidement au-dessus du prix proposé initialement par Prudential. Tidjane Thiam fera alors l’objet de vives critiques après cet échec. On lui reproche les coûts engagés par la société pour le lancement de cette opération avortée. Il sera malgré tout réélu Directeur général en 2011, avec 99,3&nbsp;% des voix. Il faut dire que sa présence fait du bien à Prudential. Le groupe affiche, lors de sa réélection un profit sur les nouveaux contrats en hausse de 14&nbsp;% par rapport aux chiffres de 2010 à la même période, tandis que le chiffre d’affaires total de l’assurance augmente de 10&nbsp;%. Parallèlement, en janvier 2011, Tidjane Thiam est nommé président du Groupe d'experts de haut niveau, formé par le G20, sur les investissements dans les infrastructures.</p>
<p class="exergue">Parallèlement, en janvier 2011, Tidjane Thiam est nommé président du Groupe d'experts de haut niveau, formé par le G20, sur les investissements dans les infrastructures.</p>
<p class="texte">4 années plus tard, il est débauché par le Crédit Suisse. Le jour du départ de Tidjane Thiam, le titre boursier de Prudential chute de 3&nbsp;%, pendant que celui du Crédit Suisse augmente sa valeur de 8%. Seulement, la tâche est colossale.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200428/4PDG-de-Credit-Suisse2.jpg" alt="4PDG de Credit Suisse2" width="600" height="340" /></span></p>
<p class="legende">«&nbsp;Notre objectif était de devenir une banque générant une croissance rentable, conforme et de qualité.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Tidjane Thiam doit restructurer un Crédit Suisse en difficulté, en réorientant les activités vers la gestion de fortune au détriment de l’activité de banque d’affaires. <em>«&nbsp;Notre objectif était de devenir une banque générant une croissance rentable, conforme et de qualité. De 2016 à 2019, nous avons développé nos affaires de gestion de fortune et généré des afflux net de nouveaux capitaux de 121 milliards de francs, et notre bénéfice avant impôts lié à la gestion de fortune a enregistré une croissance à deux chiffres (+15&nbsp;%) pendant quatre années de suite, passant de 2,7 milliards de francs en 2015 à 4,7 milliards de francs en 2019&nbsp;»</em>, explique Tidjane Thiam. Achevée en 2018, la restructuration du Crédit Suisse vaudra à Tidjane Thiam le prix du banquier de l’année du magazine spécialisé Euromoney.</p>
<p class="exergue">Achevée en 2018, la restructuration du Crédit Suisse vaudra à Tidjane Thiam le prix du banquier de l’année du magazine spécialisé Euromoney.</p>
<p class="texte">Le Franco-Ivoirien devra pourtant quitter le groupe. La faute à un scandale dans lequel, selon les informations jusque-là disponibles, il n’est pas impliqué. Le Suisse d’origine pakistanaise Iqbal Khan, véritable génie de la gestion de fortune, repéré et engagé par Tidjane Thiam avant qu’une querelle ne les brouille et ne provoque le départ du premier du Crédit Suisse pour la concurrence, a été mis sous surveillance par des collaborateurs du banquier franco-ivoirien.</p>
<p class="texte">Pierre-Olivier Bouée, un proche collaborateur de Tidjane Thiam, a ordonné la surveillance <em>«&nbsp;24 heures sur 24&nbsp;»</em> de Iqbal Khan qui a rejoint les concurrents de UBS. Selon les informations disponibles, Tidjane Thiam n’était pas informé, mais finira par démissionner sous la pression de détracteurs internes mais aussi d’une partie de l’élite financière zurichoise.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200428/5Tidjane_Thiam1.jpg" alt="5Tidjane Thiam1" width="600" height="450" /></span></p>
<p class="legende">«&nbsp;J'ai beaucoup de respect pour mes compatriotes.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Comme le titre Le Temps, Tidjane Thiam <em>«&nbsp;n’était pas assez Suisse&nbsp;»</em>. Le titre du Crédit Suisse a perdu 4% de sa valeur dans la journée de son départ, comme si les marchés désapprouvaient la décision du groupe.</p>
<p class="texte">Qu’à cela ne tienne, comme toujours Tidjane Thiam devrait retomber sur ses pieds, que beaucoup espèrent les voir fouler le palais présidentiel ivoirien dans quelques mois…</p>
<p class="texte"><em><strong>Servan Ahougnon</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/servan_ahougnon.jpg" alt="servan ahougnon" width="120" height="120" /></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12pt; line-height: 107%; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 01 May 2020 13:38:00 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Didier Raoult : chlorure de polémique</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1004-75612-didier-raoult-chlorure-de-polemique</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte">&nbsp;<em><strong>Son nom est partout ou presque, mais pas forcément pour les mêmes raisons. Alors qu’il assure que la chloroquine traiterait efficacement le Covid-19, Didier Raoult est devenu à la fois l’espoir d’une grande partie de l’opinion publique, mais également la tête de turc de la grande majorité de la communauté scientifique. Finalement, on pourrait avoir du mal à cerner le personnage de ce médecin, hyper médiatisé depuis quelques jours. Didier Raoult, charlatan ou chercheur émérite&nbsp;?</strong></em></p>
<p class="texte">Ce jeudi 9 avril, le président&nbsp;français Emmanuel Macron s’est rendu à Marseille pour rencontrer le Professeur Didier Raoult, le patron de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection. Véritable rock star depuis plusieurs jours parce qu’il assure qu’un dérivé de la chloroquine est efficace contre le Covid-19 et pourrait stopper la pandémie, l’infectiologue divise la communauté scientifique, qui lui reproche ses méthodes, et la population qui voit en lui l’homme providentiel qui sortira le monde de cette crise sanitaire. Dans les faits, le chercheur récompensé pour sa carrière, mais iconoclaste assumé, se trouve à mi-chemin entre ces deux tendances prêtées à sa personne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>«&nbsp;Dans mon monde, je suis une star&nbsp;»</strong></p>
<p class="texte">La première question que l’on se pose en cherchant les états de service du docteur Didier Raoult est la suivante&nbsp;: comment un chercheur aussi respecté par ses pairs a pu autant être présenté comme un charlatan dans les médias&nbsp;? En effet, malgré une coiffure et un look qui tiennent plus de Panoramix (le druide de la bande dessinée Astérix, Ndlr) que du Dr House, Didier Raoult n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler un inconnu de l’écosystème de la recherche médicale.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span class="texte"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/1didier_raoult-ihu.png" alt="1didier raoult ihu" width="600" height="362" /></p>
<p class="legende">La potion magique de Panoramix divise le village gaulois…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Le fait qu’il fasse partie des 11 scientifiques du comité consulté par le président français Emmanuel Macron dans la lutte contre la pandémie aurait dû donner un début de réponse à ceux qui se sont donné la peine de chercher. Contrairement aux idées véhiculées ces derniers jours, le nom de Didier Raoult est bien connu dans l’écosystème de la recherche médicale internationale. Le Français a notamment découvert un moyen de cultiver les rickettsies, des bactéries intracellulaires à l’origine notamment du typhus, pour mieux les étudier. Le chercheur a d’ailleurs donné son nom à deux bactéries de cette famille qu’il a découvertes&nbsp;: Raoultella planticola et Rickettsia raoultii. Didier Raoult a également décrypté le génome de la bactérie à l’origine de la maladie de Whipple, près d’un siècle après l’apparition de cette pathologie. Bien connu des gouvernements français des années 2000, il a notamment rédigé, à la demande de celui de 2003, après l'épidémie de SRAS, un rapport sur le bioterrorisme et les risques épidémiologiques. Dans son étude, il alerte déjà sur la faible capacité du système sanitaire français à faire face à une pandémie. Il aurait même bénéficié de la subvention française la plus élevée dans le domaine médical. Elle s’élève à 72,3 millions d’euros octroyés par l’Agence Nationale de la Recherche, pour <em>«&nbsp;le pôle majeur et stratégique qui concentre à Marseille les moyens de lutte contre les maladies infectieuses en mêlant soins, recherche, formation et valorisation&nbsp;»</em>, réclamé par le chercheur dans son rapport de 2003. La subvention permettra notamment de construire le bâtiment flambant neuf de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection.</p>
<p><span class="exergue">Il aurait même bénéficié de la subvention française la plus élevée dans le domaine médical. Elle s’élève à 72,3 millions d’euros octroyés par l’Agence Nationale de la Recherche.</span></p>
<p><span class="texte">Le 19 novembre 2010, Didier Raoult reçoit le grand prix Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) 2010 pour l’ensemble de sa carrière. En 2017, selon la société Clarivate Analytics, spécialiste des outils et des services autour de la propriété intellectuelle et de la production de connaissances scientifiques, Didier Raoult est le chercheur européen dont les publications ont été le plus citées, par la communauté scientifique internationale sur les maladies infectieuses.</span></p>
<p class="exergue">En 2017, selon la société Clarivate Analytics, Didier Raoult est le chercheur européen dont les publications ont été les plus citées, sur les maladies infectieuses, par la communauté scientifique internationale.</p>
<p class="texte">Selon l’étude, le Français a publié 636 articles entre 2007 et 2013 et ces derniers ont été cités 18&nbsp;128 fois par les scientifiques de la communauté internationale. Alors, le docteur Didier Raoult n’est pas un charlatan sorti de nulle part comme peuvent le laisser penser certains articles de presse. <em>«&nbsp;Dans mon monde, je suis une star&nbsp;»</em>, assure l’intéressé dans une interview.</p>
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<p class="texte"><strong>&nbsp;Iconoclaste et antisystème assumé</strong></p>
<p class="texte">Si, malgré ses états de service, Didier Raoult est critiqué par certains médias et ses pairs, c’est surtout à cause de son iconoclasme assuré et de ses tendances antisystémiques assumées. <em>«&nbsp;Quand on lui demande pourquoi il a les cheveux longs, il répond "pour les faire chier tous"&nbsp;»</em>, raconte à France Culture, un journaliste qui le connaît bien.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/2bureau.jpg" alt="2bureau" width="500" height="350" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Quand on lui demande pourquoi il a les cheveux longs, il répond "pour les faire chier tous"&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Seulement, la tendance à la défiance du chercheur français ne s’arrête pas à ses choix capillaires. Par le passé, le médecin français a fait parler de lui en dénonçant l’interdiction du voile à l’université et en exprimant ses doutes sur la responsabilité de l’homme dans les problèmes climatiques.</p>
<p class="exergue">Par le passé, le médecin français avait fait parler de lui en dénonçant l’interdiction du voile à l’université, ou lorsqu’il a exprimé ses doutes sur la responsabilité de l’homme dans les problèmes climatiques.</p>
<p class="texte">&nbsp;Il était allé jusqu’à évoquer les études essayant de le prouver comme des modèles mathématiques catastrophistes proches d’une forme moderne de divination. Il ne manque jamais une occasion de tourner en ridicule les «&nbsp;petits marquis parisiens&nbsp;» qui essaient de décrédibiliser ses travaux.</p>
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<p class="texte"><strong>Né à Dakar</strong></p>
<p><span class="texte">Cette défiance, ce ton provocateur sont peut-être la revanche de celui que tout semblait éloigner d’une carrière qu’il a pratiquement dans les gènes. En effet, né le 13 mars 1952 à Dakar au Sénégal, Didier Raoult est le fils d’un médecin militaire normand, fondateur de l'Organisme de recherches sur l’alimentation et la nutrition africaines (Orana). Sa mère, elle, est infirmière.</span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/3didier-raoult-ici-dans-son-bureau-2009.jpg" alt="3didier raoult ici dans son bureau 2009" width="600" height="400" /></p>
<p class="legende">En 2010, il reçoit le grand prix Inserm pour l’ensemble de sa carrière.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Durant une scolarité effectuée en partie dans un lycée de Nice, puis dans un internat à Briançon, le jeune Didier Raoult se révèle être un mauvais élève. A 17 ans, il décide de prendre la mer et travaille pendant deux ans sur des bateaux. En 1972, il passe un baccalauréat littéraire en candidat libre et réussit. Il s'inscrira pourtant à la faculté de médecine de Marseille. En fait, les études de médecine étaient les seules que son père était disposé à financer. Après son doctorat, il choisit de devenir infectiologue, comme son arrière-grand-père Paul Legendre, véritable figure du domaine en France au 19e siècle. <em>«&nbsp;Je veux être le meilleur au monde&nbsp;»</em>, assurait-il en partant pour les Etats-Unis dans le cadre de sa formation. A son retour à 42 ans, l’ancien mauvais élève remporte la présidence de l’université de Marseille.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/4didier-raoult-il-y-a-14-ans.jpg" alt="4didier raoult il y a 14 ans" width="400" height="293" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Je veux être le meilleur au monde&nbsp;»</p>
