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Café : du Nigeria à Madagascar, un vent de relance souffle chez les petits acteurs africains

Café : du Nigeria à Madagascar, un vent de relance souffle chez les petits acteurs africains
  • Date de création: 29 août 2026 15:07

(Agence Ecofin) - En Afrique, la production et la commercialisation du café restent dominées par quelques grandes origines comme l’Éthiopie, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire ou encore la Tanzanie. Derrière ces poids lourds, plusieurs pays moins en vue dans la filière cherchent à se faire une place au soleil.

La culture du café connaît un regain d’intérêt en 2026 dans plusieurs pays africains encore peu visibles sur le marché mondial. La dernière manifestation de cet intérêt vient de Madagascar.

Dans ce pays d’Afrique de l’Est, le ministère de l’Agriculture a rencontré, le mardi 18 août, une délégation de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), afin de discuter d’un programme décennal de développement de la filière café, couvrant la période 2026-2036. Baptisé « Kaoatry » et doté d’un budget de 150 millions USD, le programme prévoit de couvrir environ 45 000 hectares.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition de relance plus large affichée par les autorités malgaches. Quelques jours auparavant, Gaëtan Ramindo, le ministre de l’Agriculture, avait déjà annoncé un vaste projet de plantation visant jusqu’à 100 000 hectares, destiné à améliorer les plantations existantes et à développer de nouvelles surfaces. L’objectif est de permettre à Madagascar de retrouver une place plus importante sur le marché mondial du café après des années de déclin.

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Selon les données compilées par l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production malgache avait atteint près de 88 000 tonnes à la fin des années 1980, avant de reculer à environ 49 500 tonnes en 2024, ce qui représente une baisse de près de 45 % sur cette période.

Un vent de relance à l’échelle continentale

La volonté de la Grande Île de redresser sa filière caféière n’est pas un cas isolé en Afrique. Depuis le début de l’année, d’autres petits acteurs tels que la République centrafricaine, le Nigeria ou encore la République démocratique du Congo (RDC) ont également engagé des initiatives pour accroître leur production ou reconstruire des chaînes de valeur qui se sont progressivement dégradées.

Avant Madagascar, le gouvernement de la République centrafricaine avait lancé, le vendredi 14 août, un programme pilote destiné à relancer une filière particulièrement affectée par le déclin de la production. Développé dans le cadre d’un partenariat avec Monaco Consulting, un cabinet spécialisé dans l’accompagnement des projets d’investissement, le projet prévoit la mise à disposition de 601 180 hectares pour le développement de la culture du café.

L’ambition affichée est de porter la production nationale de café à 25 000 tonnes par an à terme, contre une récolte de 1 145 tonnes en 2025. Le programme prévoit également la construction de sept centres de collecte, l’installation de systèmes d’irrigation et la modernisation de la logistique. Les producteurs et leurs coopératives doivent bénéficier d’intrants, de formations, d’un accompagnement technique et de la mécanisation de certaines opérations.

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Un peu plus tôt, au Nigeria, le gouvernement fédéral s’était associé à différents acteurs de la filière pour lancer, le 29 mai 2026, un plan de relance du café sur dix ans. L’initiative concerne 14 États producteurs et vise à reconstruire une industrie affectée notamment par le vieillissement des plantations, le sous-investissement et la faiblesse des circuits de commercialisation.

Les données compilées par la FAO montrent l’ampleur du retard accumulé. La superficie consacrée à la culture du café au Nigeria a stagné autour de 1 450 hectares entre 2016 et 2023, tandis que la production s’est maintenue autour de 1 800 tonnes sur la période. Ces niveaux restent très éloignés du pic enregistré dans les années 1980, lorsque la production avait atteint près de 6 000 tonnes.

Les interventions prévues dans le cadre du nouveau plan de relance portent sur la réhabilitation des plantations, la diffusion de plants améliorés, la recherche et la formation des producteurs. Les autorités veulent également développer la transformation locale, notamment la torréfaction et le conditionnement, afin d’accroître la valeur ajoutée tirée de la filière sur le marché nigérian et à l’export.

Des plantations à la transformation, le défi de reconstruire toute la chaîne de valeur

En RDC, l’initiative est d’une portée plus ciblée. Le 28 février 2026, un projet quinquennal consacré au café robusta a été lancé à Beni, avec pour objectif d’accompagner 12 000 agriculteurs du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le projet est mis en œuvre par Rikolto, une organisation spécialisée dans le développement de chaînes de valeur agricoles, avec le financement du Fonds international de développement agricole (FIDA) et de JDE Peet’s, un groupe néerlandais spécialisé dans le café.

Les agriculteurs concernés doivent bénéficier d’un accompagnement technique, d’un appui pour la régénération des plantations et d’une assistance en semences. Le pays est en effet confronté lui aussi à un recul de sa production. D’après la Banque centrale du Congo (BCC), la récolte de café a chuté de près de 58 % entre 2020 et 2024, passant de 64 503 tonnes à 26 976 tonnes.

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Ces quatre initiatives traduisent ainsi des stratégies différentes pour tenter de faire revenir le café dans des pays où son poids reste limité ou où la production a fortement reculé. Le véritable défi consiste désormais à transformer ces ambitions en résultats concrets, en faisant des superficies annoncées des plantations productives et des programmes de soutien des volumes effectivement commercialisés.

Stéphanas Assocle

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 13/05/2026: Nigeria : les initiatives se multiplient pour relancer la filière café

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