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	<title>HebdoP3</title>
	<subtitle type="text">L’agence Ecofin est une agence d’information économique africaine, créée en décembre 2010, basée à Yaoundé et à Genève. Elle rassemble une équipe de journalistes et d’experts, spécialisés dans les principaux secteurs africains de l’économie.</subtitle>
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	<updated>2026-09-30T00:47:51+02:00</updated>
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		<title>Guerre froide Chine-USA : l’Afrique va-t-elle devoir choisir son camp ?</title>
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		<published>2020-06-19T11:07:37+02:00</published>
		<updated>2020-06-19T11:07:37+02:00</updated>
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		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lors d’une conférence de presse tenue en mai 2020, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a accusé certains politiciens américains de pousser Pékin et Washington dans une «&amp;nbsp;&lt;em&gt;nouvelle guerre froide&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Si le terme semble fort pour certains observateurs, pour d’autres il est complètement justifié au vu de la montée des tensions entre les deux pays, depuis l’élection du président Donald Trump, en 2016. Prise dans cette nouvelle tempête alors qu’elle fait l’objet de toutes les convoitises, on peut légitimement se demander si l’Afrique devra «&amp;nbsp;&lt;em&gt;choisir ses alliés&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». S’il est vrai que le contexte de l’époque de la guerre froide entre Moscou et Washington est assez différent du contexte actuel, la réponse à cette préoccupation pourrait ne pas être aussi évidente que cela…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Escalade de tensions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors qu’ils ont toujours su avoir des relations diplomatiques «&amp;nbsp;&lt;em&gt;pacifiques&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» malgré les différences idéologiques, les Etats-Unis et la Chine semblent inaugurer, après 50 années de coexistence, une ère d’affrontements politiques. En effet, dès l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Washington a commencé par développer une attitude résolument agressive envers son rival chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/1Barcelona_Spain_February_26_2018.jpg&quot; alt=&quot;1Barcelona Spain February 26&amp;nbsp;2018&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;489&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;legende&quot;&gt;La Chine est parvenue à rivaliser avec les USA dans l’innovation technologique.&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès l’année 2018, les Etats-Unis se sont engagés dans un conflit commercial contre la Chine, avec pour leitmotiv de mettre fin à la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;concurrence déloyale&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» des Chinois et à la violation de règles de propriété intellectuelle par Pékin. A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deux ans après le début de ces hostilités, c’est la pandémie du nouveau coronavirus qui est devenue la nouvelle source de conflit entre les deux géants. Alors qu’en janvier, le président Donald Trump saluait encore la bonne gestion de l’épidémie par Pékin, la contamination de millions de personnes à travers le monde et sur le territoire américain l’a poussé quelques semaines plus tard à opérer un virage à 180 degrés.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot;&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en&quot;&gt;China has been working very hard to contain the Coronavirus. The United States greatly appreciates their efforts and transparency. It will all work out well. In particular, on behalf of the American People, I want to thank President Xi!&lt;/p&gt;
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1220818115354923009?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;January 24, 2020&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.5pt; font-family: -webkit-standard, serif; color: black; background: yellow;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Désormais, Donald Trump ne veut plus «&amp;nbsp;&lt;em&gt;remercier le président Xi au nom du peuple américain&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» comme il l’avait fait sur son compte twitter, mais pense plutôt à demander des réparations à Pékin pour avoir mal géré une crise qui «&amp;nbsp;&lt;em&gt;aurait pu être arrêtée à la source &lt;/em&gt;&lt;em&gt;[la ville chinoise de Wuhan, NDLR] et ne se serait pas répandue dans le monde entier&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non seulement Washington accuse Pékin d’avoir dissimulé l’apparition du virus ainsi que l’ampleur de l’épidémie, mais il affirme également que le nouveau coronavirus aurait été créé par des chercheurs chinois, volontairement ou non. La Chine, de son côté, semble avoir décidé de jouer le jeu de Donald Trump, affirmant qu’elle «&amp;nbsp;&lt;em&gt;ripostera à chaque insulte&amp;nbsp;» &lt;/em&gt;du président américain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.5pt; font-family: -webkit-standard, serif; color: black; background: yellow;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1263085979491016708?s=20&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot;&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en&quot;&gt;Some wacko in China just released a statement blaming everybody other than China for the Virus which has now killed hundreds of thousands of people. Please explain to this dope that it was the “incompetence of China”, and nothing else, that did this mass Worldwide killing!&lt;/p&gt;
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1263085979491016708?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;May 20, 2020&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ces situations s’ajoutent les dissensions au sujet de Hong Kong, la guerre américaine contre le géant Huawei ou encore la situation de Taïwan, qui font craindre un remake de l’après 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le «&amp;nbsp;problème chinois&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;54 ans après le début de la révolution culturelle initiée par Mao Zedong, la Chine désormais deuxième puissance mondiale fait peur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt;&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/2404-76024-en-depit-des-aigreurs-occidentales-la-chine-renforce-inexorablement-son-leadership-mondial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt; color: blue;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;24/04/2020 - En dépit des aigreurs occidentales, la Chine renforce inexorablement son leadership mondial&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle a multiplié, ces dernières années, les projets pour s’implanter partout dans le monde. Grâce au soutien de l’Etat central, de nombreuses multinationales chinoises sont présentes dans les secteurs clés de l’économie mondiale. Aujourd’hui, le pays le plus peuplé de la planète est également celui qui tire la croissance mondiale. On estime que la Chine consomme à elle seule un cinquième des exportations mondiales de matières premières. Et avec le gigantesque projet de la Route de la soie, le pays compte bien accroître sa prépondérance dans le commerce mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt;&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1502-64013-la-nouvelle-route-de-la-soie-quels-interets-pour-l-afrique&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt; color: blue;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;15/02/2019 - La nouvelle route de la soie&amp;nbsp;: quels intérêts pour l’Afrique ?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’ailleurs, dans de nombreux secteurs tels que la pharmacie ou la technologie, l’empire du Milieu joue le rôle d’usine du monde, en raison notamment du faible coût de sa main-d’œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c’est justement ce boom économique qui suscite autant d’inquiétudes de la part des autres puissances mondiales. De nombreux pays voient dans l’ascension fulgurante de la Chine, une menace pour leur souveraineté économique. En France, comme dans d’autres pays, la crise de la Covid-19 a, par exemple, fait resurgir les débats sur une relocalisation des sites de fabrication de nombreux produits pour lesquels l’Europe dépend fortement de Pékin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si ces pays ont, ces dernières années, souffert en silence de l’hégémonie grandissante de la Chine, l’élection en 2016 du président Donald Trump et sa politique du «&amp;nbsp;America First&amp;nbsp;» ont contribué à donner un coup de fouet aux tendances protectionnistes et instaurer un véritable climat pré-guerre froide. Désormais, les pays veulent surtout contrer l’influence grandissante de Pékin. En Afrique, continent dont le premier partenaire commercial est la Chine, cette situation s’est traduite par une véritable guerre d’accords commerciaux. Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au «&amp;nbsp;&lt;em&gt;problème chinois&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’Afrique a toujours dû choisir son camp…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis l’époque de la colonisation, l’Afrique n’a souvent pu qu’observer et subir les effets des batailles menées par les grandes puissances occidentales pour imposer leur domination sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au «&amp;nbsp;problème chinois&amp;nbsp;» qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malgré les efforts menés par ses dirigeants pour éviter une bipolarisation idéologique et économique de ses pays, l’Afrique a toujours dû choisir son camp. Ainsi, la création d’un Mouvement des non-alignés en pleine guerre froide n’avait pas empêché le Dahomey (actuel Bénin), le Mozambique, la Somalie, l’Ethiopie ou l’Angola, entre autres, de choisir le camp communiste pour bénéficier de l’aide de Moscou tandis que d’autres ont préféré se ranger sous la bannière américaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd’hui, le contexte est certes différent, mais c’est encore le jeu des alliances (commerciales et économiques cette fois) qui semble vouloir dicter le déroulement de cette nouvelle guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/2Wang_Yi.jpg&quot; alt=&quot;2Wang Yi&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;legende&quot;&gt;Wang Yi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Un virus politique se propage aux Etats-Unis.»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’un des exemples illustrant le mieux cette situation est celui du géant chinois des télécommunications, Huawei, qui est actuellement au centre de la campagne anti-chinoise du président Trump. En effet, l’entreprise chinoise a été blacklistée par le président Donald Trump&amp;nbsp;; ce qui interdit aux sociétés américaines de travailler avec elle. Selon l’actuel locataire de la Maison-Blanche, la Chine utiliserait la 5G, dont Huawei est devenu le leader, pour réaliser de l’espionnage à grande échelle. Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G. En Europe, par exemple, les USA ont menacé de sanctions les pays qui adopteraient la technologie de la société chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette pression a entraîné une certaine prudence de la part de ces pays qui, pour l’instant, se sont contentés de durcir l’encadrement des conditions de déploiement de la 5G de Huawei, à défaut de l’interdire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allant plus loin, la police canadienne a mis aux arrêts, en 2018, à la demande des USA, Meng Wanzhou directrice financière de Huawei, accusée par Washington d’avoir contourné les sanctions contre l’Iran.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour l’instant, l’Afrique n’est pas encore directement concernée par cette guerre de la 5G dont le dénouement semble encore difficile à imaginer. Néanmoins, la Chine a déjà prouvé qu’elle était capable d’influencer les prises de décisions des pays du continent, en matière de politique étrangère. Exerçant une forte pression, grâce aux milliards de dollars d’aide qu’elle promet au continent, la Chine a par exemple réussi à rallier à sa cause presque tous les pays africains concernant la reconnaissance de l’Etat de Taïwan qui clame depuis plusieurs décennies son indépendance par rapport à Pékin. Sur le continent, seul l’E-Swatini résiste et maintient encore des relations diplomatiques avec Taipei.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais la donne pourrait changer cette fois…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Conscients que le besoin de financement des Etats africains pour mettre en œuvre leurs programmes de développement pourrait représenter une opportunité pour «&amp;nbsp;&lt;em&gt;réduire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» l’influence de la Chine, les Etats-Unis n’ont pas hésité à mettre leur politique d’aide en faveur du continent sous le signe de la lutte contre le nouvel «&amp;nbsp;&lt;em&gt;impérialisme&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces dernières années, Washington a exhorté les pays africains à s’affranchir de la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;domination chinoise&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» qui les enfermerait dans un «&amp;nbsp;&lt;em&gt;piège de la dette&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». L’initiative &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Prosper Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, lancée en juin 2019 à Maputo (Mozambique) pour permettre aux USA d’investir 50 milliards&amp;nbsp;$ en Afrique, au cours des prochaines années, semble d’ailleurs s’inscrire dans ce registre. Les entreprises américaines offrent une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;valeur inégalée&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait alors déclaré la secrétaire d'Etat au Commerce, Karen Dunn Kelley, lors de la présentation du projet. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais contrairement à l’époque de la première Guerre froide, il serait clairement erroné d’affirmer que les pays africains n’auront d’autre choix que de se contenter de choisir l’un ou l’autre des camps. Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Considérée comme le projet phare de l’intégration africaine, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) - qui vise à doper les échanges intra-africains, favoriser l’industrialisation et promouvoir le «&amp;nbsp;made in Africa&amp;nbsp;» - offre l’occasion au continent noir de devenir (du moins en théorie) une véritable puissance économique, capable d’avoir voix au chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/3Karen_Dunn_Kelley.jpg&quot; alt=&quot;3Karen Dunn Kelley&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;398&quot; /&gt;Karen Dunn Kelley&amp;nbsp;: &lt;/em&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous avons perdu du terrain.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le lancement de plusieurs projets d’intégration à travers le continent, ces dernières années, a d’ailleurs coïncidé avec une vague de prise de conscience (dans le discours politique tout au moins) des dirigeants africains, de la nécessité pour leur pays de s’émanciper véritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le discours du président rwandais Paul Kagame lors de la World Policy Conference au Maroc en octobre 2019 illustre d’ailleurs parfaitement cette tendance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'Afrique n'est le prix à gagner ou à perdre pour personne. Pas du tout. &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; Il est de notre responsabilité, en tant qu'Africains, de prendre en charge nos propres intérêts et de développer notre continent à son plein potentiel. En réalité, cela a toujours été la question principale. Nous avons attendu beaucoup trop longtemps, en fait pendant des siècles &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; Aujourd'hui, l'Afrique jouit de relations commerciales solides dans le monde entier, que ce soit avec l'Europe, l'Inde, l'Amérique du Nord ou la Chine. En effet, nous voulons plus d'investissements et de commerce avec tout le monde, car cela nous laisse tous dans une situation plus favorable. C'est pourquoi il est si important pour l'Afrique de se rassembler en tant que région &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l'Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l'Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et d’ajouter&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous pouvons être de meilleurs partenaires. Cela signifie que nous devons tous, ici et ailleurs, travailler ensemble. C'est ce qui nous remettra sur la voie d'un monde meilleur, où chacun trouvera son compte&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lors d’une conférence de presse tenue en mai 2020, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a accusé certains politiciens américains de pousser Pékin et Washington dans une «&amp;nbsp;&lt;em&gt;nouvelle guerre froide&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Si le terme semble fort pour certains observateurs, pour d’autres il est complètement justifié au vu de la montée des tensions entre les deux pays, depuis l’élection du président Donald Trump, en 2016. Prise dans cette nouvelle tempête alors qu’elle fait l’objet de toutes les convoitises, on peut légitimement se demander si l’Afrique devra «&amp;nbsp;&lt;em&gt;choisir ses alliés&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». S’il est vrai que le contexte de l’époque de la guerre froide entre Moscou et Washington est assez différent du contexte actuel, la réponse à cette préoccupation pourrait ne pas être aussi évidente que cela…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Escalade de tensions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors qu’ils ont toujours su avoir des relations diplomatiques «&amp;nbsp;&lt;em&gt;pacifiques&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» malgré les différences idéologiques, les Etats-Unis et la Chine semblent inaugurer, après 50 années de coexistence, une ère d’affrontements politiques. En effet, dès l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, Washington a commencé par développer une attitude résolument agressive envers son rival chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/1Barcelona_Spain_February_26_2018.jpg&quot; alt=&quot;1Barcelona Spain February 26&amp;nbsp;2018&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;489&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;legende&quot;&gt;La Chine est parvenue à rivaliser avec les USA dans l’innovation technologique.&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dès l’année 2018, les Etats-Unis se sont engagés dans un conflit commercial contre la Chine, avec pour leitmotiv de mettre fin à la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;concurrence déloyale&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» des Chinois et à la violation de règles de propriété intellectuelle par Pékin. A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;A coup de droits de douane punitifs sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, les deux pays se sont livrés une guerre sans merci qui aura contribué à ralentir sensiblement la croissance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deux ans après le début de ces hostilités, c’est la pandémie du nouveau coronavirus qui est devenue la nouvelle source de conflit entre les deux géants. Alors qu’en janvier, le président Donald Trump saluait encore la bonne gestion de l’épidémie par Pékin, la contamination de millions de personnes à travers le monde et sur le territoire américain l’a poussé quelques semaines plus tard à opérer un virage à 180 degrés.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot;&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en&quot;&gt;China has been working very hard to contain the Coronavirus. The United States greatly appreciates their efforts and transparency. It will all work out well. In particular, on behalf of the American People, I want to thank President Xi!&lt;/p&gt;
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1220818115354923009?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;January 24, 2020&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.5pt; font-family: -webkit-standard, serif; color: black; background: yellow;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Désormais, Donald Trump ne veut plus «&amp;nbsp;&lt;em&gt;remercier le président Xi au nom du peuple américain&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» comme il l’avait fait sur son compte twitter, mais pense plutôt à demander des réparations à Pékin pour avoir mal géré une crise qui «&amp;nbsp;&lt;em&gt;aurait pu être arrêtée à la source &lt;/em&gt;&lt;em&gt;[la ville chinoise de Wuhan, NDLR] et ne se serait pas répandue dans le monde entier&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non seulement Washington accuse Pékin d’avoir dissimulé l’apparition du virus ainsi que l’ampleur de l’épidémie, mais il affirme également que le nouveau coronavirus aurait été créé par des chercheurs chinois, volontairement ou non. La Chine, de son côté, semble avoir décidé de jouer le jeu de Donald Trump, affirmant qu’elle «&amp;nbsp;&lt;em&gt;ripostera à chaque insulte&amp;nbsp;» &lt;/em&gt;du président américain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.5pt; font-family: -webkit-standard, serif; color: black; background: yellow;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1263085979491016708?s=20&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;twitter-tweet&quot;&gt;
&lt;p dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en&quot;&gt;Some wacko in China just released a statement blaming everybody other than China for the Virus which has now killed hundreds of thousands of people. Please explain to this dope that it was the “incompetence of China”, and nothing else, that did this mass Worldwide killing!&lt;/p&gt;
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) &lt;a href=&quot;https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1263085979491016708?ref_src=twsrc%5Etfw&quot;&gt;May 20, 2020&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ces situations s’ajoutent les dissensions au sujet de Hong Kong, la guerre américaine contre le géant Huawei ou encore la situation de Taïwan, qui font craindre un remake de l’après 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le «&amp;nbsp;problème chinois&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;54 ans après le début de la révolution culturelle initiée par Mao Zedong, la Chine désormais deuxième puissance mondiale fait peur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt;&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/2404-76024-en-depit-des-aigreurs-occidentales-la-chine-renforce-inexorablement-son-leadership-mondial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt; color: blue;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;24/04/2020 - En dépit des aigreurs occidentales, la Chine renforce inexorablement son leadership mondial&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle a multiplié, ces dernières années, les projets pour s’implanter partout dans le monde. Grâce au soutien de l’Etat central, de nombreuses multinationales chinoises sont présentes dans les secteurs clés de l’économie mondiale. Aujourd’hui, le pays le plus peuplé de la planète est également celui qui tire la croissance mondiale. On estime que la Chine consomme à elle seule un cinquième des exportations mondiales de matières premières. Et avec le gigantesque projet de la Route de la soie, le pays compte bien accroître sa prépondérance dans le commerce mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt;&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1502-64013-la-nouvelle-route-de-la-soie-quels-interets-pour-l-afrique&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 16pt; color: blue;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;15/02/2019 - La nouvelle route de la soie&amp;nbsp;: quels intérêts pour l’Afrique ?&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D’ailleurs, dans de nombreux secteurs tels que la pharmacie ou la technologie, l’empire du Milieu joue le rôle d’usine du monde, en raison notamment du faible coût de sa main-d’œuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et c’est justement ce boom économique qui suscite autant d’inquiétudes de la part des autres puissances mondiales. De nombreux pays voient dans l’ascension fulgurante de la Chine, une menace pour leur souveraineté économique. En France, comme dans d’autres pays, la crise de la Covid-19 a, par exemple, fait resurgir les débats sur une relocalisation des sites de fabrication de nombreux produits pour lesquels l’Europe dépend fortement de Pékin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si ces pays ont, ces dernières années, souffert en silence de l’hégémonie grandissante de la Chine, l’élection en 2016 du président Donald Trump et sa politique du «&amp;nbsp;America First&amp;nbsp;» ont contribué à donner un coup de fouet aux tendances protectionnistes et instaurer un véritable climat pré-guerre froide. Désormais, les pays veulent surtout contrer l’influence grandissante de Pékin. En Afrique, continent dont le premier partenaire commercial est la Chine, cette situation s’est traduite par une véritable guerre d’accords commerciaux. Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au «&amp;nbsp;&lt;em&gt;problème chinois&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’Afrique a toujours dû choisir son camp…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Depuis l’époque de la colonisation, l’Afrique n’a souvent pu qu’observer et subir les effets des batailles menées par les grandes puissances occidentales pour imposer leur domination sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;Désormais, chacun veut aider l’Afrique à trouver une solution au «&amp;nbsp;problème chinois&amp;nbsp;» qui enfermerait les Etats du continent dans une dépendance aux exportations de matières premières et à la dette.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Malgré les efforts menés par ses dirigeants pour éviter une bipolarisation idéologique et économique de ses pays, l’Afrique a toujours dû choisir son camp. Ainsi, la création d’un Mouvement des non-alignés en pleine guerre froide n’avait pas empêché le Dahomey (actuel Bénin), le Mozambique, la Somalie, l’Ethiopie ou l’Angola, entre autres, de choisir le camp communiste pour bénéficier de l’aide de Moscou tandis que d’autres ont préféré se ranger sous la bannière américaine.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd’hui, le contexte est certes différent, mais c’est encore le jeu des alliances (commerciales et économiques cette fois) qui semble vouloir dicter le déroulement de cette nouvelle guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/2Wang_Yi.jpg&quot; alt=&quot;2Wang Yi&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;span class=&quot;legende&quot;&gt;Wang Yi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Un virus politique se propage aux Etats-Unis.»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’un des exemples illustrant le mieux cette situation est celui du géant chinois des télécommunications, Huawei, qui est actuellement au centre de la campagne anti-chinoise du président Trump. En effet, l’entreprise chinoise a été blacklistée par le président Donald Trump&amp;nbsp;; ce qui interdit aux sociétés américaines de travailler avec elle. Selon l’actuel locataire de la Maison-Blanche, la Chine utiliserait la 5G, dont Huawei est devenu le leader, pour réaliser de l’espionnage à grande échelle. Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G. En Europe, par exemple, les USA ont menacé de sanctions les pays qui adopteraient la technologie de la société chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Si aucune preuve de ces allégations n’a encore été fournie, Washington a néanmoins lancé une véritable campagne mondiale pour évincer l’entreprise chinoise du marché de la 5G.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette pression a entraîné une certaine prudence de la part de ces pays qui, pour l’instant, se sont contentés de durcir l’encadrement des conditions de déploiement de la 5G de Huawei, à défaut de l’interdire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allant plus loin, la police canadienne a mis aux arrêts, en 2018, à la demande des USA, Meng Wanzhou directrice financière de Huawei, accusée par Washington d’avoir contourné les sanctions contre l’Iran.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour l’instant, l’Afrique n’est pas encore directement concernée par cette guerre de la 5G dont le dénouement semble encore difficile à imaginer. Néanmoins, la Chine a déjà prouvé qu’elle était capable d’influencer les prises de décisions des pays du continent, en matière de politique étrangère. Exerçant une forte pression, grâce aux milliards de dollars d’aide qu’elle promet au continent, la Chine a par exemple réussi à rallier à sa cause presque tous les pays africains concernant la reconnaissance de l’Etat de Taïwan qui clame depuis plusieurs décennies son indépendance par rapport à Pékin. Sur le continent, seul l’E-Swatini résiste et maintient encore des relations diplomatiques avec Taipei.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais la donne pourrait changer cette fois…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Conscients que le besoin de financement des Etats africains pour mettre en œuvre leurs programmes de développement pourrait représenter une opportunité pour «&amp;nbsp;&lt;em&gt;réduire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» l’influence de la Chine, les Etats-Unis n’ont pas hésité à mettre leur politique d’aide en faveur du continent sous le signe de la lutte contre le nouvel «&amp;nbsp;&lt;em&gt;impérialisme&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces dernières années, Washington a exhorté les pays africains à s’affranchir de la «&amp;nbsp;&lt;em&gt;domination chinoise&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» qui les enfermerait dans un «&amp;nbsp;&lt;em&gt;piège de la dette&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». L’initiative &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Prosper Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, lancée en juin 2019 à Maputo (Mozambique) pour permettre aux USA d’investir 50 milliards&amp;nbsp;$ en Afrique, au cours des prochaines années, semble d’ailleurs s’inscrire dans ce registre. Les entreprises américaines offrent une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;valeur inégalée&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait alors déclaré la secrétaire d'Etat au Commerce, Karen Dunn Kelley, lors de la présentation du projet. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais contrairement à l’époque de la première Guerre froide, il serait clairement erroné d’affirmer que les pays africains n’auront d’autre choix que de se contenter de choisir l’un ou l’autre des camps. Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Même si les pays du continent ne sont pas encore suffisamment forts pour s’imposer face à ces deux géants, les efforts réalisés ces dernières années afin de créer un bloc économique puissant sur le continent pourraient changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Considérée comme le projet phare de l’intégration africaine, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) - qui vise à doper les échanges intra-africains, favoriser l’industrialisation et promouvoir le «&amp;nbsp;made in Africa&amp;nbsp;» - offre l’occasion au continent noir de devenir (du moins en théorie) une véritable puissance économique, capable d’avoir voix au chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img class=&quot;illustration-avec-legende&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200615/3Karen_Dunn_Kelley.jpg&quot; alt=&quot;3Karen Dunn Kelley&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;398&quot; /&gt;Karen Dunn Kelley&amp;nbsp;: &lt;/em&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous avons perdu du terrain.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le lancement de plusieurs projets d’intégration à travers le continent, ces dernières années, a d’ailleurs coïncidé avec une vague de prise de conscience (dans le discours politique tout au moins) des dirigeants africains, de la nécessité pour leur pays de s’émanciper véritablement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le discours du président rwandais Paul Kagame lors de la World Policy Conference au Maroc en octobre 2019 illustre d’ailleurs parfaitement cette tendance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'Afrique n'est le prix à gagner ou à perdre pour personne. Pas du tout. &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; Il est de notre responsabilité, en tant qu'Africains, de prendre en charge nos propres intérêts et de développer notre continent à son plein potentiel. En réalité, cela a toujours été la question principale. Nous avons attendu beaucoup trop longtemps, en fait pendant des siècles &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; Aujourd'hui, l'Afrique jouit de relations commerciales solides dans le monde entier, que ce soit avec l'Europe, l'Inde, l'Amérique du Nord ou la Chine. En effet, nous voulons plus d'investissements et de commerce avec tout le monde, car cela nous laisse tous dans une situation plus favorable. C'est pourquoi il est si important pour l'Afrique de se rassembler en tant que région &lt;/em&gt;[…]&lt;em&gt; La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l'Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La zone de libre-échange continentale africaine est désormais en vigueur et les échanges commerciaux débuteront en juillet 2020. Cet accord modifiera radicalement la manière dont l'Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et d’ajouter&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Nous pouvons être de meilleurs partenaires. Cela signifie que nous devons tous, ici et ailleurs, travailler ensemble. C'est ce qui nous remettra sur la voie d'un monde meilleur, où chacun trouvera son compte&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
