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Diamants : Chine, Inde… qui sont les nouveaux concurrents des producteurs africains ?

Diamants : Chine, Inde… qui sont les nouveaux concurrents des producteurs africains ?
  • Date de création: 31 août 2026 08:33

(Agence Ecofin) - Les diamants naturels subissent la concurrence féroce des diamants synthétiques. Historiquement dominé par le Botswana, la Russie ou encore le Canada, le marché de ces pierres précieuses a vu arriver en quelques années de nouveaux acteurs qui ont gagné le cœur et le portefeuille des consommateurs.

Il aura fallu près de deux ans à Lucara Diamond pour trouver un acheteur au Motswedi, le diamant de 2 488 carats récupéré en août 2024 au Botswana. Annoncée début août, la vente du deuxième plus gros diamant de qualité gemme jamais découvert intervient dans un marché bien plus difficile pour les pierres plus ordinaires. Derrière la baisse de la demande et des prix des diamants naturels ces dernières années, et l’impact observé sur les revenus du Botswana et d’autres acteurs, se trouvent surtout de nouveaux centres de puissance en Chine et en Inde.

Les diamants synthétiques sont des pierres produites en laboratoire qui présentent une composition chimique et des propriétés physiques correspondant à celles des diamants naturels, mais sont obtenues en quelques semaines grâce à des procédés reproduisant les conditions de leur formation. Longtemps cantonnés aux usages industriels, ils ont progressivement gagné la joaillerie à mesure que les techniques de production ont permis d’obtenir des pierres de meilleure qualité et de plus grande taille.

Du Henan à Surat

Si l’industrie des diamants synthétiques était un cœur, chacun de ses deux ventricules se trouverait respectivement en Chine et en Inde. Dans l’empire du Milieu, il faut se rendre dans la province du Henan, autour de Zhengzhou et Zhecheng, une région devenue en quelques années l’un des principaux pôles mondiaux de production de diamants de synthèse. On y trouve des entreprises comme Zhongnan Diamond ou Henan Huanghe Whirlwind, qui ont largement contribué à structurer une filière intégrée allant de la fabrication des presses haute pression jusqu’à la taille et au polissage des pierres.

L’Inde complète cette puissance industrielle. À Surat, déjà premier centre mondial de taille et de polissage des diamants naturels, la fabrication de diamants de laboratoire a fortement progressé. Sur l’exercice 2025-2026, le pays a exporté 18,84 millions de carats de diamants synthétiques polis, davantage que les 16 millions de carats de diamants naturels. Pour les producteurs africains, la menace tient surtout à la capacité de cette filière sino-indienne à industrialiser le diamant destiné au marché de masse.

Les pierres peuvent être produites sans mine à construire ni gisement à renouveler, tandis que les progrès techniques permettent de fabriquer des produits plus gros et sans défauts. Cette abondance a fait chuter les prix. Leader mondial des pierres naturelles, De Beers a fini par fermer sa propre marque de diamants synthétiques Lightbox, face à une chute de 90 % des prix de gros depuis 2018. Pendant ce temps, plus de 60 % des diamants utilisés dans les bagues de fiançailles aux États-Unis sont désormais des synthétiques.

Un répit lointain pour le naturel ?

La baisse des prix des diamants de synthèse pourrait néanmoins renforcer l’argument de rareté du naturel. Feriel Zerouki, alors présidente du World Diamond Council, estimait déjà fin 2025 que l’effondrement des prix des pierres de laboratoire commençait à entamer leur attrait. Mais aucun rebond n’est encore visible pour les producteurs historiques, qui ont encore vu les prix des diamants naturels baisser au premier semestre 2026.

Le Botswana, l’Angola, la Namibie, la RDC et l’Afrique du Sud ont donc choisi de financer ensemble la promotion du diamant naturel, avec un engagement équivalant à 1 % des recettes annuelles tirées des ventes de brut pour de la publicité. Au-delà de cette différenciation, leur marge de manœuvre se situe dans l’ajustement de la production et une meilleure captation locale de la valeur par des ateliers de taille et de polissage. Sur les prix, rivaliser avec les usines chinoises et indiennes paraît nettement plus difficile.

Emiliano Tossou

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