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Comment le Kenya veut réinjecter les recettes des billets dans l’aviation et le tourisme

Comment le Kenya veut réinjecter les recettes des billets dans l’aviation et le tourisme
  • Date de création: 31 août 2026 12:02

(Agence Ecofin) - Alors que Nairobi veut accroître ses capacités de transport aérien et ses recettes touristiques, la question du financement de cette ambition devient centrale. Le pays dispose déjà d’un levier directement alimenté par les voyageurs : la redevance passager. 

Au Kenya, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi visant à revoir le mécanisme de gestion et d’affectation de l’Air Passenger Service Charge. Selon le Parlement, l'objectif est de rationaliser la gestion de ces ressources afin qu'elles contribuent plus directement au renforcement de la sécurité aérienne et à la promotion du tourisme. Le texte modifié lors d’une plénière le 27 août dernier, doit encore être examiné par le Sénat avant de pouvoir entrer en vigueur.

La redevance s’élève actuellement à 600 shillings kényans (environ 4,6 $) pour les vols domestiques, et à 50 $ pour les vols internationaux.

Du billet d’avion aux organismes publics

La question soulevée par la nouvelle réforme est moins celle du prélèvement que celle de sa destination. En 2025, la législation avait déjà défini les principaux bénéficiaires des recettes, à savoir la Kenya Airports Authority (KAA), la Kenya Civil Aviation Authority (KCAA), la Kenya Meteorological Services Authority (KMSA) et le Tourism Fund. 

Le nouveau texte cherche à aller plus loin en précisant les mécanismes de répartition et d'utilisation des sommes collectées. Si pour le voyageur, l'enjeu est donc de savoir comment la contribution incluse dans son billet revient (directement ou indirectement) au système qu'il utilise, pour les autorités par contre, il s'agit de transformer cette ressource sectorielle en moyens supplémentaires pour les institutions chargées de faire fonctionner et de sécuriser le transport aérien.

Financer la croissance du trafic 

Cette réorientation survient alors que le Kenya cherche à accroître ses capacités aériennes et à consolider sa position de plateforme régionale. Et la sécurité constitue l'un des principaux défis associés à cette ambition. La croissance du trafic nécessite en effet des capacités renforcées en matière de supervision, de réglementation, d'équipements et de respect des normes internationales. Le raisonnement vaut également pour le tourisme. Le transport aérien constitue l'une des principales portes d'entrée vers les destinations kényanes, notamment pour les visiteurs internationaux. 

Au regard de ses prévisions, Nairobi s'est fixé pour objectif d'atteindre, à l'horizon 2027, 5 millions de visiteurs internationaux et 5 millions de touristes domestiques. Cette ambition intervient dans un marché régional de plus en plus concurrentiel, notamment avec la Tanzanie et l'Ouganda. Pour absorber la croissance future des flux, le Kenya mène actuellement un programme d'extension destiné à porter la capacité de la plateforme de 7,5 millions à environ 22 millions de passagers à terme.

Reste toutefois à démontrer que cette nouvelle répartition produira des effets suffisamment visibles pour les voyageurs et les professionnels. Une multiplication des bénéficiaires pourrait diluer les ressources disponibles si les priorités ne sont pas clairement établies, tandis qu’une hausse éventuelle des prélèvements pèserait davantage sur le coût des billets et, par ricochet, sur la compétitivité de la destination kényane.

Le défi pour Nairobi sera donc de transformer cette contribution des passagers en gains mesurables de sécurité, de capacité et d’attractivité, sans alourdir davantage le coût du transport aérien. 

Henoc Dossa

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