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		<title>Grandes compagnies minières africaines (1ère partie) : le marocain Managem</title>
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		<published>2020-04-03T10:11:47+02:00</published>
		<updated>2020-04-03T10:11:47+02:00</updated>
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		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les immenses ressources minérales dont regorge le sous-sol africain sont pour la grande majorité exploitées par des compagnies étrangères. Toutefois, malgré l’écrasante puissance et l’appétit de géants comme Barrick, Anglo American, Vedanta Resources, Vale ou encore Newmont, quelques rares sociétés du continent arrivent à tirer leur épingle du jeu. Portrait du marocain Managem, un groupe qui existe depuis près d’un siècle, qui s’est imposé au fil des années comme leader de son secteur au Maroc et qui continue de se transformer sans cesse pour mieux avancer.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La «&amp;nbsp;difficile&amp;nbsp;» année 2019 d’un des acteurs majeurs des Mines en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;En mars dernier, Managem a publié ses résultats pour le compte de l’exercice terminé en décembre 2019. Il en ressort qu’au terme de l’exercice, l’excédent brut d’exploitation était de 1,13 milliard de dirhams (-15%) alors que le résultat net part du groupe a baissé de 797 millions de dirhams pour s’établir à - 427 millions de dirhams. Conséquences des difficultés rencontrées, le conseil d’administration a proposé à l’assemblée générale ordinaire de ne pas distribuer de dividendes au titre de l’exercice 2019.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Ainsi, malgré des cours de ventes au ralenti (-49% pour le cobalt, -9% pour le zinc et -7% pour le cuivre), le chiffre d’affaires a crû de 5% pour s’établir à 4,55 milliards de dirhams.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si l’année 2019 a été difficile pour le groupe Managem, ce dernier a quand même montré une certaine résilience pour réduire l’impact de la baisse des cours des métaux sur ses finances. Ainsi, malgré des cours de ventes au ralenti (-49% pour le cobalt, -9% pour le zinc et -7% pour le cuivre), le chiffre d’affaires a crû de 5% pour s’établir à 4,55 milliards de dirhams.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/1Société-métallurgique-DIMITER.jpg&quot; alt=&quot;1Société métallurgique DIMITER&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;332&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le gisement d’Imiter dans le Saghro central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette performance a été portée, apprend-on, par une augmentation de 33% de sa production de cobalt, une multiplication par trois de la production d’or et une production d’argent en hausse de 23%.&amp;nbsp; La société a réalisé des avancées majeures dans les projets de développement portant sur les métaux précieux, conformément à sa nouvelle stratégie visant à concrétiser de grands projets de taille mondiale.&lt;em&gt; «&amp;nbsp;Managem poursuit sa stratégie de croissance africaine orientée vers le développement de projets de grandes tailles, visant à donner une nouvelle dimension au Groupe, et basée sur un programme d’investissements soutenu&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, a déclaré la société, décidée à vite oublier les douze derniers mois et à se concentrer sur ses ambitions.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aussi important que l’OCP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si Managem est présente aujourd’hui dans neuf pays africains, il ne faut pas oublier que son histoire a commencé de façon modeste en 1928 avec la découverte d’un gisement de cobalt à Bou-Azzer dans l’Anti-Atlas au Maroc. Pour exploiter les ressources de ce prospect, une nouvelle entité est créée&amp;nbsp;: la Compagnie de Tifnout Tighanimine (CTT). Forte du succès rencontré à Bou-Azzer, la compagnie engage un processus de diversification et de développement, six ans plus tard, avec la création de l’ONA, Omnium Nord-Africain, une holding chargée d’étendre ses activités dans d’autres secteurs miniers (fer, argent, plomb, cuivre, manganèse, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/2Bou-Azzer1.jpg&quot; alt=&quot;2Bou Azzer1&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;391&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Tout a commencé à Bou-Azzer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;En 1996, Managem voit le jour pour gérer l’ensemble des activités minières de l’ONA. Aujourd’hui, le groupe exploite au Maroc la mine Bou-Azzer, une des rares au monde à produire uniquement du cobalt. Elle détient également dans le pays des filiales, dont la Société Métallurgique d’Imiter qui exploite de l’argent sur le gisement d’Imiter dans le Saghro central. Cette mine se distingue notamment par la qualité du minerai extrait. Elle est capable de produire des lingots d’une pureté de 99,5%.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Cette mine se distingue notamment par la qualité du minerai extrait. Elle est capable de produire des lingots d’une pureté de 99,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, à Draa Sfar, près de Marrakech, la compagnie possède des mines polymétalliques englobant trois gisements qui produisent des concentrés de zinc, de plomb et de cuivre. Elle produit aussi du cuivre (Oumejrane, Bleida et Akka) et de la fluorine à El Hammam.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si évoquer le secteur minier marocain fait penser directement à l’Office chérifien des phosphates (OCP), il faut remarquer que Managem pourrait y jouer à l’avenir un rôle tout aussi important. La compagnie leader du secteur minier du royaume chérifien est cotée en bourse depuis 2000 et son principal actionnaire Al Mada est, entre autres, détenu par la holding de la famille royale. Ses résultats financiers, depuis plusieurs années, traduisent son succès. En effet, depuis 2014, le chiffre d’affaires de Managem est en moyenne de 4 milliards de dirhams marocains (418,44 millions&amp;nbsp;$) atteignant même en 2017 le pic de 5,2 milliards de dirhams (544,5 millions&amp;nbsp;$).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’expansion en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Parée de ce succès sur le plan national et pour mieux faire face à la volatilité des cours des métaux de base, Managem s’est lancée depuis plusieurs années dans une stratégie d’expansion en Afrique. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/3Imad_Toumi.jpg&quot; alt=&quot;3Imad Toumi&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;377&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Imad Toumi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous sommes aujourd’hui à un virage stratégique.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Nous sommes aujourd’hui à un virage stratégique, nous avons la conviction que notre croissance et notre développement futurs passeront par une croissance en dehors de nos frontières, en Afrique, et par le renforcement de l’or dans notre portefeuille minier […] Notre objectif en Afrique est d’atteindre, à l’horizon 2020, 250&amp;nbsp;000 onces de production d’or&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, déclarait aux médias en 2016 le PDG Imad Toumi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Nous avons la conviction que notre croissance et notre développement futurs passeront par une croissance en dehors de nos frontières, en Afrique&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’époque, le groupe venait d’acquérir auprès d’Avocet Mining, 40% d’intérêts dans le projet aurifère Tri-K en Guinée, d’une capacité de production annuelle de 140&amp;nbsp;000 onces d’or sur une durée de vie d’une décennie. Quelques années plus tôt, elle avait inauguré, en 2013, au Soudan, la mine d’or de Wadi Gabgaga qui aurait une capacité de production annuelle d’environ 100&amp;nbsp;000 onces. Au Gabon, la compagnie marocaine est, depuis 2010, une pionnière dans le secteur aurifère en concluant un accord avec le gouvernement gabonais afin d’exploiter la mine d’or de Bakoudou. Depuis 2011, elle y a produit environ 176&amp;nbsp;000 onces avant d’annoncer en juin 2017 la fin des activités. Une situation engendrée par l’épuisement des réserves sur la seule mine d’or industrielle en activité dans le pays. Cet arrêt des activités à Bakoudou ne signifie pourtant pas la fin de la présence de la compagnie dans le pays puisqu’elle est active également sur le projet aurifère Etéké. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Nous sommes actuellement encore en phase d’étude de faisabilité et de discussion avec l’État gabonais sur les permis d’exploitation pour la mine d’or d’Etéké […] L’exploitation commencera d’ici trois à quatre ans. Il faut encore terminer quelques études et prévoir deux ans de construction&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, a commenté le PDG Toumi.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/4or.jpg&quot; alt=&quot;4or&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;281&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Managem veut renforcer la part de l’or dans son portefeuille minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En RDC, dans le Katanga, le projet Pumpi s’étend sur 27 km² et héberge d’importants gisements de cuivre et de cobalt. Les travaux d’exploration entrepris à ce jour ont permis d’identifier une ressource d’environ 600&amp;nbsp;000 tonnes de cuivre et 117&amp;nbsp;000 t de cobalt. L’étude de faisabilité en cours prévoit une production annuelle de 50&amp;nbsp;000 tonnes de cuivre et 4&amp;nbsp;600 t de cobalt. Managem possède 20% d’intérêts dans l’actif, aux côtés du chinois Wambao Mining (75%) et de l’Etat congolais (5%). A cela s’ajoutent d’autres projets d’exploration aurifère en Ethiopie, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’avenir du groupe Managem&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les principaux chantiers sur lesquels travaille actuellement Managem comprennent l’achèvement de la construction de Tri-K, avec un démarrage de la production en 2021 et un objectif de production nominale de 3,5 tonnes d’or par an. Il faut ajouter la&amp;nbsp;finalisation de l’étude de faisabilité du projet cuprifère Tizert au Maroc, le démarrage de la production du grand projet cobalt-cuivre Pumpi en RDC, ou encore une nouvelle extension de capacité de sa mine d’or au Soudan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Depuis l’acquisition des premiers permis en Afrique il y a plus de 20 ans, nos activités n’ont cessé de s’étendre et nous sommes actuellement présents dans 9 pays africains, dont le Maroc.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Depuis l’acquisition des premiers permis en Afrique il y a plus de 20 ans, nos activités n’ont cessé de s’étendre et nous sommes actuellement présents dans 9 pays africains, dont le Maroc, avec un portefeuille d’actifs équilibré, à différents stades de maturité et de développement&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, résume le PDG Imad Toumi, dans un rapport publié en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Conscients du potentiel de croissance représenté par le continent africain, les dirigeants de la compagnie ont consacré ces dernières années à placer des pions dans plusieurs secteurs miniers en Afrique. Si son calendrier d’échéances devrait être retardé par la pandémie du Covid-19 qui sévit actuellement, il ne fait aucun doute que Managem finira par récolter les fruits de tous ses investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Louis-Nino Kansoun&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Louis_Nino_Kansoun.jpg&quot; alt=&quot;Louis Nino Kansoun&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les immenses ressources minérales dont regorge le sous-sol africain sont pour la grande majorité exploitées par des compagnies étrangères. Toutefois, malgré l’écrasante puissance et l’appétit de géants comme Barrick, Anglo American, Vedanta Resources, Vale ou encore Newmont, quelques rares sociétés du continent arrivent à tirer leur épingle du jeu. Portrait du marocain Managem, un groupe qui existe depuis près d’un siècle, qui s’est imposé au fil des années comme leader de son secteur au Maroc et qui continue de se transformer sans cesse pour mieux avancer.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La «&amp;nbsp;difficile&amp;nbsp;» année 2019 d’un des acteurs majeurs des Mines en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;En mars dernier, Managem a publié ses résultats pour le compte de l’exercice terminé en décembre 2019. Il en ressort qu’au terme de l’exercice, l’excédent brut d’exploitation était de 1,13 milliard de dirhams (-15%) alors que le résultat net part du groupe a baissé de 797 millions de dirhams pour s’établir à - 427 millions de dirhams. Conséquences des difficultés rencontrées, le conseil d’administration a proposé à l’assemblée générale ordinaire de ne pas distribuer de dividendes au titre de l’exercice 2019.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Ainsi, malgré des cours de ventes au ralenti (-49% pour le cobalt, -9% pour le zinc et -7% pour le cuivre), le chiffre d’affaires a crû de 5% pour s’établir à 4,55 milliards de dirhams.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si l’année 2019 a été difficile pour le groupe Managem, ce dernier a quand même montré une certaine résilience pour réduire l’impact de la baisse des cours des métaux sur ses finances. Ainsi, malgré des cours de ventes au ralenti (-49% pour le cobalt, -9% pour le zinc et -7% pour le cuivre), le chiffre d’affaires a crû de 5% pour s’établir à 4,55 milliards de dirhams.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/1Société-métallurgique-DIMITER.jpg&quot; alt=&quot;1Société métallurgique DIMITER&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;332&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le gisement d’Imiter dans le Saghro central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette performance a été portée, apprend-on, par une augmentation de 33% de sa production de cobalt, une multiplication par trois de la production d’or et une production d’argent en hausse de 23%.&amp;nbsp; La société a réalisé des avancées majeures dans les projets de développement portant sur les métaux précieux, conformément à sa nouvelle stratégie visant à concrétiser de grands projets de taille mondiale.&lt;em&gt; «&amp;nbsp;Managem poursuit sa stratégie de croissance africaine orientée vers le développement de projets de grandes tailles, visant à donner une nouvelle dimension au Groupe, et basée sur un programme d’investissements soutenu&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, a déclaré la société, décidée à vite oublier les douze derniers mois et à se concentrer sur ses ambitions.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aussi important que l’OCP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si Managem est présente aujourd’hui dans neuf pays africains, il ne faut pas oublier que son histoire a commencé de façon modeste en 1928 avec la découverte d’un gisement de cobalt à Bou-Azzer dans l’Anti-Atlas au Maroc. Pour exploiter les ressources de ce prospect, une nouvelle entité est créée&amp;nbsp;: la Compagnie de Tifnout Tighanimine (CTT). Forte du succès rencontré à Bou-Azzer, la compagnie engage un processus de diversification et de développement, six ans plus tard, avec la création de l’ONA, Omnium Nord-Africain, une holding chargée d’étendre ses activités dans d’autres secteurs miniers (fer, argent, plomb, cuivre, manganèse, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/2Bou-Azzer1.jpg&quot; alt=&quot;2Bou Azzer1&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;391&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Tout a commencé à Bou-Azzer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;En 1996, Managem voit le jour pour gérer l’ensemble des activités minières de l’ONA. Aujourd’hui, le groupe exploite au Maroc la mine Bou-Azzer, une des rares au monde à produire uniquement du cobalt. Elle détient également dans le pays des filiales, dont la Société Métallurgique d’Imiter qui exploite de l’argent sur le gisement d’Imiter dans le Saghro central. Cette mine se distingue notamment par la qualité du minerai extrait. Elle est capable de produire des lingots d’une pureté de 99,5%.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Cette mine se distingue notamment par la qualité du minerai extrait. Elle est capable de produire des lingots d’une pureté de 99,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, à Draa Sfar, près de Marrakech, la compagnie possède des mines polymétalliques englobant trois gisements qui produisent des concentrés de zinc, de plomb et de cuivre. Elle produit aussi du cuivre (Oumejrane, Bleida et Akka) et de la fluorine à El Hammam.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si évoquer le secteur minier marocain fait penser directement à l’Office chérifien des phosphates (OCP), il faut remarquer que Managem pourrait y jouer à l’avenir un rôle tout aussi important. La compagnie leader du secteur minier du royaume chérifien est cotée en bourse depuis 2000 et son principal actionnaire Al Mada est, entre autres, détenu par la holding de la famille royale. Ses résultats financiers, depuis plusieurs années, traduisent son succès. En effet, depuis 2014, le chiffre d’affaires de Managem est en moyenne de 4 milliards de dirhams marocains (418,44 millions&amp;nbsp;$) atteignant même en 2017 le pic de 5,2 milliards de dirhams (544,5 millions&amp;nbsp;$).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’expansion en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Parée de ce succès sur le plan national et pour mieux faire face à la volatilité des cours des métaux de base, Managem s’est lancée depuis plusieurs années dans une stratégie d’expansion en Afrique. &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/3Imad_Toumi.jpg&quot; alt=&quot;3Imad Toumi&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;377&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Imad Toumi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous sommes aujourd’hui à un virage stratégique.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Nous sommes aujourd’hui à un virage stratégique, nous avons la conviction que notre croissance et notre développement futurs passeront par une croissance en dehors de nos frontières, en Afrique, et par le renforcement de l’or dans notre portefeuille minier […] Notre objectif en Afrique est d’atteindre, à l’horizon 2020, 250&amp;nbsp;000 onces de production d’or&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, déclarait aux médias en 2016 le PDG Imad Toumi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Nous avons la conviction que notre croissance et notre développement futurs passeront par une croissance en dehors de nos frontières, en Afrique&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’époque, le groupe venait d’acquérir auprès d’Avocet Mining, 40% d’intérêts dans le projet aurifère Tri-K en Guinée, d’une capacité de production annuelle de 140&amp;nbsp;000 onces d’or sur une durée de vie d’une décennie. Quelques années plus tôt, elle avait inauguré, en 2013, au Soudan, la mine d’or de Wadi Gabgaga qui aurait une capacité de production annuelle d’environ 100&amp;nbsp;000 onces. Au Gabon, la compagnie marocaine est, depuis 2010, une pionnière dans le secteur aurifère en concluant un accord avec le gouvernement gabonais afin d’exploiter la mine d’or de Bakoudou. Depuis 2011, elle y a produit environ 176&amp;nbsp;000 onces avant d’annoncer en juin 2017 la fin des activités. Une situation engendrée par l’épuisement des réserves sur la seule mine d’or industrielle en activité dans le pays. Cet arrêt des activités à Bakoudou ne signifie pourtant pas la fin de la présence de la compagnie dans le pays puisqu’elle est active également sur le projet aurifère Etéké. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Nous sommes actuellement encore en phase d’étude de faisabilité et de discussion avec l’État gabonais sur les permis d’exploitation pour la mine d’or d’Etéké […] L’exploitation commencera d’ici trois à quatre ans. Il faut encore terminer quelques études et prévoir deux ans de construction&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, a commenté le PDG Toumi.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/4or.jpg&quot; alt=&quot;4or&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;281&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Managem veut renforcer la part de l’or dans son portefeuille minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En RDC, dans le Katanga, le projet Pumpi s’étend sur 27 km² et héberge d’importants gisements de cuivre et de cobalt. Les travaux d’exploration entrepris à ce jour ont permis d’identifier une ressource d’environ 600&amp;nbsp;000 tonnes de cuivre et 117&amp;nbsp;000 t de cobalt. L’étude de faisabilité en cours prévoit une production annuelle de 50&amp;nbsp;000 tonnes de cuivre et 4&amp;nbsp;600 t de cobalt. Managem possède 20% d’intérêts dans l’actif, aux côtés du chinois Wambao Mining (75%) et de l’Etat congolais (5%). A cela s’ajoutent d’autres projets d’exploration aurifère en Ethiopie, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Mali.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’avenir du groupe Managem&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les principaux chantiers sur lesquels travaille actuellement Managem comprennent l’achèvement de la construction de Tri-K, avec un démarrage de la production en 2021 et un objectif de production nominale de 3,5 tonnes d’or par an. Il faut ajouter la&amp;nbsp;finalisation de l’étude de faisabilité du projet cuprifère Tizert au Maroc, le démarrage de la production du grand projet cobalt-cuivre Pumpi en RDC, ou encore une nouvelle extension de capacité de sa mine d’or au Soudan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Depuis l’acquisition des premiers permis en Afrique il y a plus de 20 ans, nos activités n’ont cessé de s’étendre et nous sommes actuellement présents dans 9 pays africains, dont le Maroc.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Depuis l’acquisition des premiers permis en Afrique il y a plus de 20 ans, nos activités n’ont cessé de s’étendre et nous sommes actuellement présents dans 9 pays africains, dont le Maroc, avec un portefeuille d’actifs équilibré, à différents stades de maturité et de développement&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, résume le PDG Imad Toumi, dans un rapport publié en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Conscients du potentiel de croissance représenté par le continent africain, les dirigeants de la compagnie ont consacré ces dernières années à placer des pions dans plusieurs secteurs miniers en Afrique. Si son calendrier d’échéances devrait être retardé par la pandémie du Covid-19 qui sévit actuellement, il ne fait aucun doute que Managem finira par récolter les fruits de tous ses investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Louis-Nino Kansoun&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Louis_Nino_Kansoun.jpg&quot; alt=&quot;Louis Nino Kansoun&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Petit commerce, franchises, grande distribution : la consommation africaine en mutation (entretien)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2703-75182-petit-commerce-franchises-grande-distribution-la-consommation-africaine-en-mutation-entretien"/>
		<published>2020-03-27T11:39:36+01:00</published>
		<updated>2020-03-27T11:39:36+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/2703-75182-petit-commerce-franchises-grande-distribution-la-consommation-africaine-en-mutation-entretien</id>
		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le cabinet de conseil A.T.&amp;nbsp; Kearney a récemment publié son classement 2019 des pays émergents les plus prometteurs sur le marché de la distribution et du commerce de détail. Dans le top 10 figurent deux pays d’Afrique de l’Ouest&amp;nbsp;: le Ghana et le Sénégal. Charles Bourgeois, avocat au Barreau de Paris et cofondateur du cabinet Bourgeois Itzkovitch AARPI, tire pour Agence Ecofin les enseignements de ce rapport.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Agence Ecofin&amp;nbsp;: Depuis maintenant près de 10 ans, on annonce l’Afrique subsaharienne comme le prochain relais de la croissance mondiale dans le domaine de la distribution et du commerce de détail, avec notamment l’émergence d’une importante classe moyenne. Les récentes déconvenues de grands groupes internationaux sur le continent laissent apparaître une réalité nettement plus contrastée. Qu’en pensez-vous&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: En effet, après la crise financière de 2008 et la publication par certains organismes internationaux de rapports prometteurs annonçant que l’Afrique subsaharienne serait la prochaine Asie pour la vente de biens de consommation, de nombreuses enseignes internationales ont investi sur le continent. On parlait à l’époque de &lt;em&gt;«&amp;nbsp;marchés frontières&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui devaient permettre de tirer la croissance des ventes des grandes enseignes internationales sur les marchés émergents de demain, dont de nombreux pays africains faisaient partie&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/1grand-marche-dadjame-abidjan.jpg&quot; alt=&quot;1grand marche dadjame abidjan&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;L’expérience montre tout d’abord qu’une approche globale de l’Afrique subsaharienne ne fonctionne généralement pas.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Or l’aventure africaine de certaines grandes marques internationales s’est révélée être un échec pour deux grandes raisons&amp;nbsp;: une classe moyenne beaucoup moins importante et homogène que prévu et des difficultés opérationnelles trop souvent occultées (prix du foncier, instabilité du réseau électrique public, coûts et délais d’importation des produits, difficultés de conversion des devises, conditionnement des productions locales, faible utilisation de la carte bancaire, etc.).&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Malgré ces difficultés, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, à l’image du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, présentent un marché de la distribution en plein développement.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré ces difficultés, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, à l’image du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Ghana présentent un marché de la distribution en plein développement. Il suffit de voir la constante progression du chiffre d’affaires, ces dernières années, de la plateforme d'e-commerce Jumia pour s’en convaincre, même si cette société semble connaître actuellement des difficultés financières.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/2sea-plaza-Dakar.jpg&quot; alt=&quot;2sea plaza Dakar&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Le Sea Plaza à Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Autrement dit, et malgré les fantasmes de certaines entreprises, il n’y a pas &lt;em&gt;«&amp;nbsp;d’eldorado africain&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; où les marques rencontreraient immédiatement des consommateurs pour leurs produits, mais des opportunités de croissance à long terme pour des&amp;nbsp;investisseurs avertis. En Afrique, comme ailleurs dans le monde, la politique «&amp;nbsp;du coup de fusil&amp;nbsp;» ne fonctionne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Selon vous, quelles sont les clefs de la réussite d’une implantation en Afrique subsaharienne pour des marques françaises ou internationales&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: L’expérience montre tout d’abord qu’une approche globale de l’Afrique subsaharienne ne fonctionne généralement pas. Les marchés africains, même à l’échelle sous-régionale, sont trop différents pour permettre une implantation dans plusieurs pays à la fois avec la même stratégie commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Après les premières déconvenues, c’est donc une approche pays par pays qui semble être désormais privilégiée par les marques internationales pour s’implanter en Afrique subsaharienne, à l’exemple de la stratégie de développement adoptée par l’enseigne d’équipements sportifs &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Décathlon&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Après les premières déconvenues, c’est donc une approche pays par pays qui semble être désormais privilégiée par les marques internationales pour s’implanter en Afrique subsaharienne.&amp;nbsp;»&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 12pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Compte tenu de la spécificité des différents marchés africains, certaines marques privilégient par ailleurs «&amp;nbsp;une phase test&amp;nbsp;» où le lancement de l’activité se fait dans un premier temps uniquement sur internet (vente directe en ligne ou par le biais d’une marketplace) ou en s’appuyant sur un partenaire local par le biais d’une joint-venture, d’un contrat de licence ou d’une franchise. Une fois que le modèle est validé par la marque dans le pays concerné et que les ventes sont aux rendez-vous, il est alors tout à fait possible d’envisager la création d’une filiale autonome et/ou de procéder à une prise de participation dans le capital du partenaire local.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En externalisant la phase de lancement d’un ou plusieurs magasins à des partenaires locaux ayant l’expérience du marché cible, les marques françaises et internationales peuvent ainsi limiter le risque financier lié à une nouvelle implantation, tout en testant le succès de la commercialisation de leurs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: De nombreuses sociétés internationales semblent choisir un développement africain par le biais de contrats de franchise conclus avec des partenaires locaux. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cet engouement&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: En effet, la franchise s’est imposée, depuis plusieurs années maintenant, comme le mode d’implantation privilégié des grandes marques internationales en Afrique subsaharienne, car elle associe le &lt;em&gt;«&amp;nbsp;savoir-faire&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; du franchiseur (et la notoriété de sa marque) à la connaissance du marché local par le franchisé, ce qui permet un développement généralement rapide sur le marché cible.&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La franchise associe le «&amp;nbsp;savoir-faire&amp;nbsp;» du franchiseur (et la notoriété de sa marque) à la connaissance du marché local par le franchisé, ce qui permet un développement généralement rapide sur le marché cible.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La deuxième raison de cet engouement tient à mon avis à la souplesse de la mise en place d’une distribution par franchise avec le choix pour la marque de recourir soit à un système de franchise directement établi entre le franchiseur et le franchisé, soit à une master-franchise qui consiste à céder à un partenaire local le droit de développer une enseigne sur un territoire déterminé, en laissant au master franchisé la possibilité d’adapter le concept aux spécificités du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/3DECATHLON-Senegal.jpg&quot; alt=&quot;3DECATHLON Senegal&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Les magasins en containers de Décathlon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Enfin, il existe un intérêt évident de la franchise, pour une marque internationale, en cas de succès commercial du ou des magasins du franchisé dans le pays cible, de permettre éventuellement au franchiseur d’acquérir tout ou partie du capital du franchisé afin de constituer une filiale qui puisse être rapidement intégrée au reste du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Existe-t-il des particularités liées à la création de réseaux de franchise en Afrique subsaharienne et plus particulièrement dans les pays francophones&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Malheureusement, le droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires &lt;em&gt;«&amp;nbsp;OHADA&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; (dont de très nombreux pays d’Afrique francophone font partie) ne prévoit pas de régime particulier lié au contrat de franchise et les droits nationaux des pays francophones ne contiennent généralement que peu de dispositions spécifiques dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le résultat est que de nombreux contrats de franchise conclus avec des franchisés africains ont comme loi applicable le droit du franchiseur (par exemple le droit français) dont les dispositions seront parfois mal connues des franchisés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Il faut, malgré tout, souligner le rôle de l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI) qui regroupe de nombreux pays africains francophones et qui permet, en cas d’enregistrement du contrat de franchise, d’assurer une certaine protection au franchisé quant aux droits d’utilisation de la marque sur un territoire donné.