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<p class="texte">Infectiologue reconnu et prolifique en termes d’articles scientifiques, Didier Raoult entre, en 2015, dans le classement Thomson-Reuters des chercheurs les plus influents. Seulement, le Français n’a que peu d’affinités avec ses pairs. Désireux d’éviter les <em>«&nbsp;autoroutes scientifiques&nbsp;»</em>, Didier Raoult se retrouve bien souvent en conflit avec ses pairs, les <em>«&nbsp;méthodistes&nbsp;»</em>, qui ne manquent pas de lui reprocher sa méthode. Au fil des années, ce conflit va créer un personnage, que, souvent, le médecin se retrouve à surjouer. C’est d’ailleurs l’un de ces épisodes qui lui vaut aujourd’hui le désaveu de ses pairs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un scepticisme pas si injuste que ça</strong></p>
<p class="texte">L’une des principales raisons ayant provoqué la levée de boucliers de la communauté scientifique face aux propositions de Didier Raoult est liée à ses propos au moment où la France commence à peine à être touchée par la pandémie de Covid-19. Celui qui se vante d’étudier dans son IHU 3&nbsp;000 des agents pathogènes les plus dangereux au monde, va minimiser la menace du Covid-19 dans une sortie qui ressemble beaucoup à un nouvel épisode de railleries envers ses détracteurs de Paris, plutôt alarmistes face au mal venu de Chine. <em>«&nbsp;Le coronavirus comme celui de Wuhan, c’est un de plus à notre collection&nbsp;»</em>. Il traite alors le Covid-19 de <em>«&nbsp;grippette&nbsp;»</em>. On est alors en droit de trouver normal le scepticisme de la communauté scientifique lorsque le même chercheur revient, alors que les morts s’amoncellent avec un remède contre la <em>«&nbsp;grippette&nbsp;»</em>.</p>
<p class="exergue">Il traite alors le Covid-19 de «&nbsp;grippette&nbsp;». On est alors en droit de trouver normal le scepticisme de la communauté scientifique lorsque le même chercheur revient, alors que les morts s’amoncellent avec un remède pour le mal qu’il avait traité de grippette.</p>
<p class="texte">Au final, il faut surtout savoir faire une distinction entre le ton emprunté par le docteur pour titiller ses détracteurs et le fond de ses déclarations. Par exemple, sa déclaration sur la grippette de Wuhan aurait, dans le fond, pu être substituée avec la suivante, apparue dans une autre interview. <em>«&nbsp;Je ne me laisse pas embarquer dans la terreur. Je ne sais pas deviner l'avenir et n'ai pas l'habitude de croire les plus excités qui se sont toujours trompés dans leurs modélisations. J'analyse au jour le jour, et l'évolution, aujourd'hui, c'est quelque 6000 morts dans le monde, dont environ 3500 en Chine où l'épidémie se termine, et 127 en France. Je m'étonne qu'on parle de cause très significative de mortalité, et même de crise sanitaire du siècle, alors qu'en 2017 la grippe et les autres infections respiratoires ont tué entre 14&nbsp;000 et 20&nbsp;000 personnes en France. Peut-être que les statistiques seront très différentes à la fin de l'épidémie, mais aujourd'hui je ne vois pas de problème majeur en termes de mortalité&nbsp;»</em>, explique-t-il sur un ton un peu moins provocateur.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Je m'étonne qu'on parle de cause très significative de mortalité, et même de crise sanitaire du siècle, alors qu'en 2017 la grippe et les autres infections respiratoires ont tué entre 14&nbsp;000 et 20&nbsp;000 personnes en France.»</p>
<p class="texte">En fait, en se basant sur des études publiées par des chercheurs chinois, Didier Raoult a affirmé le 25 février avoir trouvé, avec l’hydroxychloroquine, couplée à l'azithromycine (un antibiotique, Ndlr), ce qui serait <em>« probablement le traitement le moins cher et le plus simple pour traiter le coronavirus COVID-19 »</em>. Il renchérit dans une vidéo postée sur YouTube à la mi-mars que, lors d’une étude clinique réalisée à l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU Méditerranée), le traitement aurait été efficace sur les trois quarts des patients.</p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/5Didier_Raoult2_copy.jpg" alt="5Didier Raoult2 copy" width="375" height="400" /></span></p>
<p class="legende">&nbsp;«&nbsp;Vous ne pouvez pas transformer les malades en objet de recherche&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">L’information va scinder l’opinion en deux camps. D’un côté, il y a la population, qui se prononce majoritairement sur les réseaux sociaux, pleine d’espoir à cause de ce traitement. De l’autre, il y a la communauté scientifique. Cette dernière critique une étude menée seulement sur 24 patients, sans second groupe test et dont les données brutes n’ont pas été publiées. Les autres chercheurs sont catégoriques. Une telle étude présente un fort risque de biais. En plus, des critiques sur la chloroquine vont se mettre à apparaitre dans la presse francophone. <em>«&nbsp;Les gens sont devenus fous, en disant qu’on était en face du médicament le plus dangereux du monde. Vous ne vous imaginez pas que tous les gens qui partaient en Afrique à qui on donnait de la chloroquine, on leur faisait un électrocardiogramme, on les prévenait qu’ils allaient avoir une torsade de pointe. Mais enfin, c’est complètement fou. L’hydroxychlorquine c’est un truc qu’on distribuait sans même une ordonnance, il y a deux mois. Et maintenant on ne sait même pas comment on va traiter en ville des gens qui ont un lupus, qui prennent ce médicament depuis 20 ans&nbsp;»</em>, commente Didier Raoult.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;L’hydroxychlorquine c’est un truc qu’on distribuait sans même une ordonnance il y a deux mois. Et maintenant on ne sait même pas comment on va traiter en ville des gens qui ont un lupus qui prennent ce médicament depuis 20 ans&nbsp;»</p>
<p class="texte">Pour lui, il est inique de vouloir transformer un malade en sujet d’étude avant autre chose. Ne jurant que par son serment d’Hippocrate, l’infectiologue pense que la chose qu’a à faire un médecin en présence d’un malade, c’est de le soigner. <em>«&nbsp;A chaque fois que vous voyez un malade, c’est un malade, ce n’est pas un objet de recherche. Vous ne pouvez pas transformer les malades en objet de recherche&nbsp;»</em>. Quelques jours après ses vidéos et sous le feu du lynchage médiatique de la communauté scientifique, il rappelle qu’il n’est pas le seul médecin à croire en la chloroquine.<em> «&nbsp;Quand on fait un sondage aux médecins du monde entier, il y a 37&nbsp;% de médecins qui donnent de l’hydroxyhloroquine (l’étude a été menée par Sermo, un “salon virtuel” pour les médecins, Ndlr). En France le nombre de personnes qui donne de l’hydroxychloroquine sans le dire est considérable. J’ai été frappé de voir que dans mon propre CHU, voyez-vous, les gens à côté de nous qui reçoivent des patients qui ont le coronavirus, ils les traitent aussi avec de l’hydroxychloroquine et de l’Azithromycine. Donc je suis content parce que j’avais un sentiment d’étrangeté. Parce que tout le monde dit que c’est moi qui fais ça, ce n’est pas moi, ce sont les médecins qui font ça et je suis content de voir que les autres médecins font comme moi parce qu’ils sont raisonnables&nbsp;»</em>, déclare Didier Raoult à 20 minutes.</p>
<p class="texte">Ses propositions ont même convaincu Donald Trump qui a apporté son soutien à l’utilisation de la chloroquine. Au final, sur le plan personnel ou dans sa méthodologie, les habitudes de Didier Raoult dérangent certainement, mais refuser de mettre à l’épreuve ses propositions serait une faute. C’est ce que pense Annie Chasson qui s’est exprimée dans Le Temps. &nbsp;<em>«&nbsp;Je ne sais pas si le docteur Raoult mérite le Prix Nobel de médecine que lui et son ego surdimensionné semblent tant vouloir. Mais je sais ce qu’est le mépris des élites technocratiques parisiennes. Si l’hydroxychloroquine est une chance, ne pas la saisir alors que le pic de l’épidémie approche est un crime&nbsp;»</em>, commente-t-elle.</p>
<p class="exergue">«Je ne sais pas si le docteur Raoult mérite le Prix Nobel de médecine que lui et son ego surdimensionné semblent tant vouloir. Mais je sais ce qu’est le mépris des élites technocratiques parisiennes. Si l’hydroxychloroquine est une chance, ne pas la saisir alors que le pic de l’épidémie approche est un crime».<span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p>
<p class="texte">En attendant, dans le but d’offrir une méthode plus consensuelle, Didier Raoult aurait présenté hier au président français une nouvelle étude sur le traitement qu’il propose. Cette fois, 1061 patients auraient été traités à l’hydroxychloroquine et l’azithromycine. <em>«&nbsp;Vous verrez dans les résultats que la mortalité est de l'ordre de 0,5&nbsp;% et que le taux de guérison est extrêmement élevé&nbsp;»</em>, assure Didier Raoult. Moins truculent et beaucoup plus <em>«&nbsp;méthodiste&nbsp;»</em>, l’infectiologue trouvera peut-être des oreilles plus attentives à ses propositions au sein de la communauté scientifique française.</p>
<p class="texte"><em><strong>Servan Ahougnon</strong></em></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/servan_ahougnon.jpg" alt="servan ahougnon" width="120" height="120" /></span></p>
<p style="text-align: justify; line-height: normal;"><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;"></span></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 10 Apr 2020 11:17:35 +0200</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Finance climat : le réveil tardif des grands investisseurs</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2802-74333-finance-climat-le-reveil-tardif-des-grands-investisseurs</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Les financiers et le monde économique en général semblent prendre davantage conscience des dangers du réchauffement climatique. Les annonces d’engagement en faveur du changement climatique et la mobilisation financière s’accélèrent.</strong></em></p>
<p class="texte">Ces nouvelles dynamiques sont clairement basées sur une logique bien financière, en raison des risques grandissants que fait peser le changement climatique sur l’ensemble du système économique mondial. Dans le même temps, la rentabilité de telles actions commence à convaincre tandis que le coût de l’inaction, lui, ne cesse de grimper.</p>
<p class="texte">Et même si les organisations de défense de l’environnement sont toujours sur la défensive et que les experts redoutent que cette mobilisation ne soit pas suffisante, ou vienne en trop tard, une chose est sûre, elle est la bienvenue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Intérêt croissant des banques et investisseurs</strong></p>
<p class="texte">En septembre dernier, des banques gérant au total plus de 47&nbsp;000 milliards&nbsp;$ d’actifs, soit le tiers des actifs industriels du monde se sont engagés à suivre les principes de la "banque responsable" visant à participer à la lutte contre le réchauffement climatique.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/1Simone-Dattling.jpg" alt="1Simone Dattling" width="600" height="338" /></p>
<p class="legende">Simone Dettling&nbsp;: «&nbsp;Celles qui ne respecteraient pas leurs engagements pourraient être dépouillées de leurs statuts de signataires&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Ces principes impliquent que les banques devront considérer l’impact de leurs investissements sur la société et pas seulement sur leurs portefeuilles d’actifs. Elles devront démontrer qu’elles font des progrès sur une durée de temps déterminée et celles qui ne respecteraient pas leurs engagements pourraient être dépouillées de leurs statuts de signataires&nbsp;»</em>, a expliqué Simone Dettling, la responsable de l’équipe banque à l’UN Environment Finance Initiative.</p>
<p class="texte">La Deutsche Bank, Citigroup et Barclays font partie des 130 institutions bancaires ayant rejoint le mouvement dans le but de se détourner des investissements dans les sources d’énergies fossiles et d’accompagner les pays et les entreprises dans l’action climatique.</p>
<p class="texte">Au titre des actions individuelles, BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec un portefeuille de 7000 milliards&nbsp;$ d’actifs, a récemment affirmé que la durabilité est désormais son nouveau standard de réalisation des investissements. Un revirement pour le gestionnaire qui était jusqu’alors le plus grand investisseur au monde dans les sources d’énergies fossiles.</p>
<p class="exergue">Au titre des actions individuelles, BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, avec un portefeuille de 7000 milliards&nbsp;$ d’actifs, a récemment affirmé que la durabilité est désormais son nouveau standard de réalisation des investissements.</p>
