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Manioc : face à un intérêt industriel croissant, le Nigeria renforce son système semencier

Manioc : face à un intérêt industriel croissant, le Nigeria renforce son système semencier
  • Date de création: 31 août 2026 04:01

(Agence Ecofin) - Premier producteur mondial de manioc, le Nigeria cherche depuis quelques années à développer des débouchés industriels pour cette culture en dehors de l’industrie agroalimentaire. Cette orientation pourrait à terme accroître les besoins en matière première sur le marché domestique.

Au Nigeria, le Conseil national des semences agricoles (NASC) renforce son dispositif de certification et d’assurance qualité des boutures de manioc. C’est dans cette optique que l’institution a organisé les 26 et 27 août à Abuja une formation destinée aux inspecteurs semenciers et aux producteurs de boutures.

L’objectif à travers cette initiative est d’améliorer les compétences des acteurs chargés de contrôler la qualité des matériels de plantation, de leur production jusqu’à leur mise à disposition des agriculteurs. D’après Fatuhu Muhammed, directeur général du NASC, cette formation vise aussi à renforcer la connaissance et l’application des trois nouveaux règlements élaborés, validés et publiés au Journal officiel en 2025, en vue de renforcer le cadre réglementaire et technique du secteur semencier nigérian.

 « Parce que le manioc est multiplié par voie végétative, les boutures de mauvaise qualité ou porteuses de maladies peuvent rapidement propager ces maladies et réduire la productivité au cours des cycles de production successifs […] Cela rend efficace et essentielles, la certification des semences et l’assurance qualité », a déclaré le responsable dans des propos relayés par le média local The Nation.

Alors que le Nigeria s’impose déjà comme le premier producteur mondial de manioc avec une récolte annuelle de plus de 60 millions de tonnes, l’enjeu d’améliorer la productivité, prend une importance particulière au moment où le pays cherche à élargir les débouchés de cette culture en dehors de l’industrie agroalimentaire.

La filière prépare le développement de nouveaux débouchés industriels

Au-delà de son importance dans l’alimentation, le manioc fait depuis quelques années l’objet de nouvelles ambitions dans des secteurs comme les bioénergies et l’industrie pharmaceutique, qui pourraient élargir les débouchés de la production nationale.

Plus récemment, l’Association nigériane des acteurs de la filière industrielle du manioc (ICSAN) appelait le 20 août dernier les transformateurs du tubercule à se positionner sur le marché de l’amidon de qualité pharmaceutique, alors que la production locale ne répond pas encore suffisamment aux besoins des fabricants de médicaments. L’ambition affichée est de développer ce nouveau maillon de la chaîne de valeur afin de réduire progressivement une facture d’importation d’amidon pharmaceutique estimée à près de 23 millions $ par an. Dans le pays, l’Agence nigériane de développement des médicaments naturels (NNMDA) travaille depuis 2024 avec différents acteurs de la filière pour développer la culture du manioc destiné aux applications pharmaceutiques et renforcer les capacités des acteurs de la chaîne de valeur.

Le bioéthanol figure aussi parmi les pistes explorées par les autorités. Un peu plus tôt, en janvier 2026, le gouvernement a annoncé le lancement d’actions visant à intégrer 14 millions de petits exploitants agricoles dans la chaîne de valeur du bioéthanol à base de manioc. Le projet dont la structuration a été lancée en 2023 s’inscrit dans une stratégie visant à développer un approvisionnement local en éthanol destiné au marché des carburants.

Le Nigeria prévoit à terme d’incorporer 10 % d’éthanol dans l’essence, conformément à sa politique nationale des biocarburants. Le développement de cette filière nécessite cependant de sécuriser des volumes importants de manioc et de disposer d’une organisation permettant d’assurer un approvisionnement régulier des unités de transformation.

Un équilibre à trouver avec les besoins alimentaires

Plus largement, le développement de ces nouveaux débouchés industriels est appelé à accroître les exigences pesant sur l’amont de la filière. Au-delà de la disponibilité des terres et des capacités de transformation, les industriels auront besoin d’un approvisionnement régulier du tubercule présentant des caractéristiques adaptées à leurs usages.

Dans ce contexte, le renforcement du système semencier constitue un des maillons permettant d’améliorer la productivité et la qualité du matériel végétal disponible pour les producteurs. Une hausse des rendements permettrait notamment d’accroître les volumes disponibles sans reposer uniquement sur l’extension des superficies cultivées.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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25/08/2026 : Nigeria : la filière manioc veut se positionner sur le marché de l’amidon pharmaceutique

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