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au niveau fiscal, et concernant plus particulièrement les relations entre un franchiseur français et un franchisé issu d’un pays d’Afrique francophone, il est intéressant de noter que de nombreuses conventions fiscales ont été conclues entre ces pays, permettant parfois de neutraliser l’effet d’éventuels droits, taxes ou retenues à la source, payables sur les redevances ou les autres flux financiers entre franchisé ou master franchisé et franchiseur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Devant le récent engouement des grandes marques internationales pour distribuer leurs produits sur le continent, quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs africains souhaitant créer des franchises dans leur pays d’origine&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Sur un plan juridique, il s’agit avant tout de bien comprendre le droit applicable au contrat de franchise (français, UK, US, etc.) et d’anticiper son dénouement, qu’il soit heureux dans l’hypothèse d’une association capitalistique future entre le franchisé et le franchiseur, ou malheureux en cas de sortie anticipée dans l’hypothèse d’un conflit entre les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/4zara-store.jpg&quot; alt=&quot;4zara store&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;399&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Malheureusement, le droit&amp;nbsp;OHADA ne prévoit pas de régime particulier lié au contrat de franchise.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Afin d’anticiper de potentielles déconvenues, trois points me semblent devoir être appréhendés par les entrepreneurs africains dès la négociation du contrat de franchise, en l’occurrence les conditions de sortie du contrat pour le franchiseur, les conditions d’exercice de l’activité franchisée à l’issue de la cessation du contrat de franchise&amp;nbsp;et le sort des sous-franchisés en cas de contrats de master-franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En cas de négociation d’un contrat de master franchise, il est par ailleurs très important de pouvoir assurer une véritable cohérence contractuelle entre le contrat de master-franchise conclu entre le franchiseur et le master-franchisé d’une part et les contrats de franchise conclus entre ce dernier et les sous-franchisés d’autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Quelles opportunités offre l’essor de la grande distribution pour les producteurs locaux sur le continent africain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde, la grande distribution a besoin d’acheter localement certains types de produits, comme les fruits et légumes ou les produits frais (œuf/viande/poisson), pour soutenir son modèle économique qui est de vendre des volumes importants à des prix compétitifs.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/5Photo-grandes-surfaces.jpg&quot; alt=&quot;5Photo grandes surfaces&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L’arrivée de la grande distribution dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal devrait permettre de moderniser de nombreuses filières agricoles.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’arrivée de la grande distribution dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal devrait permettre de moderniser de nombreuses filières agricoles dans la sous-région afin de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs. Ces problématiques sont bien connues de tous et pour que les &lt;em&gt;«&amp;nbsp;opportunités&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; d’aujourd’hui aient une chance de se transformer en une réussite de demain, la question du financement a une place essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;La grande distribution a, dans ce sens, indubitablement une responsabilité en participant au financement de ses circuits d’approvisionnement locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le regroupement de producteurs en coopérative ou en association ne permet pas toujours de financer la modernisation des outils de production et/ou de transformation souvent indispensable pour vendre ses produits à la grande distribution. La grande distribution a, dans ce sens, indubitablement une responsabilité en participant au financement de ses circuits d’approvisionnement locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Avec le développement des classes moyennes et de la consommation urbaine attendue, les chaînes de distribution ont bouleversé les acteurs du commerce de proximité grâce à leur forte capacité d’attraction de la clientèle et suscitent, dans certains cas, des craintes de destruction d’emplois au niveau du petit commerce au détail en Afrique. Quel est votre avis sur ce sujet ?&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Les grandes enseignes qui s’installent sur le continent sont conscientes de l’absolue nécessité d’avoir un vivier de compétences locales - notamment à des postes-clés de l’entreprise - et de limiter au maximum le recours à des expatriés dans le cadre de leur développement africain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/6marche-traditionnel-vendeurs-rue.jpg&quot; alt=&quot;6marche traditionnel vendeurs rue&quot; width=&quot;612&quot; height=&quot;306&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Les politiques volontaristes des grands groupes internationaux en la matière vont dans le sens d’un emploi 100% local.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;S’il n’existe pas encore dans la majorité des pays d’Afrique francophone de législation contraignante sur le ‘’local content’’ qui serait applicable au domaine de la distribution et de l’industrie agroalimentaire, sur le modèle de ce qui peut se faire dans le domaine minier et pétrolier, les politiques volontaristes des grands groupes internationaux en la matière vont dans le sens d’un emploi 100% local. Dès lors, si l’apparition de chaînes de distribution sur le continent est susceptible de supprimer des emplois peu qualifiés, notamment au niveau des commerces de proximité, il faut souligner que de nouveaux postes beaucoup plus qualifiés et mieux rémunérés seront potentiellement à pourvoir dans l’industrie pour la jeunesse africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Pensez-vous qu’une collaboration soit possible entre les acteurs du commerce traditionnel encore dominants en Afrique subsaharienne avec 90&amp;nbsp;% des achats hors Afrique du Sud, et ceux de la distribution moderne en plein développement sur le continent ?&amp;nbsp;Comment cette collaboration peut-elle prendre forme et pour quels arrangements ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Si le récent développement des chaînes de distribution, notamment en Afrique de l’Ouest, devrait pousser une partie du commerce de proximité à se transformer, il me semble que le pittoresque combat que nous avons vu en Europe dans les années 70 entre «&amp;nbsp;petit commerce&amp;nbsp;» d’un côté et grande distribution de l’autre n’aura peut-être pas lieu en Afrique. En effet, les grandes enseignes semblent désormais comprendre l’intérêt d’associer les acteurs locaux à leurs réseaux de distribution afin d’atteindre notamment un plus grand nombre de consommateurs et d’obtenir une meilleure pénétration géographique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le pittoresque combat que nous avons vu en Europe dans les années 70 entre «&amp;nbsp;petit commerce&amp;nbsp;» d’un côté et grande distribution de l’autre n’aura peut-être pas lieu en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les plateformes d'e-commerce sont un exemple intéressant de coopération puisqu’elles s’appuient parfois sur des commerçants de proximité afin de permettre la livraison de leurs produits. Par ailleurs, le développement de franchises auprès de grandes enseignes internationales pour l’ouverture de petites supérettes et/ou supermarchés en ville ou dans des zones plus reculées est aussi une piste de collaboration à explorer dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant entre franchiseur et franchisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Propos recueillis par Louis-Nino Kansoun et Espoir Olodo&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le cabinet de conseil A.T.&amp;nbsp; Kearney a récemment publié son classement 2019 des pays émergents les plus prometteurs sur le marché de la distribution et du commerce de détail. Dans le top 10 figurent deux pays d’Afrique de l’Ouest&amp;nbsp;: le Ghana et le Sénégal. Charles Bourgeois, avocat au Barreau de Paris et cofondateur du cabinet Bourgeois Itzkovitch AARPI, tire pour Agence Ecofin les enseignements de ce rapport.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Agence Ecofin&amp;nbsp;: Depuis maintenant près de 10 ans, on annonce l’Afrique subsaharienne comme le prochain relais de la croissance mondiale dans le domaine de la distribution et du commerce de détail, avec notamment l’émergence d’une importante classe moyenne. Les récentes déconvenues de grands groupes internationaux sur le continent laissent apparaître une réalité nettement plus contrastée. Qu’en pensez-vous&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: En effet, après la crise financière de 2008 et la publication par certains organismes internationaux de rapports prometteurs annonçant que l’Afrique subsaharienne serait la prochaine Asie pour la vente de biens de consommation, de nombreuses enseignes internationales ont investi sur le continent. On parlait à l’époque de &lt;em&gt;«&amp;nbsp;marchés frontières&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui devaient permettre de tirer la croissance des ventes des grandes enseignes internationales sur les marchés émergents de demain, dont de nombreux pays africains faisaient partie&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/1grand-marche-dadjame-abidjan.jpg&quot; alt=&quot;1grand marche dadjame abidjan&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;L’expérience montre tout d’abord qu’une approche globale de l’Afrique subsaharienne ne fonctionne généralement pas.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Or l’aventure africaine de certaines grandes marques internationales s’est révélée être un échec pour deux grandes raisons&amp;nbsp;: une classe moyenne beaucoup moins importante et homogène que prévu et des difficultés opérationnelles trop souvent occultées (prix du foncier, instabilité du réseau électrique public, coûts et délais d’importation des produits, difficultés de conversion des devises, conditionnement des productions locales, faible utilisation de la carte bancaire, etc.).&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Malgré ces difficultés, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, à l’image du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, présentent un marché de la distribution en plein développement.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré ces difficultés, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, à l’image du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et du Ghana présentent un marché de la distribution en plein développement. Il suffit de voir la constante progression du chiffre d’affaires, ces dernières années, de la plateforme d'e-commerce Jumia pour s’en convaincre, même si cette société semble connaître actuellement des difficultés financières.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/2sea-plaza-Dakar.jpg&quot; alt=&quot;2sea plaza Dakar&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Le Sea Plaza à Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Autrement dit, et malgré les fantasmes de certaines entreprises, il n’y a pas &lt;em&gt;«&amp;nbsp;d’eldorado africain&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; où les marques rencontreraient immédiatement des consommateurs pour leurs produits, mais des opportunités de croissance à long terme pour des&amp;nbsp;investisseurs avertis. En Afrique, comme ailleurs dans le monde, la politique «&amp;nbsp;du coup de fusil&amp;nbsp;» ne fonctionne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Selon vous, quelles sont les clefs de la réussite d’une implantation en Afrique subsaharienne pour des marques françaises ou internationales&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: L’expérience montre tout d’abord qu’une approche globale de l’Afrique subsaharienne ne fonctionne généralement pas. Les marchés africains, même à l’échelle sous-régionale, sont trop différents pour permettre une implantation dans plusieurs pays à la fois avec la même stratégie commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Après les premières déconvenues, c’est donc une approche pays par pays qui semble être désormais privilégiée par les marques internationales pour s’implanter en Afrique subsaharienne, à l’exemple de la stratégie de développement adoptée par l’enseigne d’équipements sportifs &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Décathlon&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Après les premières déconvenues, c’est donc une approche pays par pays qui semble être désormais privilégiée par les marques internationales pour s’implanter en Afrique subsaharienne.&amp;nbsp;»&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman', serif; font-size: 12pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Compte tenu de la spécificité des différents marchés africains, certaines marques privilégient par ailleurs «&amp;nbsp;une phase test&amp;nbsp;» où le lancement de l’activité se fait dans un premier temps uniquement sur internet (vente directe en ligne ou par le biais d’une marketplace) ou en s’appuyant sur un partenaire local par le biais d’une joint-venture, d’un contrat de licence ou d’une franchise. Une fois que le modèle est validé par la marque dans le pays concerné et que les ventes sont aux rendez-vous, il est alors tout à fait possible d’envisager la création d’une filiale autonome et/ou de procéder à une prise de participation dans le capital du partenaire local.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En externalisant la phase de lancement d’un ou plusieurs magasins à des partenaires locaux ayant l’expérience du marché cible, les marques françaises et internationales peuvent ainsi limiter le risque financier lié à une nouvelle implantation, tout en testant le succès de la commercialisation de leurs produits.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: De nombreuses sociétés internationales semblent choisir un développement africain par le biais de contrats de franchise conclus avec des partenaires locaux. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cet engouement&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: En effet, la franchise s’est imposée, depuis plusieurs années maintenant, comme le mode d’implantation privilégié des grandes marques internationales en Afrique subsaharienne, car elle associe le &lt;em&gt;«&amp;nbsp;savoir-faire&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; du franchiseur (et la notoriété de sa marque) à la connaissance du marché local par le franchisé, ce qui permet un développement généralement rapide sur le marché cible.&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La franchise associe le «&amp;nbsp;savoir-faire&amp;nbsp;» du franchiseur (et la notoriété de sa marque) à la connaissance du marché local par le franchisé, ce qui permet un développement généralement rapide sur le marché cible.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La deuxième raison de cet engouement tient à mon avis à la souplesse de la mise en place d’une distribution par franchise avec le choix pour la marque de recourir soit à un système de franchise directement établi entre le franchiseur et le franchisé, soit à une master-franchise qui consiste à céder à un partenaire local le droit de développer une enseigne sur un territoire déterminé, en laissant au master franchisé la possibilité d’adapter le concept aux spécificités du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/3DECATHLON-Senegal.jpg&quot; alt=&quot;3DECATHLON Senegal&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Les magasins en containers de Décathlon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Enfin, il existe un intérêt évident de la franchise, pour une marque internationale, en cas de succès commercial du ou des magasins du franchisé dans le pays cible, de permettre éventuellement au franchiseur d’acquérir tout ou partie du capital du franchisé afin de constituer une filiale qui puisse être rapidement intégrée au reste du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Existe-t-il des particularités liées à la création de réseaux de franchise en Afrique subsaharienne et plus particulièrement dans les pays francophones&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Malheureusement, le droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires &lt;em&gt;«&amp;nbsp;OHADA&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; (dont de très nombreux pays d’Afrique francophone font partie) ne prévoit pas de régime particulier lié au contrat de franchise et les droits nationaux des pays francophones ne contiennent généralement que peu de dispositions spécifiques dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le résultat est que de nombreux contrats de franchise conclus avec des franchisés africains ont comme loi applicable le droit du franchiseur (par exemple le droit français) dont les dispositions seront parfois mal connues des franchisés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Il faut, malgré tout, souligner le rôle de l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle (OAPI) qui regroupe de nombreux pays africains francophones et qui permet, en cas d’enregistrement du contrat de franchise, d’assurer une certaine protection au franchisé quant aux droits d’utilisation de la marque sur un territoire donné.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au niveau fiscal, et concernant plus particulièrement les relations entre un franchiseur français et un franchisé issu d’un pays d’Afrique francophone, il est intéressant de noter que de nombreuses conventions fiscales ont été conclues entre ces pays, permettant parfois de neutraliser l’effet d’éventuels droits, taxes ou retenues à la source, payables sur les redevances ou les autres flux financiers entre franchisé ou master franchisé et franchiseur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Devant le récent engouement des grandes marques internationales pour distribuer leurs produits sur le continent, quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs africains souhaitant créer des franchises dans leur pays d’origine&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Sur un plan juridique, il s’agit avant tout de bien comprendre le droit applicable au contrat de franchise (français, UK, US, etc.) et d’anticiper son dénouement, qu’il soit heureux dans l’hypothèse d’une association capitalistique future entre le franchisé et le franchiseur, ou malheureux en cas de sortie anticipée dans l’hypothèse d’un conflit entre les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/4zara-store.jpg&quot; alt=&quot;4zara store&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;399&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Malheureusement, le droit&amp;nbsp;OHADA ne prévoit pas de régime particulier lié au contrat de franchise.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Afin d’anticiper de potentielles déconvenues, trois points me semblent devoir être appréhendés par les entrepreneurs africains dès la négociation du contrat de franchise, en l’occurrence les conditions de sortie du contrat pour le franchiseur, les conditions d’exercice de l’activité franchisée à l’issue de la cessation du contrat de franchise&amp;nbsp;et le sort des sous-franchisés en cas de contrats de master-franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En cas de négociation d’un contrat de master franchise, il est par ailleurs très important de pouvoir assurer une véritable cohérence contractuelle entre le contrat de master-franchise conclu entre le franchiseur et le master-franchisé d’une part et les contrats de franchise conclus entre ce dernier et les sous-franchisés d’autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Quelles opportunités offre l’essor de la grande distribution pour les producteurs locaux sur le continent africain ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde, la grande distribution a besoin d’acheter localement certains types de produits, comme les fruits et légumes ou les produits frais (œuf/viande/poisson), pour soutenir son modèle économique qui est de vendre des volumes importants à des prix compétitifs.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/5Photo-grandes-surfaces.jpg&quot; alt=&quot;5Photo grandes surfaces&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;L’arrivée de la grande distribution dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal devrait permettre de moderniser de nombreuses filières agricoles.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’arrivée de la grande distribution dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal devrait permettre de moderniser de nombreuses filières agricoles dans la sous-région afin de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs. Ces problématiques sont bien connues de tous et pour que les &lt;em&gt;«&amp;nbsp;opportunités&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; d’aujourd’hui aient une chance de se transformer en une réussite de demain, la question du financement a une place essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;La grande distribution a, dans ce sens, indubitablement une responsabilité en participant au financement de ses circuits d’approvisionnement locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le regroupement de producteurs en coopérative ou en association ne permet pas toujours de financer la modernisation des outils de production et/ou de transformation souvent indispensable pour vendre ses produits à la grande distribution. La grande distribution a, dans ce sens, indubitablement une responsabilité en participant au financement de ses circuits d’approvisionnement locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Avec le développement des classes moyennes et de la consommation urbaine attendue, les chaînes de distribution ont bouleversé les acteurs du commerce de proximité grâce à leur forte capacité d’attraction de la clientèle et suscitent, dans certains cas, des craintes de destruction d’emplois au niveau du petit commerce au détail en Afrique. Quel est votre avis sur ce sujet ?&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Les grandes enseignes qui s’installent sur le continent sont conscientes de l’absolue nécessité d’avoir un vivier de compétences locales - notamment à des postes-clés de l’entreprise - et de limiter au maximum le recours à des expatriés dans le cadre de leur développement africain.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/6marche-traditionnel-vendeurs-rue.jpg&quot; alt=&quot;6marche traditionnel vendeurs rue&quot; width=&quot;612&quot; height=&quot;306&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Les politiques volontaristes des grands groupes internationaux en la matière vont dans le sens d’un emploi 100% local.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;S’il n’existe pas encore dans la majorité des pays d’Afrique francophone de législation contraignante sur le ‘’local content’’ qui serait applicable au domaine de la distribution et de l’industrie agroalimentaire, sur le modèle de ce qui peut se faire dans le domaine minier et pétrolier, les politiques volontaristes des grands groupes internationaux en la matière vont dans le sens d’un emploi 100% local. Dès lors, si l’apparition de chaînes de distribution sur le continent est susceptible de supprimer des emplois peu qualifiés, notamment au niveau des commerces de proximité, il faut souligner que de nouveaux postes beaucoup plus qualifiés et mieux rémunérés seront potentiellement à pourvoir dans l’industrie pour la jeunesse africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;AE&amp;nbsp;: Pensez-vous qu’une collaboration soit possible entre les acteurs du commerce traditionnel encore dominants en Afrique subsaharienne avec 90&amp;nbsp;% des achats hors Afrique du Sud, et ceux de la distribution moderne en plein développement sur le continent ?&amp;nbsp;Comment cette collaboration peut-elle prendre forme et pour quels arrangements ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Charles Bourgeois&lt;/strong&gt;: Si le récent développement des chaînes de distribution, notamment en Afrique de l’Ouest, devrait pousser une partie du commerce de proximité à se transformer, il me semble que le pittoresque combat que nous avons vu en Europe dans les années 70 entre «&amp;nbsp;petit commerce&amp;nbsp;» d’un côté et grande distribution de l’autre n’aura peut-être pas lieu en Afrique. En effet, les grandes enseignes semblent désormais comprendre l’intérêt d’associer les acteurs locaux à leurs réseaux de distribution afin d’atteindre notamment un plus grand nombre de consommateurs et d’obtenir une meilleure pénétration géographique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le pittoresque combat que nous avons vu en Europe dans les années 70 entre «&amp;nbsp;petit commerce&amp;nbsp;» d’un côté et grande distribution de l’autre n’aura peut-être pas lieu en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les plateformes d'e-commerce sont un exemple intéressant de coopération puisqu’elles s’appuient parfois sur des commerçants de proximité afin de permettre la livraison de leurs produits. Par ailleurs, le développement de franchises auprès de grandes enseignes internationales pour l’ouverture de petites supérettes et/ou supermarchés en ville ou dans des zones plus reculées est aussi une piste de collaboration à explorer dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant entre franchiseur et franchisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Propos recueillis par Louis-Nino Kansoun et Espoir Olodo&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Volaille : la bataile du continent africain contre les importations à bas prix</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2403-75071-volaille-la-bataile-du-continent-africain-contre-les-importations-a-bas-prix"/>
		<published>2020-03-24T09:06:30+01:00</published>
		<updated>2020-03-24T09:06:30+01:00</updated>
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		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Sur ces dernières décennies, la consommation africaine de volaille a été l’une des plus dynamiques au monde. Mais avec la hausse de la demande, les importations bon marché ont explosé ces dernières années, bouleversant au passage l’industrie locale. Et si cette situation semble bien partie pour durer, en raison de la faiblesse de l’offre intérieure, les filières locales ne sont pas pour autant vouées à la disparition, à condition de se repenser avec le soutien des gouvernements… &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un marché en plein boom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le continent africain reste le plus dynamique, en ce qui concerne la consommation de la viande de volaille. Avec une valeur estimée à 15 milliards&amp;nbsp;$, le marché de la volaille capte 15&amp;nbsp;% de la croissance mondiale de l’industrie, selon un rapport publié en 2017 par le groupe bancaire néerlandais Rabobank.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Avec une valeur estimée à 15 milliards&amp;nbsp;$, le marché de la volaille capte 15&amp;nbsp;% de la croissance mondiale de l’industrie, selon un rapport publié en 2017 par le groupe bancaire néerlandais Rabobank.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’Afrique subsaharienne est la zone qui offre les perspectives les plus intéressantes. Dans la région en effet, la consommation de volaille a progressé plus rapidement que celle de toutes les autres viandes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/poulet.jpg&quot; alt=&quot;poulet&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;358&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le poulet braisé, très apprécié en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Certes, le volume par habitant est encore faible, soit 2,3 kg par an contre une moyenne mondiale de 14 kg, et varie de 0,5 kg par tête en Ethiopie à 2 kg en Côte d’Ivoire et grimpe jusqu’à 40 kg par an en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le volume par habitant est encore faible, soit 2,3 kg par an contre une moyenne mondiale de 14 kg, et varie de 0,5 kg par tête en Ethiopie à 2 kg en Côte d’Ivoire et grimpe jusqu’à 40 kg par an en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Mais cela offre des possibilités de développement considérables, étant donné que la transition démographique n’est pas encore achevée et que l’urbanisation devrait se poursuivre dans les prochaines décennies. Autant de facteurs qui font déjà du continent, et plus encore dans le futur, un débouché de choix pour les régions exportatrices, dans un contexte où les marchés européens et américains sont de plus en plus saturés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/Afrique.jpg&quot; alt=&quot;Afrique&quot; width=&quot;612&quot; height=&quot;306&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les importations hors Afrique alimentent 80&amp;nbsp;% du marché.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;&amp;nbsp;&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les importations ont notamment explosé depuis le début des années 2000, passant de 250&amp;nbsp;000 tonnes à près de 1,2 million de tonnes en 2011, selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA). On estime actuellement que les importations étrangères alimentent 80&amp;nbsp;% du marché. Celles-ci proviennent essentiellement du Brésil, des USA et de l’Union européenne. Profitant de l’ouverture des pays au commerce, de leurs capacités d’exportation, de prix de production plus faibles et des économies d’échelle, ces trois acteurs ont boosté leur part de marché. L’USDA estime ainsi que l’Afrique subsaharienne était, en 2014, le 3e plus important marché pour la volaille américaine. Un pays comme l’Angola est devenu, en 2018, le 5e plus grand importateur de volaille américaine, avec 184 millions&amp;nbsp;$ consacrés aux achats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/viandesjpg.jpg&quot; alt=&quot;viandesjpg&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;337&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;En Afrique, la consommation de volaille a progressé plus rapidement que celle de toutes les autres viandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De son côté, l’UE qui exportait 27&amp;nbsp;% de sa volaille vers l’Afrique en 2003, a vu ce chiffre atteindre les 50&amp;nbsp;% durant ces dernières années, selon des données rapportées par RFI. Pour sa part, le Brésil domine le marché sud-africain avec 61,5&amp;nbsp;% des importations en 2018, d’après des données de l’Association sud-africaine de la volaille (SAPA).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;L’USDA estime ainsi que l’Afrique subsaharienne était, en 2014, le 3e plus important marché pour la volaille américaine. Un pays comme l’Angola est devenu, en 2018, le 5e plus grand importateur de volaille américaine, avec 184 millions&amp;nbsp;$ consacrés aux achats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Si les niveaux de pénétration du marché africain sont déjà importants, la tendance ne devrait par s’inverser dans les prochaines années. Et pour cause, selon les projections de l’OCDE et de la FAO, plus de la moitié de la viande de volaille consommée en plus en Afrique subsaharienne, d’ici 2025, sera importée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une production locale faible &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’augmentation des importations résulte non seulement de la hausse de la demande de la part des consommateurs africains en quête de sources de protéine bon marché, mais aussi de la faiblesse de la fourniture domestique. D’après les estimations de Rabobank, la production africaine de viande de volaille avoisine 3,6 millions de tonnes. Plus du tiers est assuré par l’Afrique du Sud. L’industrie de la volaille y est plus développée que celle de tout autre pays de la région, avec une valorisation de près de 3 milliards&amp;nbsp;$. En dehors de l’Afrique du Sud, les autres pays majeurs sont l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et l’Algérie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Contrairement à certaines régions du monde, la production africaine est segmentée, avec un système traditionnel où les producteurs élèvent les volailles en plein air sans un investissement particulier dans la nourriture ou des services vétérinaires. Ce système, dont la production est essentiellement destinée à la consommation et l’excédent écoulé sur le marché, fournit 70&amp;nbsp;% de la volaille locale consommée dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, selon l’étude «&amp;nbsp;Croissance agricole en Afrique de l’Ouest&amp;nbsp;(AGWA)&amp;nbsp;», publiée en 2015. On distingue en outre une production semi-commerciale se déroulant dans les zones péri-urbaines et d’une manière saisonnière, ciblant essentiellement&amp;nbsp;les périodes de consommation élevées comme la Noël et le Nouvel An et une production mécanisée avec une forte intégration.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/KFC.jpg&quot; alt=&quot;KFC&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les chaînes de restauration comme KFC nouent des partenariats locaux pour s’approvisionner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après de nombreux analystes, la progression de l’offre est freinée par de nombreux goulots d’étranglement. Certains pointent du doigt le coût élevé de l’alimentation animale (maïs jaune notamment) sur les marchés locaux, qui peut représenter 60 à 70&amp;nbsp;% des coûts totaux de production. Selon les estimations de l’USDA, un sac de maïs jaune de 50 kg coûte localement 57&amp;nbsp;$, contre 15&amp;nbsp;$ &amp;nbsp;pour le sac importé. A ce facteur s’ajoutent les problèmes liés à l’approvisionnement électrique, la maîtrise de la qualité sanitaire des produits et les chaînes de froid. Ces différents éléments contribuent à réduire la compétitivité de l’industrie de la volaille.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;S’il est vrai que la progression des importations n’a pas totalement annihilé la demande par les populations des produits locaux, la situation de l’industrie locale est loin d’être reluisante face à des volailles industrielles importées. L’écart se creuse aussi bien en matière de qualité que de prix. Au Ghana, le kilogramme de poulet local coûtait ainsi, en 2016, 15&amp;nbsp;$ contre 3,5&amp;nbsp;$ pour la volaille importée. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Une étude que nous avons menée en 2017 sur le marché de la volaille au Mali montre que les jeunes entrepreneurs qui se lancent sur ce marché ferment boutique au bout d’un an d’opérations, en raison de la concurrence internationale. Concrètement pour rentabiliser, un entrepreneur qui sort sa première production doit écouler le kilogramme de poulet de chair à 1&amp;nbsp;250 FCFA. Au même moment, les poulets de chair importés sont commercialisés à 1200 FCFA par kilogramme&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, explique à RFI, Alhoussseinie Diabaté, chercheur à la Faculté de droit privé de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako. ¨¨&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;L’écart se creuse aussi bien en matière de qualité que de prix. Au Ghana, le kilogramme de poulet local coûtait ainsi, en 2016, 15&amp;nbsp;$ contre 3,5&amp;nbsp;$ pour la volaille importée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Face à la fragilité de l’aviculture locale qui conserve une importance socio-économique pour de nombreux ménages, les pays africains ont adopté plusieurs mesures. En Afrique du Sud, le gouvernement a récemment revu à la hausse les &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/agro/1303-74793-afrique-du-sud-hausse-des-droits-de-douane-sur-la-volaille-importee&quot;&gt;droits de douane&lt;/a&gt; sur la volaille désossée et non désossée afin de réduire l’effet des importations bon marché sur l’industrie locale. Profitant de la grippe aviaire qui s’est déclenchée en 2005/2006, le Sénégal et le Burkina Faso ont appliqué des interdictions d’importation pour éviter toute contamination. Ces deux pays maintiennent d’ailleurs, jusqu’à l’heure actuelle, des contrôles phytosanitaires pour protéger les producteurs nationaux et familiaux semi-commerciaux. La Côte d’Ivoire, elle, impose depuis 2009 un prélèvement compensatoire de 1000 FCFA sur chaque kilogramme de volaille importé afin de neutraliser les effets des subventions à l'exportation dans les pays d'origine pour éviter qu’elles ne portent préjudice aux producteurs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La Côte d’Ivoire, elle, impose depuis 2009 un prélèvement compensatoire de 1000 FCFA sur chaque kilogramme de volaille importé afin de neutraliser les effets des subventions à l'exportation dans les pays d'origine pour éviter qu’elles ne portent préjudice aux producteurs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Pour sa part, le Nigeria a interdit les importations de volailles congelées depuis 2002. A ces mesures nationales s’ajoutent les protections régionales. En Afrique de l’Ouest, les importations de volailles congelées sont soumises à un droit de douane de 35&amp;nbsp;% contre 25&amp;nbsp;% précédemment.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives pour la filière ouest-africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;S’il est vrai que les marges de manœuvre sont réduites face à l’essor des importations, les opérateurs locaux ne sont pas hors-jeu et ont encore leur place sur ce marché en plein développement. Face au boom attendu de la demande dans les années à venir, de nombreux analystes indiquent que l’avenir des acteurs locaux dépendra aussi bien de leur efficacité que d’une collaboration étroite avec les pouvoirs publics. Si les Etats peuvent toujours prendre des mesures de protection fortes à travers des tarifs élevés ou des interdictions fermes d’importation, la réalité est que les filières auront du mal à résister tant que les problèmes internes persisteront dans la chaîne de valeur du poulet de chair.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/developpement.jpg&quot; alt=&quot;developpement&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les opérateurs locaux ne sont pas hors-jeu et ont encore leur place sur ce marché en plein développement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Une amélioration de l’offre en matières premières, un soutien à la transformation permettant aux acteurs de découper leur volaille à l’image des produits importés, des investissements dans la chaîne de froid et du conditionnement pourraient ouvrir de nombreuses opportunités pour les opérateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le rapport AGWA, cela pourrait notamment permettre d’élargir les marchés de niche chez les consommateurs haut de gamme pour inclure du poulet réfrigéré produit localement, bien emballé et traçable. En outre, les entreprises pourraient nouer des partenariats d’approvisionnement avec des chaînes de restauration à service rapide comme KFC et McDonald’s. Un exemple de cette alliance en Afrique de l’Ouest se développe entre la chaîne de restauration rapide spécialisée dans le poulet cuisiné, KFC, et Coqivoire, premier producteur de viande de volaille en Côte d’Ivoire et filiale de la Société ivoirienne de productions animales (Sipra).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Espoir Olodo&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png&quot; alt=&quot;Espoir Olodo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Sur ces dernières décennies, la consommation africaine de volaille a été l’une des plus dynamiques au monde. Mais avec la hausse de la demande, les importations bon marché ont explosé ces dernières années, bouleversant au passage l’industrie locale. Et si cette situation semble bien partie pour durer, en raison de la faiblesse de l’offre intérieure, les filières locales ne sont pas pour autant vouées à la disparition, à condition de se repenser avec le soutien des gouvernements… &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un marché en plein boom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le continent africain reste le plus dynamique, en ce qui concerne la consommation de la viande de volaille. Avec une valeur estimée à 15 milliards&amp;nbsp;$, le marché de la volaille capte 15&amp;nbsp;% de la croissance mondiale de l’industrie, selon un rapport publié en 2017 par le groupe bancaire néerlandais Rabobank.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Avec une valeur estimée à 15 milliards&amp;nbsp;$, le marché de la volaille capte 15&amp;nbsp;% de la croissance mondiale de l’industrie, selon un rapport publié en 2017 par le groupe bancaire néerlandais Rabobank.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’Afrique subsaharienne est la zone qui offre les perspectives les plus intéressantes. Dans la région en effet, la consommation de volaille a progressé plus rapidement que celle de toutes les autres viandes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/poulet.jpg&quot; alt=&quot;poulet&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;358&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le poulet braisé, très apprécié en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Certes, le volume par habitant est encore faible, soit 2,3 kg par an contre une moyenne mondiale de 14 kg, et varie de 0,5 kg par tête en Ethiopie à 2 kg en Côte d’Ivoire et grimpe jusqu’à 40 kg par an en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le volume par habitant est encore faible, soit 2,3 kg par an contre une moyenne mondiale de 14 kg, et varie de 0,5 kg par tête en Ethiopie à 2 kg en Côte d’Ivoire et grimpe jusqu’à 40 kg par an en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Mais cela offre des possibilités de développement considérables, étant donné que la transition démographique n’est pas encore achevée et que l’urbanisation devrait se poursuivre dans les prochaines décennies. Autant de facteurs qui font déjà du continent, et plus encore dans le futur, un débouché de choix pour les régions exportatrices, dans un contexte où les marchés européens et américains sont de plus en plus saturés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/Afrique.jpg&quot; alt=&quot;Afrique&quot; width=&quot;612&quot; height=&quot;306&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les importations hors Afrique alimentent 80&amp;nbsp;% du marché.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;&amp;nbsp;&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les importations ont notamment explosé depuis le début des années 2000, passant de 250&amp;nbsp;000 tonnes à près de 1,2 million de tonnes en 2011, selon les données du Département américain de l’agriculture (USDA). On estime actuellement que les importations étrangères alimentent 80&amp;nbsp;% du marché. Celles-ci proviennent essentiellement du Brésil, des USA et de l’Union européenne. Profitant de l’ouverture des pays au commerce, de leurs capacités d’exportation, de prix de production plus faibles et des économies d’échelle, ces trois acteurs ont boosté leur part de marché. L’USDA estime ainsi que l’Afrique subsaharienne était, en 2014, le 3e plus important marché pour la volaille américaine. Un pays comme l’Angola est devenu, en 2018, le 5e plus grand importateur de volaille américaine, avec 184 millions&amp;nbsp;$ consacrés aux achats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/viandesjpg.jpg&quot; alt=&quot;viandesjpg&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;337&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;En Afrique, la consommation de volaille a progressé plus rapidement que celle de toutes les autres viandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De son côté, l’UE qui exportait 27&amp;nbsp;% de sa volaille vers l’Afrique en 2003, a vu ce chiffre atteindre les 50&amp;nbsp;% durant ces dernières années, selon des données rapportées par RFI. Pour sa part, le Brésil domine le marché sud-africain avec 61,5&amp;nbsp;% des importations en 2018, d’après des données de l’Association sud-africaine de la volaille (SAPA).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;L’USDA estime ainsi que l’Afrique subsaharienne était, en 2014, le 3e plus important marché pour la volaille américaine. Un pays comme l’Angola est devenu, en 2018, le 5e plus grand importateur de volaille américaine, avec 184 millions&amp;nbsp;$ consacrés aux achats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Si les niveaux de pénétration du marché africain sont déjà importants, la tendance ne devrait par s’inverser dans les prochaines années. Et pour cause, selon les projections de l’OCDE et de la FAO, plus de la moitié de la viande de volaille consommée en plus en Afrique subsaharienne, d’ici 2025, sera importée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une production locale faible &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’augmentation des importations résulte non seulement de la hausse de la demande de la part des consommateurs africains en quête de sources de protéine bon marché, mais aussi de la faiblesse de la fourniture domestique. D’après les estimations de Rabobank, la production africaine de viande de volaille avoisine 3,6 millions de tonnes. Plus du tiers est assuré par l’Afrique du Sud. L’industrie de la volaille y est plus développée que celle de tout autre pays de la région, avec une valorisation de près de 3 milliards&amp;nbsp;$. En dehors de l’Afrique du Sud, les autres pays majeurs sont l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et l’Algérie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Contrairement à certaines régions du monde, la production africaine est segmentée, avec un système traditionnel où les producteurs élèvent les volailles en plein air sans un investissement particulier dans la nourriture ou des services vétérinaires. Ce système, dont la production est essentiellement destinée à la consommation et l’excédent écoulé sur le marché, fournit 70&amp;nbsp;% de la volaille locale consommée dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, selon l’étude «&amp;nbsp;Croissance agricole en Afrique de l’Ouest&amp;nbsp;(AGWA)&amp;nbsp;», publiée en 2015. On distingue en outre une production semi-commerciale se déroulant dans les zones péri-urbaines et d’une manière saisonnière, ciblant essentiellement&amp;nbsp;les périodes de consommation élevées comme la Noël et le Nouvel An et une production mécanisée avec une forte intégration.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/KFC.jpg&quot; alt=&quot;KFC&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les chaînes de restauration comme KFC nouent des partenariats locaux pour s’approvisionner.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après de nombreux analystes, la progression de l’offre est freinée par de nombreux goulots d’étranglement. Certains pointent du doigt le coût élevé de l’alimentation animale (maïs jaune notamment) sur les marchés locaux, qui peut représenter 60 à 70&amp;nbsp;% des coûts totaux de production. Selon les estimations de l’USDA, un sac de maïs jaune de 50 kg coûte localement 57&amp;nbsp;$, contre 15&amp;nbsp;$ &amp;nbsp;pour le sac importé. A ce facteur s’ajoutent les problèmes liés à l’approvisionnement électrique, la maîtrise de la qualité sanitaire des produits et les chaînes de froid. Ces différents éléments contribuent à réduire la compétitivité de l’industrie de la volaille.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;S’il est vrai que la progression des importations n’a pas totalement annihilé la demande par les populations des produits locaux, la situation de l’industrie locale est loin d’être reluisante face à des volailles industrielles importées. L’écart se creuse aussi bien en matière de qualité que de prix. Au Ghana, le kilogramme de poulet local coûtait ainsi, en 2016, 15&amp;nbsp;$ contre 3,5&amp;nbsp;$ pour la volaille importée. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Une étude que nous avons menée en 2017 sur le marché de la volaille au Mali montre que les jeunes entrepreneurs qui se lancent sur ce marché ferment boutique au bout d’un an d’opérations, en raison de la concurrence internationale. Concrètement pour rentabiliser, un entrepreneur qui sort sa première production doit écouler le kilogramme de poulet de chair à 1&amp;nbsp;250 FCFA. Au même moment, les poulets de chair importés sont commercialisés à 1200 FCFA par kilogramme&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, explique à RFI, Alhoussseinie Diabaté, chercheur à la Faculté de droit privé de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako. ¨¨&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;L’écart se creuse aussi bien en matière de qualité que de prix. Au Ghana, le kilogramme de poulet local coûtait ainsi, en 2016, 15&amp;nbsp;$ contre 3,5&amp;nbsp;$ pour la volaille importée.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Face à la fragilité de l’aviculture locale qui conserve une importance socio-économique pour de nombreux ménages, les pays africains ont adopté plusieurs mesures. En Afrique du Sud, le gouvernement a récemment revu à la hausse les &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/agro/1303-74793-afrique-du-sud-hausse-des-droits-de-douane-sur-la-volaille-importee&quot;&gt;droits de douane&lt;/a&gt; sur la volaille désossée et non désossée afin de réduire l’effet des importations bon marché sur l’industrie locale. Profitant de la grippe aviaire qui s’est déclenchée en 2005/2006, le Sénégal et le Burkina Faso ont appliqué des interdictions d’importation pour éviter toute contamination. Ces deux pays maintiennent d’ailleurs, jusqu’à l’heure actuelle, des contrôles phytosanitaires pour protéger les producteurs nationaux et familiaux semi-commerciaux. La Côte d’Ivoire, elle, impose depuis 2009 un prélèvement compensatoire de 1000 FCFA sur chaque kilogramme de volaille importé afin de neutraliser les effets des subventions à l'exportation dans les pays d'origine pour éviter qu’elles ne portent préjudice aux producteurs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La Côte d’Ivoire, elle, impose depuis 2009 un prélèvement compensatoire de 1000 FCFA sur chaque kilogramme de volaille importé afin de neutraliser les effets des subventions à l'exportation dans les pays d'origine pour éviter qu’elles ne portent préjudice aux producteurs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Pour sa part, le Nigeria a interdit les importations de volailles congelées depuis 2002. A ces mesures nationales s’ajoutent les protections régionales. En Afrique de l’Ouest, les importations de volailles congelées sont soumises à un droit de douane de 35&amp;nbsp;% contre 25&amp;nbsp;% précédemment.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives pour la filière ouest-africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;S’il est vrai que les marges de manœuvre sont réduites face à l’essor des importations, les opérateurs locaux ne sont pas hors-jeu et ont encore leur place sur ce marché en plein développement. Face au boom attendu de la demande dans les années à venir, de nombreux analystes indiquent que l’avenir des acteurs locaux dépendra aussi bien de leur efficacité que d’une collaboration étroite avec les pouvoirs publics. Si les Etats peuvent toujours prendre des mesures de protection fortes à travers des tarifs élevés ou des interdictions fermes d’importation, la réalité est que les filières auront du mal à résister tant que les problèmes internes persisteront dans la chaîne de valeur du poulet de chair.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200311/developpement.jpg&quot; alt=&quot;developpement&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;Les opérateurs locaux ne sont pas hors-jeu et ont encore leur place sur ce marché en plein développement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Une amélioration de l’offre en matières premières, un soutien à la transformation permettant aux acteurs de découper leur volaille à l’image des produits importés, des investissements dans la chaîne de froid et du conditionnement pourraient ouvrir de nombreuses opportunités pour les opérateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le rapport AGWA, cela pourrait notamment permettre d’élargir les marchés de niche chez les consommateurs haut de gamme pour inclure du poulet réfrigéré produit localement, bien emballé et traçable. En outre, les entreprises pourraient nouer des partenariats d’approvisionnement avec des chaînes de restauration à service rapide comme KFC et McDonald’s. Un exemple de cette alliance en Afrique de l’Ouest se développe entre la chaîne de restauration rapide spécialisée dans le poulet cuisiné, KFC, et Coqivoire, premier producteur de viande de volaille en Côte d’Ivoire et filiale de la Société ivoirienne de productions animales (Sipra).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Espoir Olodo&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png&quot; alt=&quot;Espoir Olodo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman', serif; color: black;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Donald Trump et l’Afrique : quatre années de perdues</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2702-74282-donald-trump-et-l-afrique-quatre-annees-de-perdues"/>
		<published>2020-02-27T10:41:42+01:00</published>
		<updated>2020-02-27T10:41:42+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2702-74282-donald-trump-et-l-afrique-quatre-annees-de-perdues</id>
		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le 8 novembre 2016, le paysage politique américain subissait un véritable séisme politique avec l’élection de Donald Trump, candidat républicain donné perdant par la plupart des sondages. Près de quatre ans après son élection, les effets de la nouvelle politique étrangère promue par le chef de file du «&amp;nbsp;America First&amp;nbsp;» se sont fait ressentir dans tous les pays, en particulier ceux du continent africain.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des échanges commerciaux faibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avant l’arrivée de Donald Trump, les relations commerciales américano-africaines étaient déjà à un niveau jugé assez faible par rapport à d’autres pays. Depuis le pic de 141,8 milliards&amp;nbsp;$ atteint en 2008, les échanges de biens entre l’Afrique et les Etats-Unis n’ont franchi la barre des 100 milliards&amp;nbsp;$ que deux fois (113,3 milliards&amp;nbsp;$ en 2010 et 125 milliards&amp;nbsp;$ en 2011) sous le premier mandat du président Barack Obama, selon les chiffres du Bureau américain des recensements. Depuis lors, ils ont continué à chuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/1Bush.jpg&quot; alt=&quot;1Bush&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;383&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;De 141 milliards&amp;nbsp;$ en 2008 sous George Bush Jr, les échanges commerciaux US Afrique ont plongé à 56 milliards&amp;nbsp;$ en 2019 sous Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Alors que la résilience de la croissance africaine et son futur marché unique ont poussé les plus grandes puissances mondiales à booster leurs échanges commerciaux avec le continent, cette tendance ne semble pas être partagée par les Etats-Unis. En 2019, les échanges de biens entre Washington et les pays africains étaient estimés à 56,8 milliards&amp;nbsp;$, soit une baisse de 8,07% par rapport aux 61,8 milliards&amp;nbsp;$ estimés en 2018. A titre comparatif, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont grimpé de 2,2% en 2019 pour atteindre 208,7 milliards&amp;nbsp;$.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;En 2019, les échanges de biens entre Washington et les pays africains étaient estimés à 56,8 milliards&amp;nbsp;$, en baisse de 8,07%. A titre comparatif, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont grimpé de 2,2% en 2019 pour atteindre 208,7 milliards&amp;nbsp;$.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le ministère américain du Commerce, en 2018, tous les pays d’Afrique subsaharienne réunis ne pesaient que 1% des exportations américaines, et également 1% des importations. Même si l’Afrique occupe une part marginale dans les échanges commerciaux américains, de nombreuses initiatives telles que &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/hebdop1/0504-55888-l-agoa-opportunite-veritable-ou-arme-commerciale-americaine-en-afrique&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;l’African Growth Opportunity Act (AGOA) &lt;/a&gt;ont permis d’enregistrer des progrès sensibles depuis 2001. Toutefois, la récente utilisation par Donald Trump de cet accord comme moyen de pression sur des Etats africains ne semble pas propice au développement des échanges commerciaux entre les deux parties. En 2015 par exemple, le Kenya, le Rwanda, l'Ouganda et la Tanzanie, dans une logique de protection de leur marché intérieur, se sont mis d'accord pour augmenter les taxes sur les fripes en provenance des États-Unis. Cette décision avait poussé l’administration Trump, sous l'influence de l'Association américaine de textiles d'occasion et recyclés (Smart), qui dénonçait l'imposition de droits de douane sur les exportations américaines, à exercer des pressions sur ces pays pour la réouverture de leurs marchés. Seul le Rwanda avait maintenu jusqu’au bout sa décision ; ce qui avait entraîné une suspension de ses avantages commerciaux relatifs aux exportations de vêtements vers les États-Unis. Plus récemment, c’est le Cameroun qui était exclu de l’AGOA, Washington accusant les forces armées camerounaises d’atteintes aux droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une coopération sécuritaire de moins en moins certaine…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si les relations commerciales USA-Afrique n’ont pas atteint un niveau assez suffisant pour faire de Washington un partenaire incontournable du continent noir, il n’en est pas de même en matière de coopération sécuritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au cours des dernières années, les Etats-Unis sont devenus un acteur important en matière de fourniture d’armement aux Etats et de lutte contre le terrorisme en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Au cours des dernières années, les Etats-Unis sont devenus un acteur important en matière de fourniture d’armement aux Etats et de lutte contre le terrorisme en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’ailleurs, à son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump indiquait que l’un des axes prioritaires de sa politique étrangère serait la lutte contre le &lt;em&gt;«&amp;nbsp;terrorisme islamique radical&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Pourtant les déclarations faites ces derniers mois semblent remettre en question cette stratégie, au point de représenter, pour certains observateurs, une menace à terme pour la coopération sécuritaire américano-africaine sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/2US_Army_SAhel_.jpg&quot; alt=&quot;2US Army SAhel &quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique pour renforcer leurs positions en Asie, pendant que certains responsables américains reprochaient déjà aux pays africains de ne pas être assez impliqués dans la lutte contre le terrorisme. Cette annonce, intervenant à quelques mois de la prochaine présidentielle, cadre bien avec l’une des promesses de campagne de Donald Trump en 2016 ; celle de retirer les USA de ce qu’il appelle les &lt;em&gt;«&amp;nbsp;guerres sans fin&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique pour renforcer leurs positions en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Il faut noter qu’entre 6000 et 7000 soldats américains sont actuellement présents en Afrique. Si ce nombre reste modeste, le rôle de ces hommes est assez crucial, notamment en Afrique de l’Ouest où le terrorisme et les violences intercommunautaires ne cessent de croître depuis 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Par exemple, l'US Air Force dispose à Agadez (Niger) d'une importante base de drones, utilisés par les soldats français de la force Barkhane pour désigner des cibles, et récolter du renseignement. Dans le Sahel, les soldats américains comblent également d'autres lacunes de l'armée française et des soldats ouest-africains, en matière de ravitaillement en vol et de transport logistique aérien. Avec son intervention dans la formation, l'équipement et le financement des armées locales, en particulier nigérienne et mauritanienne, l’armée américaine occupe donc une place importante dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb Islamique, Boko-Haram ou encore la menace grandissante de l’Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un retrait américain de la région pourrait pousser les pays africains, principalement ceux du G5 Sahel ainsi que leur partenaire français, à repositionner leurs pions sur l’échiquier ouest-africain de la guerre contre le terrorisme. Une réorganisation qui, en plus de nécessiter plus de temps et de moyens, pourrait réduire leur efficacité sur le terrain et les exposer à une plus grande résurgence des attaques terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;… sur fond de tensions diplomatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le mandat de Donald Trump aura également été marqué par de nombreuses tensions diplomatiques avec les Etats africains. Celles-ci ont été aussi bien alimentées par les décisions prises dans le cadre de la politique d’immigration du pays que par les déclarations publiques du patron de la Maison-Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/3ivanka_trump.jpg&quot; alt=&quot;3ivanka trump&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;333&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;L’Afrique sous-traitée à sa fille Ivanka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En effet, dès son arrivée au pouvoir, l’un des premiers décrets que prend le nouveau président est d’interdire l’accès au sol américain aux ressortissants de plusieurs pays du monde musulman, dont la Libye et le Soudan. En janvier dernier, le chef d’Etat a fait savoir que de nouvelles mesures de restriction de visa s’étendraient à d’autres pays du continent, dont le Nigeria, l’Erythrée, le Soudan et la Tanzanie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ces décisions ont été dénoncées par de nombreux Africains et par des autorités étatiques, notamment le gouvernement érythréen qui condamne un &lt;em&gt;«&amp;nbsp;acte inamical qui va à l'encontre de la politique d'engagement constructif affichée par l'administration Trump pour réparer les torts du passé&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1011-51971-donald-trump-la-nambia-et-des-amis-qui-vont-en-afrique-pour-essayer-de-devenir-riches&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;10/11/2017 - Donald Trump, la «Nambia», et «des amis qui vont en Afrique pour essayer de devenir riches...»&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En plus des nombreuses décisions politiques démontrant le peu d’intérêt de l’administration Trump pour l’Afrique, le discours du président américain généralement qualifié de &lt;em&gt;«&amp;nbsp;politiquement incorrect&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; n’a pas manqué de susciter de nombreuses controverses. Début 2018, le milliardaire président qualifiait les pays africains de «&amp;nbsp;pays de merde&amp;nbsp;», lors d’une entrevue avec plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, dans le Bureau ovale. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-il alors déclaré selon des sources citées par le Washington Post. Une déclaration qui avait alors enflammé les réseaux sociaux et suscité l’indignation sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La dernière des priorités&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré ces relations tumultueuses, certains points positifs sont à souligner. Des programmes adoptés sous le mandat du président Barack Obama en faveur du continent ont été perpétués par son successeur. C’est le cas de l’initiative Power Africa, lancée en 2013 pour appuyer la croissance économique et le développement sur le continent grâce à un meilleur accès à une énergie fiable, abordable et durable. D’après le gouvernement, en 2018, l'USAID et le Département d'État américain ont fourni une aide de 8,5 milliards de dollars à 47 pays et 8 programmes régionaux en Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré cette aide, ainsi que les récentes intentions de conclure des accords de libre-échange avec le continent, l’Afrique semble être la dernière des priorités du président Donald Trump. Même si les différents secrétaires d’Etat qui se sont succédé dans son gouvernement ont déjà visité le continent (Rex Tillerson en 2018, Mike Pompeo en 2020), le président Trump n’a encore effectué aucun déplacement dans une Afrique qui est presque annuellement à l’agenda de son homologue chinois, et de plus en plus de ses homologues français, allemand et même israélien. Si la situation perdure jusqu’à la fin de l’année, le chef d’Etat deviendrait d’ailleurs le premier président américain à ne pas visiter l’Afrique pendant son premier mandat, depuis 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Si la situation perdure jusqu’à la fin de l’année, le chef d’Etat deviendra le premier président américain, depuis 20 ans, à ne pas visiter l’Afrique pendant son premier mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La plupart des nouveaux programmes de coopération de l’administration Trump semblent davantage destinés à contrer l’influence jugée &lt;em&gt;«&amp;nbsp;néfaste&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; de la Chine sur le continent, qu’à accompagner l’Afrique dans sa transition vers le développement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/4pompeo_ethiopia.jpg&quot; alt=&quot;4pompeo ethiopia&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;411&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Contrer l’influence jugée «&amp;nbsp;néfaste&amp;nbsp;» de la Chine sur le continent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’initiative &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Prosper Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, lancée en juin 2019 à Maputo (Mozambique) pour permettre aux USA d’investir 50 milliards&amp;nbsp;$ en Afrique au cours des prochaines années semblait d’ailleurs s’inscrire dans ce registre. Les entreprises américaines offrent une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;valeur inégalée&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait alors déclaré la secrétaire d'État au Commerce, Karen Dunn Kelley, lors de la présentation du projet. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;», avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A quelques mois de la prochaine présidentielle, tous les regards sont désormais tournés vers le Parti démocrate qui devrait bientôt désigner son champion pour affronter Donald Trump. En cas de réélection du sortant, il semble peu probable que l’Afrique devienne une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;priorité&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, même si l’ancien magnat de l’immobilier a annoncé vouloir doubler les échanges commerciaux USA-Afrique au cours des prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le 8 novembre 2016, le paysage politique américain subissait un véritable séisme politique avec l’élection de Donald Trump, candidat républicain donné perdant par la plupart des sondages. Près de quatre ans après son élection, les effets de la nouvelle politique étrangère promue par le chef de file du «&amp;nbsp;America First&amp;nbsp;» se sont fait ressentir dans tous les pays, en particulier ceux du continent africain.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des échanges commerciaux faibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avant l’arrivée de Donald Trump, les relations commerciales américano-africaines étaient déjà à un niveau jugé assez faible par rapport à d’autres pays. Depuis le pic de 141,8 milliards&amp;nbsp;$ atteint en 2008, les échanges de biens entre l’Afrique et les Etats-Unis n’ont franchi la barre des 100 milliards&amp;nbsp;$ que deux fois (113,3 milliards&amp;nbsp;$ en 2010 et 125 milliards&amp;nbsp;$ en 2011) sous le premier mandat du président Barack Obama, selon les chiffres du Bureau américain des recensements. Depuis lors, ils ont continué à chuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/1Bush.jpg&quot; alt=&quot;1Bush&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;383&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;De 141 milliards&amp;nbsp;$ en 2008 sous George Bush Jr, les échanges commerciaux US Afrique ont plongé à 56 milliards&amp;nbsp;$ en 2019 sous Donald Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Alors que la résilience de la croissance africaine et son futur marché unique ont poussé les plus grandes puissances mondiales à booster leurs échanges commerciaux avec le continent, cette tendance ne semble pas être partagée par les Etats-Unis. En 2019, les échanges de biens entre Washington et les pays africains étaient estimés à 56,8 milliards&amp;nbsp;$, soit une baisse de 8,07% par rapport aux 61,8 milliards&amp;nbsp;$ estimés en 2018. A titre comparatif, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont grimpé de 2,2% en 2019 pour atteindre 208,7 milliards&amp;nbsp;$.