<p class="texte">Sur le même ton, Goldman Sachs a annoncé, en décembre 2019, qu’elle ambitionne d’investir 750 milliards&nbsp;$ dans la lutte contre le réchauffement climatique, d’ici à 2030.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/2David_Solomon_.jpg" alt="2David Solomon " width="600" height="399" /></p>
<p class="legende">David Solomon, CEO de Goldman Sachs, a «&nbsp;la conviction que les institutions financières peuvent jouer un rôle primordial&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Des engagements qui devraient provoquer des effets boule de neige sur l’ensemble de la sphère économique mondiale, vu l’importance de leurs porteurs. Mais ces résolutions sont fondées également sur de solides arguments économiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Une transition conduite par la rentabilité économique</strong></p>
<p class="texte">Si autant de banques et d’institutions financières se rejoignent, après des décennies d’alertes par les organisations environnementales et les scientifiques, ce n’est pas parce que leur sensibilité en faveur de la nature ou de la planète a augmenté. La raison est plus économique et plus cartésienne&nbsp;: ignorer le changement climatique coûte aujourd’hui plus cher que d’agir pour le contenir. En effet, comme l’affirme David Solomon le directeur exécutif de Goldman Sachs&nbsp;: <em>«&nbsp;Ce n’est pas seulement l’urgence du besoin d’action qui nous a poussés à agir, mais également une solide analyse de rentabilisation des investissements. Cela me donne de l’espoir que nous pouvons y arriver et la conviction que les institutions financières peuvent jouer un rôle primordial&nbsp;»</em>.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Ce n’est pas seulement l’urgence du besoin d’action qui nous a poussés à agir, mais également une solide analyse de rentabilisation des investissements.»</p>
<p class="texte">De même, dans sa lettre aux actionnaires, BlackRock affirme que le risque lié à la transition vers une économie à faible émission pourrait affecter la rentabilité à long terme des entreprises et donc une dépréciation des actifs gérés. Les actifs d’énergie fossile, tels que le charbon thermique, deviennent de moins en moins viables économiquement et demeurent vulnérables à la réglementation, en raison de leurs impacts sur l’environnement.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/3Larry_Fink.jpg" alt="3Larry Fink" width="600" height="394" /></p>
<p style="text-align: center; line-height: normal;"><strong><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">Larry Fimk, CEO de BlackRock&nbsp;: </span></strong><strong><em><span style="font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;">«&nbsp;Les options d’investissement durable ont le potentiel d’offrir de meilleurs retours sur investissement à nos clients&nbsp;»</span></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;En tant que votre responsable des investissements, BlackRock s’engage à vous guider dans cette transition et à construire un portefeuille d’actifs plus résilient au changement climatique. Parce que les options d’investissement durable ont le potentiel d’offrir de meilleurs retours sur investissement à nos clients, nous intégrons la durabilité dans nos facteurs de gestion des risques&nbsp;»</em>, a affirmé la compagnie.</p>
<p class="texte">Cependant, une chose demeure. Même si ces engagements sont les bienvenus, il n’existe pas encore de plans, ni d’horizon bien déterminés pour leur mise en œuvre. Pendant ce temps, la fenêtre de l’action se referme progressivement, pendant que les événements climatiques extrêmes s’accélèrent. Une combinaison qui pourrait rendre plus ardues les mesures déjà importantes à prendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>L’ombre menaçante du «&nbsp;cygne vert&nbsp;»</strong></p>
<p class="texte">Même en cas de réalisation de toutes les promesses et des engagements faits, le risque est réel que les efforts ne soient pas suffisants, en tout cas à leur échelle actuelle. En effet, selon la Banque des règlements internationaux (BRI, dont le siège est en Suisse), considérée comme la banque centrale des banques centrales, les événements climatiques extrêmes seront probablement à l’origine d’une prochaine crise financière dévastatrice. Une hypothèse qui a été dénommée le <em>«&nbsp;cygne vert&nbsp;»</em>, en référence au concept de cygne noir développé au début de la crise des subprimes aux Etats-Unis.</p>
<p class="texte">Dans son rapport relatif au concept, la BRI affirme&nbsp;: <em>«&nbsp;Les cygnes verts ont pour particularité d’être bien plus dangereux que les cygnes noirs… La complexité d’une crise engendrée par le changement climatique est bien plus élevée, avec toute une série de réactions en chaîne et d’effets en cascade associés, qui peuvent engendrer des dynamiques environnementales, géopolitiques, sociales et économiques, fondamentalement imprévisibles&nbsp;»</em>.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/4BRI.jpg" alt="4BRI" width="500" height="300" /></p>
<p class="legende">Pour la BRI, «&nbsp;les cygnes verts ont pour particularité d’être bien plus dangereux que les cygnes noirs..&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">L’institution recommande aux banques centrales d’avoir un rôle proactif pour enclencher les changements politiques nationaux et internationaux nécessaires à la dynamique de la transition. Entre autres mesures, les banques centrales devraient prendre en compte les critères de développement durable établis par l’ONU afin d’investir dans la finance verte.</p>
<p class="texte">Pour les banques telles que la Deutsche Bank, l’économie mondiale arrivera bientôt à un point où il faudra faire d’importants compromis économiques et personnels afin d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixés.</p>
<p class="exergue">Pour les banques telles que la Deutsche Bank, l’économie mondiale arrivera bientôt à un point où il faudra faire d’importants compromis économiques et personnels afin d’atteindre les objectifs que l’on s’est fixés.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Le problème pour le lobby environnemental est qu’un monde sans croissance économique peut créer un contrecoup préjudiciable contre de telles politiques climatiques. Néanmoins, le problème avec le statu quo est que les dommages irréversibles à notre planète vont augmenter&nbsp;»</em>, a prévenu l’institution allemande.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="pitch">
<p class="texte"><strong>Un Forum économique de Davos axé sur la question climatique</strong></p>
<p class="texte">Le 50ème Forum économique mondial, qui s’est tenu à Davos en janvier, a placé la crise climatique au cœur de ses discussions. Le <em>«&nbsp;Global Risks report&nbsp;»</em> publié par le Forum classe en effet le risque environnemental parmi les cinq principales menaces pour l’économie mondiale. <em>«&nbsp;Le paysage politique est polarisé, le niveau des mers monte et les incendies liés au climat font rage. C’est l’année où les dirigeants mondiaux doivent travailler avec toutes les composantes de la société pour réparer et donner la vigueur à nos systèmes de coopération, pas seulement pour le court terme, mais pour s’attaquer aux risques profondément enracinés&nbsp;»</em>, a affirmé Borge Brende, le président du forum.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/5Davos2020.jpg" alt="5Davos2020" width="600" height="338" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Un discours qui ne convainc pas tout le monde. <em>«&nbsp;A chaque fois que la question écologique monte dans l’opinion publique, on la retrouve dans le Global Risks. Davos a déjà mis l’environnement en tête de ses priorités en 2014 et 2015. Mais rien n’a changé à la suite de ces rapports&nbsp;»</em>, a souligné dans les colonnes de l’Express, Maxime Combes, économiste et porte-parole de l’organisation Attac. Avant d’ajouter&nbsp;: <em>«&nbsp;Il y a des impacts climatiques directs qui peuvent modifier le fonctionnement actuel du capitalisme. Mais les organisateurs de Davos considèrent qu’il suffit de modifications à la marge des outils et mesures qu’ils portent depuis plus de vingt ans pour résoudre ce qu’ils ont contribué à faire émerger. Les pyromanes d’hier, peuvent-ils devenir les pompiers qui éteindront le feu ?&nbsp;»</em></p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em><strong>Gwladys Johnson Akinocho</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 11:24:17 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Yacine Oualid, ministre à 26 ans : « Les startups et l’innovation doivent devenir le fer de lance de l’économie algérienne »</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2102-74077-yacine-oualid-ministre-a-26-ans-les-startups-et-l-innovation-doivent-devenir-le-fer-de-lance-de-l-economie-algerienne</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Grande surprise du nouveau gouvernement algérien présenté le 02 janvier 2020, Yacine Oualid, le ministre délégué aux Start-up, âgé de seulement 26 ans, a accepté de répondre aux questions de l’Agence Ecofin. Cet acteur, déjà bien connu dans l’univers algérien de la tech, révèle les grands chantiers qui seront ses priorités et les nouvelles ambitions de l’Algérie dans le domaine de l’innovation et du numérique.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: En tant que ministre des Start-up, département spécialement créé dans un contexte de quatrième révolution industrielle, quelles sont exactement vos attributions ?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: Si je dois résumer, je dirais que la Nouvelle Economie mondiale se met en place, et que l’Algérie souhaite, et va, en devenir un acteur de référence. Mon objectif, avec tous les acteurs du secteur, est de participer à cette mutation du plus grand pays d’Afrique.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200203/1-DZ.png" alt="1 DZ" width="400" height="339" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Une des premières étapes va consister à identifier les start-ups à l’aide d’un label.»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">De manière plus pratique, mon rôle est tout d’abord de mettre en place un cadre juridique qui soit favorable aux startups, une fois mis en place, ce cadre juridique permettra de faciliter la création de startups et leur financement, le but est de voir naitre en quelques mois, des champions algériens, qui seront capables de proposer leurs services partout dans le monde. L’Algérie est décidée à devenir un pôle africain de l’innovation et nous voulons offrir à nos entrepreneurs, le meilleur cadre pour entreprendre et innover.</p>
<p class="texte">Par ailleurs, ma mission étant transversale et touchant à beaucoup d’autres ministères, j’ai aussi comme rôle de faire en sorte que toutes les autres institutions adhèrent à cette nouvelle vision, d’une économie dont le fer de lance sera l’innovation et les startups.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Ma mission étant transversale et touchant à beaucoup d’autres ministères, j’ai aussi comme rôle de faire en sorte que toutes les autres institutions adhèrent à cette nouvelle vision, d’une économie dont le fer de lance sera l’innovation et les startups.&nbsp;»</p>
<p class="texte">Etre dans ce ministère est une chance, surtout que nous bénéficions du soutien total du Président de la République et du Premier Ministre ; cela est très encourageant car, pour la première fois, en Algérie nous avons un gouvernement qui a accordé sa confiance aux jeunes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Au regard de votre expérience dans l’univers Start-up algérien, qu’est ce qui explique la timidité de la scène locale comparée aux autres pays de la sous-région MENA comme le démontre le «&nbsp;Annual VC report&nbsp;» de Magnitt ?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: C’est l’une de nos premières préoccupations, le cadre juridique fait que beaucoup d’Algériens partent créer leurs startups dans d’autres pays où il est plus facile de trouver du financement et de faire des levées de fonds.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Le cadre juridique fait que beaucoup d’Algériens partent créer leurs startups dans d’autres pays où il est plus facile de trouver du financement et de faire des levées de fonds.»</p>
<p class="texte">Certaines d’ailleurs sont de véritables success stories. L’absence de réels fonds de capital risque, qui s’explique notamment par la difficulté de créer de telles structures en Algérie, et l’absence de mesures incitatives envers les investisseurs font que les startups n’ont que très peu d’options pour trouver du financement. Les quelques programmes de soutien aux PME, tel que l’ANSEJ, dont le modèle peut être discutable, ne sont pas du tout adaptés aux startups. Le financement des startups représente pour nous un grand chantier. Cependant il faut relever qu’il existe un très grand dynamisme de la jeunesse algérienne qui pourrait être transformé en champions de la Tech en quelques années.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Quelles sont les actions prévues par votre ministère pour dynamiser l’industrie Start-up locale?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: Une des premières étapes va consister à identifier les start-ups à l’aide d’un label. Ce label permettra d’accéder à un certain nombre de facilités, des avantages fiscaux et parafiscaux, des comptes bancaires en devises et des facilités pour exporter les services, les entreprises labélisées pourront aussi bénéficier de la prise en charge par l’Etat de l’enregistrement des brevets que ce soit au niveau national ou international.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Nous sommes aussi en train d’élaborer une nouvelle forme juridique pour les entreprises et qui est plus adaptée aux startups.»&nbsp;</p>
