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Mobilité électrique : le Ghana face au défi énergétique d'un secteur en plein essor

Mobilité électrique : le Ghana face au défi énergétique d'un secteur en plein essor
  • Date de création: 28 août 2026 14:51

(Agence Ecofin) - Au Ghana, la hausse de la demande d’électricité devrait maintenir les marges de réserve du système sous pression en 2026, alors que le pays voit émerger un écosystème de mobilité électrique susceptible d’ajouter de nouvelles charges au réseau.

 « Comment fournir une énergie fiable pour alimenter l’industrialisation alors que les véhicules électriques se déploient dans le pays ? » C’est le défi mis en avant par John Abdulai Jinapor, ministre ghanéen de l’Énergie et de la Transition verte, qui s’exprimait lors de la conférence «  Future of Energy 2026 », tenue le 25 août à Accra, selon les informations relayées par le média GhanaWeb. 

Cette question résume l’enjeu auquel le pays est désormais confronté avec l’essor de la mobilité électrique. Alors que les Ghanéens se tournent de plus en plus vers les véhicules électriques pour réduire leurs dépenses de carburant, le développement des infrastructures de recharge pourrait accroître la pression sur un réseau déjà confronté à une demande croissante de l’industrie, des mines, des centres de données et des entreprises.

Un marché de la mobilité électrique en pleine croissance

La mobilité électrique gagne rapidement du terrain au Ghana. Selon des données de l’Autorité de délivrance des permis de conduire et d’immatriculation des véhicules (DVLA), plus de 1 200 véhicules électriques étaient enregistrés dans le pays en octobre 2025, contre moins de 200 en 2022. En incluant les véhicules hybrides, le parc de véhicules électrifiés dépassait alors 20 000 unités. 

Cette progression s’explique principalement par l’intérêt économique des véhicules électriques pour les utilisateurs. Selon M. Jinapor, les recherches du gouvernement montrent que leur utilisation permettrait d’économiser environ 40 % sur les dépenses de carburant. Un avantage qui encourage de plus en plus les Ghanéens à se tourner vers cette technologie, alors que les coûts liés aux carburants restent un enjeu important pour les ménages et les entreprises. 

Le défi de la recharge rapide pour le réseau électrique

La progression du parc de véhicules électriques implique toutefois une augmentation de la demande d’électricité. Le problème se pose particulièrement avec les infrastructures de recharge rapide. Selon le ministre, certains opérateurs privés installent désormais des stations capables de recharger un véhicule en seulement 5 à 10 minutes.

Alors que ces équipements peuvent mobiliser d’importantes quantités d’électricité sur une courte période, leur concentration dans certaines zones exerce une pression sur les réseaux locaux de distribution. « Ce que nous constatons, c’est que des gens installent des stations de recharge, et immédiatement le transformateur saute », déplorait le ministre.

L’essor de la mobilité électrique intervient par ailleurs dans un système énergétique qui doit déjà composer avec une demande croissante et des marges de réserve limitées. Dans son rapport Energy Outlook, publié en février dernier, la Commission de l’énergie du Ghana projette une demande de pointe de 4 581 MW en décembre 2026, contre 4 283 MW en 2025, soit une progression de près de 7 %. Face à cette demande, la capacité de production fiable devrait atteindre 5 455 MW.

Cette capacité ne garantit toutefois pas une marge de sécurité suffisante tout au long de l’année. En raison des arrêts programmés des centrales, la marge de réserve devrait rester inférieure au seuil de 18 % recommandé pendant 11 des 12 mois de 2026, selon le rapport. Dans le même temps, la consommation d’électricité devrait atteindre 28 992 GWh sur l’ensemble de l’année, en hausse de 7,3 %.

Le développement des véhicules électriques intervient donc alors que le Ghana doit déjà répondre à une demande électrique croissante. L’enjeu n’est plus seulement de développer les infrastructures de recharge, mais de s’assurer que le réseau pourra absorber ces nouvelles charges sans fragiliser l’alimentation des autres secteurs de l’économie.

Ce que propose Accra

Pour éviter que l’essor de la mobilité électrique n’accentue les tensions sur le réseau, le ministère de l’Énergie mise sur l’adoption du projet de loi actuellement examiné par le Parlement afin de mieux encadrer l’installation des infrastructures de recharge.

D’après M. Jinapor, ce texte, une fois en application, exigera des exploitants de stations de recharge pour véhicules électriques qu’ils obtiennent l’approbation de la Commission de l’énergie avant d’installer leurs équipements. 

Cette procédure doit permettre aux autorités d’anticiper l’arrivée de nouvelles charges électriques et, si nécessaire, de renforcer les infrastructures locales. « Cela nous donnera la possibilité de renforcer le réseau, d’installer davantage de transformateurs et d’accueillir les stations de recharge », a expliqué John Abdulai Jinapor.

Pour les opérateurs, cette évolution signifie que le développement des infrastructures de recharge sera désormais étroitement lié aux capacités disponibles du réseau électrique local. 

Stéphanas Assocle 

Lire aussi: 30/07/2026 : Ghana : malgré des économies sur les contrats électriques, la crise n’est pas résolue

03/07/2026 : Derrière Spiro, ces entreprises qui testent le modèle africain de la mobilité électrique

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