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;En 2019, les échanges de biens entre Washington et les pays africains étaient estimés à 56,8 milliards&amp;nbsp;$, en baisse de 8,07%. A titre comparatif, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont grimpé de 2,2% en 2019 pour atteindre 208,7 milliards&amp;nbsp;$.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le ministère américain du Commerce, en 2018, tous les pays d’Afrique subsaharienne réunis ne pesaient que 1% des exportations américaines, et également 1% des importations. Même si l’Afrique occupe une part marginale dans les échanges commerciaux américains, de nombreuses initiatives telles que &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/hebdop1/0504-55888-l-agoa-opportunite-veritable-ou-arme-commerciale-americaine-en-afrique&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;l’African Growth Opportunity Act (AGOA) &lt;/a&gt;ont permis d’enregistrer des progrès sensibles depuis 2001. Toutefois, la récente utilisation par Donald Trump de cet accord comme moyen de pression sur des Etats africains ne semble pas propice au développement des échanges commerciaux entre les deux parties. En 2015 par exemple, le Kenya, le Rwanda, l'Ouganda et la Tanzanie, dans une logique de protection de leur marché intérieur, se sont mis d'accord pour augmenter les taxes sur les fripes en provenance des États-Unis. Cette décision avait poussé l’administration Trump, sous l'influence de l'Association américaine de textiles d'occasion et recyclés (Smart), qui dénonçait l'imposition de droits de douane sur les exportations américaines, à exercer des pressions sur ces pays pour la réouverture de leurs marchés. Seul le Rwanda avait maintenu jusqu’au bout sa décision ; ce qui avait entraîné une suspension de ses avantages commerciaux relatifs aux exportations de vêtements vers les États-Unis. Plus récemment, c’est le Cameroun qui était exclu de l’AGOA, Washington accusant les forces armées camerounaises d’atteintes aux droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une coopération sécuritaire de moins en moins certaine…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si les relations commerciales USA-Afrique n’ont pas atteint un niveau assez suffisant pour faire de Washington un partenaire incontournable du continent noir, il n’en est pas de même en matière de coopération sécuritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au cours des dernières années, les Etats-Unis sont devenus un acteur important en matière de fourniture d’armement aux Etats et de lutte contre le terrorisme en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Au cours des dernières années, les Etats-Unis sont devenus un acteur important en matière de fourniture d’armement aux Etats et de lutte contre le terrorisme en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’ailleurs, à son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump indiquait que l’un des axes prioritaires de sa politique étrangère serait la lutte contre le &lt;em&gt;«&amp;nbsp;terrorisme islamique radical&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Pourtant les déclarations faites ces derniers mois semblent remettre en question cette stratégie, au point de représenter, pour certains observateurs, une menace à terme pour la coopération sécuritaire américano-africaine sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/2US_Army_SAhel_.jpg&quot; alt=&quot;2US Army SAhel &quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique pour renforcer leurs positions en Asie, pendant que certains responsables américains reprochaient déjà aux pays africains de ne pas être assez impliqués dans la lutte contre le terrorisme. Cette annonce, intervenant à quelques mois de la prochaine présidentielle, cadre bien avec l’une des promesses de campagne de Donald Trump en 2016 ; celle de retirer les USA de ce qu’il appelle les &lt;em&gt;«&amp;nbsp;guerres sans fin&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Fin décembre 2019, les autorités américaines annonçaient leur intention de réduire leurs effectifs en Afrique pour renforcer leurs positions en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Il faut noter qu’entre 6000 et 7000 soldats américains sont actuellement présents en Afrique. Si ce nombre reste modeste, le rôle de ces hommes est assez crucial, notamment en Afrique de l’Ouest où le terrorisme et les violences intercommunautaires ne cessent de croître depuis 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Par exemple, l'US Air Force dispose à Agadez (Niger) d'une importante base de drones, utilisés par les soldats français de la force Barkhane pour désigner des cibles, et récolter du renseignement. Dans le Sahel, les soldats américains comblent également d'autres lacunes de l'armée française et des soldats ouest-africains, en matière de ravitaillement en vol et de transport logistique aérien. Avec son intervention dans la formation, l'équipement et le financement des armées locales, en particulier nigérienne et mauritanienne, l’armée américaine occupe donc une place importante dans la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb Islamique, Boko-Haram ou encore la menace grandissante de l’Etat Islamique dans le Grand Sahara (EIGS).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un retrait américain de la région pourrait pousser les pays africains, principalement ceux du G5 Sahel ainsi que leur partenaire français, à repositionner leurs pions sur l’échiquier ouest-africain de la guerre contre le terrorisme. Une réorganisation qui, en plus de nécessiter plus de temps et de moyens, pourrait réduire leur efficacité sur le terrain et les exposer à une plus grande résurgence des attaques terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;… sur fond de tensions diplomatiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le mandat de Donald Trump aura également été marqué par de nombreuses tensions diplomatiques avec les Etats africains. Celles-ci ont été aussi bien alimentées par les décisions prises dans le cadre de la politique d’immigration du pays que par les déclarations publiques du patron de la Maison-Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/3ivanka_trump.jpg&quot; alt=&quot;3ivanka trump&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;333&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;L’Afrique sous-traitée à sa fille Ivanka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En effet, dès son arrivée au pouvoir, l’un des premiers décrets que prend le nouveau président est d’interdire l’accès au sol américain aux ressortissants de plusieurs pays du monde musulman, dont la Libye et le Soudan. En janvier dernier, le chef d’Etat a fait savoir que de nouvelles mesures de restriction de visa s’étendraient à d’autres pays du continent, dont le Nigeria, l’Erythrée, le Soudan et la Tanzanie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ces décisions ont été dénoncées par de nombreux Africains et par des autorités étatiques, notamment le gouvernement érythréen qui condamne un &lt;em&gt;«&amp;nbsp;acte inamical qui va à l'encontre de la politique d'engagement constructif affichée par l'administration Trump pour réparer les torts du passé&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Lire aussi&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;https://www.agenceecofin.com/la-une-de-lhebdo/1011-51971-donald-trump-la-nambia-et-des-amis-qui-vont-en-afrique-pour-essayer-de-devenir-riches&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;10/11/2017 - Donald Trump, la «Nambia», et «des amis qui vont en Afrique pour essayer de devenir riches...»&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En plus des nombreuses décisions politiques démontrant le peu d’intérêt de l’administration Trump pour l’Afrique, le discours du président américain généralement qualifié de &lt;em&gt;«&amp;nbsp;politiquement incorrect&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; n’a pas manqué de susciter de nombreuses controverses. Début 2018, le milliardaire président qualifiait les pays africains de «&amp;nbsp;pays de merde&amp;nbsp;», lors d’une entrevue avec plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, dans le Bureau ovale. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-il alors déclaré selon des sources citées par le Washington Post. Une déclaration qui avait alors enflammé les réseaux sociaux et suscité l’indignation sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La dernière des priorités&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré ces relations tumultueuses, certains points positifs sont à souligner. Des programmes adoptés sous le mandat du président Barack Obama en faveur du continent ont été perpétués par son successeur. C’est le cas de l’initiative Power Africa, lancée en 2013 pour appuyer la croissance économique et le développement sur le continent grâce à un meilleur accès à une énergie fiable, abordable et durable. D’après le gouvernement, en 2018, l'USAID et le Département d'État américain ont fourni une aide de 8,5 milliards de dollars à 47 pays et 8 programmes régionaux en Afrique subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré cette aide, ainsi que les récentes intentions de conclure des accords de libre-échange avec le continent, l’Afrique semble être la dernière des priorités du président Donald Trump. Même si les différents secrétaires d’Etat qui se sont succédé dans son gouvernement ont déjà visité le continent (Rex Tillerson en 2018, Mike Pompeo en 2020), le président Trump n’a encore effectué aucun déplacement dans une Afrique qui est presque annuellement à l’agenda de son homologue chinois, et de plus en plus de ses homologues français, allemand et même israélien. Si la situation perdure jusqu’à la fin de l’année, le chef d’Etat deviendrait d’ailleurs le premier président américain à ne pas visiter l’Afrique pendant son premier mandat, depuis 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Si la situation perdure jusqu’à la fin de l’année, le chef d’Etat deviendra le premier président américain, depuis 20 ans, à ne pas visiter l’Afrique pendant son premier mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La plupart des nouveaux programmes de coopération de l’administration Trump semblent davantage destinés à contrer l’influence jugée &lt;em&gt;«&amp;nbsp;néfaste&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; de la Chine sur le continent, qu’à accompagner l’Afrique dans sa transition vers le développement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20200225/4pompeo_ethiopia.jpg&quot; alt=&quot;4pompeo ethiopia&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;411&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Contrer l’influence jugée «&amp;nbsp;néfaste&amp;nbsp;» de la Chine sur le continent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’initiative &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Prosper Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, lancée en juin 2019 à Maputo (Mozambique) pour permettre aux USA d’investir 50 milliards&amp;nbsp;$ en Afrique au cours des prochaines années semblait d’ailleurs s’inscrire dans ce registre. Les entreprises américaines offrent une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;valeur inégalée&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait alors déclaré la secrétaire d'État au Commerce, Karen Dunn Kelley, lors de la présentation du projet. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Pourtant, nous avons perdu du terrain face aux pratiques commerciales de plus en plus sophistiquées - mais trop souvent opaques - des concurrents étrangers&amp;nbsp;», avait-elle ajouté, en référence aux méthodes chinoises de financement en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A quelques mois de la prochaine présidentielle, tous les regards sont désormais tournés vers le Parti démocrate qui devrait bientôt désigner son champion pour affronter Donald Trump. En cas de réélection du sortant, il semble peu probable que l’Afrique devienne une &lt;em&gt;«&amp;nbsp;priorité&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, même si l’ancien magnat de l’immobilier a annoncé vouloir doubler les échanges commerciaux USA-Afrique au cours des prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>L’industrie spatiale africaine : un marché de 7 milliards $, en croisance et désormais rentable</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1912-72271-l-industrie-spatiale-africaine-un-marche-de-7-milliards-en-croisance-et-desormais-rentable"/>
		<published>2019-12-19T09:43:44+01:00</published>
		<updated>2019-12-19T09:43:44+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1912-72271-l-industrie-spatiale-africaine-un-marche-de-7-milliards-en-croisance-et-desormais-rentable</id>
		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le secteur spatial africain qui était encore timide il y a quatre ans, est aujourd’hui en pleine frénésie. Il fait l’expérience d’un dynamisme porté par de plus en plus d’ambitions nationales, qui ont supplanté les projets communautaires d’antan, freinés par les atermoiements des uns et des autres. De nombreux pays expriment en effet leur volonté de lancer leur propre satellite afin d’acquérir une indépendance dans les télécommunications, la surveillance du territoire, la météorologie ou encore la recherche. Le satellite, qui était encore il y a peu un rêve presque irréaliste pour de nombreuses nations, devient rentable et se démocratise inexorablement.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Dans la toute première édition de son rapport annuel sur l’industrie spatiale en Afrique, publié en juin 2019, Space in Africa, révèle qu’entre 1998 et avril 2019, 32 satellites ont été mis en orbite dans l’espace par huit pays africains. Outre ces équipements spatiaux attribués à l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Nigéria et l’Afrique du Sud, trois autres projets de satellites - Rascom-QAF1, Rascom-QAF1R et New Dawn – initiés par l'Organisation régionale africaine de communications par satellite (Rascom) et financé par divers pays africains pour des opérations régionales, ont porté à 35 le nombre d’appareils spatiaux, exclusivement africains, envoyés dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cependant, une mise à jour de ce chiffre au 30 novembre 2019 permet d’affirmer que l’Afrique enregistre aujourd’hui 38 satellites dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/1Icyerekezo.png&quot; alt=&quot;1Icyerekezo&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;377&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Icyerekezo, le premier satellite du Rwanda, lancé depuis la base française de Kourou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le nombre a été revu à la hausse avec le lancement au mois de novembre dernier du satellite rwandais Rwansat-1, du soudanais SRSS-1 et de l’égyptien TIBA-1.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Cependant, une mise à jour de ce chiffre au 30 novembre 2019 permet d’affirmer que l’Afrique enregistre aujourd’hui 38 satellites dans le ciel. Le nombre a été revu à la hausse avec le lancement au mois de novembre dernier du satellite rwandais Rwansat-1, du soudanais SRSS-1 et de l’égyptien TIBA-1.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le dynamisme actuel du secteur spatial africain est né au cours des quatre dernières années durant lesquelles quinze satellites ont été lancés. Il traduit, au-delà de la volonté d’indépendance de plusieurs nations africaines, un désir de faire des économies dans l’amélioration de la couverture télécoms de leur territoire national et de profiter également des opportunités d’affaires qu’offre le segment de marché des services satellites, longtemps monopolisé par des entreprises étrangères. Désormais, ces pays peuvent aussi commercialiser des capacités télécoms ou des services à haute valeur ajoutée comme la surveillance du territoire, la navigation, la gestion des ressources naturelles ou la météorologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un marché très porteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon Space in Africa, le marché spatial africain pèse désormais plus de 7 milliards de dollars US par an et devrait dépasser les 10 milliards de dollars US d'ici 2024, porté par les télécommunications.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon Space in Africa, le marché spatial africain pèse désormais plus de 7 milliards de dollars US par an et devrait dépasser les 10 milliards de dollars US d'ici 2024, porté par les télécommunications.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon David Murphy, le directeur commercial chez Al Yah Satellite Communications (Yahsat), la société de communications par satellite, filiale à part entière de Mubadala Development Company, la société d’investissement stratégique du gouvernement d’Abou Dhabi, la croissance prolifique des appareils intelligents abordables sur le continent africain a stimulé une demande «sans précédent» de la data. Il a affirmé que &lt;em&gt;«&amp;nbsp;l'avènement des services par satellite Ka en Afrique depuis 2012/13 a stimulé l'industrie VSAT à travers le continent; la bande Ka enregistrant une croissance à deux chiffres d'une année sur l'autre. Cette croissance devrait se poursuivre»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/2tunisie_Challenge_1.jpg&quot; alt=&quot;2tunisie Challenge 1&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;314&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le segment de marché des services satellites a longtemps été monopolisé par des entreprises étrangères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Dans son rapport «&amp;nbsp;Gartner Africa ICT Hype Cycle 2019&amp;nbsp;», publié le 20 août 2019, Gartner Inc a identifié les systèmes satellitaires en orbite basse- qui concerne en majorité des satellites de télécommunications, de télédétection, d’imagerie, de météorologie- comme l’une des trois technologies qui transformera le monde des affaires en Afrique au cours des dix prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Gartner Inc a identifié les systèmes satellitaires en orbite basse comme l’une des trois technologies qui transformera le monde des affaires en Afrique au cours des dix prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Bill Menezes, analyste principal au sein de l’entreprise américaine de conseil et de recherche en techniques avancées, estime que cette technologie est entrée dans «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le plateau de productivité&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» en 2019. En clair, la technologie est entrée dans sa période de rentabilité sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un ciel saturé d’ici 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Sur les 38 satellites déjà lancés par des nations africaines, quinze servent à l’observation de la Terre, onze aux communications, huit à la démonstration de technologies, deux servent à des projets éducatifs tandis qu’un est orienté dans l’expérimentation scientifique et un autre est à usage militaire. Toujours dans sa phase de développement, l’industrie spatiale africaine devrait entrer dans sa phase de consolidation d’ici cinq ans avec l’apparition de nouveaux satellites dans le ciel du continent, portés par de nouveaux pays, convaincus des choix de leurs prédécesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Sur les 38 satellites déjà lancés par des nations africaines, quinze servent à l’observation de la Terre, onze aux communications, huit à la démonstration de technologies, deux servent à des projets éducatifs tandis qu’un est orienté dans l’expérimentation scientifique et un autre est à usage militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De fin 2019 à 2025, pas moins de trente nouveaux satellites africains sont attendus dans l’espace. Il y a le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya qui ont convenu, en juin 2018, du lancement d’un satellite de télécommunications commun dans la sous-région Afrique de l’Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/3Space-Planet-Earth.png&quot; alt=&quot;3Space Planet Earth&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;431&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;De nouveaux satellites sont attendus dans le ciel africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De son côté, l’Ethiopie planche sur le lancement d’un satellite d’observation de la terre d’ici la fin d’année, tout comme l’île Maurice. La Tunisie, elle, avec l’appui de la Russie, envisage de mettre en orbite une constellation de 30 satellites destinés aux télécommunications d’ici 2023. L’Angola qui a perdu son satellite télécoms Angosat-1 en décembre 2018 annonce Angosat-2 d’ici 2021, suivi du satellite d’observation de la Terre Angosat-3 d’ici 2025. L’Egypte qui a lancé le satellite télécoms TIBA-1 le 22 novembre 2019, est engagée avec la Chine dans la construction du satellite &lt;em&gt;«&amp;nbsp;MisrSat II&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui devrait entrer en orbite d’ici 2025. Le Zimbabwe et l’Ouganda, qui ont échangé avec la Russie lors du sommet Russie-Afrique tenu à Sotchi du 23 au 24 octobre 2019, se sont aussi engagés à lancer chacun un satellite d’observation de la Terre d’ici 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Muriel Edjo&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/muriel-edjo.png&quot; alt=&quot;muriel edjo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le secteur spatial africain qui était encore timide il y a quatre ans, est aujourd’hui en pleine frénésie. Il fait l’expérience d’un dynamisme porté par de plus en plus d’ambitions nationales, qui ont supplanté les projets communautaires d’antan, freinés par les atermoiements des uns et des autres. De nombreux pays expriment en effet leur volonté de lancer leur propre satellite afin d’acquérir une indépendance dans les télécommunications, la surveillance du territoire, la météorologie ou encore la recherche. Le satellite, qui était encore il y a peu un rêve presque irréaliste pour de nombreuses nations, devient rentable et se démocratise inexorablement.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Dans la toute première édition de son rapport annuel sur l’industrie spatiale en Afrique, publié en juin 2019, Space in Africa, révèle qu’entre 1998 et avril 2019, 32 satellites ont été mis en orbite dans l’espace par huit pays africains. Outre ces équipements spatiaux attribués à l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc, le Nigéria et l’Afrique du Sud, trois autres projets de satellites - Rascom-QAF1, Rascom-QAF1R et New Dawn – initiés par l'Organisation régionale africaine de communications par satellite (Rascom) et financé par divers pays africains pour des opérations régionales, ont porté à 35 le nombre d’appareils spatiaux, exclusivement africains, envoyés dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cependant, une mise à jour de ce chiffre au 30 novembre 2019 permet d’affirmer que l’Afrique enregistre aujourd’hui 38 satellites dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/1Icyerekezo.png&quot; alt=&quot;1Icyerekezo&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;377&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Icyerekezo, le premier satellite du Rwanda, lancé depuis la base française de Kourou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le nombre a été revu à la hausse avec le lancement au mois de novembre dernier du satellite rwandais Rwansat-1, du soudanais SRSS-1 et de l’égyptien TIBA-1.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Cependant, une mise à jour de ce chiffre au 30 novembre 2019 permet d’affirmer que l’Afrique enregistre aujourd’hui 38 satellites dans le ciel. Le nombre a été revu à la hausse avec le lancement au mois de novembre dernier du satellite rwandais Rwansat-1, du soudanais SRSS-1 et de l’égyptien TIBA-1.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le dynamisme actuel du secteur spatial africain est né au cours des quatre dernières années durant lesquelles quinze satellites ont été lancés. Il traduit, au-delà de la volonté d’indépendance de plusieurs nations africaines, un désir de faire des économies dans l’amélioration de la couverture télécoms de leur territoire national et de profiter également des opportunités d’affaires qu’offre le segment de marché des services satellites, longtemps monopolisé par des entreprises étrangères. Désormais, ces pays peuvent aussi commercialiser des capacités télécoms ou des services à haute valeur ajoutée comme la surveillance du territoire, la navigation, la gestion des ressources naturelles ou la météorologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un marché très porteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon Space in Africa, le marché spatial africain pèse désormais plus de 7 milliards de dollars US par an et devrait dépasser les 10 milliards de dollars US d'ici 2024, porté par les télécommunications.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon Space in Africa, le marché spatial africain pèse désormais plus de 7 milliards de dollars US par an et devrait dépasser les 10 milliards de dollars US d'ici 2024, porté par les télécommunications.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon David Murphy, le directeur commercial chez Al Yah Satellite Communications (Yahsat), la société de communications par satellite, filiale à part entière de Mubadala Development Company, la société d’investissement stratégique du gouvernement d’Abou Dhabi, la croissance prolifique des appareils intelligents abordables sur le continent africain a stimulé une demande «sans précédent» de la data. Il a affirmé que &lt;em&gt;«&amp;nbsp;l'avènement des services par satellite Ka en Afrique depuis 2012/13 a stimulé l'industrie VSAT à travers le continent; la bande Ka enregistrant une croissance à deux chiffres d'une année sur l'autre. Cette croissance devrait se poursuivre»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/2tunisie_Challenge_1.jpg&quot; alt=&quot;2tunisie Challenge 1&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;314&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le segment de marché des services satellites a longtemps été monopolisé par des entreprises étrangères.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Dans son rapport «&amp;nbsp;Gartner Africa ICT Hype Cycle 2019&amp;nbsp;», publié le 20 août 2019, Gartner Inc a identifié les systèmes satellitaires en orbite basse- qui concerne en majorité des satellites de télécommunications, de télédétection, d’imagerie, de météorologie- comme l’une des trois technologies qui transformera le monde des affaires en Afrique au cours des dix prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Gartner Inc a identifié les systèmes satellitaires en orbite basse comme l’une des trois technologies qui transformera le monde des affaires en Afrique au cours des dix prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Bill Menezes, analyste principal au sein de l’entreprise américaine de conseil et de recherche en techniques avancées, estime que cette technologie est entrée dans «&amp;nbsp;&lt;em&gt;le plateau de productivité&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» en 2019. En clair, la technologie est entrée dans sa période de rentabilité sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un ciel saturé d’ici 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Sur les 38 satellites déjà lancés par des nations africaines, quinze servent à l’observation de la Terre, onze aux communications, huit à la démonstration de technologies, deux servent à des projets éducatifs tandis qu’un est orienté dans l’expérimentation scientifique et un autre est à usage militaire. Toujours dans sa phase de développement, l’industrie spatiale africaine devrait entrer dans sa phase de consolidation d’ici cinq ans avec l’apparition de nouveaux satellites dans le ciel du continent, portés par de nouveaux pays, convaincus des choix de leurs prédécesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Sur les 38 satellites déjà lancés par des nations africaines, quinze servent à l’observation de la Terre, onze aux communications, huit à la démonstration de technologies, deux servent à des projets éducatifs tandis qu’un est orienté dans l’expérimentation scientifique et un autre est à usage militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De fin 2019 à 2025, pas moins de trente nouveaux satellites africains sont attendus dans l’espace. Il y a le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya qui ont convenu, en juin 2018, du lancement d’un satellite de télécommunications commun dans la sous-région Afrique de l’Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191217/3Space-Planet-Earth.png&quot; alt=&quot;3Space Planet Earth&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;431&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;De nouveaux satellites sont attendus dans le ciel africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;De son côté, l’Ethiopie planche sur le lancement d’un satellite d’observation de la terre d’ici la fin d’année, tout comme l’île Maurice. La Tunisie, elle, avec l’appui de la Russie, envisage de mettre en orbite une constellation de 30 satellites destinés aux télécommunications d’ici 2023. L’Angola qui a perdu son satellite télécoms Angosat-1 en décembre 2018 annonce Angosat-2 d’ici 2021, suivi du satellite d’observation de la Terre Angosat-3 d’ici 2025. L’Egypte qui a lancé le satellite télécoms TIBA-1 le 22 novembre 2019, est engagée avec la Chine dans la construction du satellite &lt;em&gt;«&amp;nbsp;MisrSat II&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; qui devrait entrer en orbite d’ici 2025. Le Zimbabwe et l’Ouganda, qui ont échangé avec la Russie lors du sommet Russie-Afrique tenu à Sotchi du 23 au 24 octobre 2019, se sont aussi engagés à lancer chacun un satellite d’observation de la Terre d’ici 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Muriel Edjo&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/muriel-edjo.png&quot; alt=&quot;muriel edjo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>L’Afrique championne du cacao peut aussi devenir reine du chocolat si...</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1212-72059-l-afrique-championne-du-cacao-peut-aussi-devenir-reine-du-chocolat-si"/>
		<published>2019-12-12T14:53:10+01:00</published>
		<updated>2019-12-12T14:53:10+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1212-72059-l-afrique-championne-du-cacao-peut-aussi-devenir-reine-du-chocolat-si</id>