<p class="texte">Nous sommes aussi en train d’élaborer une nouvelle forme juridique pour les entreprises et qui est plus adaptée aux startups, elle permettra de réaliser des levées de fonds et de réaliser une entrée en bourse plus simplement. Nous allons également élaborer un cadre juridique pour le crowdfunding.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200203/-IMG_4797.JPG" alt=" IMG 4797" width="500" height="375" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Les startups peuvent devenir le fer de lance de l’économie algérienne.&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Enfin, nous traitons avec d’autres ministères certains problèmes qui pénalisent les startups en Algérie, tel que l’accès au paiement en ligne, la qualité de la connexion à internet, les difficultés à obtenir certaines autorisations et homologation, et l’absence de Datacenter aux standards internationaux.</p>
<p class="texte">A ce titre, je tiens à souligner que nous observons une grande collaboration des autres départements ministériels et que nous avons déjà obtenu en quelques semaines des victoires&nbsp;: le Ministère du Travail vient de créer un cadre approprié pour le statuts de freelanceurs qui va permettre à nos start-ups de mutualiser les ressources rares dans des domaines pointus du développement, le ministère du commerce a pris en considération nos recommandation pour faciliter l’exportation de services, et le ministère de l’habitat a fait appel à des startups pour numériser ses services.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Peut-on qualifier une nouvelle PME de Start-up ? Quels critères prévaudront pour identifier une Start-up ?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: Une startup est avant tout une entreprise qui propose un service ou un produit innovant, avec un fort potentiel de croissance et même si les critères pour définir la startup diffèrent d’un pays à un autre, les notions de l’innovation et de la <em>«&nbsp;scalabilité&nbsp;»</em> (l’anglicisme qui traduit le fait d’avoir un business model reproductible sur de grands marchés) sont universelles. Afin d’attribuer les labels <em>«&nbsp;startup&nbsp;»</em> nous nous baserons sur 4 critères&nbsp;: l’innovation, la scalabilité, l’âge de la startup qui ne doit pas dépasser 8 ans, et la taille (CA et nombre d’employés)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: En annonçant un ministère des Start-up, le Chef de l’Etat a aussi annoncé une banque dédiée. Les acteurs du numérique comme LegalPlace estime qu’il faut plutôt un système bancaire fiable et une fiscalité avantageuse plutôt qu’une banque dédiée qui risque de devenir une ANSEJ bis. Qu’en pensez-vous ?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: Pour commencer, il y aura un fonds pour les start-ups, ces dernières se finançant plutôt par ouverture de capital que par dette. Ce fond permettra aux startups de trouver du financement plus facilement.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Notre but ce n’est pas que l’Algérie produise en masse des startups, mais plutôt de voir naitre des champions Algériens qui partiront à la conquête de marchés partout dans le monde.»</p>
<p class="texte">Par ailleurs notre plan d’action prévoit une fiscalité avantageuse que ça soit pour les startups ou pour les investisseurs. Notre but ce n’est pas que l’Algérie produise en masse des startups, mais plutôt de voir naitre des champions Algériens qui partiront à la conquête de marchés partout dans le monde et qui entraineraient des filières entières (développeurs, logistique pour le e-commerce…).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: Quel est le potentiel transformateur de l’écosystème Start-up sur l’économie algérienne ?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid&nbsp;:</strong> Les startups peuvent devenir le fer de lance de l’économie algérienne, une économie qui depuis des années est dépendante du secteur des hydrocarbures et qui cherche à se renouveler. Dans le secteur du numérique, elles peuvent rapidement créer de l’emploi et de la richesse.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200203/atelier-innovation-algerie.jpg" alt="atelier innovation algerie" width="587" height="310" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Nous sommes donc dans un virage important de l’histoire qu’il ne faut pas rater.&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">L’économie numérique représente aujourd’hui plus de 30% de la croissance économique mondiale, nous sommes donc dans un virage important de l’histoire qu’il ne faut pas rater. L’intérêt du gouvernement pour les startups et la création d’un ministère dédié à leur promotion témoignent de l’importance de ce sujet pour l’économie algérienne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Agence Ecofin&nbsp;: En 2019, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique annonçait la mise en place de sept incubateurs TIC en 2020. Quel rôle jouera votre ministère dans l’atteinte des objectifs de ces structures stratégiques?</strong></p>
<p class="texte"><strong>Yacine Oualid</strong>&nbsp;: Créer des ponts solides entre le monde universitaire et entrepreneurial est un grand défi pour nous et nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’enseignement supérieur pour que l’université algérienne facilite l’entrepreneuriat. Ces structures d’accompagnement au sein même de l’université permettront aux étudiants d’acquérir des soft skills. Notre ministère vise aussi à encourager l’apprentissage des langages de programmation dans toutes les filières. Les incubateurs permettront aux jeunes étudiants de se lancer dans l’entrepreneuriat en les soulageant de beaucoup d’aspects administratifs et pratiques. Nous espérons, par tout cela, faire de l’université un acteur important dans l’écosystème startup en Algérie.</p>
<p class="texte"><em><strong>Propos recueillis par Muriel Edjo</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/muriel-edjo.png" alt="muriel edjo" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 21 Feb 2020 09:37:37 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Cette année, cinq échéances électorales peuvent changer le cours de l’histoire en Afrique</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1001-72646-cette-annee-cinq-echeances-electorales-peuvent-changer-le-cours-de-l-histoire-en-afrique</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>L’année 2020 s’annonce particulièrement importante pour de nombreux pays du continent qui doivent élire de nouveaux dirigeants. De la Côte d’Ivoire à la République Centrafricaine, en passant par le Ghana, voici cinq grandes échéances électorales incertaines à enjeu politique majeur pour l’Afrique en 2020.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Côte d’Ivoire&nbsp;: Alassane Ouattara… acte 3 ?</strong></p>
<p class="texte">L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire sera sans doute l’un des événements politiques les plus suivis par les observateurs internationaux en 2020. Le pays qui a déjà enregistré son lot de violences post-électorales en 2011, s’apprête à élire un nouveau chef d’Etat, dans un contexte politique particulièrement tendu.</p>
<p class="texte">En effet, l’une des énigmes de la nouvelle élection présidentielle est aujourd’hui la candidature du président Alassane Ouattara. S’il dispose d’une nouvelle chance pour se présenter au prochain scrutin, suite à l’adoption d’une nouvelle constitution en 2016, le dirigeant n’a toujours clairement pas affiché ses ambitions pour la magistrature suprême.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200106/1SORO-ADO.jpg" alt="1SORO ADO" width="600" height="384" /></p>
<p class="legende">Guillaume Soro, ancien proche d’Alassane Ouattara, restera sur le banc de touche.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Début décembre, le chef de l’Etat ivoirien indiquait d’ailleurs qu’il conditionnerait sa participation au prochain scrutin à celle des membres de sa génération. <em>«&nbsp;Je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé. Et que nous devons tous nous mettre de côté. Alors s’ils décident d’être candidats, je serai candidat !&nbsp;»</em>, avait-il déclaré. S’il ne les a jamais cités directement, les observateurs s’accordent à dire que l’homme de 77 ans semble conditionner sa candidature à celle de ses rivaux et anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Alors que le premier a démarré des tractations politiques pour former une coalition d’opposants, l’acquittement-surprise du second par la Cour pénale internationale (CPI) a redistribué les cartes au sein de la sphère politique ivoirienne, même si l’éventualité d’un retour rapide au pays est, pour l’heure, incertaine.</p>
<p class="texte">Après huit années passées à la tête du pays, Alassane Ouattara peut se targuer d’avoir fait redémarrer la croissance économique du pays, désormais l’une des plus fortes au monde. Même si ce progrès reste encore loin d’être inclusif, de très bonnes performances ont été réalisées, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des infrastructures, qui ont absorbé de gros investissements, ces dernières années. Encore, faudra-t-il consolider ce bilan avec la mise en place d’une élection présidentielle pacifique, alors que le spectre des violences post-électorales de 2011 vient de se profiler, nourri par les récentes décisions judiciaires.</p>
<p class="texte">En effet, Guillaume Soro, ancien proche d’Alassane Ouattara, jusque-là seul candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2020, prévue pour se dérouler en octobre, est depuis le 23 décembre visé par un mandat d’arrêt international pour <em>«&nbsp;tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat&nbsp;»</em>. Une infortune que l’ancien président de l’Assemblée nationale partage avec son ancien frère ennemi Charles Blé Goudé qui, dans un procès par contumace, a été condamné à 20 ans de réclusion et 10 ans de privation de ses droits civiques.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Ethiopie&nbsp;: nouveau challenge pour Abiy Ahmed</strong></p>
<p class="texte">En mai 2020, l’Ethiopie tiendra des élections législatives particulièrement importantes qui permettront de désigner le nouveau Premier ministre du pays, conformément au régime politique parlementaire en vigueur. Il s’agira des toutes premières élections à se tenir sous le mandat de <em>«&nbsp;Dr Abiy&nbsp;»</em>.</p>
<p class="texte">Arrivé au pouvoir en avril 2018 après la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn, l’homme de 43 ans a entrepris une véritable opération de démocratisation du pays, en améliorant la liberté de la presse, en adoptant des réformes politiques favorisant la parité et en ouvrant plusieurs secteurs de l’économie aux investisseurs étrangers. La normalisation des relations avec le voisin érythréen, mettant fin à plusieurs décennies de guerre, aura été l’une des principales réussites du lauréat du prix Nobel de la paix 2019.</p>
<p class="texte">Pourtant, c’est dans un environnement socio-politique incertain et tendu que s’ouvriront les prochaines échéances électorales du pays des négus. En effet, les réformes initiées par Abiy Ahmed, ces derniers mois, se sont accompagnées d’une résurgence des violences intercommunautaires et ont amené de nombreux groupes ethniques à revendiquer davantage de pouvoir, concentré depuis des décennies entre les mains de quelques communautés.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200106/2ethiopia_violence.jpg" alt="2ethiopia violence" width="600" height="399" /></p>
<p class="legende">Un scrutin menacé par la résurgence des violences intercommunautaires.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">On estime que les violences ont déjà fait plus de 3 millions de déplacés internes dans le pays. Signe de ces tensions, le 22 juin 2019, une tentative de coup d’Etat a eu lieu dans la région d'Amhara, au nord-ouest de l'Ethiopie, avec pour objectif la chute du gouvernement régional. Le 20 novembre dernier, un référendum sur la création d’une région Sidama était approuvé par plus de 98% des votants.</p>
<p class="texte">Si la bonne tenue du référendum et la reconnaissance de ses résultats par le gouvernement pourraient jouer en faveur du dirigeant pour les prochaines élections, les observateurs craignent que l’instabilité sécuritaire qui règne dans le pays ne contraigne les autorités à modifier le calendrier électoral et à reporter le scrutin. Pour l’instant Abiy Ahmed, à la tête du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), la coalition au pouvoir depuis 1991 et récemment fusionnée en un simple parti, semble écarter cette possibilité. <em>«&nbsp;La démocratie a besoin de mouvement. Si nous disons que nous ne pouvons pas tenir d'élections maintenant, cela posera beaucoup de problèmes. Nous devrions travailler de tout cœur à bâtir la confiance du peuple&nbsp;»</em> a souligné devant le parlement, en octobre 2019, l’unique Africain à avoir été classé parmi les 50 personnalités les plus influentes de la décennie écoulée, par le Financial Times.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Ghana: Akufo-Addo vs Mahama, pour un troisième round</strong></p>
