(Agence Ecofin) - En Afrique, l’agriculture est l’un des principaux secteurs touchés par les effets du changement climatique. Si avec la hausse de la fréquence des évènements extrêmes, l’heure est à l’adaptation, plusieurs solutions existent aussi pour améliorer la résilience des systèmes agricoles au phénomène.
Alors que la 28ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) s’ouvre ce 30 novembre à Dubaï aux Émirats arabes unis, un groupe de près de 50 experts et d’organisations a appelé dans une lettre ouverte les pays riches à renforcer leur financement en faveur du climat et des actions visant à améliorer la résilience de l’élevage sur le continent africain.
Le document signé notamment par Josefa Sacko, Commissaire chargée de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable à la Commission de l’Union africaine rappelle que ce secteur a reçu en 2020 moins de 1 % du montant de 30 milliards $ versé au titre de la finance climat.
Ce sous-investissement est problématique quand on sait que l’élevage soutient 800 millions de fermiers à travers le continent et contribue à la sécurité alimentaire de plusieurs centaines de millions de personnes en Afrique. Au-delà de ce rôle socio-économique, le groupe estime que les systèmes d’élevage peuvent aider à la restauration d’écosystèmes dégradés et représentent donc une solution dans le cadre de l’adaptation et de la résilience climatique.
Avec un financement adéquat, le secteur pourrait ainsi bénéficier d’un important développement au niveau des pratiques améliorées, du mécanisme d’assurance indicielle basé sur le climat, de l’amélioration de la santé animale ainsi que de l’offre en alimentation animale.
« Les parties à la COP 28 doivent reconnaître urgemment le plein potentiel pour l’adaptation climatique du secteur du bétail africain qui peut nourrir durablement et approvisionner le quart de la population mondiale d’ici 2050. Ceux-ci doivent lui donner le financement conséquent nécessaire », indique Appolinaire Djikeng, directeur général de l’International Livestock Research Institute (ILRI) qui a coordonné la rédaction de la lettre.
Pour rappel, l’élevage compte pour près de 40 % du PIB agricole en Afrique avec des contributions particulièrement marquées en Afrique de l’Ouest et en Afrique orientale.
Lire aussi :

Palais de la Culture d’Abidjan - "La transformation de l’anacarde : au-delà de l’amande".