		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’Afrique compte sur son territoire les deux plus grands producteurs de cacao au monde et pourtant la plus grande partie du chocolat disponible sur le marché continental est d’origine étrangère. Si cette situation a longtemps perduré, notamment en raison d’une économie essentiellement tournée vers les exportations de matières premières, les nouvelles orientations économiques des pays africains semblent offrir de belles opportunités pour l’essor de ce secteur à forte valeur ajoutée...&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;70% de la production mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Contrairement aux pays européens qui doivent en importer pour satisfaire leurs besoins de consommation, l’Afrique dispose aujourd’hui des capacités pour alimenter son propre marché intérieur en fèves de cacao. En effet, avec plus de 70% de la production mondiale, le continent est le premier exportateur mondial de cacao. Les trois plus grands producteurs mondiaux du secteur (Côte d’Ivoire, Ghana et Cameroun) sont africains. A elle seule, la Côte d’Ivoire représente déjà plus de 43% de la production mondiale de cacao.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cependant, comme pour la plupart des matières premières produites par le continent, le cacao africain reste encore largement exporté sous sa forme brute. Cette situation crée d’énormes disparités dans la répartition des revenus générés par l’industrie chocolatière mondiale, à la fois en défaveur des Etats producteurs et de leurs paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/1Chocolate02.png&quot; alt=&quot;1Chocolate02&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;576&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La hausse de la consommation des ménages représente une aubaine pour l’industrie africaine de la chocolaterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon les chiffres de l’International Cocoa Organization (ICCO), l’industrie chocolatière mondiale génère 100 milliards de dollars ; les pays producteurs ne captent que 6% de cette somme dont seulement 2% pour les paysans, producteurs directs des fèves. Pour Biendi Maganga Moussavou, ministre camerounais de l’Agriculture&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;les 3 pays africains, qui exportent 70% du cacao brut dans le monde, ne perçoivent que 3% des revenus générés par le chocolat&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon les chiffres de l’International Cocoa Organization (ICCO), l’industrie chocolatière mondiale génère 100 milliards de dollars ; les pays producteurs ne captent que 6% de cette somme dont seulement 2% pour les paysans, producteurs directs des fèves.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Non seulement la transformation des fèves de cacao en Afrique est quasi inexistante, mais la consommation du chocolat est marginale sur le continent. Actuellement, le marché africain du chocolat est très faible par rapport à la moyenne mondiale, avec une consommation par habitant tournant autour de 0,5 kg par an contre un niveau pouvant aller de 4 à 12 kg sur les marchés occidentaux. Selon une étude coréalisée par la société Barry Callebaut et l’Agence française de développement, la filière cacao qui emploie environ un tiers des habitants de la Côte d’Ivoire et du Ghana, ne fait gagner qu’un peu plus de 1&amp;nbsp;$ par jour aux producteurs ivoiriens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon une étude coréalisée par la société Barry Callebaut et l’Agence française de développement, la filière cacao qui emploie environ un tiers des habitants de la Côte d’Ivoire et du Ghana, ne fait gagner qu’un peu plus de 1&amp;nbsp;$ par jour aux producteurs ivoiriens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ce qui reste en dessous du seuil international de pauvreté de 2$, fixé par la Banque Mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pourtant, le continent dispose d’un marché potentiel suffisamment important pour générer une véritable industrie du chocolat, indépendante des marchés occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une classe moyenne en hausse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec une population de 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique dispose d’un énorme marché intérieur pour la commercialisation de ses produits. D’ici 2050, cette population devrait d’ailleurs doubler, estiment les experts. Cependant, si on considère que pour une bonne partie de ses habitants, le produit peut être considéré comme inaccessible (41,1% de la population d’Afrique noire est extrêmement pauvre), l’émergence récente d’une classe moyenne, capable d’absorber les produits de consommation fabriqués sur le continent, peut changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la Banque africaine de développement, 370 millions de personnes font aujourd’hui partie de la classe moyenne africaine, avec des revenus situés entre 2,2 et 20 dollars par jour. Pour d’autres institutions, cette classe moyenne serait en réalité plus réduite. Dans une étude réalisée en 2015 pour le groupe CFAO, leader de la distribution en Afrique, l’institut de sondage français Ipsos et le cabinet de conseil Bearing Point estiment que la classe moyenne africaine ne compte que 143 millions d’individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/2instant-chocolat-ivoirien.jpg&quot; alt=&quot;2instant chocolat ivoirien&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Instant Chocolat, lancé en Côte d’Ivoire en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Néanmoins, toutes ces institutions semblent s’accorder sur le fait que cette classe moyenne devrait continuer à grandir au cours des prochaines années. La société Proparco s’attend par exemple à ce que les classes moyennes africaines stables passent de 132 millions d'individus en 2020 à 243 millions en 2040, soit un marché d’une valeur globale de 1750 milliards de dollars. Dans une étude publiée en mars 2018, la Société financière internationale (IFC) a estimé de son côté que 100 millions de personnes devraient rejoindre les classes moyennes et celles à revenus élevés en Afrique subsaharienne, d’ici 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec l’émergence de cette classe moyenne, les dépenses de consommation devraient elles aussi continuer à augmenter. D’après l’IFC, les dépenses des ménages devraient augmenter à un rythme de 5% par an dans la région, d’ici à 2030, contre une moyenne de 3,8&amp;nbsp;% dans les autres pays en développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;D’après l’IFC, les dépenses des ménages devraient augmenter à un rythme de 5% par an dans la région, d’ici à 2030, contre une moyenne de 3,8&amp;nbsp;% dans les autres pays en développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette hausse de la consommation des ménages représente une aubaine pour l’industrie africaine de la chocolaterie. En effet, même si les habitudes de consommation sur le continent restent encore loin de celles des pays occidentaux, le chocolat représente l'une des formes de luxe les plus abordables et les plus accessibles pour cette classe moyenne émergente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La ZLECAf et son marché unique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Lancée il y a quelques mois par l’Union africaine (UA), la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à créer un marché unique de 1,2 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut de 2500 milliards&amp;nbsp;$. L'objectif affiché est d’accroître le commerce intra-africain de 52,3&amp;nbsp;%, d’ici 2022. Pour ce faire, les pays africains ambitionnent de lever toute barrière tarifaire entravant le commerce intracontinental, en réduisant, voire supprimant les droits de douane sur les importations de certains produits provenant de pays africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/3-57-Chocolate-Accra-Eat.png&quot; alt=&quot;3&amp;nbsp;57 Chocolate Accra Eat&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;475&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;57 Chocolate, une marque ghanéenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette stratégie couplée à un réel développement des infrastructures (qui prennent de plus en plus de place dans les investissements publics des pays africains) devrait stimuler le développement du secteur agro-industriel, contribuant à diminuer la dépendance des économies africaines à l’exportation de produits de base.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le professeur Landry Signé, fondateur et président du Global Network for Africa’s Prosperity, d'ici 2030, les secteurs produisant le plus de valeur en Afrique seront ceux de la nourriture et des boissons (740 milliards de dollars) loin devant l'éducation et les transports (397 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Les secteurs produisant le plus de valeur en Afrique seront ceux de la nourriture et des boissons (740 milliards de dollars) loin devant l'éducation et les transports (397 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En matière de dépenses business to business, les plus grands secteurs seront ceux de l'agro-industrie (915 milliards de dollars), loin devant l'industrie manufacturière (666 milliards de dollars). Cette croissance prévue de l'agriculture et de l'agro-industrie reflète le fait que la nourriture et les boissons constitueront la plus grande part de la dépense totale des ménages, ce qui offre de nouvelles perspectives de développement au secteur du chocolat africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’essor du «&amp;nbsp;Made in Africa&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré la faiblesse du marché africain du chocolat, plusieurs entrepreneurs, conscients du potentiel du continent, ont lancé ces dernières années des initiatives pour promouvoir le chocolat &lt;em&gt;«&amp;nbsp;made in Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. En la matière, la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux producteurs mondiaux, semblent donner le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Des marques comme Instant Chocolat, lancé en Côte d’Ivoire en 2014, ou 57 Chocolate (qui produit du chocolat haut de gamme au Ghana) ont déjà pour ambition de concurrencer les géants mondiaux tels que le suisse Nestlé en Afrique, avant peut-être de s’exporter sur d’autres continents. Pour se démarquer, ces nouvelles entreprises misent parfois sur les produits bio, ou des designs reflétant les cultures africaines. Le sud-africain De villiers Chocolate a ainsi récemment annoncé son intention de distribuer les produits de sa marque sur le marché étasunien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/4mousse-au-chocolat.jpg&quot; alt=&quot;4mousse au chocolat&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;450&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Bien sûr, ces initiatives privées ne pourront porter leurs fruits que si elles sont soutenues par des politiques publiques allant dans le même sens. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Si les gouvernements africains sont déterminés à diversifier leurs économies et à fournir des emplois mieux rémunérés dans le secteur manufacturier à leur population, la production de chocolat est une industrie qu'il est évident de poursuivre. Les conditions idéales sont réunies pour que les producteurs de chocolat prennent racine&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, indiquait à cet effet le cabinet Gro Intelligence, spécialisé dans le traitement de données agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La production de chocolat est une industrie qu'il est évident de poursuivre. Les conditions idéales sont réunies pour que les producteurs de chocolat prennent racine&amp;nbsp;», indiquait à cet effet le cabinet Gro Intelligence&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’ailleurs, la récente initiative lancée par la Côte d’Ivoire et le Ghana pour mettre en place un prix minimum du cacao plus avantageux pour les producteurs locaux indique clairement que l’Afrique veut désormais obtenir une part plus conséquente du gâteau au chocolat mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’Afrique compte sur son territoire les deux plus grands producteurs de cacao au monde et pourtant la plus grande partie du chocolat disponible sur le marché continental est d’origine étrangère. Si cette situation a longtemps perduré, notamment en raison d’une économie essentiellement tournée vers les exportations de matières premières, les nouvelles orientations économiques des pays africains semblent offrir de belles opportunités pour l’essor de ce secteur à forte valeur ajoutée...&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;70% de la production mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Contrairement aux pays européens qui doivent en importer pour satisfaire leurs besoins de consommation, l’Afrique dispose aujourd’hui des capacités pour alimenter son propre marché intérieur en fèves de cacao. En effet, avec plus de 70% de la production mondiale, le continent est le premier exportateur mondial de cacao. Les trois plus grands producteurs mondiaux du secteur (Côte d’Ivoire, Ghana et Cameroun) sont africains. A elle seule, la Côte d’Ivoire représente déjà plus de 43% de la production mondiale de cacao.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cependant, comme pour la plupart des matières premières produites par le continent, le cacao africain reste encore largement exporté sous sa forme brute. Cette situation crée d’énormes disparités dans la répartition des revenus générés par l’industrie chocolatière mondiale, à la fois en défaveur des Etats producteurs et de leurs paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/1Chocolate02.png&quot; alt=&quot;1Chocolate02&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;576&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La hausse de la consommation des ménages représente une aubaine pour l’industrie africaine de la chocolaterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon les chiffres de l’International Cocoa Organization (ICCO), l’industrie chocolatière mondiale génère 100 milliards de dollars ; les pays producteurs ne captent que 6% de cette somme dont seulement 2% pour les paysans, producteurs directs des fèves. Pour Biendi Maganga Moussavou, ministre camerounais de l’Agriculture&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;les 3 pays africains, qui exportent 70% du cacao brut dans le monde, ne perçoivent que 3% des revenus générés par le chocolat&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon les chiffres de l’International Cocoa Organization (ICCO), l’industrie chocolatière mondiale génère 100 milliards de dollars ; les pays producteurs ne captent que 6% de cette somme dont seulement 2% pour les paysans, producteurs directs des fèves.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Non seulement la transformation des fèves de cacao en Afrique est quasi inexistante, mais la consommation du chocolat est marginale sur le continent. Actuellement, le marché africain du chocolat est très faible par rapport à la moyenne mondiale, avec une consommation par habitant tournant autour de 0,5 kg par an contre un niveau pouvant aller de 4 à 12 kg sur les marchés occidentaux. Selon une étude coréalisée par la société Barry Callebaut et l’Agence française de développement, la filière cacao qui emploie environ un tiers des habitants de la Côte d’Ivoire et du Ghana, ne fait gagner qu’un peu plus de 1&amp;nbsp;$ par jour aux producteurs ivoiriens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Selon une étude coréalisée par la société Barry Callebaut et l’Agence française de développement, la filière cacao qui emploie environ un tiers des habitants de la Côte d’Ivoire et du Ghana, ne fait gagner qu’un peu plus de 1&amp;nbsp;$ par jour aux producteurs ivoiriens.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ce qui reste en dessous du seuil international de pauvreté de 2$, fixé par la Banque Mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pourtant, le continent dispose d’un marché potentiel suffisamment important pour générer une véritable industrie du chocolat, indépendante des marchés occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une classe moyenne en hausse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec une population de 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique dispose d’un énorme marché intérieur pour la commercialisation de ses produits. D’ici 2050, cette population devrait d’ailleurs doubler, estiment les experts. Cependant, si on considère que pour une bonne partie de ses habitants, le produit peut être considéré comme inaccessible (41,1% de la population d’Afrique noire est extrêmement pauvre), l’émergence récente d’une classe moyenne, capable d’absorber les produits de consommation fabriqués sur le continent, peut changer la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la Banque africaine de développement, 370 millions de personnes font aujourd’hui partie de la classe moyenne africaine, avec des revenus situés entre 2,2 et 20 dollars par jour. Pour d’autres institutions, cette classe moyenne serait en réalité plus réduite. Dans une étude réalisée en 2015 pour le groupe CFAO, leader de la distribution en Afrique, l’institut de sondage français Ipsos et le cabinet de conseil Bearing Point estiment que la classe moyenne africaine ne compte que 143 millions d’individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/2instant-chocolat-ivoirien.jpg&quot; alt=&quot;2instant chocolat ivoirien&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Instant Chocolat, lancé en Côte d’Ivoire en 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Néanmoins, toutes ces institutions semblent s’accorder sur le fait que cette classe moyenne devrait continuer à grandir au cours des prochaines années. La société Proparco s’attend par exemple à ce que les classes moyennes africaines stables passent de 132 millions d'individus en 2020 à 243 millions en 2040, soit un marché d’une valeur globale de 1750 milliards de dollars. Dans une étude publiée en mars 2018, la Société financière internationale (IFC) a estimé de son côté que 100 millions de personnes devraient rejoindre les classes moyennes et celles à revenus élevés en Afrique subsaharienne, d’ici 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec l’émergence de cette classe moyenne, les dépenses de consommation devraient elles aussi continuer à augmenter. D’après l’IFC, les dépenses des ménages devraient augmenter à un rythme de 5% par an dans la région, d’ici à 2030, contre une moyenne de 3,8&amp;nbsp;% dans les autres pays en développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;D’après l’IFC, les dépenses des ménages devraient augmenter à un rythme de 5% par an dans la région, d’ici à 2030, contre une moyenne de 3,8&amp;nbsp;% dans les autres pays en développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette hausse de la consommation des ménages représente une aubaine pour l’industrie africaine de la chocolaterie. En effet, même si les habitudes de consommation sur le continent restent encore loin de celles des pays occidentaux, le chocolat représente l'une des formes de luxe les plus abordables et les plus accessibles pour cette classe moyenne émergente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La ZLECAf et son marché unique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Lancée il y a quelques mois par l’Union africaine (UA), la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) vise à créer un marché unique de 1,2 milliard de personnes, représentant un produit intérieur brut de 2500 milliards&amp;nbsp;$. L'objectif affiché est d’accroître le commerce intra-africain de 52,3&amp;nbsp;%, d’ici 2022. Pour ce faire, les pays africains ambitionnent de lever toute barrière tarifaire entravant le commerce intracontinental, en réduisant, voire supprimant les droits de douane sur les importations de certains produits provenant de pays africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/3-57-Chocolate-Accra-Eat.png&quot; alt=&quot;3&amp;nbsp;57 Chocolate Accra Eat&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;475&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;57 Chocolate, une marque ghanéenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cette stratégie couplée à un réel développement des infrastructures (qui prennent de plus en plus de place dans les investissements publics des pays africains) devrait stimuler le développement du secteur agro-industriel, contribuant à diminuer la dépendance des économies africaines à l’exportation de produits de base.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après le professeur Landry Signé, fondateur et président du Global Network for Africa’s Prosperity, d'ici 2030, les secteurs produisant le plus de valeur en Afrique seront ceux de la nourriture et des boissons (740 milliards de dollars) loin devant l'éducation et les transports (397 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Les secteurs produisant le plus de valeur en Afrique seront ceux de la nourriture et des boissons (740 milliards de dollars) loin devant l'éducation et les transports (397 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En matière de dépenses business to business, les plus grands secteurs seront ceux de l'agro-industrie (915 milliards de dollars), loin devant l'industrie manufacturière (666 milliards de dollars). Cette croissance prévue de l'agriculture et de l'agro-industrie reflète le fait que la nourriture et les boissons constitueront la plus grande part de la dépense totale des ménages, ce qui offre de nouvelles perspectives de développement au secteur du chocolat africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’essor du «&amp;nbsp;Made in Africa&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Malgré la faiblesse du marché africain du chocolat, plusieurs entrepreneurs, conscients du potentiel du continent, ont lancé ces dernières années des initiatives pour promouvoir le chocolat &lt;em&gt;«&amp;nbsp;made in Africa&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. En la matière, la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux principaux producteurs mondiaux, semblent donner le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Des marques comme Instant Chocolat, lancé en Côte d’Ivoire en 2014, ou 57 Chocolate (qui produit du chocolat haut de gamme au Ghana) ont déjà pour ambition de concurrencer les géants mondiaux tels que le suisse Nestlé en Afrique, avant peut-être de s’exporter sur d’autres continents. Pour se démarquer, ces nouvelles entreprises misent parfois sur les produits bio, ou des designs reflétant les cultures africaines. Le sud-africain De villiers Chocolate a ainsi récemment annoncé son intention de distribuer les produits de sa marque sur le marché étasunien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191209/4mousse-au-chocolat.jpg&quot; alt=&quot;4mousse au chocolat&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;450&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Bien sûr, ces initiatives privées ne pourront porter leurs fruits que si elles sont soutenues par des politiques publiques allant dans le même sens. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Si les gouvernements africains sont déterminés à diversifier leurs économies et à fournir des emplois mieux rémunérés dans le secteur manufacturier à leur population, la production de chocolat est une industrie qu'il est évident de poursuivre. Les conditions idéales sont réunies pour que les producteurs de chocolat prennent racine&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, indiquait à cet effet le cabinet Gro Intelligence, spécialisé dans le traitement de données agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;La production de chocolat est une industrie qu'il est évident de poursuivre. Les conditions idéales sont réunies pour que les producteurs de chocolat prennent racine&amp;nbsp;», indiquait à cet effet le cabinet Gro Intelligence&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’ailleurs, la récente initiative lancée par la Côte d’Ivoire et le Ghana pour mettre en place un prix minimum du cacao plus avantageux pour les producteurs locaux indique clairement que l’Afrique veut désormais obtenir une part plus conséquente du gâteau au chocolat mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;texte&quot;&gt;Moutiou Adjibi Nourou&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Moutiou_Adjibi.png&quot; alt=&quot;Moutiou Adjibi&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Quelques questions soulevées par l’IPO de Saudi Aramco</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1911-71287-quelques-questions-soulevees-par-l-ipo-de-saudi-aramco"/>
		<published>2019-11-19T17:23:42+01:00</published>
		<updated>2019-11-19T17:23:42+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/1911-71287-quelques-questions-soulevees-par-l-ipo-de-saudi-aramco</id>
		<author>
			<name>Ndeye Khady Gueye</name>
			<email>nkhady@agenceecofin.com</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em class=&quot;texte textearticle&quot; style=&quot;color: #222222; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: start; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; background-color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Après maints reports, la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, a lancé ce qui sera la plus importante introduction en bourse de l’histoire. La société dont la valorisation a été annoncée à 2000 milliards&amp;nbsp;$, mais qui actuellement est évaluée à 1700&amp;nbsp; milliards&amp;nbsp;$, selon les experts, entend céder 5% de ses parts dont 2 à 3&amp;nbsp;% sur le Tadawul, la bourse saoudienne. Quoi qu’il en soit, derrière cette valse de chiffres qui donne le vertige, cette introduction en bourse du joyau saoudien est pour le moins douteuse par bien des aspects.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;texte textearticle&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La destination des financements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon les autorités, cette levée de fonds a pour objectif de soutenir la Vision 2030 qui est d’assurer une prospérité post-pétrolière en investissant dans d’autres secteurs tels que le solaire ou le nucléaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/1IPO.jpg&quot; alt=&quot;1IPO&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La compagnie la plus rentable du monde ne semblait pas avoir besoin de capitaux directs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’où la question&amp;nbsp;: pourquoi les investisseurs iraient-ils acquérir ces actifs dont le propriétaire cherche à se démettre&amp;nbsp;? Puisque l’avenir du Royaume semble être dans le solaire et dans le nucléaire, pourquoi ne lèverait-il pas directement des fonds pour soutenir ces secteurs prometteurs, faisant ainsi partager ses performances avec les investisseurs dans ce cadre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Puisque l’avenir du Royaume semble être dans le solaire et dans le nucléaire, pourquoi ne lèverait-il pas directement des fonds pour soutenir ces secteurs prometteurs, faisant ainsi partager ses performances avec les investisseurs dans ce cadre&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Vue sous cet angle, l’IPO lancée par la Saudi Aramco ressemble davantage à une opération de soldes. Un appel aux investisseurs pour réduire les invendus et partager une probable baisse de valeur des actifs. D’autant plus que la compagnie qui est la plus rentable du monde ne semble pas avoir besoin de capitaux directs et que ces fonds serviront d’ailleurs à financer d’autres projets dans des sous-secteurs différents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une opération à multiples facteurs de risque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le premier risque lié à cette introduction en bourse, et non des moindres, est celui de la dévalorisation des actifs. Alors qu’émerge une conscience globale sur les risques liés au réchauffement climatique, la fin de l’ère du pétrole ne semble plus être qu’une question de temps. Et elle pourrait bien se révéler plus rapide que prévu, en raison de l’accélération des progrès technologiques qui offrent des alternatives de plus en plus crédibles aux énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/2Saudi-Aramco.jpeg&quot; alt=&quot;2Saudi Aramco&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;450&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La fin de l’ère du pétrole ne semble plus être qu’une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’amorce de la diversification de l’économie du Royaume sonne comme une preuve de la conscience de cette évolution irréversible des choses. D’ailleurs, en 2003, Zaki Yamani, ministre saoudien du Pétrole d’alors, avait affirmé&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&lt;em&gt;&amp;nbsp;Ce n’est pas parce qu’on était à court de pierres que l’Age de la pierre s’est achevé, et l’âge du pétrole devrait s’achever bien avant qu’on ne soit à court de pétrole&amp;nbsp;».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Ce n’est pas parce qu’on était à court de pierres que l’Age de la pierre s’est achevé, et l’âge du pétrole devrait s’achever bien avant qu’on ne soit à court de pétrole&amp;nbsp;».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’implication de cette réalité pour les investisseurs est la dévalorisation de leurs actifs sous l’effet de la baisse de la demande globale et des besoins croissants en investissements. Ces actifs dévalorisés, désignés sous le terme de ‘’Stranded assets’’ par le think tank Carbone Tracker, risquent d’ailleurs de faire perdre aux grandes compagnies pétrolières, jusqu’à 2200 milliards&amp;nbsp;$, d’ici à 2030. Rappelons juste au passage que les 111 milliards&amp;nbsp;$ de bénéfices revendiqués par Aramco en 2018 étaient supérieurs de 1/3 au bénéfice combiné des cinq premières entreprises pétrolières au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/3Tadawul.jpg&quot; alt=&quot;3Tadawul&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;332&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Il est difficile de fixer la valeur de la plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;»,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un autre facteur pouvant remettre en cause la rentabilité de l’opération pour les investisseurs est le cours du pétrole. Malgré sa taille, la Saudi Aramco est sensible aux variations du cours du pétrole qui ont été importantes ces dernières années, passant de 112&amp;nbsp;$ en juin 2014 à 31,9&amp;nbsp;$ en janvier 2016 et à 57&amp;nbsp;$ actuellement. C’est d’ailleurs au cœur de la crise de 2016 que l’idée d’introduction de la compagnie en bourse a émergé pour la première fois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, la compagnie fait les frais des risques géopolitiques de la région, avec, entre autres, l’attaque, en septembre dernier, d’installations majeures de la compagnie, qui a réduit sa production de 50&amp;nbsp;% pendant quelques temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Méfiance et réticence de certains investisseurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ces écueils ont été remarqués par certains investisseurs qui ont déjà annoncé ne pas vouloir participer à cette introduction en bourse. C’est à ce titre que le Fonds souverain norvégien, le plus grand au monde, a affirmé qu’il n’achèterait pas des titres Aramco.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Une réticence partagée par plusieurs autres investisseurs internationaux qui évoquent, entre autres raisons, les reports successifs de l’opération, la difficulté de valorisation de la compagnie ou encore l’omniprésence du pouvoir politique dans la gestion de la compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les investisseurs japonais font partie de cette dernière catégorie. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Il est peu probable que les sociétés japonaises investissent dans le premier appel public à l’épargne du géant pétrolier de l’Arabie saoudite, Saudi Aramco, puisqu’il est difficile de fixer la valeur de la plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», a affirmé le président de la plus grande raffinerie japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Il est peu probable que les sociétés japonaises investissent dans le premier appel public à l’épargne du géant pétrolier de l’Arabie saoudite, Saudi Aramco, puisqu’il est difficile d’évaluer la valeur de plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Même au sein des épargnants locaux visés par cette première introduction en bourse, il serait abusif de dire que l’engouement est présent. Selon les médias, plusieurs des familles les plus riches du royaume auraient été vivement encouragées à prendre part à l’opération, accomplissant ce que certains défenseurs de l’IPO qualifient de «&lt;em&gt;&amp;nbsp;devoir patriotique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Gwladys Johnson Akinocho&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Gwladys_Johnson.jpg&quot; alt=&quot;Gwladys Johnson&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;em class=&quot;texte textearticle&quot; style=&quot;color: #222222; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: small; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: start; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px; background-color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Après maints reports, la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, a lancé ce qui sera la plus importante introduction en bourse de l’histoire. La société dont la valorisation a été annoncée à 2000 milliards&amp;nbsp;$, mais qui actuellement est évaluée à 1700&amp;nbsp; milliards&amp;nbsp;$, selon les experts, entend céder 5% de ses parts dont 2 à 3&amp;nbsp;% sur le Tadawul, la bourse saoudienne. Quoi qu’il en soit, derrière cette valse de chiffres qui donne le vertige, cette introduction en bourse du joyau saoudien est pour le moins douteuse par bien des aspects.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;texte textearticle&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La destination des financements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon les autorités, cette levée de fonds a pour objectif de soutenir la Vision 2030 qui est d’assurer une prospérité post-pétrolière en investissant dans d’autres secteurs tels que le solaire ou le nucléaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/1IPO.jpg&quot; alt=&quot;1IPO&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;400&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La compagnie la plus rentable du monde ne semblait pas avoir besoin de capitaux directs.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’où la question&amp;nbsp;: pourquoi les investisseurs iraient-ils acquérir ces actifs dont le propriétaire cherche à se démettre&amp;nbsp;? Puisque l’avenir du Royaume semble être dans le solaire et dans le nucléaire, pourquoi ne lèverait-il pas directement des fonds pour soutenir ces secteurs prometteurs, faisant ainsi partager ses performances avec les investisseurs dans ce cadre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Puisque l’avenir du Royaume semble être dans le solaire et dans le nucléaire, pourquoi ne lèverait-il pas directement des fonds pour soutenir ces secteurs prometteurs, faisant ainsi partager ses performances avec les investisseurs dans ce cadre&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Vue sous cet angle, l’IPO lancée par la Saudi Aramco ressemble davantage à une opération de soldes. Un appel aux investisseurs pour réduire les invendus et partager une probable baisse de valeur des actifs. D’autant plus que la compagnie qui est la plus rentable du monde ne semble pas avoir besoin de capitaux directs et que ces fonds serviront d’ailleurs à financer d’autres projets dans des sous-secteurs différents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une opération à multiples facteurs de risque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le premier risque lié à cette introduction en bourse, et non des moindres, est celui de la dévalorisation des actifs. Alors qu’émerge une conscience globale sur les risques liés au réchauffement climatique, la fin de l’ère du pétrole ne semble plus être qu’une question de temps. Et elle pourrait bien se révéler plus rapide que prévu, en raison de l’accélération des progrès technologiques qui offrent des alternatives de plus en plus crédibles aux énergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/2Saudi-Aramco.jpeg&quot; alt=&quot;2Saudi Aramco&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;450&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La fin de l’ère du pétrole ne semble plus être qu’une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’amorce de la diversification de l’économie du Royaume sonne comme une preuve de la conscience de cette évolution irréversible des choses. D’ailleurs, en 2003, Zaki Yamani, ministre saoudien du Pétrole d’alors, avait affirmé&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&lt;em&gt;&amp;nbsp;Ce n’est pas parce qu’on était à court de pierres que l’Age de la pierre s’est achevé, et l’âge du pétrole devrait s’achever bien avant qu’on ne soit à court de pétrole&amp;nbsp;».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Ce n’est pas parce qu’on était à court de pierres que l’Age de la pierre s’est achevé, et l’âge du pétrole devrait s’achever bien avant qu’on ne soit à court de pétrole&amp;nbsp;».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;L’implication de cette réalité pour les investisseurs est la dévalorisation de leurs actifs sous l’effet de la baisse de la demande globale et des besoins croissants en investissements. Ces actifs dévalorisés, désignés sous le terme de ‘’Stranded assets’’ par le think tank Carbone Tracker, risquent d’ailleurs de faire perdre aux grandes compagnies pétrolières, jusqu’à 2200 milliards&amp;nbsp;$, d’ici à 2030. Rappelons juste au passage que les 111 milliards&amp;nbsp;$ de bénéfices revendiqués par Aramco en 2018 étaient supérieurs de 1/3 au bénéfice combiné des cinq premières entreprises pétrolières au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191118/3Tadawul.jpg&quot; alt=&quot;3Tadawul&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;332&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Il est difficile de fixer la valeur de la plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;»,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un autre facteur pouvant remettre en cause la rentabilité de l’opération pour les investisseurs est le cours du pétrole. Malgré sa taille, la Saudi Aramco est sensible aux variations du cours du pétrole qui ont été importantes ces dernières années, passant de 112&amp;nbsp;$ en juin 2014 à 31,9&amp;nbsp;$ en janvier 2016 et à 57&amp;nbsp;$ actuellement. C’est d’ailleurs au cœur de la crise de 2016 que l’idée d’introduction de la compagnie en bourse a émergé pour la première fois.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, la compagnie fait les frais des risques géopolitiques de la région, avec, entre autres, l’attaque, en septembre dernier, d’installations majeures de la compagnie, qui a réduit sa production de 50&amp;nbsp;% pendant quelques temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Méfiance et réticence de certains investisseurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ces écueils ont été remarqués par certains investisseurs qui ont déjà annoncé ne pas vouloir participer à cette introduction en bourse. C’est à ce titre que le Fonds souverain norvégien, le plus grand au monde, a affirmé qu’il n’achèterait pas des titres Aramco.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Une réticence partagée par plusieurs autres investisseurs internationaux qui évoquent, entre autres raisons, les reports successifs de l’opération, la difficulté de valorisation de la compagnie ou encore l’omniprésence du pouvoir politique dans la gestion de la compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les investisseurs japonais font partie de cette dernière catégorie. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Il est peu probable que les sociétés japonaises investissent dans le premier appel public à l’épargne du géant pétrolier de l’Arabie saoudite, Saudi Aramco, puisqu’il est difficile de fixer la valeur de la plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», a affirmé le président de la plus grande raffinerie japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Il est peu probable que les sociétés japonaises investissent dans le premier appel public à l’épargne du géant pétrolier de l’Arabie saoudite, Saudi Aramco, puisqu’il est difficile d’évaluer la valeur de plus grande société pétrolière du monde&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Même au sein des épargnants locaux visés par cette première introduction en bourse, il serait abusif de dire que l’engouement est présent. Selon les médias, plusieurs des familles les plus riches du royaume auraient été vivement encouragées à prendre part à l’opération, accomplissant ce que certains défenseurs de l’IPO qualifient de «&lt;em&gt;&amp;nbsp;devoir patriotique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Gwladys Johnson Akinocho&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Gwladys_Johnson.jpg&quot; alt=&quot;Gwladys Johnson&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Coton : l’huile de graine, les tourteaux  et les tiges peuvent rapporter 500 millions $ de plus par an à l’Afrique de l’Ouest</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/3110-70665-coton-l-huile-de-graine-les-tourtaux-et-les-tiges-peuvent-rapporter-500-millions-de-plus-par-an-a-l-afrique-de-l-ouest"/>