<p class="texte">En décembre 2020, les Ghanéens seront appelés aux urnes pour élire un nouveau président qui dirigera le pays pour les quatre prochaines années. Comme en 2016, un nouveau duel pour le fauteuil présidentiel semble se dessiner avec les candidatures de Nana Akufo-Addo et de son prédécesseur John Dramani Mahama. Si quatre ans plus tôt, l’actuel locataire du Flagstaff House avait le manteau d’un opposant très critique des actions du gouvernement de l’époque, il s’agira cette fois pour Nana Akufo-Addo de défendre son bilan, pour le moins mitigé.</p>
<p class="texte">En effet, si le mandat reste marqué par une politique anti-corruption intense et un arrêt du programme de tutelle conclu avec le FMI, le bilan socio-économique de l’homme de 75 ans reste mitigé.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200106/3akufo-Addo.jpg" alt="3akufo Addo" width="600" height="405" /></p>
<p class="legende">Les progrès réalisés par l’économie ghanéenne profitent essentiellement aux riches.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Héritant d’un pays à l’économie chancelante, Nana Akufo-Addo a opté dès son arrivée au pouvoir, pour la rigueur dans la gestion des finances publiques. Il est parvenu à réduire le déficit budgétaire qui est passé à 5,9% du PIB en 2017 et il table maintenant sur une baisse progressive au cours des années qui suivront. Grâce à une hausse de la production pétrolière, le pays a enregistré une croissance économique de 8,5% en 2017, devenant ainsi l’une des locomotives de la croissance africaine. Malheureusement, ces performances restent entachées par une hausse inquiétante de la dette qui a atteint 59,4% du PIB à la fin du mois de juillet 2019, dont 31% de dette extérieure. D’après le FMI, elle devrait atteindre les 63%, d’ici à la fin de l’année, alors que la Banque centrale indique que le déficit budgétaire global s'est affiché à 3,9% du Produit intérieur brut au cours du deuxième trimestre 2019, contre un objectif de seulement 3,2%.</p>
<p class="texte">Les perspectives tablent d’ailleurs sur un essoufflement progressif de la croissance, portée jusqu’à présent par les matières premières. Au cours des prochaines années, l’institution de Bretton Woods prévoit une croissance autour de 5%, bien loin des 8,9% de l’année 2017 ou encore des 6,3% de 2018.</p>
<p class="texte">Selon Philip Alston, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté, les progrès réalisés par l’économie ghanéenne profitent essentiellement aux riches. Le nombre de pauvres (24&nbsp;% de la population) ne change pas vraiment, alors que celui des millionnaires en dollar est passé de 1900 en 2006 à 2900 en 2016, affichant une hausse de 52&nbsp;% en dix ans.</p>
<p class="texte">A quelques mois de l’élection présidentielle, Nana Akufo-Addo pourrait encore avoir quelques cartes à jouer pour redresser un bilan économique qui sera probablement au centre de la campagne qui l’opposera à un John Dramani Mahama revanchard.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Burundi&nbsp;: vers la fin de l’ère Nkurunziza ?</strong></p>
<p class="texte">Au Burundi, on se dirige en 2020, vers des élections générales particulièrement importantes pour le pays et pour toute la région des Grands Lacs. Si les élections législatives et communales sont prévues pour le 20 mai prochain, c’est surtout l’élection présidentielle prévue le même jour qui devrait monopoliser l’attention de la communauté internationale.</p>
<p class="texte">En effet, il s’agira de la première élection présidentielle à se tenir sans la participation du président Pierre Nkurunziza, depuis 2005. L’homme de 55 ans qui avait déjà brigué en 2015 un troisième mandat anticonstitutionnel, a annoncé à la surprise générale, au milieu de l’année 2019, son intention de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ceci, alors que le changement de constitution opéré en 2018 lui permettait de briguer un nouveau mandat.</p>
<p class="texte">Laissant un pays économiquement exsangue, en plus d’être marqué par des violences meurtrières sur fond d’autoritarisme, le dirigeant semble donc vouloir céder la place à une nouvelle personnalité qui conduira les destinées du pays.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200106/4Nkurunziza_.jpg" alt="4Nkurunziza " width="525" height="385" /></p>
<p class="legende">Pierre Nkurunziza a annoncé qu’il ne se représentera pas.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Cependant, si le pouvoir en place loue un processus électoral <em>«&nbsp;apaisé et ouvert&nbsp;»</em>, l’opposition en exil dénonce des élections à «&nbsp;huis clos&nbsp;», qui risquent d'envenimer la crise. <em>«&nbsp;Ces élections sont des élections de grands enjeux pour le Burundi. Ce ne sont pas des élections qui vont apaiser le climat politique. Au contraire, ce seront des élections qui vont aggraver la situation&nbsp;»</em>, a, à cet effet, déclaré Jean Minani, le président du Cnared, une plateforme qui regroupe une partie de l'opposition en exil.</p>
<p class="texte">Pour rappel, les violences et la répression qui ont accompagné la crise post-électorale déclenchée par le troisième mandat de Pierre Nkurunziza, auraient fait au moins 1200 morts et déplacé plus de 400&nbsp;000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale qui a ouvert une enquête.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Centrafrique&nbsp;: élections tests pour une paix fébrile</strong></p>
<p class="texte">Fin décembre 2020, ce sera au tour de la République centrafricaine de se lancer dans le ballet des élections présidentielles africaines. Pour le pays, il s’agira d’un véritable test démocratique, la situation sécuritaire et économique étant encore précaire. En juin dernier, l'Autorité nationale des élections (ANE) annonçait qu’elle fixait <em>«&nbsp;le premier tour des élections générales (présidentielle et législatives) au 27 décembre 2020, tandis qu'un second tour, si nécessaire, se tiendra le 14 février 2021&nbsp;»</em>, pour un budget d’environ 33 millions&nbsp;$.</p>
<p><span class="texte"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200106/5Faustin-Archange_Touadéra.jpg" alt="5Faustin Archange Touadéra" width="600" height="386" /></p>
<p class="legende">Un scrutin qui sera suivi de près par Moscou, nouvel acteur en Centrafrique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">S’il se représentait, l'actuel président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, élu en 2016, devra donc remettre en jeu son fauteuil présidentiel après un bilan peu reluisant, malgré un accord de paix signé en février avec 14 groupes armés. Le pays classé parmi les plus pauvres du monde est toujours majoritairement contrôlé par des groupes armés qui s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail, depuis le chaos dans lequel a sombré le pays après le renversement du président François Bozizé. Déjà, des rumeurs circulent sur l’éventualité d’un report du scrutin. En cas de maintien des dates prévues, la difficile équation de la tenue desdites élections sur toute l’étendue du territoire, et sans violences, devrait être la priorité d’un gouvernement qui a encore du mal à trouver une solution durable pour la sortie de crise.</p>
<p class="texte"><em><strong>Moutiou Adjibi Nourou</strong></em></p>
<p>&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 10 Jan 2020 12:31:55 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>Barkhane, la France prise au piège dans le Sahel</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2012-72325-barkhane-la-france-prise-au-piege-dans-le-sahel</link>
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			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>En 2013, le lancement de l’opération Serval pour stopper l’avancée de djihadistes vers Bamako, la capitale malienne, avait rencontré un franc succès et était présenté comme une victoire contre le terrorisme. Six ans après, l’armée française est toujours présente sur le territoire, les scènes de liesse accueillant François Hollande en héros à Tombouctou semblent avoir laissé place à un scepticisme qui brouille l’avenir de l’intervention française au Mali et dans le Sahel.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Barkhane et ses 700 millions d’euros</strong></p>
<p class="texte">En 2013, la France avait consacré 647 millions d’euros pour la mise en œuvre de l’opération Serval. En un an et demi, cette intervention française, présentée comme un véritable succès, a permis de mettre en déroute des groupes armés djihadistes dont la descente vers le sud menaçait Bamako et les milliers de ressortissants français vivant sur le territoire malien. On se souvient de la fameuse image de l’ancien président François Hollande et du chameau qui lui avait été offert par une population en liesse, heureux d’accueillir le héros venu délivrer le pays des terroristes.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/1Barkhane.jpg" alt="1Barkhane" width="600" height="255" /></p>
<p class="legende">Une chose est sûre, l’option militaire s’est jusqu’à présent avérée inefficace.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Surfant sur le succès de cette première opération, Paris décidera un peu plus tard de lancer une opération à plus grande échelle pour combattre les islamistes qui sèment la terreur dans plusieurs pays du Sahel.</p>
<p class="exergue">Surfant sur le succès de cette première opération, Paris décidera un peu plus tard de lancer une opération à plus grande échelle pour combattre les islamistes qui sèment la terreur dans plusieurs pays du Sahel.</p>
<p class="texte">Le 1<sup>er</sup> août 2014, l’opération Barkhane prend donc la suite de l’opération Serval et s’étend à la Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso, au Niger ainsi qu’au Tchad. Entre 3000 à 4500 soldats français sont mobilisés pour un budget annuel de l’ordre de 700 millions d’euros. Objectif visé&nbsp;: neutraliser la menace terroriste avant qu’elle n’arrive aux portes de l’Europe.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/2Barkhane3.jpg" alt="2Barkhane3" width="480" height="270" /></p>
<p class="legende">5 ans après, le manque de résultat a donné naissance à un scepticisme.</p>
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<p class="texte"><em>«&nbsp;Le but de cette présence, c’est d’empêcher que l’autoroute de tous les trafics ne devienne un lieu de passage permanent de reconstitution des groupes djihadistes, ce qui entraînerait des conséquences graves pour notre sécurité&nbsp;»</em>, déclarait en 2014 Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Le but de cette présence, c’est d’empêcher que l’autoroute de tous les trafics ne devienne un lieu de passage permanent de reconstitution des groupes djihadistes, ce qui entraînerait des conséquences graves pour notre sécurité.&nbsp;»</p>
<p class="texte">5 ans après, le manque de résultat a donné naissance à un scepticisme quant à l’efficacité de l’opération Barkhane. Il faut dire que, malgré la neutralisation de plusieurs combattants et chefs djihadistes, l’opération Barkhane n’a pas permis de réduire les violences dans le Sahel, au Mali, notamment. Celles-ci ont d’ailleurs pris de l’ampleur, suite au changement de mode opératoire des terroristes qui mènent désormais des attaques éclair contre les forces armées de l’opération Barkhane et des pays du Sahel.</p>
<p class="texte">Les attaques visant civils et militaires deviennent monnaie courante. Le 18 novembre dernier, 43 soldats maliens étaient tués au cours d’une patrouille organisée dans l’est du pays avec des forces nigériennes. Quelques jours plus tard, 13 soldats français périssaient dans le crash de leurs hélicoptères alors qu’ils menaient une opération anti-djihadiste, portant à 41 le nombre de militaires français tués au Sahel depuis le début de l'intervention française en 2013. En l’espace d’un mois, l’armée malienne a perdu plus d’une centaine de ses hommes dans des attaques menées par des groupes armés terroristes.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/3Barkhane4.jpg" alt="3Barkhane4" width="600" height="400" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;Les gens soutenaient l’opération Serval, mais ne comprenaient pas pourquoi cela se prolongeait par l’opération Barkhane&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">L’enlisement du conflit au Mali a contribué à alimenter un sentiment anti-français au sein de la population, certains allant même jusqu’à accuser Paris d’être de connivence avec les groupes terroristes.</p>
