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Tourisme : l’Afrique du Sud reste largement dépendante des flux sous-régionaux

Tourisme : l’Afrique du Sud reste largement dépendante des flux sous-régionaux
  • Date de création: 28 août 2026 03:19

(Agence Ecofin) - L’Afrique du Sud voit affluer davantage de touristes, mais la dépendance aux pays voisins pose la question de la capacité de Pretoria à diversifier durablement ses marchés.

La reprise du tourisme international se confirme en Afrique du Sud, mais les dernières données de fréquentation mettent en évidence une évolution à deux vitesses : les marchés d’Afrique australe assurent encore l’essentiel des volumes, tandis que les clientèles européennes et nord-américaines progressent à un rythme qui pourrait contribuer à diversifier la demande.

Selon les données de Statistics South Africa (Stats SA), la nation arc-en-ciel a accueilli 991 696 touristes étrangers en juillet 2026, contre 881 393 un an plus tôt, soit une progression de 12,5 %. Sur ce total, 785 469 visiteurs provenaient des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), soit près de quatre touristes sur cinq.

Cette prédominance régionale reste toutefois particulièrement visible alors que le pays cherche à renforcer son attractivité auprès des marchés situés hors du continent. En juillet, 193 637 touristes sont venus de marchés étrangers hors Afrique, tandis que 11 751 autres provenaient d’autres pays africains.

Les marchés lointains affichent une dynamique différente

Dans le détail, l’Europe demeure la première région d’origine des touristes extra-africains, avec 97 461 visiteurs en juillet. L’Amérique du Nord arrive ensuite avec 41 037 touristes. Les États-Unis constituent le premier marché individuel hors Afrique, avec 37 310 visiteurs, devant le Royaume-Uni (25 024) et les Pays-Bas (17 066). La France se distingue toutefois par sa progression : le nombre de touristes tricolores a augmenté de 24,9 % sur un an, pour atteindre 12 496.

Cette configuration confère une importance particulière à la mobilité intra-africaine dans la performance du secteur touristique sud-africain. Elle montre par ailleurs qu'une éventuelle accélération des marchés européens, nord-américains ou asiatiques pourrait progressivement modifier la structure de la demande, sans pour autant remettre en cause à court terme la prépondérance des visiteurs régionaux.

Un marché régional qui reste stratégique

Cette dépendance à la clientèle africaine s'inscrit dans une tendance qui s’observe depuis quelques années. En 2025, l’Afrique du Sud a enregistré 10,5 millions de touristes internationaux, dont les trois quarts (75,2 %) des touristes provenaient des pays voisins de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Le phénomène est également visible dans les données de 2026. Sur les cinq premiers mois de l’année, la progression du nombre de touristes était largement alimentée par les pays voisins. Les distances plus courtes et les connexions routières et aériennes facilitent les déplacements depuis les pays voisins, tandis que l’intégration économique de la SADC entretient des flux réguliers entre les différents marchés.

La diversification vers les marchés lointains apparaît néanmoins nécessaire pour élargir la base de visiteurs et renforcer la capacité du secteur à générer davantage de recettes. Cette question intervient alors que Pretoria ambitionne d’atteindre 15 millions de visiteurs internationaux d’ici 2030, contre 10,5 millions en 2025, et veut accroître sensiblement la contribution du tourisme à l’économie, avec un objectif de 10 % du PIB.

Mais la forte dépendance aux marchés d’Afrique australe pourrait devenir un point de vigilance dans cette trajectoire, alors que le pays est confronté à une nouvelle montée des tensions xénophobes visant des ressortissants étrangers africains. Le risque, pour Pretoria, serait que la dégradation du climat à l’égard de cette clientèle régionale fragilise l’un des principaux moteurs actuels de la croissance touristique, au moment même où le pays cherche à élargir sa base de visiteurs.

Henoc Dossa

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