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L’industrie sucrière sud-africaine remporte une manche dans sa lutte face aux importations

L’industrie sucrière sud-africaine remporte une manche dans sa lutte face aux importations
  • Date de création: 29 août 2026 12:40

(Agence Ecofin) - Le secteur sucrier sud-africain connaît depuis plusieurs années des vents contraires. Entre les importations à bas prix en provenance du Brésil, d’Inde ou de Thaïlande, la taxe sur la denrée et la réduction des marges, l’industrie cherche un nouveau souffle.

En Afrique du Sud, le gouvernement révisera à la hausse le prix de référence du sucre libellé en dollars (Dollar-based reference price –DBRP) utilisé pour protéger l’industrie. D’après les informations relayées par Bloomberg le jeudi 27 août, ce tarif passera de son niveau actuel en vigueur depuis 2018 (680 $/tonne) à 785 $/tonne.

Le montant est généralement établi sur la base de la moyenne du cours du sucre blanc sur les six dernières années — mesurée à partir du contrat n° 5 négocié à Londres — à laquelle s’ajoute une majoration de 40 % qui permet d’intégrer les coûts additionnels supportés localement ainsi que les subventions accordées dans les principaux pays producteurs.

Les droits de douane sont appliqués lorsque la moyenne du cours du sucre blanc London No. 5 sur 20 jours s’établit à plus de 20 $ sous le prix de référence fixé. Dans le cas d’espèce, un prélèvement de 1 093,60 rands (68,3 $) sera appliqué par tonne importée dès que le prix descendra sous la barre des 765 $. 

Une victoire symbolique

Si cette décision qui doit encore être publiée au Journal officiel, elle a déjà un goût de victoire pour l’Association sud-africaine du sucre (SASA). Le groupement est engagé depuis plusieurs années dans un intense lobbying pour réduire les importations de la denrée à bas coût perçues comme une menace à la viabilité de l’industrie dans la nation arc-en-ciel, second producteur de sucre africain après l’Egypte.

D’après ses estimations, le secteur aurait perdu plus de 1,5 milliard de rands (environ 92,75 millions USD) en raison du recours aux achats sur le marché international durant la campagne 2025/2026. « Il est crucial que le DBRP soit évalué face aux réalités du marché mondial du sucre et continue de fonctionner dans le cadre d’une politique commerciale sud-africaine équitable. Le DBRP actuel n’est pas correctement aligné sur les réalités de marché, et a permis une vague record d’importations de sucre qui évince la production locale », avait-elle souligné en début d’année.

Si au final, le montant reste inférieur aux 905 $/tonne souhaité initialement (un DBRP plus élevé entraînant des taxes plus importantes sur les importations), l’association remporte tout de même son bras de fer avec l’Association des boissons sud-africaines (BEVSA). Celle-ci avait plaidé a contrario auprès de la Commission de l'administration du commerce international (ITAC), une réduction du prix dans une fourchette de 552 à 650 $/tonne en mettant en lumière des effets défavorables des droits actuels sur les fabricants de boissons, les embouteilleurs et, in fine, les consommateurs.

Pour le reste, avec cette révision à la hausse du DBRP réclamée de longue date, la SASA devrait être confortée dans le cadre de la seconde phase du plan directeur consacré à la relance de la chaîne de valeur du sucre (South African Sugar Value Chain Master Plan).

Signé en avril 2026, le programme prévu pour être mise en œuvre jusqu’en 2030, doit accélérer la transformation et le redressement de la filière sucre. Elle prévoit notamment de diversifier les débouchés de la canne à sucre — en particulier vers les biocarburants et d’autres produits dérivés —, de mettre en place des mécanismes de soutien et d’encadrement des prix au bénéfice des producteurs, et de renforcer les engagements d’approvisionnement local afin de stimuler les ventes sur le marché intérieur.

Espoir Olodo

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