<p class="exergue">L’enlisement du conflit au Mali a contribué à alimenter un sentiment anti-français au sein de la population, certains allant même jusqu’à accuser Paris d’être de connivence avec les groupes terroristes.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Entre 2013 et 2015, on a vu très rapidement après les signatures des accords de paix de Ouagadougou et Alger pour le Mali, que l’opinion malienne changeait vis-à-vis de la présence des troupes françaises. Les gens soutenaient l’opération Serval, mais ne comprenaient pas pourquoi cela se prolongeait par l’opération Barkhane&nbsp;»</em>, commentait Aurélien Tobie, chercheur et chargé de mission en faveur de la paix au Mali pour le Stockholm international peace research institute, cité par Slate.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Les habitants ont aussi eu le sentiment que la France “collaborait” avec des “ennemis” du Mali, comme le MNLA, avec des alliances sur le terrain&nbsp;».</p>
<p class="texte">Et d’ajouter&nbsp;: <em>«&nbsp;Les habitants ont aussi eu le sentiment que la France “collaborait” avec des “ennemis” du Mali, comme le MNLA [Mouvement national de libération de l'Azawad, favorable à l'indépendance de ce territoire désertique situé au nord du pays, ndlr], avec des alliances sur le terrain&nbsp;»</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>La question libyenne et les conflits intercommunautaires</strong></p>
<p class="texte">Pour de nombreux experts, la résurgence des attaques djihadistes au Mali et dans le Sahel est étroitement liée à la situation qui prévaut en Libye. Depuis la chute du Guide libyen Mouammar Kadhafi, le pays est sujet à la prolifération de nombreux groupes armés dont les activités de trafic et de terrorisme déstabilisent la région.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/4Barkhane5.jpg" alt="4Barkhane5" width="600" height="400" /></p>
<p class="legende">Pour de nombreux experts, la résurgence des attaques djihadistes au Mali et dans le Sahel est étroitement liée à la situation qui prévaut en Libye.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;C’est le chaos libyen qui a amplifié les menaces auxquelles nos pays [les pays du G5 Sahel, ndlr] sont exposés&nbsp;», indiquait à cet effet Mahamadou Issoufou président du Niger, lors de la conférence des bailleurs de fonds et partenaires financiers du G5 Sahel, qui s’est tenue à Nouakchott, fin 2018. Et d’ajouter&nbsp;: «&nbsp;Que cela soit l’aspect développement ou l’aspect militaire et sécuritaire, nous ne pouvons créer les conditions de la stabilisation du Sahel, que si nous arrivons à sortir du chaos libyen&nbsp;»</em>. Certains pays n’hésitent pas à pointer du doigt l’Etat français, accusant l’Hexagone de n’avoir pas assuré le <em>«&nbsp;service après-vente&nbsp;»</em> en Libye, après le renversement du régime Kadhafi avec l’appui de l’Elysée.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Que cela soit l’aspect développement ou l’aspect militaire et sécuritaire, nous ne pouvons créer les conditions de la stabilisation du Sahel, que si nous arrivons à sortir du chaos libyen&nbsp;».&nbsp;</p>
<p class="texte">De plus, la multiplication des conflits intercommunautaires a créé un terreau fertile pour l’expansion des violences terroristes. Une situation encore plus intense au Mali qui a enregistré ces derniers mois une hausse des violences inter-ethniques. L’ONU a dénombré en 2018 plus d’une centaine d’incidents de violence communautaire ayant occasionné au moins 300 civils tués, dans le centre et le nord du pays. Cette violence a vu s’opposer des <em>«&nbsp;groupes d’auto-défense&nbsp;»</em>, entraînant le pillage et la destruction de dizaines de villages et le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Le 23 mars dernier, à Ogossagou, plus de 160 villageois peuls étaient massacrés par des hommes associés à l’ethnie Dogon.</p>
<p class="texte">Pour Mamadou Savadogo, chercheur sur les questions de sécurité au Burkina Faso, les groupes terroristes ont trouvé dans ces affrontements communautaires, un nouveau moyen d’étendre leurs actions. Pour l’expert, les groupes djihadistes ont adopté la stratégie du <em>«&nbsp;terrorisme communautaire&nbsp;»</em>. <em>«&nbsp;Ils s’intègrent au sein des populations et les utilisent pour atteindre leur objectif&nbsp;»</em>.</p>
<p class="exergue">Pour l’expert, les groupes djihadistes ont adopté la stratégie du «&nbsp;terrorisme communautaire&nbsp;». «&nbsp;Ils s’intègrent au sein des populations et les utilisent pour atteindre leur objectif&nbsp;».</p>
<p class="texte">La multiplication de ces violences a créé un sentiment d’insatisfaction au sein de la population malienne pour qui les responsables sont à la fois les groupes armés et les terroristes pour leurs violences, mais également les forces armées maliennes, les forces de l’ONU et l’opération Barkhane pour leur inefficacité.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;Les violences intercommunautaires, c’est vraiment le risque majeur&nbsp;»</em>, expliquait à RFI, le général Frédéric Blachon ancien commandant de la force Barkhane. <em>«&nbsp;On connaît après le cycle de représailles, donc c’est vraiment la hantise de toutes les forces armées. Ces combats intercommunautaires peuvent avoir des tas de raisons, et c’est à nous d’éviter d’en rajouter&nbsp;»</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Un G5 Sahel inoffensif</strong></p>
<p class="texte">Si l’opération Barkhane semble autant s’enliser, c’est également parce que les principaux pays impliqués dans la guerre antiterroriste au Sahel n’ont pas encore réussi à donner la preuve de leur efficacité, quant à la gestion autonome de la crise qui secoue la région. Regroupés au sein du G5 Sahel, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad ont émis dès 2014, l’idée de créer une force régionale transnationale et autonome capable de neutraliser la menace terroriste et de résorber l’insécurité dans la région. Cinq ans après son lancement, force est de constater que l’organisation peine à être opérationnelle.</p>
<p class="exergue">Regroupés au sein du G5 Sahel, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad ont émis dès 2014, l’idée de créer une force régionale transnationale et autonome capable de neutraliser la menace terroriste et de résorber l’insécurité dans la région.</p>
<p class="texte">Essentiellement en cause, le manque de financement pour démarrer les activités de la force armée du G5 Sahel, dont le budget de lancement est estimé à 400 millions d’euros. Si plusieurs partenaires, dont l’Union européenne (UE), les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, ont promis des millions de dollars pour soutenir l’initiative, les financements tardent à être débloqués.</p>
<p class="texte">Il y a quelques semaines, la France reprochait d’ailleurs à l’Arabie saoudite d’avoir manqué à ses engagements financiers envers la force de sécurité conjointe. <em>«&nbsp;Pour le G5, il y a eu une première phase de mobilisation de la communauté internationale et d'engagement des bailleurs de fonds à armer le G5, mais il y a eu des retards […] L'Arabie saoudite n'a toujours pas honoré la promesse de soutien qu'elle a faite [...] et je ne peux que regretter qu'elle n'honore pas les engagements qu'elle prend&nbsp;»</em>, avait déclaré Florence Parly, ministre française des Armées.<br />Les pays du G5, qui ne cessent de déplorer un manque de solidarité de la communauté internationale, n’ont généralement pas d’autre choix que de dépendre de leur allié français dans le difficile combat contre les groupes terroristes.</p>
<p class="exergue">Les pays du G5, qui ne cessent de déplorer un manque de solidarité de la communauté internationale, n’ont généralement pas d’autre choix que de dépendre de leur allié français dans le difficile combat contre les groupes terroristes.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;L’alliance militaire du G5 Sahel est évidemment une bonne idée, mais comme toute force interafricaine, elle peine à se mettre en place en grande partie par la lenteur des ressources qui lui sont accordées, à côté, encore une fois, d’une MINUSMA inutile qui coûte presque autant chaque année que tous les budgets de défense réunis des cinq Etats de la région&nbsp;»</em>, déclarait au Figaro, Michel Goya, historien de la guerre. <em>«&nbsp;Tout cela va bien au-delà du ciblage de chefs djihadistes et nous échappe largement. Pour autant, si Barkhane n’était pas là, ce chaos serait bien plus important. Barkhane est comme une clé de voûte, bloquée, mais indispensable&nbsp;»</em>, ajoute-t-il.</p>
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<p class="texte"><strong>Un aspect social négligé</strong></p>
<p class="texte">Depuis le lancement des opérations antiterroristes dans le Sahel, les questions militaires semblent avoir supplanté les questions sociales, pourtant essentielles pour régler la crise sécuritaire de la région.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/5Barkhane2.jpg" alt="5Barkhane2" width="600" height="375" /></p>
<p class="legende">Depuis le lancement des opérations antiterroristes dans le Sahel, les questions militaires semblent avoir supplanté les questions sociales.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En 2017, Corinne Dufka, directrice adjointe de la division Afrique de l’ONG Human Rights Watch, déclarait&nbsp;: <em>«&nbsp;Bamako refuse d'admettre que la mal-gouvernance est la principale racine des maux de la région [...] Paris, comme les puissances régionales, prêtent beaucoup trop d'attention à l'aspect militaire de la lutte contre les djihadistes, pas assez au terreau qui l'alimente&nbsp;»</em>.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Bamako refuse d'admettre que la mal-gouvernance est la principale racine des maux de la région [...] Paris, comme les puissances régionales, prêtent beaucoup trop d'attention à l'aspect militaire de la lutte contre les djihadistes, pas assez au terreau qui l'alimente&nbsp;».</p>
<p class="texte">Les conflits sécuritaires, combinés aux chocs climatiques menacent la sécurité alimentaire de millions de personnes dans la région. D’après le bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires, on comptait en 2014, 20 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans le Sahel, dont 2,5 millions qui ont besoin d’assistance humanitaire d’urgence pour survivre. Rien qu’au Burkina Faso, au moins 486&nbsp;000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, ce qui porte à 860&nbsp;000 le nombre total de personnes déplacées, si on ajoute les chiffres du Mali et du Niger. Plus de 270&nbsp;000 personnes vivent déjà comme des réfugiés dans ces pays. Ces populations, déjà pauvres, abandonnent pour la plupart les maigres biens qu’elles possèdent afin de sauver leurs vies et généralement se battre pour se partager des ressources d’eau et de nourriture insuffisantes. Une situation qui exacerbe le risque de violences déjà élevé dans la région.</p>
<p class="exergue">Ces populations, déjà pauvres, abandonnent pour la plupart les maigres biens qu’elles possèdent afin de sauver leurs vies et généralement se battre pour se partager des ressources d’eau et de nourriture insuffisantes.</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;La concurrence féroce pour ces ressources vitales alimente les conflits et renforce les efforts de radicalisation des groupes militants qui se sont installés dans la région&nbsp;»</em>, commentait à cet effet Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).</p>
<p class="texte">L’organisation en décembre 2018 d’une Conférence internationale des donateurs du G5 Sahel semble néanmoins traduire une prise de conscience collective, quant à l’urgence de répondre aux défis sociaux dans le Sahel. La rencontre avait en effet permis de mobiliser plus de 2 milliards d’euros d’engagements financiers en faveur du Programme d’investissement prioritaire (PIP) du G5 Sahel. Celui-ci comporte une quarantaine de projets répartis sur plusieurs axes, à savoir&nbsp;: la défense et la sécurité, la gouvernance, les infrastructures, la résilience et le développement humain.<br />Une chose est sûre, l’option militaire s’est jusqu’à présent avérée inefficace. Les groupes terroristes semblent s’être adaptés à la présence française et multiplient les attaques de façon quasi hebdomadaire.</p>
<p class="exergue">Les groupes terroristes semblent s’être adaptés à la présence française et multiplient les attaques de façon quasi hebdomadaire.</p>
<p class="texte">D’un autre côté, le développement d’un sentiment anti-français au sein de la population malienne n’est pas pour arranger les choses. Même si un récent sondage de l’institut IFOP montre que 58% des Français sont favorables à un maintien des troupes au Mali, l’annonce par le président Emmanuel Macron d’un réexamen de la stratégie des forces antidjihadistes françaises au Sahel semble souligner la nécessité de réorienter les actions de la France dans la région.</p>
<p class="texte"><strong>Moutiou Adjibi Nourou</strong></p>