		<published>2019-10-31T10:38:50+01:00</published>
		<updated>2019-10-31T10:38:50+01:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/3110-70665-coton-l-huile-de-graine-les-tourtaux-et-les-tiges-peuvent-rapporter-500-millions-de-plus-par-an-a-l-afrique-de-l-ouest</id>
		<author>
			<name>Agence Ecofin</name>
			<email>equipe.it@mediamania.pro</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’une des principales cultures commerciales de nombreux pays africains, le coton, fournit des revenus à des millions de producteurs sur le continent. Si la fibre est le produit qui retient le plus l’attention, elle n’est cependant pas la seule partie de la plante qui a de la valeur. En effet, les sous-produits du coton disposent également d’un potentiel considérable pour ce qui est de l’accroissement de la valeur ajoutée produite par la filière cotonnière.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les pays africains ont acquis sur le marché mondial du coton une solide position depuis des décennies. Le continent produit en moyenne, environ 2,5 millions de tonnes de cotons-graines par an, soit environ 6% de la récolte globale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec des exportations en 2018 atteignant 1,5 million de tonnes de fibre pour 15,5 milliards&amp;nbsp;$, le continent occupe la 4e place mondiale derrière les USA, l’Inde et l’Ouzbékistan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’un point de vue socio-économique, la culture se déploie sur 4,2 millions d’hectares et fournit des revenus pour près de 3,5 millions de ménages ruraux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Avec des exportations en 2018 atteignant 1,5 million de tonnes de fibre pour 15,5 milliards&amp;nbsp;$, le continent occupe la 4e place mondiale derrière les USA, l’Inde et l’Ouzbékistan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’heure où la question de la transformation reste critique pour le continent qui expédie 90% de sa récolte, de nombreuses publications ont mis en lumière, ces dernières années, les opportunités liées à une meilleure valorisation des sous-produits du coton. Ceux-ci comprennent notamment la graine de coton issue du processus d’égrenage et la tige.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la CNUCED, ces produits, souvent sous-estimés, voire ignorés, pourraient générer de nombreux dérivés commercialisables pouvant fournir des revenus supplémentaires aux pays africains et réduire la vulnérabilité des petites exploitations aux risques et incertitudes du marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des atouts économiques et écologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pour la CNUCED, les sous-produits du coton représentent un marché important pour les pays africains. D’après l’organisation, l’huile de coton provenant de la trituration de la graine peut devenir une véritable piste pour les économies africaines en quête de valeur ajoutée. A l’échelle mondiale, l’huile de coton contribue pour 5% de la production mondiale d’huile végétale. En faisant l’objet d’une véritable attention de la part des gouvernements, l’oléagineux pourrait apporter une réponse à la consommation galopante d’huile végétale, dont l’importance va encore s’accroître dans les années à venir, et générer des revenus supplémentaires à l’exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/1huile_de_coton_luxe.jpg&quot; alt=&quot;1huile de coton luxe&quot; width=&quot;348&quot; height=&quot;499&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La demande en huile végétale est croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Actuellement, sur le continent africain, exception faite du Mali, qui transforme l’intégralité de ses graines, 25% du volume de graines est gaspillé. Ces pertes qui ont majoritairement lieu en Afrique de l’Ouest sont évaluées à 237 millions&amp;nbsp;$ par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Actuellement, sur le continent africain, exception faite du Mali, qui transforme l’intégralité de ses graines, 25% du volume de graines est gaspillé. Ces pertes qui ont majoritairement lieu en Afrique de l’Ouest sont évaluées à 237 millions&amp;nbsp;$ par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A côté de l’huile de coton, les tourteaux de coton provenant de l’extraction de l’huile peuvent également faire l’objet d’une valorisation. On estime que le tourteau de coton représente une source de protéines moins chère pouvant remplacer entièrement ou en partie les autres tourteaux d’oléagineux comme le soja, le colza, ou l’arachide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/2tourtaux_de_coton.jpg&quot; alt=&quot;2tourtaux de coton&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le tourteau de coton représente une source de protéines bon marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si le produit est habituellement utilisé dans l’alimentation des ruminants comme les bovins, les ovins et les chèvres, la CNUCED indique qu’il pourrait également être incorporé dans la ration de certains non-ruminants comme le poisson et la volaille. Cette possibilité est réalisable si les technologies appropriées sont utilisées pour enlever le gossypol (pigment toxique jaune protégeant le coton contre les insectes) du tourteau de coton, ou réduire sa teneur en dessous des niveaux nocifs. Une telle démarche pourrait permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest de générer une valeur de 78 millions&amp;nbsp;$ par an à partir des tourteaux.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Une telle démarche pourrait permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest de générer une valeur de 78 millions&amp;nbsp;$ par an à partir des tourteaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un autre sous-produit important du coton est la tige. Souvent considérée comme un déchet agricole, la tige de coton compte pour environ 80&amp;nbsp;% de la masse totale du cotonnier. Selon les estimations du Comité consultatif international du coton (ICAC), environ 2 à 3 tonnes de tiges peuvent être récupérées par hectare dans les champs de coton. Cette partie de la plante peut servir de substrats pour les champignons comestibles ou être utilisée pour la fabrication de panneaux de particules. La tige peut aussi être transformée en des biocombustibles comme les briquettes et les granulés répondant aux priorités politiques, en matière de conservation des forêts et de réduction des émissions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/3Presse-a-briquettes.jpg&quot; alt=&quot;3Presse a briquettes&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;374&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le briquetage de tiges de coton, une transformation très rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La CNUCED indique que les briquettes ont le potentiel de se substituer au charbon de bois dans de nombreux pays où la production de tiges est importante. D’après l’organisation, environ un million de tonnes de tiges de coton sont produites chaque année au Zimbabwe. En Tanzanie par exemple, environ 500&amp;nbsp;000 tonnes de tiges de coton sont produites par an, dont la grande partie est incinérée, alors que le pays consomme 1 million de tonnes de charbon de bois par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En Zambie où plus de 300&amp;nbsp;000 tonnes de tiges sont jetées chaque année, l’organisation souligne que les briquettes à base de tige de coton peuvent notamment concurrencer le charbon et permettre aux producteurs de gagner 25&amp;nbsp;$ pour chaque tonne de copeaux de tige livrée à des entrepreneurs. Pour leur part, les pays d’Afrique de l’Ouest pourraient générer près de 180 millions&amp;nbsp;$ par an à partir de la transformation de la tige en briquettes et granulés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Pour leur part, les pays d’Afrique de l’Ouest pourraient générer près de 180 millions&amp;nbsp;$ par an à partir de la transformation de la tige en briquettes et granulés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Une usine de briquetage, d’une capacité journalière de 20 tonnes, nécessiterait un investissement en capital de 69&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ et générerait un profit de 35&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ par an&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, estime Kris Terauds, spécialiste des affaires économiques au niveau des Services de produits de base de la CNUCED.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Disposer d’une chaîne d’approvisionnement efficace pour nourrir les entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au regard des possibilités qu’offrent ces sous-produits au continent, il est important que les pays producteurs de coton prennent des mesures pouvant permettre aux entreprises de tirer profit du marché. D’après le spécialiste, le principal défi pour le développement d’une industrie employant des sous-produits du coton reste une chaine d’approvisionnement efficace, notamment organisée autour de déchiqueteuses mobiles. En effet, un solide réseau de fournisseurs en matières premières en amont permettra, selon M. Terauds, d’assurer la viabilité des petites et moyennes entreprises (PME) tentées par l’aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Une usine de briquetage, d’une capacité journalière de 20 tonnes, nécessiterait un investissement en capital de 69&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ et générerait un profit de 35&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ par an&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un approvisionnement durable peut passer par une collaboration avec les organisations de producteurs de coton, aussi bien à l’échelle locale que nationale, permettant de rassembler un volume suffisant de tiges dans un rayon économiquement viable autour d’un point d’achat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cela peut également déboucher sur des schémas de contractualisation sous la houlette des pouvoirs publics qui pourraient fournir un cadre réglementaire approprié, garantissant l’intérêt des parties prenantes ou facilitant leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la CNUCED, certains pays africains ont déjà pris la mesure du potentiel des sous-produits du coton comme les tiges. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Quatre pays d’Afrique orientale et australe, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe ont identifié des briquettes et des granulés fabriqués à partir de tiges dans leurs plans agricoles nationaux pour le coton&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, indique M. Terauds.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Espoir Olodo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png&quot; alt=&quot;Espoir Olodo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’une des principales cultures commerciales de nombreux pays africains, le coton, fournit des revenus à des millions de producteurs sur le continent. Si la fibre est le produit qui retient le plus l’attention, elle n’est cependant pas la seule partie de la plante qui a de la valeur. En effet, les sous-produits du coton disposent également d’un potentiel considérable pour ce qui est de l’accroissement de la valeur ajoutée produite par la filière cotonnière.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les pays africains ont acquis sur le marché mondial du coton une solide position depuis des décennies. Le continent produit en moyenne, environ 2,5 millions de tonnes de cotons-graines par an, soit environ 6% de la récolte globale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec des exportations en 2018 atteignant 1,5 million de tonnes de fibre pour 15,5 milliards&amp;nbsp;$, le continent occupe la 4e place mondiale derrière les USA, l’Inde et l’Ouzbékistan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’un point de vue socio-économique, la culture se déploie sur 4,2 millions d’hectares et fournit des revenus pour près de 3,5 millions de ménages ruraux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Avec des exportations en 2018 atteignant 1,5 million de tonnes de fibre pour 15,5 milliards&amp;nbsp;$, le continent occupe la 4e place mondiale derrière les USA, l’Inde et l’Ouzbékistan.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’heure où la question de la transformation reste critique pour le continent qui expédie 90% de sa récolte, de nombreuses publications ont mis en lumière, ces dernières années, les opportunités liées à une meilleure valorisation des sous-produits du coton. Ceux-ci comprennent notamment la graine de coton issue du processus d’égrenage et la tige.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la CNUCED, ces produits, souvent sous-estimés, voire ignorés, pourraient générer de nombreux dérivés commercialisables pouvant fournir des revenus supplémentaires aux pays africains et réduire la vulnérabilité des petites exploitations aux risques et incertitudes du marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des atouts économiques et écologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pour la CNUCED, les sous-produits du coton représentent un marché important pour les pays africains. D’après l’organisation, l’huile de coton provenant de la trituration de la graine peut devenir une véritable piste pour les économies africaines en quête de valeur ajoutée. A l’échelle mondiale, l’huile de coton contribue pour 5% de la production mondiale d’huile végétale. En faisant l’objet d’une véritable attention de la part des gouvernements, l’oléagineux pourrait apporter une réponse à la consommation galopante d’huile végétale, dont l’importance va encore s’accroître dans les années à venir, et générer des revenus supplémentaires à l’exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/1huile_de_coton_luxe.jpg&quot; alt=&quot;1huile de coton luxe&quot; width=&quot;348&quot; height=&quot;499&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;La demande en huile végétale est croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Actuellement, sur le continent africain, exception faite du Mali, qui transforme l’intégralité de ses graines, 25% du volume de graines est gaspillé. Ces pertes qui ont majoritairement lieu en Afrique de l’Ouest sont évaluées à 237 millions&amp;nbsp;$ par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Actuellement, sur le continent africain, exception faite du Mali, qui transforme l’intégralité de ses graines, 25% du volume de graines est gaspillé. Ces pertes qui ont majoritairement lieu en Afrique de l’Ouest sont évaluées à 237 millions&amp;nbsp;$ par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A côté de l’huile de coton, les tourteaux de coton provenant de l’extraction de l’huile peuvent également faire l’objet d’une valorisation. On estime que le tourteau de coton représente une source de protéines moins chère pouvant remplacer entièrement ou en partie les autres tourteaux d’oléagineux comme le soja, le colza, ou l’arachide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/2tourtaux_de_coton.jpg&quot; alt=&quot;2tourtaux de coton&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le tourteau de coton représente une source de protéines bon marché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Si le produit est habituellement utilisé dans l’alimentation des ruminants comme les bovins, les ovins et les chèvres, la CNUCED indique qu’il pourrait également être incorporé dans la ration de certains non-ruminants comme le poisson et la volaille. Cette possibilité est réalisable si les technologies appropriées sont utilisées pour enlever le gossypol (pigment toxique jaune protégeant le coton contre les insectes) du tourteau de coton, ou réduire sa teneur en dessous des niveaux nocifs. Une telle démarche pourrait permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest de générer une valeur de 78 millions&amp;nbsp;$ par an à partir des tourteaux.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Une telle démarche pourrait permettre aux pays d’Afrique de l’Ouest de générer une valeur de 78 millions&amp;nbsp;$ par an à partir des tourteaux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un autre sous-produit important du coton est la tige. Souvent considérée comme un déchet agricole, la tige de coton compte pour environ 80&amp;nbsp;% de la masse totale du cotonnier. Selon les estimations du Comité consultatif international du coton (ICAC), environ 2 à 3 tonnes de tiges peuvent être récupérées par hectare dans les champs de coton. Cette partie de la plante peut servir de substrats pour les champignons comestibles ou être utilisée pour la fabrication de panneaux de particules. La tige peut aussi être transformée en des biocombustibles comme les briquettes et les granulés répondant aux priorités politiques, en matière de conservation des forêts et de réduction des émissions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191029/3Presse-a-briquettes.jpg&quot; alt=&quot;3Presse a briquettes&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;374&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Le briquetage de tiges de coton, une transformation très rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;La CNUCED indique que les briquettes ont le potentiel de se substituer au charbon de bois dans de nombreux pays où la production de tiges est importante. D’après l’organisation, environ un million de tonnes de tiges de coton sont produites chaque année au Zimbabwe. En Tanzanie par exemple, environ 500&amp;nbsp;000 tonnes de tiges de coton sont produites par an, dont la grande partie est incinérée, alors que le pays consomme 1 million de tonnes de charbon de bois par an.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En Zambie où plus de 300&amp;nbsp;000 tonnes de tiges sont jetées chaque année, l’organisation souligne que les briquettes à base de tige de coton peuvent notamment concurrencer le charbon et permettre aux producteurs de gagner 25&amp;nbsp;$ pour chaque tonne de copeaux de tige livrée à des entrepreneurs. Pour leur part, les pays d’Afrique de l’Ouest pourraient générer près de 180 millions&amp;nbsp;$ par an à partir de la transformation de la tige en briquettes et granulés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Pour leur part, les pays d’Afrique de l’Ouest pourraient générer près de 180 millions&amp;nbsp;$ par an à partir de la transformation de la tige en briquettes et granulés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Une usine de briquetage, d’une capacité journalière de 20 tonnes, nécessiterait un investissement en capital de 69&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ et générerait un profit de 35&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ par an&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, estime Kris Terauds, spécialiste des affaires économiques au niveau des Services de produits de base de la CNUCED.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Disposer d’une chaîne d’approvisionnement efficace pour nourrir les entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au regard des possibilités qu’offrent ces sous-produits au continent, il est important que les pays producteurs de coton prennent des mesures pouvant permettre aux entreprises de tirer profit du marché. D’après le spécialiste, le principal défi pour le développement d’une industrie employant des sous-produits du coton reste une chaine d’approvisionnement efficace, notamment organisée autour de déchiqueteuses mobiles. En effet, un solide réseau de fournisseurs en matières premières en amont permettra, selon M. Terauds, d’assurer la viabilité des petites et moyennes entreprises (PME) tentées par l’aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;«&amp;nbsp;Une usine de briquetage, d’une capacité journalière de 20 tonnes, nécessiterait un investissement en capital de 69&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ et générerait un profit de 35&amp;nbsp;000&amp;nbsp;$ par an&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un approvisionnement durable peut passer par une collaboration avec les organisations de producteurs de coton, aussi bien à l’échelle locale que nationale, permettant de rassembler un volume suffisant de tiges dans un rayon économiquement viable autour d’un point d’achat.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cela peut également déboucher sur des schémas de contractualisation sous la houlette des pouvoirs publics qui pourraient fournir un cadre réglementaire approprié, garantissant l’intérêt des parties prenantes ou facilitant leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;D’après la CNUCED, certains pays africains ont déjà pris la mesure du potentiel des sous-produits du coton comme les tiges. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Quatre pays d’Afrique orientale et australe, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe ont identifié des briquettes et des granulés fabriqués à partir de tiges dans leurs plans agricoles nationaux pour le coton&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, indique M. Terauds.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Espoir Olodo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/Espoir_Olodo.png&quot; alt=&quot;Espoir Olodo&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
		<category term="HebdoP3" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Les futurs grands eldorados africains du gaz (première partie) : cas du Sénégal</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2310-70380-les-futurs-grands-eldorados-africains-du-gaz-premiere-partie-cas-du-senegal"/>
		<published>2019-10-23T13:30:42+02:00</published>
		<updated>2019-10-23T13:30:42+02:00</updated>
		<id>https://www.agenceecofin.com/hebdop3/2310-70380-les-futurs-grands-eldorados-africains-du-gaz-premiere-partie-cas-du-senegal</id>
		<author>
			<name>Ndeye Khady Gueye</name>
			<email>nkhady@agenceecofin.com</email>
		</author>
		<summary type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans le secteur des hydrocarbures en Afrique, on les appelle les nations émergentes. Depuis quelques années, les découvertes de gaz qui se multiplient sur leurs territoires, les préparent à un destin de grands exportateurs. Il s’agit notamment du Sénégal, de la Mauritanie et du Mozambique. Zoom sur le Sénégal, un pays situé dans le bassin MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Bissau, Guinée Conakry) dont la totalité des ressources prouvées, à ce jour, est logée en mer. Les experts estiment qu’avec les réserves en présence, le pays jouera un rôle de premier plan dans l’approvisionnement mondial en gaz naturel, à partir de 2023.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La persévérance a payé&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Commencée dans les années 1960, l’exploration pétrolière n’a pas été très concluante à ses débuts. Elle a néanmoins conduit à la découverte de très petites poches de pétrole lourd au large des côtes de la Casamance et de quelques réserves mineures de pétrole brut et de gaz au large de Dakar. Ces réserves seront pour la plupart qualifiées de non-commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;C’est entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 que, conscients du potentiel, les responsables du secteur ont mené plusieurs roadshows internationaux pour convaincre les firmes exploratoires d’investir dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/1plateforme_sen.jpg&quot; alt=&quot;1plateforme sen&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;350&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Certains experts du secteur ont qualifié le Sénégal de «&amp;nbsp;futur émirat du gaz&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Des efforts couronnés de succès car, du début des années 2000 à ce jour, une dizaine de contrats de recherches et de partage de production ont été négociés et signés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Plusieurs compagnies indépendantes britanniques, australiennes ou encore américaines se sont vu octroyer des contrats de recherches et de partage de production le long du littoral. Il s’agit de Kosmos Energy, Cairn Energy, Far Ltd, entre autres. Les enquêtes 2D et 3D couplées aux différents forages ont permis, à ce jour, de mettre la main sur de gigantesques réserves de gaz et aussi de pétrole.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le pays est ainsi entré dans le Top 30 des détenteurs des plus vastes réserves de gaz du monde. La production de gaz devrait commencer entre 2022 et 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Aujourd’hui, les découvertes ont permis de signaler un potentiel compris entre 50 et 100 Tcf de gaz et des réserves de plus d’un milliard de barils de pétrole récupérables sur le seul champ SNE, au large. Pour rappel, le pays compte plusieurs autres périmètres à fort potentiel où les travaux de recherche ne sont pas aussi avancés. A la publication de ces chiffres, certains experts du secteur ont qualifié le Sénégal de «&lt;em&gt; futur émirat du gaz&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Le pays est ainsi entré dans le Top 30 des détenteurs des plus vastes réserves de gaz du monde. La production de gaz devrait commencer entre 2022 et 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une volonté politique remarquable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ayant pris conscience de la taille de ses réserves de gaz et du rôle qu’elles peuvent jouer dans la transformation de son économie, le gouvernement sénégalais a très vite, dès 2012, entrepris d’adhérer à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Le président Macky Sall a, à plusieurs reprises, affirmé que des efforts sont en train d’être fournis pour que les ressources gazières du pays soient exploitées dans la plus grande transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pour cela, il a installé, début 2016, le Cos Petro-Gaz (Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz), composé de spécialistes locaux du secteur, qui ont travaillé à élaborer un projet de loi visant à optimiser les revenus issus de l’exploitation des ressources en hydrocarbures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le Cos Petro-Gaz assurera aussi la supervision des différents accords juridiques et des contrats entre l’Etat et les partenaires portant sur le financement, la réalisation des projets pétro-gaziers et la commercialisation des ressources extraites. Le chef de l’Etat sénégalais a ajouté que les informations relatives aux contrats et à ce qu’ils génèrent seront régulièrement publiées par le comité. De quoi installer un climat de confiance pour favoriser l’arrivée de nouveaux investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le Cos Petro-Gaz assurera aussi la supervision des différents accords juridiques et des contrats entre l’Etat et les partenaires portant sur le financement, la réalisation des projets pétro-gaziers et la commercialisation des ressources extraites&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Grâce à son engagement pour la construction d’une industrie forte des hydrocarbures au Sénégal, le Président Sall a reçu le 10 octobre dernier, le prix de l’Homme de l’année dans le secteur pétrolier africain. La distinction lui a été attribuée par Africa Oil and Power qui est la première plateforme d'investissement et de politique énergétique du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/2Macky-Sall-gaz.jpg&quot; alt=&quot;2Macky Sall gaz&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;281&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Un excellent exemple d'un pays qui réussit dans le domaine de l’énergie.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Alors que les pays africains visent à stimuler la croissance et à diversifier leur économie, le Sénégal est un excellent exemple d'un pays qui réussit dans le domaine de l’énergie, créant un environnement propice au succès des entreprises, attirant d'énormes investissements internationaux, tout en offrant une forte capacité locale et des options d'investissement en aval&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», a commenté Guillaume Doane, PDG d’Africa Oil &amp; Power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Sénégal attire les grands groupes énergétiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon un rapport de l’organisation Africa Oil and Power publié en avril 2016, le Sénégal est la sixième meilleure destination africaine pour les firmes de prospection dans l’industrie pétrolière. Selon le document, la stabilité politique dont jouit le pays est un atout de taille. La simplicité administrative, son code des hydrocarbures séduisant pour les investissements, une redevance de 2 à 10% pour la production de pétrole et de 2 à 6% pour le gaz, et un impôt sur les sociétés de 30% sont des conditions idéales qui vont favoriser la transformation économique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/3cairn-energy-sen.jpg&quot; alt=&quot;3cairn energy sen&quot; width=&quot;589&quot; height=&quot;351&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Suite à ses découvertes au Sénégal, l’action Cairn Energy a grimpé en bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Récemment, de grands groupes énergétiques comme BP ont fait leur entrée sur le marché de l’exploration et le rythme des découvertes, ainsi que le potentiel en présence, présagent d’un déferlement de gros acteurs de l’industrie, dans les prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le rythme des découvertes, ainsi que le potentiel en présence, présagent d’un déferlement de gros acteurs de l’industrie, dans les prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En décembre 2016, le géant britannique BP a annoncé vouloir devenir partenaire de Kosmos Energy au Sénégal. Au terme des négociations conclues entre les deux parties, la major a acquis une participation de 32,49% dans les blocs Saint-Louis Profond et Cayar Profond au large. Ceci contre une enveloppe de 916 millions de dollars et sa participation aux efforts d’investissements consentis précédemment par Kosmos, sur l’ensemble du périmètre qui couvre plus de 33&amp;nbsp;000 km2.