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L’inspection pédagogique, parent pauvre de la réforme éducative en Tunisie

L’inspection pédagogique, parent pauvre de la réforme éducative en Tunisie
  • Date de création: 31 août 2026 14:36

(Agence Ecofin) - En Tunisie, le corps d’inspection pédagogique du primaire n’avait pas été renouvelé depuis 2016. Un vide de près d’une décennie dans une fonction pourtant essentielle au pilotage de la qualité de l’enseignement public.

Le ministre tunisien de l’Éducation, Noureddine Nouri, a présidé, samedi 29 août à Nabeul, la cérémonie de remise de diplômes de la promotion 2025-2026 des inspecteurs du primaire. Les 145 lauréats, dont 99 spécialistes en arabe, 41 en français et 5 en anglais, mettent fin à une interruption de près d’une décennie dans le renouvellement de ce corps stratégique.

En mars 2024, Khemais Bouali, directeur général de l’inspection générale de la pédagogie, tirait la sonnette d’alarme. Lors d’un forum national, il évoquait un corps s’amenuisant d’année en année sous l’effet des départs à la retraite. En février 2026, le ministre le reconnaissait devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Le plan de réforme 2026-2030, présenté en juillet dernier, ne cite pourtant pas l’inspection parmi ses axes prioritaires. C’est ce décalage entre l’investissement consenti et le contrôle négligé qui frappe.

Sur les cinq dernières années, le ministère a engagé environ 1,5 milliard de dinars dans les infrastructures. Ces fonds ont financé plus de 5 500 interventions dans environ 3 300 établissements scolaires. En 2026, l’enveloppe d’investissement dans le secteur atteint 717 millions de dinars, environ 246 millions de dollars.

Des résultats flatteurs, une qualité en question

La stratégie 2026-2030 prévoit une refonte des programmes et une révision du temps scolaire. Elle vise aussi une couverture numérique intégrale des écoles primaires d’ici 2030. Jusqu’ici, aucun nouveau contingent d’inspecteurs n’avait été formé pour vérifier que ces efforts produisent leurs effets en classe.

Les résultats officiels illustrent bien cette tension. En 2024-2025, le taux de réussite au primaire atteignait 93,5 %, selon le ministère de l’Éducation. Les notes progressent alors que le niveau général recule, un paradoxe que le secteur reconnaît. C’est précisément le rôle de l’inspecteur que de garantir la cohérence entre ces deux réalités. Son absence prolongée a fragilisé le contrôle externe de la qualité en classe.

Les nouveaux diplômés rejoindront les 4 577 écoles tunisiennes aux côtés de leurs collègues en poste. Il reste à savoir si leur présence changera ce que les chiffres officiels ne montrent pas encore.

Félicien Houindo Lokossou

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