<p>&nbsp;<img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 20 Dec 2019 11:11:43 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>RDC : quand la quête de pétrole menace la préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1312-72097-rdc-quand-la-quete-de-petrole-menace-la-preservation-d-un-patrimoine-naturel-exceptionnel</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1312-72097-rdc-quand-la-quete-de-petrole-menace-la-preservation-d-un-patrimoine-naturel-exceptionnel</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Bien qu’étant l’un des plus importants exportateurs mondiaux de cuivre et de cobalt, ainsi que d’autres minerais de premier plan, la République démocratique du Congo (RDC) reste l’un des cinq pays les plus pauvres du monde. Environ 78% de sa population de 80 millions de personnes vit sous le seuil de la pauvreté. Dans ses efforts pour diversifier ses recettes, le pays a, au cours de ces dix dernières années, multiplié les initiatives pour construire son industrie d’exploration pétrolière. Mais, outre l’incohérence de ses politiques pétrolières, les périmètres ouverts à l’exploration sont, pour la quasi-totalité, situés au cœur d’écosystèmes fragiles. Décryptage.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>L’Etat n’a d’yeux que pour les espaces protégés</strong></p>
<p class="texte">Février 2018&nbsp;: Aimé Ngoy Mukena, le ministre du Pétrole, a déclaré que le droit positif en vigueur dans le pays n’interdit pas l’exploration du pétrole dans les aires protégées. <em>«&nbsp;La loi nous permet d’explorer dans n’importe quelle partie du pays&nbsp;»</em>, avait-il alors déclaré dans les colonnes de la presse locale, après la publication par le journal allemand Die Tageszeitung d’une information selon laquelle l’ancien homme fort du pays, Joseph Kabila, venait d’autoriser l'exploration du parc national de la Salonga, la plus grande réserve de forêt tropicale pluviale d’Afrique. C’est aussi la deuxième plus grande forêt tropicale au monde avec une superficie de 33&nbsp;350 km2.</p>
<p class="texte">&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/1Salonga.jpg" alt="1Salonga" width="600" height="431" /></p>
<p class="legende">Le parc national de la Salonga, la plus grande réserve de forêt tropicale pluviale d’Afrique.</p>
<p class="texte">&nbsp;</p>
<p class="texte">Elle abrite des espèces rares, notamment 40% de la population mondiale des bonobos, des éléphants de forêt, des chimpanzés nains et des paons du Congo. Or, les parcs nationaux de la Salonga et des Virunga sont des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Elle abrite des espèces rares, notamment 40% de la population mondiale des bonobos, des éléphants de forêt, des chimpanzés nains et des paons du Congo.»</p>
<p class="texte">Le responsable a ajouté que le gouvernement réunira l’ensemble des ministres et des experts pour évaluer les dangers d’une exploitation, une fois que du pétrole sera découvert sur place. Ces propos ont choqué l’opinion locale et internationale tant ces périmètres sont sensibles.</p>
<p class="texte">Quelques mois plus tard, en juillet, le gouvernement a annoncé qu’il s’apprête à ouvrir les parcs nationaux des Virunga et de la Salonga aux opérations pétrolières. Pour cela, il a déclaré dans un communiqué avoir approuvé la création de commissions interministérielles chargées de préparer les plans de déclassification de certaines sections des parcs. La mesure concerne 21,5% de la superficie des Virunga. Une annonce qui confirmait la volonté du régime Kabila d’exploiter au maximum les potentialités qu’offre le pays en matière d’exploration pétrolière. <br />D’ailleurs, cette information devrait jeter un nouveau coup de froid dans les relations entre la RDC et l’UNESCO.</p>
<p><span class="texte"></span><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/2aime-ngoy-mukena.jpg" alt="2aime ngoy mukena" width="600" height="396" /></p>
<p class="legende">Aimé Ngoy Mukena, ex-ministre du Pétrole&nbsp;: «&nbsp;La loi nous permet d’explorer dans n’importe quelle partie du pays&nbsp;».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">En 2010, le gouvernement congolais avait attribué des contrats de partage de production couvrant 85% de la superficie du parc national des Virunga à des compagnies, dont Soco, alors que la loi congolaise interdit toute exploitation dans cette zone.</p>
<p class="texte">Mais en 2013, le Fonds mondial de la nature (WWF) a porté plainte auprès de l’OCDE contre Soco et compagnie. D’après l’organisation de protection de l’environnement, Soco viole les directives de l’OCDE, relatives à l’environnement et aux droits humains, par ses activités sur l’un des plus anciens sites du patrimoine mondial d’Afrique. <em>«&nbsp;Les activités de Soco mettent en danger les populations locales vivant dans le parc des Virunga, ses animaux et leurs habitats. La seule façon pour la société Soco de se mettre en conformité avec les directives de l'OCDE est de mettre fin pour de bon à toute exploration au sein du parc&nbsp;»</em>, explique Lasse Gustavsson, directeur de la Conservation au WWF International.L’organisation indique que des activités pétrolières dans la région pourraient entraîner une pollution, endommager les habitats et favoriser le braconnage au sein de cet écosystème fragile.&nbsp;</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Les activités de Soco mettent en danger les populations locales vivant dans le parc des Virunga, ses animaux et leurs habitats.»</p>
<p class="texte">En juin 2014, après une campagne intense des défenseurs de l’environnement, Soco a finalement annoncé l’arrêt de ses activités pétrolières. Mais le gouvernement ne compte pas reculer. En décembre dernier, avant de quitter le pouvoir, Joseph Kabila a octroyé trois licences d’exploration pétrolière à la société Dig Oil, dont l’une empiète sur le parc national de la Salonga. Selon Emmanuel Kayumba Banza-Mwana, un haut fonctionnaire du ministère du Pétrole, une commission a été mise en place pour évaluer si le forage y sera autorisé. Par ailleurs, la Lettre du Continent a révélé que la Société nationale des hydrocarbures du Congo (Sonahydro) a signé un accord de principe pour réattribuer le permis de Soco à une société inconnue, dénommée Oil Quest International. La procédure est toujours en cours.</p>
<p class="texte">Pour certaines organisations de défense de la nature, des activités de forage dans la zone pourraient non seulement affecter la faune, mais libérer des quantités massives de gaz à l'origine du réchauffement climatique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte"><strong>Le paradoxe congolais</strong></p>
<p class="texte">La RDC est un exploitant marginal de pétrole qui en extrait 25&nbsp;000 barils sur une base quotidienne. C’est aussi le 12e producteur du continent. Cette production est assurée par la société franco-britannique Perenco en offshore et à terre, dans l’ouest du pays. Les retombées de cette industrie pour le pays sont difficilement quantifiables. Alors que l’opinion publique ne regarde que du côté des mines, l’Etat ne publie presque jamais les détails concernant les royalties qu’il empoche dans le pétrole. Or, Perenco est, au sein de l’industrie, connue pour ses méthodes contestées. Très souvent interpellée par les organisations de la société civile pour ses rejets de produits chimiques, elle n’a jamais vraiment été inquiétée.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/3-Oil.jpg" alt="3 Oil" width="600" height="360" /></p>
<p class="legende">La RDC ne produit que 25&nbsp;000 barils/jour, mais son potentiel serait très supérieur à celui de l’Angola.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">Il convient de noter que le potentiel pétrolier de la RDC est estimé à 20 milliards de barils en offshore et en onshore. Une quantité qui, si elle se confirme, <em>«&nbsp;placerait la RDC au deuxième rang des plus grands détenteurs de pétrole de l’Afrique subsaharienne, derrière le Nigeria, et surpasserait de loin les 9 milliards de barils de pétrole de réserves de l’Angola&nbsp;»</em>, a expliqué NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l'énergie, dans un avis d’expert publié en octobre dernier.</p>
<p class="exergue">Le potentiel pétrolier de la RDC est estimé à 20 milliards de barils en offshore et en onshore. Une quantité qui, si elle se confirme, «&nbsp;placerait la RDC au deuxième rang des plus grands détenteurs de pétrole de l’Afrique subsaharienne, derrière le Nigeria, et surpasserait de loin les 9 milliards de barils de pétrole de réserves de l’Angola&nbsp;».</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;24 des 26 provinces du pays abritent des hydrocarbures&nbsp;»</em>, selon une déclaration de l’ex-ministre du Pétrole, Aimé Ngoy Mukena. Dans un contexte normal, ces chiffres devraient susciter l’organisation et la mise en place de politiques pétrolières adéquates pour attirer des investissements et développer les ressources. Mais en RDC, depuis les années 2000, l’Etat a signé très peu d’accords de partage de production. Ceci, en l’absence d’une réglementation en bonne et due forme, mais surtout majoritairement avec des compagnies qui présentent peu de références sur le marché.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/4-Virunga.jpg" alt="4 Virunga" width="600" height="399" /></p>
<p class="legende">«&nbsp;24 des 26 provinces du pays abritent des hydrocarbures&nbsp;»</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="texte">De plus, les registres d’attribution des périmètres montrent que les blocs changent régulièrement de propriétaires. Une situation qui laisse très peu de temps et de marge de manoeuvre aux compagnies présentes dans le pays. <em>«&nbsp;Quelle entreprise voudrait investir dans un pays où un contrat peut être signé puis annulé quelques mois plus tard sans explication ou justification ?&nbsp;»</em>, s’interroge Ayuk. D’ailleurs, en 2017, Kinshasa en a déjà fait les frais.</p>
<p class="texte">Un tribunal international a condamné l’Etat à verser à la société sud-africaine Dig Oil, 617 millions de dollars pour ne pas avoir honoré deux contrats pétroliers. L’affaire est toujours en cours, mais est symptomatique de la mauvaise organisation du secteur.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Quelle entreprise voudrait investir dans un pays où un contrat peut être signé puis annulé quelques mois plus tard sans explication ou justification ?&nbsp;»&nbsp;</p>
<p class="texte">Après la société indépendante Tullow Oil, qui a quitté le pays et découvert de gros gisements dans l’Ouganda voisin, le géant français Total a, à son tour, quitté le pays en mai 2019. Si Total a refusé de commenter cette actualité, le gouvernement congolais a déclaré que ce retrait s’explique par le développement de son projet phare en Ouganda. A en croire le gouvernement, la société française aurait besoin de se concentrer sur ses actifs ougandais. Or, le bloc pétrolier III qu’il contrôlait en RDC est le périmètre le plus prolifique du pays, avec jusqu'à 1,2 milliard de barils de pétrole récupérables.</p>
<p class="texte">Les circonstances dans lesquelles la compagnie a quitté le pays restent floues, mais tout porte à croire qu’elles sont liées à l’incohérence des politiques pétrolières publiques.</p>
<p class="texte"><em><strong>Olivier de Souza</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/olivierdesouza.png" alt="olivierdesouza" width="120" height="120" /></p>
<p>&nbsp;</p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 13:37:59 +0100</pubDate>
		</item>
		<item>
			<title>L’Afrique, un continent propice au développement de smart cities</title>
			<link>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/0612-71864-l-afrique-un-continent-propice-au-developpement-de-smart-cities</link>
			<guid isPermaLink="true">https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/0612-71864-l-afrique-un-continent-propice-au-developpement-de-smart-cities</guid>
			<description><![CDATA[<div class="K2FeedIntroText"><p class="texte"><em><strong>Maisons connectées, technologies de pointe, gestion optimale des ressources… les villes de demain seront de plus en plus intelligentes, suivant la tendance de la révolution technologique au niveau mondial. En Afrique, ces villes intelligentes semblent rencontrer un franc succès auprès des dirigeants qui y voient une opportunité pour mieux relever le défi de l’explosion urbaine qu’enregistrera le continent au cours des prochaines années.</strong></em></p>
<p class="texte">La smart-city ou ville intelligente a été imaginée à l'origine pour résoudre des problèmes d'urbanisme et de développement durable des villes des pays du Nord. Plus concrètement, il s’agit de zones où technologie et connectivité sont au cœur de l’infrastructure et qui offrent des espaces pour vivre, apprendre, travailler, entreprendre et développer des activités innovantes.</p>
<p class="texte">Pour la plupart des experts, une ville doit remplir six critères pour être qualifiée d’intelligente. Elle doit avoir une administration, un mode de vie, des habitants, une économie, une mobilité et un environnement <em>«&nbsp;intelligents&nbsp;»</em>.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/1seme_city.jpg" alt="1seme city" width="650" height="433" /></p>
<p class="legende">L’Afrique développe de nombreux projets de villes intelligentes.</p>