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le géant chinois CNOOC a aussi exprimé son intérêt pour des périmètres en offshore dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un appel d’offres international sera lancé le 4 novembre prochain. Il est relatif à 10 blocs d’exploration en onshore et en offshore. C'est la première fois qu'une procédure d'appel d'offres a été ouverte dans le secteur pétrolier. Les autorités ont expliqué que cette opération s’inscrit dans les efforts visant à garantir la transparence du processus d'octroi des licences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Un appel d’offres international sera lancé le 4 novembre prochain. Il est relatif à 10 blocs d’exploration en onshore et en offshore. C'est la première fois qu'une procédure d'appel d'offres a été ouverte dans le secteur pétrolier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon des sources proches des responsables sénégalais du secteur, plusieurs compagnies expérimentées de l’industrie chercheraient à nouer des partenariats avec les acteurs en présence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que gagne concrètement le Sénégal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En juin 2018, Mamadou Faye, le directeur général de la société publique sénégalaise du pétrole (Petrosen), l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz SNE et Grand Tortue, va générer des revenus de plus de 30 milliards de dollars. Ceci, sur une période de 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Petrosen contrôle une participation de 10%, sans apport dans les projets en cours de développement, et les contrats signés avec les compagnies étrangères lui offrent la possibilité de porter à 20% sa participation. Dans cette hypothèse, Petrosen participera aux frais de développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Quant à l’Etat, il bénéficiera, conformément au contrat de partage de production qui le lie aux compagnies, de 10 à 15% de la production de chaque projet. Il encaissera également un impôt sur les sociétés, tel que l’a prévu le code général des impôts. Ainsi, l’Etat pourra gagner de l’argent grâce à trois canaux&amp;nbsp;: via Petrosen, via sa part dans la production et via les impôts.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Ainsi, l’Etat pourra gagner de l’argent grâce à trois canaux&amp;nbsp;: via Petrosen, via sa part dans la production et via les impôts.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cela devrait permettre de porter à la hausse la croissance économique et participer à la résorption du taux de chômage. Les autorités ont, en effet, expliqué que plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects pourront être créés grâce aux ressources énergétiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les fonds générés offriront plus de marges de manœuvre à l’Etat sénégalais qui pourra aisément investir dans des projets de développement socio-communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les grandes découvertes sénégalaises de pétrole et de gaz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au Sénégal, les cinq dernières années ont vu se succéder un nombre incalculable de découvertes gazières de classe mondiale. Opérées par différentes firmes d’exploration, elles se répartissent sur plusieurs blocs en offshore. En voici les plus importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;FAN-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le 27 août 2014, après plusieurs mois de travaux de recherches et quelques jours de forage, le premier puits foré par l’australien Far Ltd a été un succès. Le puits FAN-1 logé sur le bloc Sangomar Profond à 100 km au large des côtes sénégalaises avait affiché un niveau élevé de gaz et de fluorescence dans un objectif secondaire à faible profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le puits avait été foré à une profondeur de 4402 mètres et Far et ses partenaires (Cairn Energy, ConocoPhillips et Petrosen) envisageaient de poursuivre le programme jusqu’à une profondeur de 5000 mètres. Il faut souligner que le puits FAN-1 est situé à une profondeur d’eau de 1427 mètres. En dehors de cela, le document explique qu’il n’a pas été détecté d’eau dans un gisement de brut de plus de 500 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/4Cath_Norman_FAR.jpg&quot; alt=&quot;4Cath Norman FAR&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Cath Norman, la DG de Far Ltd.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Deux mois plus tard, le 7 octobre 2014, les partenaires sur Sangomar Deep ont annoncé dans un communiqué conjoint avoir foré jusqu’à 4927 mètres et intercepté un réservoir de pétrole net de 29 mètres. Les premiers résultats des analyses effectuées sur les échantillons ont alors révélé des types de pétrole contenus dans la fourchette de 28° API à 41° API.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, FAN-1 renfermerait au total (P90) 250 millions de barils, (P50) 950 millions de barils et (P10) 2,5 milliards de barils de pétrole à la satisfaction de Cath Norman, la directrice générale de Far. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;La découverte du pétrole avec le puits FAN-1 est un événement important pour le Sénégal et la joint-venture &lt;/em&gt;», s’est-elle réjouie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec Sangomar Offshore et Rufisque, Sangomar Profond est contrôlé à 40% par le britannique Cairn Energy qui en l’est l’opérateur, 35% par l’américain ConocoPhillips, 10% par Petrosen et 15% par Far Ltd. Les trois périmètres couvrent une superficie de 7490 km2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’instar du gisement FAN-1, SNE-1 a été découvert sur Sangomar Profond. Le 10 novembre 2014, le groupe australien Far a publié une mise à jour de ses activités dans laquelle il a indiqué avoir mis la main sur une colonne de pétrole brut de 95 m sur ce puits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Distant de 24 km de FAN-1, c’est à une profondeur de 1100 mètres que les réservoirs sont entrés en contact avec le combustible. Il était prévu que le forage atteigne 3000 mètres de profondeur. Les premiers résultats des échantillons affichent des ressources récupérables de P90 (1C) de 150 millions de barils, P50 (2C) de 350 millions de barils et P10 (3C) de 670 millions de barils. En revanche, la qualité du brut est la même que sur FAN-1. «&lt;em&gt; C’est une importante découverte de pétrole pour Cairn et le Sénégal. Sur la base des estimations préliminaires, c’est une découverte commerciale et elle ouvre un nouveau bassin dans la marge de l’Atlantique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», s’est exprimé Simon Thomson, le PDG de Cairn Energy, après la publication de ces résultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Démarré le 4 novembre 2015 sur le champ SNE, dans le bloc Sangomar Profond, le forage du puits SNE-2 s’est achevé le 3 décembre 2015 et a atteint une profondeur totale de 2825 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le 4 janvier 2016, au terme des tests de production du puits SNE-2, Cairn Energy a révélé qu’il y a obtenu un écoulement quotidien de 8000 barils de pétrole par jour. La compagnie a également affirmé être parvenue à un écoulement de 1000 barils de pétrole de basse qualité par jour, ceci à une autre profondeur dans le même puits. Pour rappel, les réservoirs ont rencontré le brut sur une colonne de 100 mètres. Des résultats qui confirment la qualité du réservoir. Selon Reuters, ces données offrent aux investisseurs un aperçu clair du potentiel de la concession et devraient aiguiser davantage leurs intérêts pour le pétrole sénégalais. A la suite de ces résultats, l’action Cairn Energy a grimpé en bourse, notamment à Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-3, BEL-1, SNE-4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé à 3 km du puits SNE-1, le puits SNE-3 est destiné, selon les experts de Cairn Energy, à confirmer le potentiel du champ SNE et la continuité des réservoirs. SNE-3 présente les mêmes résultats que le puits SNE-2. Une colonne de brut a été rencontrée sur 100 mètres et les premières indications confirment une température de l’huile de 32 ° API, comme sur SNE-2. Il en a été de même pour les puits BEL-1 et SNE-4. Après le succès du forage du puits SNE-4, Simon Thomson a déclaré&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les opérations au Sénégal ont été menées en toute sécurité […] Nous avons maintenant foré quatre puits d'évaluation fructueux, sur le champ SNE et nous sommes ravis des résultats obtenus à ce jour, du programme d'évaluation multi-puits, qui a confirmé l'ampleur et le potentiel de cet actif de classe mondiale&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé à l’est du champ SEN, le puits SNE-4 est destiné à confirmer la nature des réservoirs supérieurs dans la zone pétrolière. Le rapport de forage délivré par Cairn explique également que les couches de sable avec lesquelles sont entrés en contact les réservoirs sont les mêmes que celles rencontrées sur SNE-1, SNE-2, SNE-3 et BEL-1. &amp;nbsp;Comme les autres puits, il est situé sur Sangomar Profond, mais à 85 km des côtes à une profondeur d’eau de 942 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;VR-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le puits VR-1 est adjacent à la zone du premier puits du champ, SNE-1. Foré jusqu’à une profondeur de 2759 mètres, le puits a, contrairement aux derniers, rencontré une colonne de brut sur 97 mètres à travers plusieurs réservoirs et les experts indiquent, avec seulement les résultats post-forage qu’il s’agit de la rémunération nette de pétrole la plus élevée sur SNE. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le puits VR-1 est un grand succès. Il fournit des informations importantes sur la géologie du flanc ouest du champ SNE et en particulier sur la nature des réservoirs de la série 500. La compréhension de ces réservoirs est essentielle pour finaliser la conception du plan de développement de la Phase 1 [...] Nous attendons avec impatience d’apporter à nos actionnaires les résultats des prochains travaux de forage dans cette formation&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», a déclaré Cath Norman. Le champ SNE a affiché 8 découvertes de pétrole sur 8 champs forés, soit une efficacité de 100%. Après les analyses des ingénieurs pétroliers, chacun des puits du champ possède un pétrole commercialement viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Teranga-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le Puits Teranga-1 est situé à 65 kilomètres au nord-ouest de Dakar, sur le bloc Cayar Offshore Profond, dans le complexe Grand Tortue, à une profondeur d’eau de 1800 mètres. Il a été foré jusqu’à 4485 mètres de profondeur et a rencontré 31 mètres nets de gaz naturel dans un réservoir de bonne qualité dans le cénomanien inférieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/5Guillaume-Defaux.jpg&quot; alt=&quot;5Guillaume Defaux&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;291&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Guillaume Defaux, Kosmos Energy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En dehors de cela, les réservoirs ont indiqué qu’un chenal prolifique de gaz naturel s’étend jusqu’à 200 km du puits Marsouin-1, côté mauritanien. L’américain Kosmos Energy contrôle Teranga-1 à 60% et en est l’opérateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Guembeul-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé au large de Saint-Louis, la réserve Guembeul-1 a été découverte en janvier 2017 au large de Saint-Louis, dans le complexe Grand Tortue qui chevauche la frontière maritime commune au Sénégal et à la Mauritanie. Elle a été forée jusqu’à 5245 mètres de profondeur. Les réservoirs y ont atteint 331 pieds de gaz d'excellente qualité dans deux réservoirs. Il s’agit de 184 dans le cénomanien inférieur et 148 dans l'albien sous-jacent, sans être entré en contact avec l’eau.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon le communiqué, ce puits a démontré la continuité du réservoir et la communication de la pression statique avec Tortue-1 dans le cénomanien inférieur. Les premiers résultats obtenus sur place indiquent qu’il existe une forte probabilité que l’écoulement gazier sur Guembeul-1 soit égal à celui de Teranga-1, soit 17 Tcf. Guembeul est contrôlé par Kosmos Energy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Olivier de Souza&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/olivierdesouza.png&quot; alt=&quot;olivierdesouza&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;div class=&quot;K2FeedIntroText&quot;&gt;&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans le secteur des hydrocarbures en Afrique, on les appelle les nations émergentes. Depuis quelques années, les découvertes de gaz qui se multiplient sur leurs territoires, les préparent à un destin de grands exportateurs. Il s’agit notamment du Sénégal, de la Mauritanie et du Mozambique. Zoom sur le Sénégal, un pays situé dans le bassin MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Bissau, Guinée Conakry) dont la totalité des ressources prouvées, à ce jour, est logée en mer. Les experts estiment qu’avec les réserves en présence, le pays jouera un rôle de premier plan dans l’approvisionnement mondial en gaz naturel, à partir de 2023.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;La persévérance a payé&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Commencée dans les années 1960, l’exploration pétrolière n’a pas été très concluante à ses débuts. Elle a néanmoins conduit à la découverte de très petites poches de pétrole lourd au large des côtes de la Casamance et de quelques réserves mineures de pétrole brut et de gaz au large de Dakar. Ces réserves seront pour la plupart qualifiées de non-commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;C’est entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 que, conscients du potentiel, les responsables du secteur ont mené plusieurs roadshows internationaux pour convaincre les firmes exploratoires d’investir dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/1plateforme_sen.jpg&quot; alt=&quot;1plateforme sen&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;350&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Certains experts du secteur ont qualifié le Sénégal de «&amp;nbsp;futur émirat du gaz&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Des efforts couronnés de succès car, du début des années 2000 à ce jour, une dizaine de contrats de recherches et de partage de production ont été négociés et signés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Plusieurs compagnies indépendantes britanniques, australiennes ou encore américaines se sont vu octroyer des contrats de recherches et de partage de production le long du littoral. Il s’agit de Kosmos Energy, Cairn Energy, Far Ltd, entre autres. Les enquêtes 2D et 3D couplées aux différents forages ont permis, à ce jour, de mettre la main sur de gigantesques réserves de gaz et aussi de pétrole.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le pays est ainsi entré dans le Top 30 des détenteurs des plus vastes réserves de gaz du monde. La production de gaz devrait commencer entre 2022 et 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Aujourd’hui, les découvertes ont permis de signaler un potentiel compris entre 50 et 100 Tcf de gaz et des réserves de plus d’un milliard de barils de pétrole récupérables sur le seul champ SNE, au large. Pour rappel, le pays compte plusieurs autres périmètres à fort potentiel où les travaux de recherche ne sont pas aussi avancés. A la publication de ces chiffres, certains experts du secteur ont qualifié le Sénégal de «&lt;em&gt; futur émirat du gaz&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Le pays est ainsi entré dans le Top 30 des détenteurs des plus vastes réserves de gaz du monde. La production de gaz devrait commencer entre 2022 et 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une volonté politique remarquable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Ayant pris conscience de la taille de ses réserves de gaz et du rôle qu’elles peuvent jouer dans la transformation de son économie, le gouvernement sénégalais a très vite, dès 2012, entrepris d’adhérer à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Le président Macky Sall a, à plusieurs reprises, affirmé que des efforts sont en train d’être fournis pour que les ressources gazières du pays soient exploitées dans la plus grande transparence.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Pour cela, il a installé, début 2016, le Cos Petro-Gaz (Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz), composé de spécialistes locaux du secteur, qui ont travaillé à élaborer un projet de loi visant à optimiser les revenus issus de l’exploitation des ressources en hydrocarbures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le Cos Petro-Gaz assurera aussi la supervision des différents accords juridiques et des contrats entre l’Etat et les partenaires portant sur le financement, la réalisation des projets pétro-gaziers et la commercialisation des ressources extraites. Le chef de l’Etat sénégalais a ajouté que les informations relatives aux contrats et à ce qu’ils génèrent seront régulièrement publiées par le comité. De quoi installer un climat de confiance pour favoriser l’arrivée de nouveaux investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le Cos Petro-Gaz assurera aussi la supervision des différents accords juridiques et des contrats entre l’Etat et les partenaires portant sur le financement, la réalisation des projets pétro-gaziers et la commercialisation des ressources extraites&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Grâce à son engagement pour la construction d’une industrie forte des hydrocarbures au Sénégal, le Président Sall a reçu le 10 octobre dernier, le prix de l’Homme de l’année dans le secteur pétrolier africain. La distinction lui a été attribuée par Africa Oil and Power qui est la première plateforme d'investissement et de politique énergétique du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/2Macky-Sall-gaz.jpg&quot; alt=&quot;2Macky Sall gaz&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;281&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;«&amp;nbsp;Un excellent exemple d'un pays qui réussit dans le domaine de l’énergie.»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Alors que les pays africains visent à stimuler la croissance et à diversifier leur économie, le Sénégal est un excellent exemple d'un pays qui réussit dans le domaine de l’énergie, créant un environnement propice au succès des entreprises, attirant d'énormes investissements internationaux, tout en offrant une forte capacité locale et des options d'investissement en aval&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», a commenté Guillaume Doane, PDG d’Africa Oil &amp; Power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Sénégal attire les grands groupes énergétiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon un rapport de l’organisation Africa Oil and Power publié en avril 2016, le Sénégal est la sixième meilleure destination africaine pour les firmes de prospection dans l’industrie pétrolière. Selon le document, la stabilité politique dont jouit le pays est un atout de taille. La simplicité administrative, son code des hydrocarbures séduisant pour les investissements, une redevance de 2 à 10% pour la production de pétrole et de 2 à 6% pour le gaz, et un impôt sur les sociétés de 30% sont des conditions idéales qui vont favoriser la transformation économique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/3cairn-energy-sen.jpg&quot; alt=&quot;3cairn energy sen&quot; width=&quot;589&quot; height=&quot;351&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Suite à ses découvertes au Sénégal, l’action Cairn Energy a grimpé en bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Récemment, de grands groupes énergétiques comme BP ont fait leur entrée sur le marché de l’exploration et le rythme des découvertes, ainsi que le potentiel en présence, présagent d’un déferlement de gros acteurs de l’industrie, dans les prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Le rythme des découvertes, ainsi que le potentiel en présence, présagent d’un déferlement de gros acteurs de l’industrie, dans les prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En décembre 2016, le géant britannique BP a annoncé vouloir devenir partenaire de Kosmos Energy au Sénégal. Au terme des négociations conclues entre les deux parties, la major a acquis une participation de 32,49% dans les blocs Saint-Louis Profond et Cayar Profond au large. Ceci contre une enveloppe de 916 millions de dollars et sa participation aux efforts d’investissements consentis précédemment par Kosmos, sur l’ensemble du périmètre qui couvre plus de 33&amp;nbsp;000 km2.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le géant chinois CNOOC a aussi exprimé son intérêt pour des périmètres en offshore dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Un appel d’offres international sera lancé le 4 novembre prochain. Il est relatif à 10 blocs d’exploration en onshore et en offshore. C'est la première fois qu'une procédure d'appel d'offres a été ouverte dans le secteur pétrolier. Les autorités ont expliqué que cette opération s’inscrit dans les efforts visant à garantir la transparence du processus d'octroi des licences.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Un appel d’offres international sera lancé le 4 novembre prochain. Il est relatif à 10 blocs d’exploration en onshore et en offshore. C'est la première fois qu'une procédure d'appel d'offres a été ouverte dans le secteur pétrolier.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon des sources proches des responsables sénégalais du secteur, plusieurs compagnies expérimentées de l’industrie chercheraient à nouer des partenariats avec les acteurs en présence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que gagne concrètement le Sénégal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En juin 2018, Mamadou Faye, le directeur général de la société publique sénégalaise du pétrole (Petrosen), l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz SNE et Grand Tortue, va générer des revenus de plus de 30 milliards de dollars. Ceci, sur une période de 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Petrosen contrôle une participation de 10%, sans apport dans les projets en cours de développement, et les contrats signés avec les compagnies étrangères lui offrent la possibilité de porter à 20% sa participation. Dans cette hypothèse, Petrosen participera aux frais de développement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Quant à l’Etat, il bénéficiera, conformément au contrat de partage de production qui le lie aux compagnies, de 10 à 15% de la production de chaque projet. Il encaissera également un impôt sur les sociétés, tel que l’a prévu le code général des impôts. Ainsi, l’Etat pourra gagner de l’argent grâce à trois canaux&amp;nbsp;: via Petrosen, via sa part dans la production et via les impôts.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;exergue&quot;&gt;Ainsi, l’Etat pourra gagner de l’argent grâce à trois canaux&amp;nbsp;: via Petrosen, via sa part dans la production et via les impôts.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Cela devrait permettre de porter à la hausse la croissance économique et participer à la résorption du taux de chômage. Les autorités ont, en effet, expliqué que plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects pourront être créés grâce aux ressources énergétiques.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Les fonds générés offriront plus de marges de manœuvre à l’Etat sénégalais qui pourra aisément investir dans des projets de développement socio-communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les grandes découvertes sénégalaises de pétrole et de gaz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Au Sénégal, les cinq dernières années ont vu se succéder un nombre incalculable de découvertes gazières de classe mondiale. Opérées par différentes firmes d’exploration, elles se répartissent sur plusieurs blocs en offshore. En voici les plus importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;FAN-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le 27 août 2014, après plusieurs mois de travaux de recherches et quelques jours de forage, le premier puits foré par l’australien Far Ltd a été un succès. Le puits FAN-1 logé sur le bloc Sangomar Profond à 100 km au large des côtes sénégalaises avait affiché un niveau élevé de gaz et de fluorescence dans un objectif secondaire à faible profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le puits avait été foré à une profondeur de 4402 mètres et Far et ses partenaires (Cairn Energy, ConocoPhillips et Petrosen) envisageaient de poursuivre le programme jusqu’à une profondeur de 5000 mètres. Il faut souligner que le puits FAN-1 est situé à une profondeur d’eau de 1427 mètres. En dehors de cela, le document explique qu’il n’a pas été détecté d’eau dans un gisement de brut de plus de 500 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/4Cath_Norman_FAR.jpg&quot; alt=&quot;4Cath Norman FAR&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;338&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Cath Norman, la DG de Far Ltd.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Deux mois plus tard, le 7 octobre 2014, les partenaires sur Sangomar Deep ont annoncé dans un communiqué conjoint avoir foré jusqu’à 4927 mètres et intercepté un réservoir de pétrole net de 29 mètres. Les premiers résultats des analyses effectuées sur les échantillons ont alors révélé des types de pétrole contenus dans la fourchette de 28° API à 41° API.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En outre, FAN-1 renfermerait au total (P90) 250 millions de barils, (P50) 950 millions de barils et (P10) 2,5 milliards de barils de pétrole à la satisfaction de Cath Norman, la directrice générale de Far. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;La découverte du pétrole avec le puits FAN-1 est un événement important pour le Sénégal et la joint-venture &lt;/em&gt;», s’est-elle réjouie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Avec Sangomar Offshore et Rufisque, Sangomar Profond est contrôlé à 40% par le britannique Cairn Energy qui en l’est l’opérateur, 35% par l’américain ConocoPhillips, 10% par Petrosen et 15% par Far Ltd. Les trois périmètres couvrent une superficie de 7490 km2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;A l’instar du gisement FAN-1, SNE-1 a été découvert sur Sangomar Profond. Le 10 novembre 2014, le groupe australien Far a publié une mise à jour de ses activités dans laquelle il a indiqué avoir mis la main sur une colonne de pétrole brut de 95 m sur ce puits.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Distant de 24 km de FAN-1, c’est à une profondeur de 1100 mètres que les réservoirs sont entrés en contact avec le combustible. Il était prévu que le forage atteigne 3000 mètres de profondeur. Les premiers résultats des échantillons affichent des ressources récupérables de P90 (1C) de 150 millions de barils, P50 (2C) de 350 millions de barils et P10 (3C) de 670 millions de barils. En revanche, la qualité du brut est la même que sur FAN-1. «&lt;em&gt; C’est une importante découverte de pétrole pour Cairn et le Sénégal. Sur la base des estimations préliminaires, c’est une découverte commerciale et elle ouvre un nouveau bassin dans la marge de l’Atlantique&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», s’est exprimé Simon Thomson, le PDG de Cairn Energy, après la publication de ces résultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-2&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Démarré le 4 novembre 2015 sur le champ SNE, dans le bloc Sangomar Profond, le forage du puits SNE-2 s’est achevé le 3 décembre 2015 et a atteint une profondeur totale de 2825 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le 4 janvier 2016, au terme des tests de production du puits SNE-2, Cairn Energy a révélé qu’il y a obtenu un écoulement quotidien de 8000 barils de pétrole par jour. La compagnie a également affirmé être parvenue à un écoulement de 1000 barils de pétrole de basse qualité par jour, ceci à une autre profondeur dans le même puits. Pour rappel, les réservoirs ont rencontré le brut sur une colonne de 100 mètres. Des résultats qui confirment la qualité du réservoir. Selon Reuters, ces données offrent aux investisseurs un aperçu clair du potentiel de la concession et devraient aiguiser davantage leurs intérêts pour le pétrole sénégalais. A la suite de ces résultats, l’action Cairn Energy a grimpé en bourse, notamment à Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;SNE-3, BEL-1, SNE-4&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé à 3 km du puits SNE-1, le puits SNE-3 est destiné, selon les experts de Cairn Energy, à confirmer le potentiel du champ SNE et la continuité des réservoirs. SNE-3 présente les mêmes résultats que le puits SNE-2. Une colonne de brut a été rencontrée sur 100 mètres et les premières indications confirment une température de l’huile de 32 ° API, comme sur SNE-2. Il en a été de même pour les puits BEL-1 et SNE-4. Après le succès du forage du puits SNE-4, Simon Thomson a déclaré&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;les opérations au Sénégal ont été menées en toute sécurité […] Nous avons maintenant foré quatre puits d'évaluation fructueux, sur le champ SNE et nous sommes ravis des résultats obtenus à ce jour, du programme d'évaluation multi-puits, qui a confirmé l'ampleur et le potentiel de cet actif de classe mondiale&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé à l’est du champ SEN, le puits SNE-4 est destiné à confirmer la nature des réservoirs supérieurs dans la zone pétrolière. Le rapport de forage délivré par Cairn explique également que les couches de sable avec lesquelles sont entrés en contact les réservoirs sont les mêmes que celles rencontrées sur SNE-1, SNE-2, SNE-3 et BEL-1. &amp;nbsp;Comme les autres puits, il est situé sur Sangomar Profond, mais à 85 km des côtes à une profondeur d’eau de 942 mètres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;VR-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le puits VR-1 est adjacent à la zone du premier puits du champ, SNE-1. Foré jusqu’à une profondeur de 2759 mètres, le puits a, contrairement aux derniers, rencontré une colonne de brut sur 97 mètres à travers plusieurs réservoirs et les experts indiquent, avec seulement les résultats post-forage qu’il s’agit de la rémunération nette de pétrole la plus élevée sur SNE. «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le puits VR-1 est un grand succès. Il fournit des informations importantes sur la géologie du flanc ouest du champ SNE et en particulier sur la nature des réservoirs de la série 500. La compréhension de ces réservoirs est essentielle pour finaliser la conception du plan de développement de la Phase 1 [...] Nous attendons avec impatience d’apporter à nos actionnaires les résultats des prochains travaux de forage dans cette formation&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», a déclaré Cath Norman. Le champ SNE a affiché 8 découvertes de pétrole sur 8 champs forés, soit une efficacité de 100%. Après les analyses des ingénieurs pétroliers, chacun des puits du champ possède un pétrole commercialement viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Teranga-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Le Puits Teranga-1 est situé à 65 kilomètres au nord-ouest de Dakar, sur le bloc Cayar Offshore Profond, dans le complexe Grand Tortue, à une profondeur d’eau de 1800 mètres. Il a été foré jusqu’à 4485 mètres de profondeur et a rencontré 31 mètres nets de gaz naturel dans un réservoir de bonne qualité dans le cénomanien inférieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/20191023/5Guillaume-Defaux.jpg&quot; alt=&quot;5Guillaume Defaux&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;291&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;legende&quot;&gt;Guillaume Defaux, Kosmos Energy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;En dehors de cela, les réservoirs ont indiqué qu’un chenal prolifique de gaz naturel s’étend jusqu’à 200 km du puits Marsouin-1, côté mauritanien. L’américain Kosmos Energy contrôle Teranga-1 à 60% et en est l’opérateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;strong&gt;Guembeul-1&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Situé au large de Saint-Louis, la réserve Guembeul-1 a été découverte en janvier 2017 au large de Saint-Louis, dans le complexe Grand Tortue qui chevauche la frontière maritime commune au Sénégal et à la Mauritanie. Elle a été forée jusqu’à 5245 mètres de profondeur. Les réservoirs y ont atteint 331 pieds de gaz d'excellente qualité dans deux réservoirs. Il s’agit de 184 dans le cénomanien inférieur et 148 dans l'albien sous-jacent, sans être entré en contact avec l’eau.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;Selon le communiqué, ce puits a démontré la continuité du réservoir et la communication de la pression statique avec Tortue-1 dans le cénomanien inférieur. Les premiers résultats obtenus sur place indiquent qu’il existe une forte probabilité que l’écoulement gazier sur Guembeul-1 soit égal à celui de Teranga-1, soit 17 Tcf. Guembeul est contrôlé par Kosmos Energy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texte&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Olivier de Souza&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;img src=&quot;https://www.agenceecofin.com/images/hebdo/auteur/olivierdesouza.png&quot; alt=&quot;olivierdesouza&quot; width=&quot;120&quot; height=&quot;120&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</content>
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