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Le train le plus moderne du Kenya charrie aussi une dette envers la Chine

Le train le plus moderne du Kenya charrie aussi une dette envers la Chine
  • Date de création: 31 juillet 2026 18:23

(Agence Ecofin) - Financé à 90 % par la Chine, le chemin de fer Mombasa-Nairobi est au cœur des débats kényans sur la soutenabilité de la dette publique depuis son inauguration. Les derniers chiffres officiels révèlent une pression encore loin d’être résorbée.

Un train record, une dette lourde à porter. Voilà la double réalité kényane. En début de semaine, l’entreprise chinoise qui gère la grande ligne ferroviaire Mombasa-Nairobi a annoncé un cap symbolique. Depuis 2017, ce chemin de fer moderne a transporté 50 millions de tonnes de marchandises. L’annonce a été publiée le lundi 27 juillet par Xinhua, l’Agence de presse officielle de Pékin. Derrière cette performance se cache toutefois une réalité que les Kényans connaissent bien.

Le pays a emprunté plus de cinq milliards de dollars à la Chine pour construire cette ligne, selon le registre officiel de la dette extérieure du Trésor kényan. Elle couvre 472 kilomètres entre le port de Mombasa et la capitale Nairobi. C’est le plus grand chantier ferroviaire depuis l’indépendance. Les prêts accordés à Kenya Railways Corporation représentent à eux seuls 52 % du total des créances de l’État envers ses entreprises publiques, d’après le rapport annuel de la dette publique 2024-2025. Les remboursements annuels à la Chine dépassent le milliard de dollars, selon les mêmes sources.

En juillet 2024, l’auditrice générale du Kenya, Nancy Gathungu, a présenté un rapport au Parlement. Elle y révèle des pénalités de retard accumulées sur l’emprunt ferroviaire. Ces pénalités, qu’elle a jugées « injustifiables pour les fonds publics », alourdissent une facture déjà écrasante. En juillet 2023, le paiement semestriel de la dette liée au chemin de fer représentait près de 80 % des 451 millions de dollars affectés au service de la dette publique. Sur chaque centime remboursé à l’étranger, plus de 80 allaient vers Pékin.

Une facture qui pèse sur les voyageurs comme sur les finances publiques

Kenya Railways a augmenté de 50 % les tarifs du Madaraka Express au 1er janvier 2024. Le billet économique Nairobi–Mombasa est passé de 1 000 à 1 500 shillings. Le billet de première classe est passé de 3 000 à 4 500 shillings. La décision de novembre 2023 était motivée par la hausse des prix du carburant. En un an, le nombre de passagers a chuté de plus de 282 000, passant de 2,7 à 2,4 millions. Les recettes liées aux passagers ont progressé de 39,4 % grâce à la hausse des tarifs. Mais de moins en moins de Kényans peuvent se permettre d’emprunter ce train.

Le Kenya a obtenu en 2025 un accord avec Pékin pour restructurer sa dette. Les délais de remboursement ont été allongés jusqu’en 2040. Les remboursements annuels à la Chine sont passés de 152 à 108 milliards de shillings entre 2024 et 2026. Les arriérés de Kenya Railways atteignaient 413 milliards de shillings en juin 2025. Ils représentaient 81 % de tous les arriérés des entreprises publiques envers l’État. Le service de la dette kényane atteignait 71,2 % des recettes de l’État en 2024-2025, bien au-delà des seuils fixés par le Fonds monétaire international.

Félicien Houindo Lokossou

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08/04/2025 - Kenya : la Chine veut financer l’extension d’un chemin de fer jusqu’à la frontière ougandaise

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