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<p class="texte">Transposées dans le contexte africain, il s’agit donc de villes conçues ou remodelées pour faciliter la mobilité, réduire la consommation d'énergie, proposer des solutions optimales et innovantes pour la gestion des déchets et l'assainissement, aider à la conception et à la construction d'établissements publics écologiques, offrir un large choix de matériaux efficaces sur le plan énergétique. Elles doivent pouvoir créer de nouveaux emplois durables, en s’appuyant notamment sur le développement du numérique.</p>
<p class="texte">Depuis quelques années, l’Afrique a enregistré de nombreux projets de villes intelligentes qui comptent se développer en réduisant rapidement la fracture technologique qui afffecte le continent.</p>
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<p class="texte"><strong>Ces futures smart cities africaines</strong></p>
<p class="texte">Selon le cabinet Estate Intel, plus de 100 milliards&nbsp;$ de projets de nouvelles villes sont en cours sur le continent africain. Prévus pour s’étaler sur des millions d’hectares, ces projets font la part belle aux villes intelligentes pour accélérer le processus de développement technologique du continent.</p>
<p class="exergue">Selon le cabinet Estate Intel, plus de 100 milliards&nbsp;$ de projets de nouvelles villes sont en cours sur le continent africain. Prévus pour s’étaler sur des millions d’hectares, ces projets font la part belle aux villes intelligentes pour accélérer le processus de développement technologique du continent.</p>
<p class="texte">En mars dernier, l’Agence française de développement (AFD) a sélectionné 12 villes africaines pour former un réseau africain de villes intelligentes (ASToN-African smart towns network)&nbsp;: Alger (Algérie), Bamako (Mali), Benguérir (Maroc), Sèmè-Kpodji (Bénin),Bizerte (Tunisie), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Kumasi (Ghana), Lagos (Nigeria), Maputo-Matola (Mozambique), Niamey (Niger) et Nouakchott (Mauritanie).</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/2seme_city_maquette.jpg" alt="2seme city maquette" width="600" height="360" /></p>
<p class="legende">Sèmè City veut générer 190&nbsp;000 emplois directs et indirects dont un tiers d’auto-emplois.</p>
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<p class="texte">Ainsi, au Bénin, le gouvernement a lancé depuis 2017 le programme Sèmè-City qui vise à créer une ville intelligente dédiée à l’innovation et au savoir, dans la ville de Sèmè-Kpodji, située entre Cotonou et la capitale Porto-Novo. Au Kenya, la Konza Technopolis ou Konza Technology City (KTC) ou encore «&nbsp;Silicon Savannah&nbsp;» est un projet phare du gouvernement.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/2konza-technopolis.jpg" alt="2konza technopolis" width="600" height="338" /></p>
<p class="legende">Konza Technopolis, une ville entièrement dédiée à la technologie.</p>
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<p class="texte">Sur une surface de 2000 hectares, il vise à construire, pour un coût global de 400 millions&nbsp;$, une ville entièrement dédiée à la technologie, à l’image du projet de la Cité de l’Innovation de Kigali au Rwanda, financée par la Banque africaine de développement (BAD) et dont la valeur est estimée à plus de 2 milliards&nbsp;$. D’autres grandes métropoles comme Casablanca ou Abidjan couvent également des projets de migration progressive vers le statut de villes intelligentes.</p>
<p class="texte">Cependant, c’est sans doute en Egypte que se trouve le projet le plus pharaonique de ville intelligente africaine.</p>
<p class="exergue">Pour un coût global estimé à 45 milliards&nbsp;$, la «&nbsp;Sissi City&nbsp;» comme on la surnomme, vise à construire sur plus de 700 km² une ville fondée sur les technologies de l’information et la connectivité</p>
<p class="texte">A 45 km à l’est du Caire, une nouvelle capitale administrative égyptienne est en cours de construction depuis 2015.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/3Sissi_City_-egypt.jpg" alt="3Sissi City egypt" width="600" height="338" /></p>
<p class="legende">45 milliards&nbsp;$ pour bâtir la «&nbsp;Sissi City&nbsp;».</p>
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<p class="texte">Pour un coût global estimé à 45 milliards&nbsp;$, la <em>«&nbsp;Sissi City&nbsp;»</em> comme on la surnomme, vise à construire sur plus de 700 km² une ville fondée sur les technologies de l’information et la connectivité, les réseaux intelligents, les moyens de transport intelligents ainsi que l’administration intelligente. Environ dix mille kilomètres de voies nouvelles et plus de 663 infrastructures de santé devraient y être construits.</p>
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<p class="texte"><strong>Des contraintes urbaines à exploiter</strong></p>
<p class="texte">Pour de nombreux experts, l’Afrique est le continent le mieux placé pour profiter du plein potentiel qu’offrent les villes intelligentes. Ceci est essentiellement lié à la structure actuelle des villes africaines considérées comme mal adaptées pour absorber les effets de la prochaine explosion démographique qu’enregistrera le continent.</p>
<p class="texte">Avec une population estimée à 1,3 milliard d’individus pour une superficie de 30,2 millions km², l’Afrique abrite environ 17% de la population mondiale sur 22% des terres de la planète. Au cours des dernières années, le taux d’urbanisation du continent a considérablement évolué.</p>
<p class="texte">En seulement dix années, la population urbaine de l’Afrique a doublé. Elle est passée de 237 millions en 1995 à 472 millions d’individus en 2015.</p>
<p class="exergue">En seulement dix années, la population urbaine de l’Afrique a doublé. Elle est passée de 237 millions en 1995 à 472 millions d’individus en 2015.</p>
<p class="texte">Cette progression devrait se maintenir dans les prochaines années. Pour les analystes, 560 millions d’Africains résideront dans les villes du continent dès 2020, et ce chiffre pourrait être porté à près d’un milliard, d’ici 2040. En d’autres termes, la moitié des 2 milliards d’habitants de l’Afrique attendus à cet horizon vivra dans les villes. Par ailleurs, d’ici 2050, l’Afrique réalisera à elle seule 50% de la croissance urbaine mondiale, selon la Revision of World Population Prospects réalisée par les Nations unies.</p>
<p class="texte">Pour de nombreux experts, la structure actuelle des villes africaines ne leur permettra pas de faire face à cette explosion urbaine, en raison notamment du manque d’infrastructures appropriées pour fournir les services de base. En matière de services technologiques, ce retard est encore plus important. Cependant, c’est justement ce retard qui devrait permettre aux villes africaines de réaliser des bonds de géants dans leur migration vers le statut de villes intelligentes.</p>
<p>&nbsp;<img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/4konza.jpg" alt="4konza" width="600" height="338" /></p>
<p class="legende">C’est justement leur retard technologique qui devrait permettre aux villes africaines de réaliser des bonds de géant.</p>
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<p class="texte">En effet, les villes africaines sont plus jeunes et plus flexibles que les villes des pays développés et sont de ce fait, moins freinées par le poids des infrastructures existantes. Ainsi, elles ont de nombreuses opportunités pour développer des projets à fort potentiel technologique, comme le passage direct au mobile et à la fibre optique et l’installation de Smart Grid pour leur gestion énergétique.</p>
<p class="exergue">Les villes africaines sont plus jeunes et plus flexibles que les villes des pays développés et sont de ce fait, moins freinées par le poids des infrastructures existantes. Ainsi, elles ont de nombreuses opportunités pour développer des projets à fort potentiel technologique</p>
<p class="texte"><em>«&nbsp;L'avantage des villes africaines pour l'adoption des technologies dépasse de loin celui de leurs homologues orientaux et occidentaux, car bon nombre d'entre elles ne souffrent pas des coûts paralysants associés à l'entretien des infrastructures et systèmes existants&nbsp;»</em>, indiquait à cet effet Denise Lee, directrice associée chez Deloitte Afrique.</p>
<p class="exergue">«&nbsp;Des pays comme l'Ethiopie, la Libye et le Soudan du Sud n'ont pas d'installations de câbles de télécommunications importantes et n'auraient donc pas besoin d'envisager le passage de l'analogique à l'ADSL, ils peuvent immédiatement envisager d'aller de l'avant avec une mise en œuvre pure du dernier réseau 5G/ LTE.»</p>
<p class="texte">Et d’ajouter&nbsp;: <em>«&nbsp;Des pays comme l'Ethiopie, la Libye et le Soudan du Sud n'ont pas d'installations de câbles de télécommunications importantes et n'auraient donc pas besoin d'envisager le passage de l'analogique à l'ADSL, ils peuvent immédiatement envisager d'aller de l'avant avec une mise en œuvre pure du dernier réseau 5G/ LTE. De plus, ils n'auraient pas à s'inquiéter des coûts et de l'approvisionnement en ressources liés au patch et à la mise à niveau des sections de composants réseau existants mais obsolètes&nbsp;»</em>.</p>
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<p class="texte"><strong>Des retombées économiques et sociales attendues</strong></p>
<p class="texte">Les nombreuses initiatives localisées qui foisonnent sur le continent sont des étapes vers le développement de villes intelligentes, contribuant ainsi à africaniser le phénomène de smart city. Au cours des prochaines années, ces initiatives devraient d’ailleurs avoir des retombées économiques et sociales pour les Etats africains.</p>
<p class="texte">Ainsi, grâce au projet Sèmè City, l’Etat béninois espère former 200&nbsp;000 apprenants à des programmes axés sur l’innovation, d’ici 2030, tout en créant plus de 190&nbsp;000 emplois directs et indirects dont un tiers d’auto-emplois. Au Kenya, le gouvernement espère que le projet Konza Technology City (KTC) contribuera à hauteur de 2% au Produit intérieur brut (PIB), en plus de créer plus de 200&nbsp;000 emplois d’ici 2030. Un campus pouvant accueillir jusqu’à 1500 étudiants, des industries de fabrication de matériaux d’assemblage, des hôtels et des zones résidentielles devraient également être construits dans la future smart city. Au Rwanda, le gouvernement espère, grâce à la Kigali Innovation City (KIC), créer plus de 50&nbsp;000 emplois et générer 150 millions&nbsp;$ d’exportations dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), en plus d’attirer environ 300 millions&nbsp;$ d’investissements directs étrangers par an.</p>
<p class="exergue">Au Rwanda, le gouvernement espère, grâce à la Kigali Innovation City (KIC), créer plus de 50&nbsp;000 emplois et générer 150 millions&nbsp;$ d’exportations dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), en plus d’attirer environ 300 millions&nbsp;$ d’investissements directs étrangers par an.&nbsp;</p>
<p class="texte">En Egypte, les autorités espèrent, grâce à la nouvelle capitale administrative, désengorger Le Caire qui occupe le rang de ville la plus peuplée d’Afrique avec plus de 24 millions d’habitants. La nouvelle ville, en plus d’être intelligente, devrait donc accueillir plus de six millions et demi d'habitants, répartis sur vingt-et-un districts résidentiels, à une échéance de vingt ans environ.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191203/5huawei_5g.jpg" alt="5huawei 5g" width="600" height="450" /></p>
<p class="legende">Huawei se tient prêt à déployer sa technologie 5G dans les smart cities africaines.</p>
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<p class="texte">De plus, ces projets semblent séduire les investisseurs privés, nationaux comme internationaux, intervenant pour beaucoup dans le domaine des nouvelles technologies. L’année dernière, par exemple, le géant chinois Huawei indiquait qu’il lancerait un fonds de 1,5 milliard&nbsp;$ pour soutenir les smart cities africaines.</p>
<p class="exergue">L’année dernière, par exemple, le géant chinois Huawei indiquait qu’il lancerait un fonds de 1,5 milliard&nbsp;$ pour soutenir les smart cities africaines.</p>
<p class="texte">En novembre 2018, le fonds Africa50 avait également annoncé qu’il investirait environ 400 millions&nbsp;$ dans la KIC rwandaise. De bonnes nouvelles pour les Etats, dont les ressources publiques restent largement insuffisantes pour financer de tels projets.</p>
<p class="texte">Cependant, si le problème du financement semble se résoudre progressivement, d’autres défis importants restent à relever. A cet effet, l’amélioration de la sécurité, sur un continent en proie à la recrudescence des violences et conflits, ainsi que l’optimisation de la connectivité internet qui reste encore en dessous des attentes, devraient particulièrement retenir l’attention des décideurs publics au cours des prochaines années.</p>
<p class="texte"><em><strong>Moutiou Adjibi Nourou</strong></em></p>
<p><img src="https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png" alt="Moutiou Adjibi" width="120" height="120" /></p></div>]]></description>
			<author>equipe.it@mediamania.pro (Agence Ecofin)</author>
			<category>La Une de l'Hebdo</category>
			<pubDate>Fri, 06 Dec 2019 13:27:23 +0100</pubDate>
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